Hawad

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Hawad, poète et peintre touareg, originaire de l'Aïr, né en 1950 au nord d'Agadez, est l'auteur de romans, pièces de théâtre et d'ouvrages de poésie. Ses productions littéraires comme picturales font partie de ce qu’il nomme la "furigraphie", fourmillement de sons, gestes et mots pour dépasser l'espace clos de la page, du support et de la forme[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Hawad a reçu une éducation nomade. Il « livre une expérience et une vision du monde bâties sur des notions qui traduisent toutes le mouvement, la mobilité, l'itinérance des choses et des êtres autour des points fixes que représentent, dans toutes leurs extensions métaphoriques, l'eau et l'abri » (voir site editions-amara.info). Tout jeune, il apprend la maîtrise de la parole en suivant son grand-père aux réunions politiques. La mort de ce grand-père, comme il le dit dans son œuvre bibliographique, correspond à la fin d'un monde nomade qui se gère selon ses propres règles. Le chaos s'instaure face au nouvel ordre étatique. Il s'enfuit dans le désert, rejoint son oncle maternel qui le forme au Soufisme[2].

Hawad écrit dans sa langue, la tamajaght, qu'il note en tifinagh, écriture des Touaregs. Seule une partie de son œuvre a été publiée en traduction et pour certains ouvrages en version bilingue. Parallèlement à son œuvre littéraire, il mène un travail pictural qui relève de la même démarche, prolongeant sa philosophie de l'espace et de « l'égarement ». Comment être nomade aujourd’hui ? Comment poursuivre la marche qui multiplie les horizons ? C’est pour résister au chaos et au non-sens, pour lutter contre l’ultime dépossession de soi : celle de l’imaginaire, que Hawad invente la « furigraphie ». Cravachant « la cavale des images et des imaginations, qui s’emballe », il esquisse des issues hors du scénario imposé par la domination et la violence. Sa « furigraphie » littéraire et graphique est un moyen de sortir de l’enclos, d’inventer un nomadisme hors d’un temps et d’un espace confisqués, de dessiner un soi multiple et insaisissable, doué d’ubiquité. C’est une tentative pour dépasser les contraintes, les contradictions et l’écartèlement entre passé, présent et futur : « L’horizon n’est pas seulement devant nous, il est aussi celui qui nous épaule et que nous halons. Il faut faire fusionner ces horizons, les malaxer et les réinventer, fabriquer les passerelles de paraboles et de paradoxes pour obtenir un tissage inédit. Pour moi, voici la force même de la poésie et de l’art : recycler en surnomadisme le nomadisme exclu de son espace et de son temps. » Pour Hawad, la furigraphie recrée l’élan qui permet d’assembler autrement les fragments du réel en une construction inédite qui rende corps au monde. Elle restitue à l’homme sa liberté et sa faculté de tracer lui-même les axes de son orientation (voir site editions-amara.info).

Hawad a exposé sur plusieurs continents, notamment à Paris, Toulouse, Lyon, Bruxelles, Utrecht, Brême, Casablanca, Trieste, New York, Rotterdam, Medellin, Agadez...

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages en traduction française (traduits de la tamajaght par l'auteur et Hélène Claudot-Hawad)

