Hassan al-Tourabi

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Hassan Abdallah al-Tourabi (arabe : حسن عبد الله الترابي), né en 1932 à Kassala, est un homme politique et religieux soudanais. Al-Tourabi est un islamiste, membre des Frères musulmans.

Ancien chef des Frères musulmans soudanais, il prêche un panarabisme islamique en symbiose militante avec tous les mouvements islamistes du monde arabe, mais aussi non arabe. Pour Tourabi, le nationalisme arabe est « révolutionnaire islamique »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Al-Tourabi naît à Kassala à la frontière avec l'Érythrée en 1932, il est d'origine Beja. Son père est un cheikh soufi. Il suit des études poussées en droit : maîtrise de l'Université de Khartoum (de 1951 à 1955), master de l'Université de Londres et enfin thèse à l'Université de la Sorbonne de 1959 à 1964.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

À partir de 1984, les Frères musulmans dont al-Tourabi est l'un des chefs se rapprochent du dictateur Numeiri. L'état d'urgence est imposé en avril 1984.

Du 1er au 12 avril 1986, des élections législatives ont lieu au Soudan. Quarante partis y participent, à cause de la rébellion chrétienne de la SPLA dans le sud du pays, une douzaine de circonscriptions du sud ne participent pas aux élections. Pour les autres circonscriptions, l'Oumma de Sadeq al-Mahdi obtient 99 sièges, l'Union démocratique 63 et le Front islamique national d'al-Tourabi 51 sièges.

Le général Omar el-Béchir arrive au pouvoir par un coup d'État en 1989 et est fortement sous l'influence d'al-Tourabi[2].

Al-Tourabi est directeur pour l'Afrique du Congrès mondial islamique.

Il est élu président du parlement soudanais en 1995. En décembre 1999, il essaie d'évincer le général Omar el-Béchir du pouvoir mais sa tentative échoue et le parlement est dissous. En mars 2004, el-Béchir emprisonne al-Tourabi pour une tentative de coup d'État datant de septembre 2003.

Le 30 juin 2005, le président Omar el-Béchir, pour fêter le 16e anniversaire de son arrivée au pouvoir par un coup d'État, libère tous les prisonniers politiques soudanais, y compris al-Tourabi[3].

En 2006, al-Tourabi est accusé d'apostasie [réf. nécessaire] pour avoir écrit dans un article [réf. nécessaire] que les femmes musulmanes devraient avoir le droit de se marier avec des chrétiens ou des juifs et qualifiant les avis religieux s'y opposant de « rétrogrades ». Il s'est également déclaré favorable à l'organisation de prière non séparé entre hommes et femmes. Il a réitéré ses propos à l'université de Khartoum [réf. nécessaire], qualifiant ses opposants traditionalistes de défendre des idées « périmées ».

Terrorisme islamique[modifier | modifier le code]

Le rapport de la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, mentionne al-Tourabi comme l'un des principaux soutiens d'al-Qaeda et de Oussama Ben Laden en Afrique[4],[5].

Guerre du Darfour[modifier | modifier le code]

Al-Tourabi nie toute implication dans l'activité des milices islamistes du Mouvement pour la justice et l'égalité qui sévissent dans le Darfour mais certains rapports mettent en doute ses déclarations[réf. nécessaire]. Il est arrêté le 12 mai 2008 à la suite de l'incursion avortée des rebelles du MJE (Mouvement pour la justice et l'égalité) en date du 10 mai 2008[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nationalisme arabe, Olivier Carré, p.214
  2. Though Turabi had been its inspirational leader, General Omar al Bashir, president since 1989, had never been entirely under his thumb, parag. 330, p. 61 du rapport de la commission américaine sur les attentats du 11 septembre 2001.
  3. Hassen Tourabi revient sur la scène politique, Monique Mas, RFI actualité, 1er juillet 2005.
  4. « Bin Ladin agreed to help Turabi in an ongoing war against African Christian separatists in southern Sudan and also to do some road building. Turabi in return would let Bin Ladin use Sudan as a base for worldwide business operations and for preparations for jihad », parag. 312, p. 57 du rapport de la commission américaine sur les attentats du 11 septembre 2001.
  5. (en) His [ben Laden] vision mirrored that of Sudan’s Islamist leader, Turabi, who convened a series of meetings under the label Popular Arab and Islamic Conference around the time of Bin Ladin’s arrival in that country, parag. 325, p. 60 du rapport de la commission américaine sur les attentats du 11 septembre 2001.
  6. « Arrestation du chef de l'opposition islamiste », France 24, 12 mai 2008.

Lien externe[modifier | modifier le code]