Henri François Potier de La Germondaye

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Henri François Potier de La Germondaye, ou Pothier de La Germondaye, né le 4 mai 1729 à Dinan, mort le 12 février 1797 à Rennes, est un magistrat et jurisconsulte français.

Il est surtout connu pour ses ouvrages juridiques sur les institutions ecclésiastiques, l'administration des paroisses, le droit coutumier breton, et la jurisprudence du Parlement de Bretagne. Avocat au parlement puis magistrat, il devient substitut à Rennes ; redevenu avocat, il prend la défense de Jean-Baptiste Gresseau en 1791.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Introduction au gouvernement des paroisses est son ouvrage le plus apprécié.

Henri François Potier de La Germondaye est le fils de François Julien Potier, conseiller du roi, alloué du roi, lieutenant-général de la juridiction de Dinan, et de Marie-Anne Jourdain, dame du Parc[1].

Avocat puis magistrat[modifier | modifier le code]

Potier de La Germondaye fait ses études juridiques et devient docteur en droit des facultés de Rennes[2], et avocat au Parlement. Il est ensuite substitut du procureur général au Parlement de Bretagne[1],[2].

Jurisconsulte[modifier | modifier le code]

La Germondaye est connu essentiellement comme jurisconsulte et auteur d'ouvrages « estimés » sur les institutions ecclésiastiques et la jurisprudence du Parlement de Bretagne, notamment par application du droit coutumier régional[1].

Son livre qui a le plus de succès est l'Introduction au gouvernement des paroisses, suivant la jurisprudence du Parlement de Bretagne. Toullier explique ce succès par le fait que cet ouvrage s'attache précisément et particulièrement à la Bretagne, alors que ses concurrents sont plus généralistes[3]. Th. Hamon en parle comme d'un « ouvrage original » et très pratique pour « toutes les personnes impliquées dans l'administration des paroisses, notamment de campagne »[4].

Certains de ses ouvrages sont plusieurs fois réédités. Ils servent pour leur intérêt juridique jusqu'au XIXe siècle, et sont utilisés jusqu'au XXIe siècle pour leur intérêt historique. Ils sont cités dans plusieurs cours de droit et traités de jurisprudence. Ainsi, le Traité du gouvernement des paroisses de 1839 par G. L. J. Carré s'y réfère en large part, le droit coutumier étant encore valable dans les cas où les nouvelles lois ne sont pas explicites ; le même auteur estime que l'ouvrage de La Germondaye sur le gouvernement des paroisses est l'un des trois ouvrages de référence dont il a l'ambition de prendre la suite[5].

Les ouvrages de La Germondaye sont encore cités aux XXe et XXIe siècles par des historiens des religions qui les utilisent comme base documentaire avec leurs commentaires sur les institutions ecclésiastiques et sur les arrêts juridiques[6]. Ils sont également mis à profit par des historiens régionaux[7].

Redevenu avocat[modifier | modifier le code]

En 1788, La Germondaye est qualifié d'ancien substitut[5]. Il est redevenu avocat à cette époque.

La Germondaye est maintenu noble en 1788 ; ses armes sont de gueules à la fasce d'argent accompagnée de trois croisettes de même[8].

Il reçoit une pension de 1 000 livres sur le Trésor royal, en « récompense de ses services en qualité de ci-devant substitut du procureur général au Parlement de Bretagne »[9]. En 1791, Potier ci-devant de La Germondaye est un des avocats défenseurs du religieux Jean-Baptiste Gresseau qui traite d'apostasie le serment civique[10].

La Germondaye est mort en 1797 à Rennes, selon Levot[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Henri Potier de La Germondaye épouse Renée Rose Piolaine de La Bretonnière.