  • Caravane de la soif, Edisud, Aix-en-Provence, 1985 (2e éd. 1987), 102 p.
  • Chants de la soif et de l'égarement, Edisud, Aix-en-Provence, 1987, 90 p.
  • Testament nomade, Noël Blandin, Paris, 1987 (2e éd. Amara Editions, 1989), 60 p.
  • L'anneau - Sentier, L'Aphélie, Céret, 1989, 76 p.
  • Froissevent, Noël Blandin, Paris, 1991, 102 p.
  • Yasida, Noël Blandin, Paris, 1991, 62 p.
  • La danse funèbre du soleil, L'Aphélie, Céret, 1992, 38 p.
  • Sept fièvres et une lune, L’Aphélie, Céret, 1995.
  • Buveurs de braises, Edition bilingue touareg/français, MEET, Saint-Nazaire, 1995, 161 p.
  • Les haleurs d'horizon (avec Jean Cortot), Edition Maeght, Paris, 1998.
  • Le coude grinçant de l’anarchie, Editions Paris-Méditerranée, Paris, 1998, 131p.
  • Notre horizon de gamelles pour une gamelle d’horizons, Editions Paris-Méditerranée, Paris, 2001.
  • Détournement d'horizon, éditions Grèges, Montpellier, 2002
  • Sahara. Visions atomiques, Paris-Méditerranée, Paris, 2003.
  • Le goût du sel gemme, Grèges, Montpellier, 2006.
  • Houle des horizons, éditions Non-lieu, Paris, 2011
  • Dans la nasse, à paraître, voir présentation sur : http://tamazgha.fr/L-Azawad-de-Hawad.html

En traduction néerlandaise

Nomadish Testament, Hiwar, Rotterdam, 1988

Dodendans van de Zon, Nominoë, Rotterdam, 1991

Horizon van een Nomade (Horizons nomades), Nominoë, Rotterdam, 1993

En traduction arabe

Testament nomade, traduit par Adonis, Mawakif, Beyrouth, 1989.

En traduction italienne

• I I sentieri tracciati e il vento, Il lamento dell’oblio, Il silenzion infocato, La transumanza dei soffi, Le parole rampanti, n° 7, Rome, 1987.

• Furigrafia, in Hawad, Il cammino solitario di un poeta tuareg, Edition Le parole gelate, Ampezzo, 1998.

Virata d’orizzonte, Edition Le parole gelate,Ampezzo, 2000.

Carovana della sete, traduit par Mario Battiato, I. M. Gallino Editore, Milan, 2001.

En traduction espagnole

Caravana de la sed, traduit par Philippe Chéron et Jorge Lobillo, UNAM, Mexico, 2004.

Visiones atómicas, traduit par Juan Antonio Calzadilla Arreaza, CONAC, Caracas, 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Hawad, 1985, La tente déchirée des Touaregs, L'Autre Journal, n°7, Paris, 26-31
  • Hawad, 1989, Comment moi, nomade, je vois l'Occident, Le Temps Stratégique

(28), Genève, 11-21.

  • Hawad, 1990, Entretien du 4/2/1990 à Niamey, in Rencontre, J.D. Penel et A.

Maïlele, Editions du Ténéré, Niamey, 201-234.

  • Entretien réalisé par G. Dessons et X. Person, in Hawad, Office du

Livre en Poitou-Charentes, Poitiers, 1992, 17-28.

  • Lettre d’un homme touareg à une femme haoussa, Le Républicain,

Niamey, mars 1992.

  • Hawad, Une identité dans le sillage de l'infini, Les Lettres françaises, mars 1993
  • Hawad, Hachis touareg pour dîners officiels, Libération, Paris,1993
  • Hawad, Les marges, Le Monde diplomatique, février 1994.
  • Hawad, Les Touaregs, nageurs de l’infini, La République Internationale des Lettres, n°10, Paris, 30 décembre 1994
  • Hawad, Inventer nous-mêmes notre futur, in Touaregs, Voix solitaires sous l’horizon confisqué, Ethnies 20-21, Paris, 1996, http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00293895/
  • Hawad, L’élite que nous avons voulu raccommoder sur les cendres... après la création des Etats africains, Nomadic Peoples n°1-2, 1998.
  • Abrous Dahbia, Itinéraires imaginaires : le voyage dans l'œuvre littéraire de Hawad, in

H. Claudot-Hawad (éd.), Voyager d'un point de vue nomade, Paris- Méditerranée, Paris, 2002 : 167-175.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir une présentation plus complète de l’auteur sur le site http://www.editions-amara.info/
  2. Rencontre, Littérature du Niger, J.-D. Pénel et A. Maïlélé, L'Harmattan, éditions du Ténéré, 2010.