Helleborus

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Helleborus est un genre de plantes de la famille des Ranunculaceae.

Le genre comporte entre 15 et 22 espèces suivant les auteurs. La majorité des espèces se rencontrent dans les Balkans. Deux sont indigènes des îles de la Méditerranée : Helleborus argutifolius, en Corse et en Sardaigne, et Helleborus lividus, aux Baléares. Deux autres espèces sont originaires d’Asie : Helleborus vesicarius en Asie mineure (sud de la Turquie et nord de la Syrie) et Helleborus thibetanus, au Tibet et en Chine.

Trois espèces se rencontrent en France, deux en France continentale : l'hellébore fétide ou « pied-de-griffon » (Helleborus foetidus) et l'hellébore vert (Helleborus viridis), et une en Corse, l'hellébore de Corse (Helleborus argutifolius).

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Jeunes follicules (Helleborus niger)

Ce sont des plantes vivaces à floraison hivernale ou printanière à racines charnues, parfois franchement tubéreuses (Helleborus vesicarius), les racines plus anciennes étant souvent de couleur noire. Ce sont en majorité des plantes de sous-bois sur sol calcaire. C'est le genre de la rose de Noël (Helleborus niger) cultivée dans les jardins.

Quatre espèces ont des tiges feuillées soit à feuillage persistant et sans feuilles basilaires : Helleborus argutifolius, Helleborus foetidus et Helleborus lividus, soit à feuillage caduc avec présence de feuilles basilaires : Helleborus vesicarius. Les autres espèces ont des feuilles basilaires – persistantes ou non – et des tiges florales annuelles.

Les feuilles pédalées sont à trois folioles primaires, soit non divisées (section Chenopus), soit à division plus ou moins nombreuses (jusqu’à plus de 100 folioles secondaires chez Helleborus multifidus subsp. hercegovinus et Helleborus abruzzicus).

Les fleurs constituées de 5 sépales verts ou colorés ; les pétales étant transformés en cornets nectarifères. Les fruits sont des follicules séparés ou plus ou moins soudés. Les graines, qui possèdent un éléosome, sont semées par les fourmis (myrmécochorie).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du grec heleïn : « faire mourir » et bora : « nourriture », c'est-à-dire plante vénéneuse ; ou de elleboros : ellébore, plante utilisée contre la démence.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Les hellébores sont classés en 6 sections[1],[2] :

  • Section Syncarpus (à follicules soudés)
    • Helleborus vesicarius Auch., sud de la Turquie et nord de la Syrie
  • Section Griphopus (à feuilles en pied de griffon)
  • Section Chenopus (à feuilles en patte d’oie)
  • Section Helleborus
    • Helleborus niger L., Rose de Noël
      • subsp. niger, Alpes méridionales et orientales (sur calcaire)
      • subsp. macranthus (Freyn) Schiffner, nord de l’Italie et Slovénie
  • Section Helleborastrum
    • Helleborus atrorubens Waldst. & Kit., nord-ouest de l’ex-Yougoslavie
    • Helleborus cyclophyllus (A. Braun) Boissier, Balkans
    • Helleborus dumetorum Waldst. & Kit., Roumanie, Balkans, Asie mineure
    • Helleborus multifidus Vis., Italie et ouest de l’ex-Yougoslavie
      • subsp. multifidus, régions montagneuses du nord de l’Adriatique
      • subsp. bocconei (Tenore) B. Mathew, de l’Italie centrale à la Sicile
      • subsp. hercegovinus (Martinis) B. Mathew, Bosnie-Herzégovine
      • subsp. istriacus (Schiffner) Merxmuller & Podlech, nord-est de l’Italie et nord de la Croatie
    • Helleborus odorus Waldst. & Kit., Balkans
    • Helleborus orientalis Lam., Rose de carême
      • subsp. orientalis, fleurs blanchâtres ou verdâtres, parfois lavées de rose ; de la Bulgarie et du nord-est de la Grèce (Thrace) au Caucase et en Turquie
      • subsp. abchasicus (A. Br.) B. Mathew, fleurs pourpres ou gris-rosé ; en Abkhazie (ouest du Caucase)
      • subsp. guttatus (A. Br. & Saur) B. Mathew, fleurs blanches tachetées ou piquetées de rouge ; centre et est du Caucase
    • Helleborus purpurascens Waldst. & Kit., de l’Europe centrale au Caucase
    • Helleborus torquatus Archer-Hind., ex-Yougoslavie
    • Helleborus viridis L., Hellébore vert
      • subsp. viridis, du sud-est de la France jusqu’en Autriche
      • subsp. occidentalis (Reut.) Schiffner, de la Belgique jusqu’en Espagne ; naturalisé aux Pays-Bas (« stinzenplant » [3])
  • Section Dicarpon (à deux follicules)
    • Helleborus thibetanus Franch., Tibet et provinces chinoises du Gansu, Hubei, Shaanxi et Sichuan.

