Henri-Martin Barzun

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Henri-Martin Barzun, (1881 à Grenoble en France - 1973 à New Rochelle, New York), était un poète et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il participe à l'expérience communautaire de « l'Abbaye de Créteil » de 1906 à 1908 avec Georges Duhamel, René Arcos, Alexandre Mercereau, etc. L'Abbaye est une villa en bord de Marne ouverte aux artistes : Jules Romains et F. T. Marinetti la fréquenteront.

Fondateur et directeur, entre 1911 et 1914, de la revue Poème et drame, il est l'un des initiateurs et le principal théoricien du simultanéisme. En 1912, il fonde avec Apollinaire, Louis de Royaumont[1] et Sébastien Voirol le "Club artistique de Passy", qui sera l'une des origines du "Laboratoire Art et Action", important groupe de théâtre expérimental (dirigé de 1919 à 1933 par Édouard Autant et Louise Lara), qui montera plusieurs de ses œuvres polyphoniques.

Envoyé en mission aux États-Unis en 1917, il s'y installe avec sa famille en 1919 (son fils Jacques Barzun y fera une brillante carrière universitaire). Il y enseigne le français et fonde en 1920 "The French-American Art Guild for the Advancement of XX Century Arts", puis, en 1929, une école de théâtre expérimental ("New Drama School"), qui devient en 1939 "The Orphic Art Center" de New York, dans le cadre desquels il poursuit ses expériences sur la polyphonie. En contact avec Marcel Duchamp, Albert Gleizes ou Edgard Varèse, il dirige pendant la seconde guerre mondiale la revue The French-Forum [Quarterly] et assurera jusque dans les années 1960 de nombreux cycles de lectures-conférences sur la littérature française d'avant-garde.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie

  • 1906 : premier volume de La Terrestre tragédie, titre générique qui regroupe plusieurs œuvres, dont Les Poèmes de l'homme (1907), Les Chants de l'Idée (1906), La Montagne (1908).
  • 1908 : L’Hymne des forces, poème dramatique

Son œuvre majeure, L'Orphéide ou L'Universel Poème, n'a jamais été publiée intégralement : on trouve un premier extrait dans Poème et drame, n° 6, septembre-octobre 1913. Deux autres extraits (deux fois quinze pages) dans les deux livraisons de L’Art orphique [La Renaissance esthétique] (1929 et 1930 ?). Il existe deux versions tapuscrites de ce texte : la première, en sept chants et une apothéose, achevée en 1927 ; la seconde, en douze chants, inachevée, datée de 1933. Le plan de la version de 1927 est fourni dès 1914 ; il semble qu’à cette date aient seulement manqué le chant VII et une partie du chant VI. L'évolution de la transcription du travail polyphonique fait de Barzun non seulement un représentant majeur de la recherche sonore menée par les avant-gardes historiques, mais aussi un précurseur de la poésie visuelle.

Théorie

  • 1907 : L'Action intellectuelle
  • 1912 : L’Ère du drame : essai de synthèse poétique moderne
  • 1913 : Voix, rythmes et chants simultanés (Poème et drame, n° 4)
  • 1914 : L’Œuvre esthétique et poétique de Henri-Martin Barzun
  • 1921 : L’Ordre du monde. Fondation d'Europe, 1916-1920
  • 1929 et 1930 : La Renaissance esthétique
  • 1930 ? : L’Art orphique
  • 1934 : L’Amérique nouvelle, après un an d’action
  • 1938 : La Guerre économique contre la paix
  • 1960 : Orpheus ; modern culture and the 1913 renaissance : a panoramic survey 1900-1956
  • 1962 : Orpheus, a world in chorus : a 20th century literature of synthesis, a contribution to world culture 1945-1963

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Michel Corvin, Le Théâtre de recherche entre les deux guerres : le Laboratoire Art et Action, Lausanne, L’Âge d’homme / La Cité, s.d. [1976].
  • Michel Décaudin, La Crise des valeurs symbolistes. Vingt ans de poésie française. 1895-1914, Paris, Genève, Slatkine, 1960, réimp. 1981.
  • Isabelle Krzywkowski, « Le Temps et l’Espace sont morts hier ». Les Années 1910-1920. Poésie et poétique de la première avant-garde, Paris, Éditions L’Improviste, 2006.
  • Isabelle Krzywkowski, « Épopée et avant-garde : l’exemple de L’Orphéide ou L’Universel Poème d’Henri-Martin Barzun », in Désirs et débris d’épopée au XXe siècle, Saulo Neiva éd. / Peter Lang, 2009.
  • Arrigo Lora-Totino, « “L'Orphéide”, epopea della simultaneità. Tre frammenti di testi simultanei », in Simultanéisme / Simultaneità, P. A Jannini & S. Zoppi éd., Quaderni del Novecento Francese, n° 10, Roma, Bulzoni, Paris, Nizet, 1987, p. 29-72.
  • Pascal Rousseau, « Polyphonie du chant simultané. L’orphisme d’Henri-Martin Barzun, le phonographe et la plasticité du verbe », Les Polyphonies du texte, Monserrat Prudon éd., Romainville, Éditions Al Dante, 2002, p. 199-208.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Louis-Etienne Baudier de Royaumont qui fut le premier conservateur de la Maison de Balzac.

Liens externes[modifier | modifier le code]