Henri Charrière

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Henri Charrière

Autres noms Papillon
Activités écrivain
Naissance 16 novembre 1906
Saint-Étienne-de-Lugdarès, Ardèche
Décès 29 juillet 1973 (à 66 ans)
Madrid, Espagne

Henri Charrière, alias « Papillon », est un ancien bagnard, né le 16 novembre 1906 à Saint-Étienne-de-Lugdarès[1] en Ardèche et mort le 29 juillet 1973 à Madrid en Espagne. Il a été rendu célèbre par son ouvrage partiellement autobiographique Papillon, écrit en 1969.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Antonin Charrière[2] est né dans une famille d'instituteurs, Joseph et Marie-Louise, originaires de Gras et de Saint-Marcel-d'Ardèche, installés dès leur mariage à Saint-Étienne-de-Lugdarès, finalement mutés en 1909, à Pont d'Ucel (où il grandira).

Le 7 octobre 1917, sa mère meurt d'une maladie contagieuse contractée auprès des blessés indochinois qu'elle soignait. Il est adopté pupille de la Nation par jugement de tribunal le 19 mai 1922[3].

Le 2 mai 1925, il s'engage pour trois ans dans la marine, où, forte tête, il se retrouve en section spéciale, à Calvi, où il se fait tatouer un papillon. Il réussit à se faire réformer, le 28 avril 1927, au prix d'un pouce mutilé.

De retour en Ardèche, il travaille de-ci de-là et joue au rugby (à Aubenas). Il s'installe à Paris en 1927, vit, de petite délinquance, avec Georgette Jeanne Fourel (dite Nénette). Mais le 26 mars 1930, un homme nommé Roland Legrand, officiellement charcutier, officieusement souteneur, est blessé par balle d'un seul coup de revolver dans le ventre, à 3 h 30 du matin. Il est amené à l'hôpital Lariboisière, où il meurt le 27 mars à 0 h 10, après avoir déclaré à la police le nom du tireur : « Papillon Roger ». Mais c'est Henri Charrière, à savoir « Papillon Pouce-coupé », qui est arrêté le 7 avril 1930.

Henri Charrière est condamné pour le meurtre de Roland Legrand aux travaux forcés à perpétuité, au bagne de Guyane, le 28 octobre 1931, meurtre qu'il a toujours nié. Il épouse Georgette Fourel, à la mairie du 1er arrondissement de Paris, le 22 décembre 1931. Ils divorceront le 8 juillet 1970 par décision du tribunal de Grande Instance de Paris.

Il quitte la citadelle de Saint-Martin-de-Ré le 29 septembre 1933 à bord du Martinière et débarque le 14 octobre avec le statut de « transporté » à Saint-Laurent-du-Maroni[4]. Il reste peu de temps dans le camp de la transportation car il est affecté comme aide infirmier à l'hôpital colonial André-Bouron où il voit passer de nombreux détenus qui reviennent de cavales et lui racontent leurs histoires d'évasion dont il s'inspirera. Cette place enviée lui évite les travaux des chantiers forestiers ou des concessions agricoles qui anéantissent les bagnards en quelques mois[4].

Il s'évade une première fois le 5 septembre 1934 mais échoue en Colombie, pays qui rend à la France les bagnards évadés. Il passe deux ans dans les cellules de la Réclusion de l'île Saint-Joseph. Plusieurs fois transféré, il finit comme infirmier-chef dans un camp d'Indochinois sur le continent guyanais, le camp forestier des Cascades d'où il s'évade dans la nuit du 18 au 19 mars 1944, avec quatre autres compagnons. Après de nombreux déboires, il parvient à Caracas au Venezuela en 1945[5]. Il refait sa vie dans ce pays et y vit diverses aventures. Il y rencontre sa compagne, Rita Alcover avec qui il vivra jusqu’à la fin de sa vie.

En 1956, il devient citoyen vénézuélien. La prescription de sa peine devient effective en 1967.

En juillet 1967, il découvre L'Astragale, le livre des « aventures » d'Albertine Sarrazin.

En 1968, il écrit en quelques mois le livre Papillon. L'éditeur Robert Laffont décide de le publier sous l'appellation « récit » dans sa nouvelle collection Vécu. Le livre sort en mai 1969. Toutes éditions confondues, le livre est vendu à près de 2,5 millions d’exemplaires en France, à plus de 10 millions à l’étranger. Papillon bat un record avec 120 000 exemplaires vendus en moins d’un mois[6]. Il s'agit d'une « biographie romancée », puisque le livre mêle sa véritable vie à d'autres personnages, notamment Marius Jacob[7], René Belbenoît[4],[8], et Charles Brunier (1901-2007), ou d'autres évènements survenus au bagne. Une polémique va naître de ce décalage. Au début des années 1970, deux livres sortent qui s'en prennent à Henri Charrière, Papillon épinglé de Gérard de Villiers et Les Quatre Vérités de Papillon de Georges Ménager, mettant en cause le récit et le personnage de Papillon.

Henri Charrière répond à ses détracteurs en 1972 avec le livre Banco qui parle notamment de sa vie avant et après le bagne.

Il meurt d'un cancer de la gorge, en juillet 1973 à Madrid, mais est enterré, selon ses dernières volontés, dans le cimetière de Lanas, en Ardèche.

Il faudra attendre 2007 pour avoir une biographie complète, à la fois historique, sociale et psychologique d'Henri Charrière, Papillon libéré de Vincent Didier avec une préface de Robert Laffont. Ce livre, résultat de longues années de recherches, met ainsi fin à des décennies de polémiques.

Par ailleurs, une adaptation cinématographique américaine du livre a été tournée : le film Papillon (1973) de Franklin J. Schaffner réunit Steve McQueen dans le rôle principal de Papillon et Dustin Hoffman. Un documentaire, Cayenne Hollywood, est aussi réalisé en 2009 et retrace la vie authentique de deux bagnard célèbres : Henri Charrière et René Belbenoit.

Publications[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Acteur

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le village de Saint Étienne de Lugdarès
  2. Henri Antonin Charrière
  3. mention en marge sur son extrait de naissance
  4. a, b et c Jean-Claude Michelot, La Guillotine Sèche, Histoire Du bagne de Cayenne, Fayard,‎ 1989, 370 p.
  5. La Vie extraordinaire d'Henri Charrière dit « Papillon »
  6. Papillon, le livre et le film
  7. Bernard Thomas: Les Vies d'Alexandre Jacob, Mazarine, 1998.
  8. Matricule 46635

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]