Galerie[modifier | modifier le code]

Nouvelles espèces[modifier | modifier le code]

Les espèces suivantes ont été plus récemment décrites [4],[5]:

  • Helleborus abruzzicus M. Thomsen, McLewin & B. Mathew, Abruzzes, au nord-est de Rome, espèce proche de Helleborus multifidus subsp. bocconei à feuilles divisées en fine dentelle (100 à 200 folioles !)
  • Helleborus croaticus Martinis, nord-est de la Croatie : espèce en population isolée, proche de Helleborus atrorubens et de Helleborus torquatus
  • Helleborus liguricus M. Thomsen, McLewin & B. Mathew, nord-ouest de l’Italie, le long des côtes de Ligurie et de Toscane : espèce proche de Helleborus multifidus subsp. bocconei à folioles peu nombreuses et à fleurs vert pâle, voire blanches.

Le statut exact de ces taxons est à préciser.

Remarques[modifier | modifier le code]

  • Les sous-espèces de Helleborus multifidus et de Helleborus viridis sont actuellement souvent placées au rang d’espèces.
  • Là où différentes espèces de la section Helleborastrum se côtoient – notamment en ex-Yougoslavie – on peut rencontrer des hybrides. Comme ces hybrides sont fertiles, ils peuvent former des populations intermédiaires qui compliquent l’étude des espèces sur le terrain.
    • Helleborus torquatus a un statut incertain. Cette espèce très variable est souvent considérée comme une variante de Helleborus multifidus (Helleborus multifidus subsp. serbicus (Adamowić) Merxm. & Podlech) [6]. Elle se croise facilement avec notamment Helleborus multifidus subsp. multifidus, formant ainsi des populations intermédiaires complexes.
  • Helleborus ×feyderi Schniffer est un hybride naturel Helleborus orientalis subsp. abchasicus × Helleborus orientalis subsp. guttatus.
  • Là où Helleborus foetidus et Helleborus viridis se côtoient, on peut rencontrer l’hybride stérile Helleborus ×jourdanii Pages.

Hybrides Horticoles[modifier | modifier le code]

Hybrides d’orientalis[modifier | modifier le code]

  • Helleborus ×hybridus Voss : sous ce nom sont classés les sélections de Helleborus orientalis à fleurs blanches, roses ou ponctuées, et ses hybrides fertiles avec notamment Helleborus cyclophyllus et Helleborus odorus (hybrides à fleurs jaunes), Helleborus multifidus subsp. bocconei (hybrides à fleurs vertes), et Helleborus torquatus (hybrides à fleurs pourpres ou bleues).

Autres hybrides[modifier | modifier le code]

  • Helleborus ×nigercors J. T. Wall, Helleborus niger × Helleborus argutifolius : hybride stérile à nombreuses fleurs blanches à longue période de floraison
  • Helleborus ×sternii Turill, Helleborus argutifolius × Helleborus lividus : hybride fertile à fleurs rosées
  • Helleborus ×ballardiae B. Mathew (Syn. Helleborus ×nigriliv), Helleborus niger × Helleborus lividus : hybride stérile à fleurs rosées ou brunâtres
  • Helleborus ×ericsmithii B. Mathew (Syn. Helleborus ×nigristern), Helleborus ×sternii × Helleborus niger : hybride stérile plus rustique que Helleborus ×sternii à fleurs blanches lavées de rose

Culture[modifier | modifier le code]

Le sol doit être léger, riche en humus et retenir l’humidité, mais être bien drainé. Les pieds humides en hiver sont funestes pour beaucoup d’espèces. Quoique la plupart des espèces proviennent de situations en sol calcaire, la plupart des espèces et des cultivars poussent également bien en sol acide.

À l’exception de Helleborus vesicarius, les hellébores n’aiment pas être en plein soleil en été. Une fois bien installés, les hellébores n’aiment pas être dérangés ou transplantés.

Les hellébores, en particulier Helleborus niger et les hybrides à fleurs jaunes, sont sensibles aux maladies cryptogamiques, qui provoquent des taches noires sur les feuilles. Lorsque l’infection est sévère, elle peut aboutir à la mort de la plante.

Espèces botaniques[modifier | modifier le code]

L’amateur de jardin averti doit certainement planter des pieds-de-griffon, Helleborus foetidus. Cette plante indigène en Belgique et en France, qui peut atteindre 1 m de haut, a un feuillage persistant très décoratif et une floraison abondante présente de janvier à mai. ‘Wester Flisk’, à tiges rouges, est une excellente sélection.

