Heinrich Ier Felix von Harburg

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Heinrich Ier Felix von Harburg ou Henri Ier Felix fut archevêque et prince-électeur de Mayence[1] de 1142 à 1153. Il était aussi archichancelier du Saint-Empire romain germanique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri I, surnommé Felix, d'une maison illustre réunissait, en sa personne, les prévôtés de la cathédrale et de la collégiale de Saint-Victor devant Mayence lorsqu'il fut élu pour succéder à l'archevêque Markolf.

Ce fut à Francfort que se fit son élection en présence des légats du pape, de saint Bernard, et de l'empereur, qui l'investit aussitôt des droits régaliens. Mais il ne reçut qu'en 1145 le pallium, qui lui fut apporté par le cardinal Théoduin. L'an 1146, une moine nommé Raoul, excitant les peuples de Mayence, de Cologne, et des lieux voisins, à massacrer les Juifs.

L'archevêque Henri consulta, par lettres, sur ce point l'abbé de Clairvaux. La réponse fut qu'il fallait réprimer le fanatique et lui interdire la prédication[2].

L'empereur Conrad III de Hohenstaufen, se disposant à partir pour la croisade, confia, l'an 1147 à l'archevêque de Mayence la tutelle de Henri (1137-1150), son fils, qu'il venait de faire élire roi des romains, avec le vicariat de l'empire. Le prélat vint en grand cortège, la même année, trouver le pape Eugène III, à Trêves, où il fit, une entrée pompeuse, le premier dimanche de l'Avent. Il remit au pontife une lettre du jeune prince, son élève, qui l'appelait carissimum patrem acprœceptorem, atque adjutorem nostrum[3].

Henri avait entrepris de réformer, malgré eux, ses chanoines. Pour se venger, ils l'accusèrent lui-même auprès du pape, de négligence dans l'exercice de ses fonctions. Obligé de se défendre, il fait partir, l'an 1152, Arnoul de Selenhofen, prévôt de la collégiale de Saint-Pierre, pour aller plaider sa cause à Rome. Ce député, qu'il avait comblé de bienfaits, trompa ses intentions, d'une manière aussi ingrate que perfide; car, au lieu de le justifier, il appuya les griefs allégués contre lui, et demanda des commissaires au pape, pour venir les vérifier sur les lieux.

Deux cardinaux, Bernard et Grégoire, envoyés pour ce sujet, s'étant rendus, l'an 1153, à Worms, déposèrent le prélat accusé, sans égard pour une lettre que saint Bernard leur avait écrite en sa faveur (c'est-la trois cent-deuxième), et lui substituèrent Arnoul. Les historiens sont partagés sur ce jugement. Othon de Frisingue, écrivain grave et contemporain, le donne pour équitable[4]. Conrad, auteur de la chronique de Mayence, qui vivait au XIIIe siècle, et Dodechin, prétendent qu'il fut le fruit de la corruption, et qu'une somme d'argent, offerte aux légats, en fut le prix. Quoi qu'il en soit, Henri, après en avoir appelé au tribunal de Jésus-Christ, se retira en Saxe, où il mourut à l'abbaye Amelungsborn et fut inhume à Einbeck, consumé de chagrin, le premier septembre de la même année. Son archevêché ne l'avait pas enrichi. Il avait coutume de dire:

Fui dives canonicus, pauper præpositus, mendicus episcopus[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Texte après L'Art de vérifier les dates, publié en 1750 par Charles Clémencet, avec la collaboration de Maur Dantine et d'Ursin Durand.

  1. Les princes-évêques de Mayence étaient, comme la plupart des évêques allemands, à la fois seigneurs spirituels de leur diocèse et seigneurs temporels d'une série de possessions territoriales.
  2. Bern. Ep. 365.
  3. Inter epist. Wibaldi epist. 56, apud Martenne, ampl. coll. , tom. II, pag. 232.
  4. Vita Freder., I. II., c. g
  5. Concil. German., tom. X,. pag. 704.