Henri-François Delaborde (général)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Henri-François Delaborde.
Henri-François Delaborde
Image illustrative de l'article Henri-François Delaborde (général)

Naissance 21 décembre 1764
Dijon
Décès 3 février 1833 (à 68 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Grade Général de division
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Siège de Toulon
Bataille de Braga
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Grand-Croix de l'Ordre de la Réunion
Chevalier de Saint-Louis
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile

Henri François Delaborde, né à Dijon (Côte-d'Or), le 21 décembre 1764, et mort à Paris le 3 février 1833, est un général de la Révolution française.

Révolution[modifier | modifier le code]

Fils d'un boulanger, il fait ses études au collège de Dijon. Il les avait à peine terminées, lorsqu'il s'engagea dans l’armée : il fit une carrière ralentie par son état ; n’étant pas noble, il était devenu sous-officier en 1789. En 1792, il entra dans le 1er bataillon des volontaires de la Côte-d'Or, fut élu lieutenant de sa compagnie, et se rendit avec son corps à l'armée que commandait La Fayette. La première fois qu'il se distingua, ce fut le 11 juin, au combat de La Glisuelle, près de Maubeuge, où, pendant l'action, il remplaça son commandant qui venait d'être tué.

Le 23 août de la même année, il refusa de signer la capitulation de Longwy, que ses habitants refusèrent de défendre, et sa protestation contre cet acte de pusillanimité fut insérée le 7 septembre dans le 2e bulletin de la Convention nationale.

L'année suivante, il se trouva au combat de Ruzabern (17 mai 1793), après lequel son bataillon se mit en route pour rejoindre l'armée des Pyrénées orientales. Carteaux, que la Convention avait chargé de soumettre les Marseillais révoltés par suite des événements du 31 mai, le retint et l'envoya contre les rebelles. Delaborde les atteignit et les mit en pleine déroute au village de Lépin, près d'Aix-en-Provence.

Nommé quelque temps après, général de brigade et gouverneur de la Corse, il ne se rendit pas à cette destination ; Dugommier lui ayant confié le commandement de la Ve division de l'armée devant Toulon, il contribua à la prise de cette ville en enlevant le camp retranché des Anglais.

Arrivé en l'an II à l'armée des Pyrénées, il s'empara, le 7 thermidor, des redoutes de Biviata et de Vera, situées sur les montagnes qui entourent la Bidassoa, et, le 14 du même mois, de concert avec Moncey, il se rendit maître de Biva, de Beriat et d'Aya ; puis, tous deux, par une marche hardie, tournèrent le camp espagnol de Saint-Martial.

Le 26 vendémiaire an III, il battit complètement le général Filanghieri, et s'empara de la vallée de Roncevaux, où furent défaits les lieutenants de Charlemagne. À cette affaire, le général Delaborde commandait la fameuse colonne infernale, composée de troupes venues de la Vendée.

Après le combat de Bergara, livré le 8 frimaire an III, il passa à l'armée de Rhin-et-Moselle, et, au mois de thermidor an IV, il traversa le Rhin à Neuf-Brisach, où les habitants lui témoignèrent leur reconnaissance pour l'ordre et la discipline qu'il avait su maintenir dans ses troupes ; ensuite il occupa le Brisgau et prit possession des villes frontières abandonnées par les Impériaux.

Consulat et Empire[modifier | modifier le code]

En l'an VIII, promu général de division, il occupa la ligne comprise entre Oggersheim et Germersheim.

À l'affaire du 25 brumaire, il attaqua l'ennemi devant Philisbourg, lui enleva 5 canons et lui fit 1 000 prisonniers. Dans la même année, après la paix de Lunéville, il fut nommé gouverneur de la 3e division militaire et y rétablit l'ordre et la discipline.

Le 19 frimaire an XII, le général Delaborde, qui commandait alors la 13e division militaire, se trouva compris dans la nomination des membres de la Légion d'honneur, et, le 25 prairial suivant, il reçut le brevet de commandant de l'ordre, puis encore, en l'an XIII, le 4 vendémiaire, il fut nommé grand officier, après, avoir fait, à Rennes, la distribution des aigles d'honneur accordées aux officiers et soldats de sa division.

Vers la fin de 1807, le général Delaborde rentra dans le service actif, et prit part à la seconde expédition de Portugal en 1809.