La rose de Noël, Helleborus niger, n’est pas conseillée à l’amateur moyen. Ce n’est certainement pas une plante facile, car elle pousse lentement et uniquement à mi-ombre en sol perméable, humifère et calcarifère. Elle n'y fleurit par ailleurs pas à Noël, mais en février-mars. La rose de Noël pourpre, Helleborus ‘Early Purple’ (syn. Helleborus ‘Atrorubens’, à ne pas confondre avec l’espèce Helleborus atrorubens !), une sélection à floraison précoce de Helleborus orientalis subsp. abchasicus, est certainement à préférer à la « vraie » rose de Noël, car elle est de culture facile et, lorsque le temps est clément, elle fleurit dès la mi-décembre – donc à Noël.

En Belgique et dans le nord de la France, l’hellébore de Corse, Helleborus argutifolius, convient uniquement dans les jardins de ville protégé en raison de sa rusticité insuffisante.

Helleborus thibetanus connaît actuellement un énorme succès auprès des amateurs d’hellébores. Il ne faut acheter ces plants que s'ils ont été cultivés en pépinière et non dérobés dans la nature.

Parmi les autres espèces, Helleborus odorus est une plante très valable, qui pousse bien et a de belles fleurs jaune vert au parfum de pomme. Il est conseillé de la placer à un endroit protégé, à l’abri du vent. Helleborus torquatus n’est pas la plante de jardin la plus adéquate, parce qu’elle pousse beaucoup trop lentement.

Toxicité et usage d'autrefois[modifier | modifier le code]

Les hellébores sont des plantes vénéneuses par la présence d’helléborine, un diglycoside amer, de saponine et de protoanémonine.

L'hellébore a été jadis utilisée comme plante médicinale et vétérinaire. La poudre de racines séchées était utilisée comme sternutatoire et, par ingestion, comme purgatif pour traiter contre la folie et les crises d’épilepsie. Un grain d'hellébore guérit la folie. En médecine vétérinaire elle était utilisée pour traiter le farcin.

À la page 501 du tome sixième du Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle[7] on peut lire :

Nous devons, dit-on, la connoissance des propriétés de l’hellébore, & sur-tout du noir, à un certain Mélampus, qui étoit Médecin ou Berger, & qui inventa la purgation : il guérit avec ce remede les filles de Prœtus, qui étoient devenues furieuses. On retire de ces racines, par le moyen du feu, un esprit très-âcre, qui coagule la solution du mercure doux ; l’infusion de ces racines rend plus vive la couleur du papier bleu. Les racines de l’un & de l’autre hellébore purgent fortement les humeurs dures & tenaces ; celles de l’hellébore noir ou ses fibres qu’on emploie plus communément, sont rarement émétiques ; elles purgent par le bas, & ordinairement sans causer ni nausées ni vomissemens. Elles sont encore plus sternutatoires que soporeuses. Ce purgatif convient, dit-on, aux maniaques ; cependant, comme il agite le sang & qu’il cause beaucoup d’agitation sur le genre nerveux, nous croyons, avec M. Bourgeois, que bien loin de les guérir, il doit augmenter leurs accès de fureur ; peut-être convient-il mieux aux apoplectiques et aux ladres, même aux galeux qui sont robustes, mais jamais aux valétudinaires ni aux femmes. Ce que nous avons dit de la vertu médicinale de la coloquinte, peut s’appliquer en quelque sorte aux hellébores. Au reste, des Médecins prudens abandonnent aujourd’hui les hellébores à la Médecine vétérinaire, pour guérir le farcin, &c. Selon M. de Haller, l’extrait d’hellébore noir est un purgatif assez doux ; on le croit propre sur-tout à procurer les règles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brian Mathew, Hellebores, Alpine Garden Society, 1989 - ISBN 0-900048-50-6
  2. Classification des hellébores
  3. Stinzenplant est un nom utilisé dans le nord des Pays-Bas pour désigner une plante naturalisée de longue date dans les jardins d'anciennes maisons patriciennes et de fermes-châteaux, les jardins de curés, le long d'anciens remparts, etc.
  4. Hellebores - The Genus Helleborus
  5. Will McLewin, Brian Mathew & Matthias Thomsen, Helleborus bocconei and the hellebores of Italy, The Plantsman (RHS publications), 5: 228-237, 2006
  6. Petit dictionnaire des termes botaniques – Helleborus torquatus
  7. Jacques Christophe Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle (4e édition), 1791, Bruyset Frère, Lyon.
  • Leo Jellito & Wilhelm Schacht, Hardy herbaceous perrennials, Timber Press, 1990 – ISBN 0-88192-159-9
  • Roger Phillips & Martyn Rix, Vivaces, La Maison Rustique, Paris, 1992 – ISBN 2-7066-1224-X
  • Graham Rice & Elizabeth Strangman, The Gardener's Guide to Growing Hellebores, Timber Press, 1993 - ISBN 0-7153-9973-X
  • Paul Geerts, La passion des hellébores – savoir-faire et patience, Les Jardins d’Eden, 12 : 30-35, 2000

Liens externes[modifier | modifier le code]

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