Heinrich Wilhelm Waldeyer

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Wilhelm Waldeyer

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Heinrich Wilhelm Gottfried von Waldeyer-Hartz

Naissance 6 octobre 1836
Hehlen an der Weser, près de Brunswick (Empire allemand)
Décès 23 janvier 1921 (à 84 ans)
Berlin
Nationalité Flag of the German Empire.svg Allemande
Champs anatomiste
Institutions université de Strasbourg, recteur de la Friedrich-Wilhelms-Universität de Berlin
Renommé pour Théorie du neurone

Né le 6 octobre 1836 à Hehlen an der Weser, Brunswick (Allemagne) et mort le 23 janvier 1921 (à 84 ans) à Berlin, Heinrich Wilhelm Gottfried Waldeyer-Hartz (ou von Waldeyer-Hartz à partir de 1916, après son anoblissement par Guillaume II) est un anatomiste allemand. Il est connu pour avoir contribué à la théorie neuronale de l'organisation du système nerveux et pour avoir proposé les noms de « neurone » et de « chromosome ». Il a laissé son nom à deux structures anatomiques du corps humain : la glande de Waldeyer et l'anneau de Waldeyer (l'anneau du tissu lymphoïde du nasopharynx).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il passa son Abitur au lycée Theodorianum de Paderborn puis étudia d'abord les mathématiques et les sciences naturelles à l'université de Göttingen. Sous l'influence de Jakob Henle, il se tourna vers la médecine. Il termina ses études à Greifswald. Il s'installa à Berlin, attiré par l'anatomiste Karl Bogislaus Reichert auprès duquel il passait le doctorat en 1861 avec un travail sur la clavicule.

Sa carrière d'enseignant universitaire débuta l'année suivante à l'Université Albertina de Königsberg, puis, en 1864 à Breslau (aujourd'hui Wrocław, en Pologne) où il reçut une chaire de professeur de pathologie et se consacra surtout au diagnostic des tumeurs. Son plus célèbre patient fut l'empereur Frédéric III chez qui il diagnostiqua un cancer du larynx.

En 1872, Waldeyer fut nommé professeur d'anatomie à l'université de Strasbourg et revint en 1883 à Berlin où il se consacra essentiellement à l'enseignement de l'anatomie. De 1898 à 1899 il fut recteur de la Friedrich-Wilhelms-Universität de Berlin.

Travaux[modifier | modifier le code]

Théorie du neurone[modifier | modifier le code]

Les historiens des neurosciences voient en Waldeyer l'un des fondateurs en 1891, de la « théorie du neurone » et lui rendent hommage comme le créateur du terme de « neurone » pour désigner la cellule nerveuse, unité structurelle fondamentale du système nerveux. Waldeyer étaya sa théorie sur les découvertes de deux neuroanatomistes lauréats du Prix Nobel en 1906, Camillo Golgi (1843-1926) et Santiago Ramón y Cajal (1852-1934). Ce dernier avait eu l'idée d'utiliser la coloration au nitrate d'argent mise au point par Golgi sur le tissu nerveux, ce qui lui avait permis d'étudier en détail les prolongements des neurones (axones et dendrites) et la façon dont ils semblaient se raccorder entre eux en formant des réseaux. Ces connexions offraient une base pour expliquer les mécanismes physiologiques du transfert d'information entre neurones.

Waldeyer apprit l'espagnol pour pouvoir assimiler directement l'œuvre de Cajal et il devint son ami et mentor. Il l'initia aux techniques d'histologie alors dominées par les Allemands. La théorie de Waldeyer fut publiée dans une série d'articles dans le principal journal médical d'Allemagne, le Deutsche Medizinische Wochenschrift, dont l'influence devint considérable. Toutefois Waldeyer ne contribua pas à la théorie par ses propres recherches. Cajal déclara à ce sujet : « ... bien qu'il ait soutenu la théorie par le prestige de son autorité, il n'y a pas contribué par une seule observation personnelle, se limitant à une exposition brillante courte des preuves objectives apportées par His, Kolliker, RetziusGustaf Magnus Retzius, Van Gehuchten et moi-même, et il a inventé le terme de neurone qui devait faire fortune. »[1] Le travail obstiné de Cajal au cours de la décennie suivante permit de valider un grand nombre d'aspects de la théorie du neurone, y compris le caractère unidirectionnel de la transmission des signaux dans les neurones. Finalement Cajal réussit à convaincre Golgi de la contiguïté plutôt que de la continuité des contacts entre neurones.

Cytologie et embryologie[modifier | modifier le code]

Waldeyer étudia également les filaments basophiliques colorés dont son collègue de Kiel, Walther Flemming (1843-1905), avait trouvé qu'ils étaient les principaux constituants de la chromatine, le matériel à l'intérieur des cellules nucléaires. Bien que leur importance pour la génétique et pour la biologie de cellule fût encore à découvrir, on se rendit compte que ces filaments étaient impliqués dans le phénomène de division cellulaire découverte par Flemming et appelé mitose, aussi bien que dans la méiose. En 1888 il créa le terme «chromosome» (1888) pour les définir.

Éponymie[modifier | modifier le code]

Parmi ses autres très nombreuses études sur l'anatomie et l'embryologie, von Waldeyer se fit connaître également par ses recherches de pionnier sur le développement des dents et des cheveux, beaucoup de termes qu'il a inventés sont toujours utilisés aujourd'hui. Il publia aussi les premières, les études sur l'embryologie, l'anatomie et la fonction du tissu lymphatique naso-oro-pharyngal, qui porte son nom.

  • anneau (ou cercle amygdalien) de Waldeyer
  • glande de Waldeyer
  • cellule périvasculaire de Waldeyer-Hartz
  • fossette de Waldeyer
  • ligne de Waldeyer
  • liquide de Waldeyer
  • couche zonale de Waldeyer
  • artère mésentérique supérieure de Waldeyer
  • fascia de Waldeyer
  • loi de Waldeyer (ou loi de Bard)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (de) « Über Karyokinese und ihre Beziehungen zu l'antre Befruchtungsvorgängen », in: Archiv für mikroskopische Anatomie und Entwicklungsmechanik, 1888, 32 : 1-122. Article sur la mitose et les chromosomes.
  • (de) « Ueber einige neuere Forschungen im Gebiete der Anatomie des Centralnervensystems », in: Deutsche medicinische Wochenschrift, Berlin, 1891 : 17 : 1213-1218, 1244-1246, 1287-1289, 1331-1332, 1350-1356. (Sur quelques nouvelles recherches dans le domaine de l'anatomie du système nerveux central). Son œuvre la plus connue et qui résume la théorie des neurones.
  • (de) Lebenserinnerungen, [mémoires]. Bonn, 1920; 2e édition; Bonn, 1921; 3e édition, 1922.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Le Minor, Henri Sick: «Autour du 350ème anniversaire de la création de la chaire d'anatomie de la Faculté de Médecine de Strasbourg (1652-2002)», in: Histoire des Sciences médicales, 2003, 37 (1), pp. 31-42, Texte intégral.
  • Andrée Tixier-Vidal: «De la théorie cellulaire à la théorie neuronale», in: Biologie Aujourd’hui,204 (4), 253-266 (2010), Texte intégral.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cajal, S. Ramón y. (1954) Neuron theory or reticular theory: Objective evidence of the anatomical unity of nerve cells. Traduction. MU Purkiss et CA Fox. Madrid : Consejo superior de investigaciones científicas.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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