  • Ils ont deux enfants :
    • Rose Jeanne René Potier de la Germondaye, qui épouse Louis Marie Matthieu Sévène (1757-1827), avocat au Parlement. Ils ont une fille :
      • Louise Sévène, qui épouse Antoine-Élie Lamblardie (1784-1842), ingénieur, inspecteur général des Ponts et chaussées, directeur des travaux maritimes.
    • N. Potier de la Germondaye, qui épouse le procureur général Jean Corentin Louis Le Baron ; ils sont les grands-parents de l'écrivain Paul Féval (1816-1887).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Introduction au gouvernement des paroisses, suivant la jurisprudence du Parlement de Bretagne, Rennes, 1771, in-12 ; rééd. Saint-Malo et Rennes, L.H. Hovins et E.G. Blouet, 1777, in-12, XII-514 pages ; rééd. 1787 ; rééd. Rennes, veuve de François Vatar, 1788, in-12 [lire en ligne].
  • Recueil d'arrêts rendus au Parlement de Bretagne, depuis la Saint Martin 1767 jusqu'au mois de mai 1770, sur plusieurs questions de droit et de coutume, matières criminelles, bénéficiales et de gruerie, Rennes, veuve de François Vatar, et Paris, 1775, in-12.
  • Recueil d'arrêts du Parlement de Bretagne, rendus de 1770 à 1777, s.d. [1777], in-12.
  • Recueil des arrêts de règlement du Parlement de Bretagne, concernant les paroisses, nouvelle édition, Rennes, Vatar, 1777, 2 vol. in-8 ; a eu huit éditions selon Rodolphe Dareste[11].
  • Introduction au gouvernement des mariages, suivant la jurisprudence du Parlement de Bretagne, Saint-Malo, Rennes et Paris, 1777, in-12.
  • Divers mémoires et factum, notamment pour la défense de J.-B. Gresseau[10].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Potier de La Germondaye (Henri-François)  », dans Prosper Jean Levot, Biographie bretonne, t. 2 K-Z, Vannes, Cauderan,‎ 1857 (lire en ligne), p. 650.
  • « Potier de La Germondaye », dans Joseph-Marie Quérard, La France littéraire: ou Dictionnaire bibliographique des savants..., Paris, Firmin Didot père et fils,‎ 1835 (lire en ligne), p. 295.
  • Dictionnaire historique des juristes français, Paris, PUF,‎ 2007 (ISBN 9782130564959).
  • « Potier de La Germondaye », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition] (lire en ligne).
  • Guillaume Louis Julien Carré, Traité du gouvernement des paroisses, Paris, Delmotte,‎ 1839 (lire en ligne).
  • « Potier de La Germondaye », dans Biographie universelle ou Dictionnaire de tous les hommes..., vol. 16, Bruxelles, Ode,‎ 1846 (lire en ligne)
  • Edmond Biré, Portraits littéraires, Vitte,‎ 1888, p. 194-195.
  • Pol Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, t. 2,‎ 1862 (lire en ligne), p. 290.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Levot 1857, p. 650.
  2. a et b Quérard 1835, p. 295.
  3. Charles Bonaventure Marie Toullier, Martin Jouaust, Le droit civil français, suivant l'ordre du code, Paris, Renouard, 1835, tome 16, p. xl [lire en ligne].
  4. Dictionnaire historique des juristes français, Paris, PUF, 2007
  5. a et b Carré 1839, p. 2 de la préface.
  6. Rosie Simon-Sandras, Les curés à la fin de l'Ancien Régime, Presses universitaires de France, 1988, p. 1, 6, 34, 57, 78, 134... ; Roger Dupuy, Pouvoir local et révolution, 1780-1850 : la frontière intérieure, Presses universitaires de Rennes, 1995, p. 95-96, 104... ; Gabriel Le Bras, L'Église et le village, Flammarion, 1976, p. 94, 155, 156, 283 ; Charles Berthelot Du Chesnay, Les prêtres séculiers en Haute-Bretagne au XVIIIe siècle, Presses universitaires de Rennes, 1984, p. 24, 267, 307, 357, 379... ; Stéphane Gomis, Les “enfants prêtres”, 2006, p. 233.
  7. Voir par exemple Christian Kermoal, Les notables du Trégor, Rennes, 2002, qui le cite à une trentaine de pages ; Roger Leprohon, Vie et mort des Bretons sous Louis XIV, Bibliophiles de Bretagne, 1984, p. 13, 44, 75, 93... ; Christian Bougeard, Philippe Jarnoux, Elites et notables en Bretagne de l'ancien régime à nos jours : actes du colloque (1997-1998), Université de Bretagne occidentale, 1999, p. 32, 33, 84, 93, 94 ; Jean-Luc Fray, Céline Pérol, L'historien en quête d'espaces, 2004, p. 410.
  8. Potier de Courcy 1862, p. 290 (tome 2).
  9. État Nominatif des pensions sur Le Trésor Royal, volume 2, Paris, Imprimerie nationale, 1790, p. 490.
  10. a et b BNF, Défense de J.-B. Gresseau.
  11. R. Dareste, Revue historique de droit français et étranger, Sirey, 1894, p. 132.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]