Hauteur de culminance

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Les flèches verticales montrent la hauteur de culminance de trois pics sur une île. Une ligne pointillée horizontale relie chaque pic (excepté le plus haut) à son col le plus élevé

La hauteur de culminance est la différence d'altitude entre un sommet donné et l'ensellement ou le col le plus élevé permettant d'atteindre une cime encore plus haute. En d'autres termes, c'est aussi le dénivelé minimum de la descente à parcourir pour remonter sur un sommet plus élevé.

Cette notion est utilisée par les montagnards collectionneurs de sommets comme critère en complément de l'altitude pour distinguer les « vrais » sommets (ceux qui dépassent une certaine hauteur de culminance) des sommets secondaires, antécimes, épaules, gendarmes... Elle est utilisée pour définir des listes de sommets dépassant une certaine altitude dans un massif, ou un nombre défini de sommets les plus hauts.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

C'est une notion relativement récente et peu courante. Elle l'est surtout dans les pays de langue anglaise, sur internet et dans quelques publications, sous l'appellation topographic prominence (on trouve aussi autonomous height, relative height ou shoulder drop, en allemand Schartenhöhe). En français le terme utilisé dans les quelques publications est « hauteur de culminance »[1]. On trouve cependant couramment sur internet la traduction littérale de l'anglais : « proéminence topographique » (expression qui est par ailleurs utilisée en géographie et géologie descriptive).

Historique[modifier | modifier le code]

La notion de hauteur de culminance est apparue pour distinguer les sommets principaux des sommets secondaires dans les listes exhaustives établies par les collectionneurs de sommets (les « peakbaggers »).

Au tournant du XIXe siècle et du XXe siècle sont apparues des listes de sommets dépassant une certaine altitude comme les sommets des Alpes de plus de 4 000 mètres, ou les sommets d'Écosse de plus de 3 000 pieds (914,4 m), appelés munros du nom de Sir Hugh Munro qui en fit la première liste « exhaustive » en 1891. Dans ces deux cas il n'y avait pas de critère explicite pour distinguer les « vrais sommets » de ceux qui n'étaient pas suffisamment individualisés pour être dans la liste.

Le premier à introduire la notion de culminance pour délimiter une liste est John Rooke Corbett, qui établit dans les années 1920 la liste des collines d'Écosse entre 2 500 et 3 000 pieds (entre 762 et 914,4 m), en ne retenant que ceux avec « a drop at least 500 feet on all sides » (« une dénivellation d'au moins 500 pieds de tous les côtés ». Cette liste des Corbetts ne fut publiée qu'en 1952 (après sa mort).

La question se posa également aux États-Unis, pour dénombrer les fourteeners, c'est-à-dire les sommets de plus de 14 000 pieds (4 267,2 m) du Colorado. En février 1968, William Graves proposa dans Trail and Timberline, le bulletin du Colorado Mountain Club, la règle qu'un sommet pouvait être considéré comme distinct s'il pouvait être séparé d'un sommet plus haut par un col plus bas d'au moins 300 pieds[2]. Cette règle qui permettait quasiment de retrouver la liste classique, a par la suite été globalement acceptée, même si la liste la plus courante des 54 fourteeners inclut le North Marroon Peak et El Diente qui ne remplissent pas ce critère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Helmut Dumler, Willi P. Burkhardt, Les 4000 des Alpes, Arthaud,‎ 1993 (réimpr. 2000) [détail de l’édition] (traduction française de (de) Helmut Dumler, Willi P. Burkhardt, Viertausender der Alpen, Bergverlag Rother,‎ 2007, 13e éd. - « proéminence et hauteur de culminance » Christian Thöni, Les Alpes 1/2003
  2. (en) Mike Garratt,Bob Martin Colorado's High Thirteeners': A Climbing and Hiking Guide, Big Earth Publishing, 1992, pp. IX-XI

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]