En avril 1809, le général Freyre, commandant les troupes portugaises, ayant été massacré, ainsi que son état-major, pour s'être retiré devant l'armée du maréchal Soult, comme ses instructions le lui prescrivaient, un officier hanovrien, le baron d'Ében, fut improvisé général et se disposait à livrer bataille pour obéir aux exigences de ses propres soldats ; mais le maréchal Soult ne lui en laissa pas le temps, et l'attaqua le 20 mars au matin lors de la bataille de Braga ; le centre de l'armée était formé de la division du général Delaborde. Au signal donnée par une batterie placée sur le front de la ligne, la division Delaborde marcha l'arme au bras sur les Portugais, sans riposter à leur feu. Intimidés par cette confiance, les Portugais se dispersèrent et prirent la fuite, le général Delaborde les poursuivit, ainsi que la division de dragons du général Lorge, et en fit une horrible boucherie. Cette poursuite continua jusqu'à deux lieues au de la Braga. Les Français s'emparèrent de cette place, de l'artillerie de l'ennemi, de ses bagages ; de ses munitions, et de plusieurs drapeaux. Le 29 du même mois, la division Delaborde enleva plusieurs redoutes et s'empara de 50 pièces de canon.

Junot confia au général Delaborde le commandement de la 1re division qui occupa Lisbonne le 2 décembre, et le nomma ensuite gouverneur de cette capitale. Les Portugais stimulés par les Anglais et des bandes d'insurgés espagnols, se soulevèrent en 1808, et le 3 août un corps d'armée Anglais débarqua à Figuières, se mit en mouvement et s'avança sur Lisbonne. Dès que Junot en fut averti, il donna le commandement de la ville au général Travot, et fit partir le général Delaborde avec 2 bataillons du 70e régiment, 150 chasseurs du 26e et 5 pièces de canon. Ces troupes, renforcées à Obidds et à Péniche, avaient pour but de ralentir les progrès de l'ennemi et de reconnaître le terrain propre à un engagement général ; Delaborde ayant appris que les Anglais commandes par sir Arthur Wellesley, depuis lord Wellington, occupaient Lecrias, prit position le 14 août en avant du village de Rolica. Le lendemain les Anglais commencèrent l'attaque et furent repoussés. Revenus deux jours après, Delaborde, blessé dès le commencement de Taction et qu'il n'avait à opposer à près de 4 000 assaillants que 1 900 hommes, lutta pendant cinq heures avec avantage ; mais ne recevant pas du général Loison le secours qu'il en attendait, il opéra sa retraite, en bon ordre. Ce fait d'armes donna un nouvel éclat à la réputation déjà si brillante du général Delaborde qui, cette même année fut élevé à la dignité de comte.

Passé ensuite sous les ordres du duc de Dalmatie, il se distingua de nouveau à la bataille de Braga, ainsi qu'à la prise d'Oporto. Après la retraite de Portugal, pendant laquelle les dispositions qu'il prit au combat de Vimeiro furent jugées un chef-d'œuvre de tactique, il revint en France où il resta jusqu'en 1812. Alors il passa à l'armée de Russie et prit le commandement d'une division du corps du duc de Trévise. À son retour, il fut nommé gouverneur du château de Compiègne, et en 1813 grand-croix de l'ordre de la Réunion.

En 1814, il commanda les deux subdivisions de Toulouse.

Première Restauration et Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Le général Delaborde adhéra aux changements qui suivirent l'abdication de Fontainebleau, perdit sa place de gouverneur de Compiègne, en dédommagement de laquelle le roi lui accorda 10 000 francs de pension, le nomma, le 24 octobre, chevalier de Saint-Louis, et le conserva dans son commandement divisionnaire. Il s'y trouvait encore au 20 mars 1815 ; mais il n'envoya son adhésion au rétablissement de l'Empire que le 4 avril.

Dans un rapport qu'il adressa au ministre de la guerre, il expliqua cette soumission tardive par les obstacles que lui opposait la présence du baron de Vitrolles, commissaire du roi, annonçant qu'il venait de le mettre en état d'arrestation. L'Empereur, qui ne douta pas avec raison de la loyauté du comte Delaborde, l'attacha à sa personne en qualité de chambellan, et le nomma, le 2 juin 1815, pair de France et gouverneur des divisions de l'Ouest.

Restauration[modifier | modifier le code]

Compris dans la liste de proscription du 24 juillet 1815, il fut mis en jugement au mois de septembre de la même année. Madame Delaborde publia un mémoire justificatif, et son avocat, parmi ses moyens de défense, fit ressortir une équivoque que les membres du conseil s'empressèrent d'adopter. L'ordonnance du 24 juillet 1815 portait Laborde, tandis que le général se nommait Delaborde. Ils le déclarèrent non coupable.

Depuis cette époque, le comte Delaborde ne participa en rien aux affaires publiques.

Il mourut le 3 février 1833. Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, où il a été placé au côté Ouest.

Famille[modifier | modifier le code]

Cousin de Junot, beau-frère de Achilles Guillaume, père de Jules Delaborde et de Henri Delaborde, sa dernière fille épousa le fils de Sophie Gail et sa petite fille le docteur Etienne Lancereaux. Il est également le grand-père d'Henri-François Delaborde.

Source[modifier | modifier le code]