Henri Estienne (l'ancien)

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Henri Estienne (l’Ancien) (Stephanus), né à Paris en 1470, est un imprimeur français du début du XVIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fonde en 1502, contre l’avis de son père, un établissement d’imprimeur-libraire à l’enseigne d’un écu aux trois fleurs de lis. Il commence à exercer l'imprimerie vers 1505. C'est du moins cette année que parait l'Abrégé de l'Arithmétique de Boëce, le premier ouvrage que l'on connaisse sorti de ses presses. Son atelier est établi dans la rue de l'École de Droit ; et il adopte pour sa marque les anciennes armes de l'Université ; c'est un écu chargé de trois fleurs de lis, avec une main sortant d'un nuage et tenant un livre fermé. Sa devise était : Plus olei quam vini.

Henri s'applique à ne livrer au public que des ouvrages imprimés correctement. Il revoit lui-même les épreuves et les soumet ensuite aux savants qui fréquentent sa maison. Quand, malgré ses soins, quelques fautes leur échappaient, il en avertissait le lecteur, ou les indiquait dans un erratum, usage alors inconnu de ses confrères. Il mourut à Lyon [réf. nécessaire], et non à Paris, comme le disent sans preuve quelques critiques. Ses biographes placent sa mort au 24 juillet 1520 ; mais on aura de la peine à croire que la date s'en accorde si exactement avec celle du dernier ouvrage qu'il a imprimé. Il laisse trois fils, François, Robert et Charles, qui exercèrent tous les trois la profession d'imprimeur. Sa veuve épousa Simon de Colines, son associé.

Parmi les ouvrages qu'il a publiés, on trouve le Psalterium quintuplex, de Lefèvre d'Estaples, 1509 et 1515 ; l'Itinerarium d'Antonin, 1512 ; Guillaume Mara, De Tribus, fagiendis, etc. Dans la réédition de la Chronique d'Eusèbe faite par Estienne l'Ancien[1], l’historien Henry Harrisse a relevé[2] le passage suivant, où l'éditeur mentionne l'arrivée en France de sept indiens de Terre-Neuve ramenés par des pêcheurs de Rouen :

Septem homines sylvestres ex ea insula (quae terra nova dicitur) Rothomagum adducti sunt cum vestimentis et armis eorum. Fuliginei sunt coloris, grossis labis, stigmata in facie gerentes ab aure ad medium mentum, instar livide venule per maxillas deducta.

Sept hommes sauvages ont été amenés de cette île (qu’on appelle Terre-Neuve) à Rouen avec leur vêtements et leurs armes. Ils sont couleur de suie, ont de grosses lèvres, portent des tatouages sur la figure, depuis l’oreille jusqu’au milieu du menton en travers des mâchoires, comme une petite veine bleuâtre....

Ajouter au texte le fait que se déplaçant à cheval avec l'un de ses fils, c'est aux d'Estienne que l'on doit les chapitres de la Bible divisés en versets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Titre complet : Eusebii caesariensis episcopi, Chronicon, Paris,‎ 1512, p. 172.
  2. D'après H. Harrisse, Découverte et évolution cartographique de Terre-Neuve et des pays circonvoisins, 1497-1501-1769..., Paris, H. Welter,‎ 1901, p. 162-3

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

« Henri Estienne (l'ancien) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]