Heidi Hollinger

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Heidi Hollinger (née à Montréal en 1968) est une photographe canadienne qui s'est fait connaître par la réalisation de portraits de l'intelligentsia elstinienne sous des angles originaux.

Au cours des dix ans qu’elle a vécu à Moscou, dans les années 1990, elle a réussi à insuffler une bouffée d'air frais à la photographie politique russe. Ses portraits peu conventionnels de dirigeants politiques captent l’essence d’une culture russe qui s’était, jusque-là, dissimulée dans les méandres de la bureaucratie soviétique.

Tant ses exploits professionnels que sa vie privée ont été suivis de près par les médias nationaux, ce qui a fait d’elle, comme l’a dit Rodney Irwin, l’ambassadeur du Canada en Russie, « la Canadienne la plus connue en Russie ».

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1990, elle décroche un baccalauréat en langues modernes de l’Université McGill. Elle maîtrise l’anglais, le français, le russe, le finnois et l’espagnol. En 1991, elle s’installe à Moscou où elle enseigne l’anglais et étudie en vue d’un diplôme de deuxième cycle en Sciences politiques à l’Université d’État de Moscou.

En 1994, elle devient la première photographe étrangère du grand quotidien russe Pravda. Au cours de la même année, elle inaugure sa première exposition « Faces of the Opposition » au Centre de photo de Moscou. Elle y présente ses portraits de l’élite politique russe, captée dans le style novateur qui lui est propre. L’exposition voyagera partout en Russie, au Canada et aux États-Unis.

Ayant ouvert son propre studio à Moscou, elle y photographie plus de 100 célébrités politiques russes, dont Vladimir Poutine et Mikhaïl Gorbatchev, et voyage de par le monde pour y photographier entre autres Jean Chrétien, Fidel Castro et le dalaï-lama.

En 1995, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) réalise un documentaire de 45 minutes intitulé « Heidi : Une Montréalaise à Moscou » qui sera diffusé au Canada, en Grande-Bretagne, au Japon, en Norvège et en Australie. En 1996, elle est nommée « photographe de l’année » par la télévision d’État russe (RTR)[réf. nécessaire].

En 1998, elle remporte le premier et le troisième prix, catégorie « People », du grand concours de photographie russe « Interfoto ». En 1999, elle reçoit la mention « succès de l’année » de la revue Ogonyok. En 2001, on présente une grande rétrospective de son travail, intitulée « Ten Years in Moscow », au Parlement du Canada et à l’Ambassade de Russie à Ottawa.

De 1999 à 2002, cinq de ses livres paraissent au Canada, aux États-Unis et en Russie. Son travail a été publié dans plusieurs des plus grands imprimés de la planète, dont Time, Newsweek, Esquire, Stern, Maclean's, The Globe and Mail, Pravda et Ogonyok.

En 2002, elle publie « The Russians Emerge » (Abbeville Press, New York), dont le lancement s’accompagne d’une exposition au Consulat de Russie à New York. Au moyen de portraits d’individus tirés de toutes les strates de la société russe, elle y brosse le tableau d’une grande culture en pleine renaissance politique et sociale. Les photos sont accompagnées de textes écrits par Jonathan Sanders, expert de la culture russe, et la préface est signée Mikhaïl Gorbatchev.

Heidi est la mère de deux garçons, l'un né en Russie et l'autre au Canada, qu'elle a eu avec son conjoint Marc-André Lavoie.

Heidi est l'animatrice de Ports d'attache une émission diffusée notamment sur TV5 Québec Canada et Arte où elle parcourt des villes portuaires en en expliquant l'architecture, l'histoire, la culture et le mode de vie.

Controverse concernant la mort de Volodia Yatsina[modifier | modifier le code]

Elle a été accusée par sa collègue Anna Politkovskaïa, d'avoir été à l'origine de la mort du photo-reporter russe Volodia Yatsina (agence ITAR-TASS) en 1999. Retenue par des impératifs à Moscou, elle a chargé Yatsina d'aller à sa place photographier un des chefs de guerre tchétchènes. S'étant occupée de l'organisation du voyage, elle s'est fiée à un certain Magomed Ouspaïev pour servir de guide à Yatsina. Ouspaïev n'a accompagné Yatsina que jusqu'à la sortie de l'aéroport de Nazran (Ingouchie), où le photographe russe est tombé aux mains de bandits (bande des frères Akhmadov d'Ourous-Martan), qui l'ont enlevé pour obtenir une rançon. À la fin, Yatsina a été fusillé dans les montagnes[1].

Publications de Heidi Hollinger[modifier | modifier le code]

  • (collaboration aux textes, Michel Roche ; trad. Alexandre Danilovich]. Heidi chez les Soviets. Montréal : Les Intouchables, 1999. 109 p. ISBN 2921775697
  • (préface de Mikhaïl Gorbatchev), Russians / Les Russes. Montréal : Stanké, 2000. 70 p. ISBN 2760406334
  • (texte de Jonathan Sanders, préface de Mikhaïl Gorbatchev), The Russians emerge. New York / Londres : Abbeville Press, 2002. 176 p. ISBN 0789207575

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anna Politkovskaïa, Tchétchénie, le déshonneur russe. Paris : Gallimard, 2003, p. 292-301. Voir aussi Anna Politkovskaïa, « Chechnya: Russia's shame », extrait des écrits de Politkovskaïa publiés en ligne par Open Democracy.