Hearing Voices Movement

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Le Hearing Voices Movement (qui commence à se répandre dans le monde francophone sous l'expression mouvement des entendeurs de voix[1],[2],[3]) est une approche des phénomènes auditifs dits hallucinatoires (ou paracusie, qu'on appelle communément « entendre des voix » ou « hallucinations auditives »), née dans divers pays anglophones au cours des années 1980 et fondée sur l'idée d'accepter de vivre avec les voix entendues plutôt que de vouloir les supprimer à tout prix.

Recherches[modifier | modifier le code]

Les recherches en psychiatrie et psychologie existent essentiellement dans les pays anglophones[4]. En Grande-Bretagne, il existe un laboratoire de recherche dédié à cette question[5].

Principe[modifier | modifier le code]

L'approche des « entendeurs de voix » postule qu'on peut vivre avec des phénomènes dits hallucinatoires en apprenant à les gérer. Elle ne tente pas de trouver ou d'imposer une explication mais part du fait que beaucoup de personnes ayant des voix ne sont pas gênées par celles-ci dans leur fonctionnement social. Quant aux personnes chez qui la perception de voix pose problème, elles continuent souvent d'entendre des voix malgré des traitements médicamenteux lourds.

L'approche se base sur ces deux constats pour aider les personnes chez qui ces phénomènes posent problème, à mieux les gérer, en particulier par des échanges de stratégies de gestion entre pairs (groupe de parole) et l'inscription des phénomènes dans l'histoire de la vie de la personne, sans qu'elle soit séparée de sa communauté d'origine[6].

En France, certains psychologues cliniciens comme Sarah Chiche[7] ou Yann Derobert[8] écrivent et travaillent sur la base des concepts du voice hearing movement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ces groupes de paroles sont nés dans les années 1980, en Grande-Bretagne, ou il en existe aujourd'hui plus de 300, dont certains ont 25 ans d'existence. Ils ont ensuite essaimé à travers le monde anglophone (Canada, Australie, États-Unis), puis en Europe.

Cette approche a suscité les travaux de psychiatres et de psychologues, notamment du psychiatre hollandais Marius Romme (en)[9]. En 1989, aidé de son assistante Sandra Escher, il a enquêté, par le biais d'entretiens, sur le phénomène de la perception de voix. Ils ont interrogé des milliers d'entendeurs de voix, tant ceux ayant un handicap social et émotionnel lourd que ceux ayant une bonne intégration sociale et professionnelle sans avoir jamais eu recours aux services de santé mentale. Ils disent avoir observé un lien entre les voix (même positives) et les expériences traumatiques. Ils ont conclu que ceux qui « géraient leurs voix » utilisaient des compétences particulières auxquelles les autres (ceux pour qui elles représentaient un problème) n'avaient pas accès, notamment une explication socio-culturelle cohérente pour les voix (explication en rapport avec leur culture d'origine), la communication avec elles, des connexions sociales importantes, la capacité d'établir des limites (dans le temps surtout) pour les voix et la possibilité de se confronter à ces traumas personnels. Romme a continué à travailler sur le sujet de l'audition de voix pendant plusieurs années.

Cette approche s'étend aujourd'hui à d'autres « phénomènes » comme les visions ou les sensations corporelles inexpliquées[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entendre des voix, une recherche évaluative sur les effets d'un un groupe de formation et de soutien , sur theses.ulaval.ca. Consulté le 18 mai 2013.
  2. À bon entendeur ! – Vers une autogestion de la santé mentale ?, première partie, émission sur les docks de France Culture, sur France Culture.
  3. À bon entendeur ! – Vers une autogestion de la santé mentale ?, deuxième partie, émission sur les docks de France Culture, sur France Culture.
  4. Érudit, consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l'Université de Montréal, l'Université Laval et l'Université du Québec à Montréal, Entendre des voix  : nouvelles voies ouvrant sur la pratique et la recherche, sur erudit.org. Consulté le 18 mai 2013.
  5. (en) You live with these voices in your head, Laboratoire interdisciplinaire sur la perception de voix de l'université de Durham, université de Durham. Consulté le 18 mai 2013.
  6. (en) Can you live with these voices in your head, The New York Times. Consulté le 18 mai 2013.
  7. Sarah Chiche, article sur le mouvement des entendeurs de voix - attention, article payant aux non abonnés !.
  8. Yann Derobert, [1], publication de l’Établissement public de santé mentale Lille-Métropole, à la page 9.
  9. (en) M.A.J. Romme, A. Honig, O. Noorthoorn, Sandra Escher, A.D.M.A.C., Coping with voices: an emancipatory approach, British Journal of Psychiatry, 1991, 161, 99-103. Consulté le 18 mai 2013.
  10. (en) Julie Downs, Starting and Supporting Voices Groups: A Guide to setting up and running support groups for people who hear voices, see visions or experience tactile or other sensations. Hearing Voices Network, Manchester, England et Coping with Voices And Visions, A guide to helping people who Experience hearing voices, seeing visions, tactile or other Sensations, même éditeur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Baker, A practical guide to coping with hearing voices, en ligne
  • Blackman Lisa, Hearing Voices, Embodiment and Experience. Free Association Books, Londres, 2001
  • Haddock, G. et Slade, P. Empowering people who hear voices in cognitive behavioral interventions with psychotic disorders. Routledge, Londres, 1996
  • James, Adam, Raising our Voices: History of the Voice hearing movement. Handsell, RU, 2001
  • Watkins John, Hearing voices - A Common Human Experience, Hill of Content Publishing, Melbourne, Australie

Liens externes[modifier | modifier le code]