Henri-César de Castellane-Majastre

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Henri-César de Castellane
Marquis de Majastre
Surnom Castellane-Majastre
Naissance 28 mars 1733
à Marseille
Décès 5 mai 1789 (à 56 ans)
à Riez
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef d'escadre des armées navales
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Commandement Le Marseillais
Faits d'armes Bataille de la baie de Chesapeake
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Membre de l'Ordre de Cincinnatus
Famille maison de Castellane

Henri-César de Castellane, marquis de Majastre, dit « Castellane-Majastre », né le 28 mars 1733 à Marseille et mort le 5 mai 1789 à Riez[1], est un officier de marine et aristocrate français du XVIIIe siècle. Issu de la Maison de Castellane, très ancienne famille noble de Provence, il s'engage dans la Marine royale comme nombre de ses aïeux avant lui. Il se distingue pendant la guerre d'indépendance des États-Unis et notamment au combat livré en baie de Chesapeake en septembre 1781. Il termine sa carrière avec le grade de chef d'escadre des armées navales.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Henri-César de Castellane descend de la Maison de Castellane, une très ancienne famille de la noblesse provençale descendant de la maison souveraine de Riez, Basses-Alpes (actuelles Alpes-de-Haute-Provence) et connue depuis le IXe siècle. Il est le fils de César-Henri de Castellane (1693-1761) et de sa femme Agathe de Martin (v. 1710-?). Sa famille a fourni seize officiers supérieurs à la Marine royale, aussi bien dans le corps des vaisseaux que dans celui des galères.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Garde de la marine en 1749[2], puis sous-lieutenant d'artillerie en 1751 il est promu successivement aux grades de lieutenant de vaisseau en 1762 puis à celui de capitaine de compagnie en 1775[3].

Il est fait chevalier de Saint Louis en 1773. Il prend part aux préparatifs de la guerre contre les Britanniques. Au début de l'année 1778, Castellane-Majastre est en station à Toulon, où il a récemment obtenu le grade de capitaine de vaisseau (1777) et reçoit le commandement de la frégate La Flore, au sein de l'escadre de l'amiral d'Estaing, avec laquelle il effectue quatre prises. Il participe à la guerre d'indépendance des États-Unis, et est l'un des membres d'origine de la Société des Cincinnati.

Il commande Le Sagittaire en 1780, puis Le Marseillais, de 74 canons, dans l'escadre du Comte de Grasse qui met les voiles depuis Brest le 22 mars 1781. Il est présent à tous les combats livrés par cette escadre. La flotte française relâche à la Martinique. Il est au combat du 29 avril 1781 devant Fort-Royal de la Martinique et à la prise de Tobago le 30 mai suivant[3].

Il participe également à la victoire navale décisive de Chesapeake, le 5 septembre 1781 contre la flotte britannique de l'amiral Graves. Il va notamment se mesurer lors de cette bataille rangée au HMS Intrepid, un vaisseau de 64 canons. Les Britanniques finissent par se retirer. L'amiral de Grasse dira de lui après le combat de Chesapeake : « Très instruit, bon manœuvrier, d'un très grand sang-froid ». Il est également présent lors de la reddition de l'armée de Lord Cornwallis après la bataille de Yorktown, en octobre 1781. Le 29 septembre 1781, il reçoit pension de 1 000 livres sur le budget des Invalides.

Retournant dans les Indes occidentales en novembre 1781, Castellane-Majastre commande Le Marseillais lors de la bataille de Saint-Kitts les 15 et 26 janvier 1782. Il a neuf hommes tués et 19 blessés sous ses ordres[3]. Il est également présent au combat des Saintes en avril de la même année. Son navire fait alors partie de l'escadre blanche et bleu, commandée par le marquis de Coriolis d'Espinouse, chef d'escadre ; mais les Français sont lourdement vaincus. En mai 1782, il est présent à Saint-Domingue au sein de la flotte placée sous les ordres du marquis de Vaudreuil. Moins combattif qu'en baie de Chesapeake, le commandant du Marseillois n'engage presque pas son vaisseau, le ramenant à Brest avec les autres rescapés de la bataille. Le 14 octobre 1782, il se voit attribuer une pension de 800 livres sur le budget de l'ordre de Saint-Louis et il est promu chef d'escadre des armées navales avec rang à prendre au 1er octobre 1784[3]. Il est représentant de la noblesse aux États provinciaux tenus à Aix en 1788[4]. Enfin, son acte d'inhumation établit son appartenance à l'Ordre américain des Cincinnati.

Les dernières années de sa vie sont méconnues jusqu'à faire douter de la date de sa mort. Les preuves d'archives confirment qu'il meurt à Riez le 5 mai 1789[3],[5] ce qui n'empêcha pas certains auteurs de reporter son décès jusqu'en 1810[6],[7] à l'étranger, alimentant la légende de son émigration[8].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse, le 17 juin 1777, M Claire de Montolieu (†1800). De cette union naissent :

  • Charles de Castellane (1783-1857)
  • César Elzéar de Castellane, Comte de Castellane-Majastres (1784-1835)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site internet des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, actes paroissiaux de la commune de Riez 1718-1792, vues 169-170 de la numérisation.
  2. Mazas 1860, p. 196
  3. a, b, c, d et e Mazas 1860, p. 197
  4. http://www.cg06.fr/cms/cg06/upload/decouvrir-les-am/fr/files/rr52-1974-n4-04.pdf
  5. http://quod.lib.umich.edu/c/clementsmss/umich-wcl-M-217cas?view=text
  6. http://chateau-esparron.com/histoire-famille-castellane
  7. http://gw1.geneanet.org/garric?lang=fr&p=henri+cesar&n=de+castellane
  8. « En 1789, M. de Castellane Majastre sortit de avec sa famille, et en vertu de sa procuration du mois de mai 1791, le sieur Chauchard géra et administra ses biens. Le nom du sieur de Castellane inscrit sur la liste des émigrés par arrêté du département de la Seine, du 2 thermidor an 6, y fut maintenu par un nouvel du directoire, du 7 nivose an 7, qui ordonna en temps la confiscation et la vente des biens de cet émigré au profit de l'état conformément aux lois. Le sieur de Castellane est décédé en état d'émigration » (Sirley 1818, p. 150)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Mazas, Histoire de l'ordre royal et Militaire de Saint-Louis depuis son institution en 1693 jusqu'en 1830, Paris, Firmin Didot frères, fils et Cie,‎ 1860 (lire en ligne), p. 196-197
  • Jean-Baptiste Sirey, Jurisprudence du Conseil d'état, depuis 1806, époque de l'institution de la Commission du contentieux, jusqu'à la fin de septembre 1818, vol. 2, Cour de Harlai, Paris, 1818, [lire en ligne], p. 150

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]