Hassan Nazih

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Hassan Nazih est un homme politique iranien né 2 octobre 1918.Il est mort le 14 septembre 2012 à Paris. Il a été bâtonnier de l’ordre des avocats sous le régime du chah (Mohammad Reza Pahlavi), puis a été nommé à la tête de la « Société nationale iranienne de pétrole » (SNIP/NIOC en anglais : ministre du pétrole) à la demande de représentants des cadres et des employés de cette société.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né 2 octobre 1918 à Tabriz, en Iran, Il écrit son premier article à l’âge de 16 ans dans le journal Sahand. Il va à l'école élémentaire à Rochdié puis au lycée Ferdowsi, puis à l'université de Téhéran et en Suisse. De retour en Iran, il poursuit ses études de Droit et devient avocat. En 1956 il part pour la France, pour une mission en compagnie de son épouse lors de laquelle sa fille vient au monde.

Carrière politique en Iran[modifier | modifier le code]

Il a débuté son engagement politique dès la faculté de Téhéran et est entré en 1944 dans le Parti « Iran ».

Il a connu Dr Mossadegh après la fin de la Seconde Guerre mondiale (il a collaboré à la préparation du projet de loi concernant la rectification de la loi électorale et également participé au plaidoyer de la défense de Dr Mossadegh). Tout en continuant ses activités politiques d’opposition et sa carrière de juge, il a parallèlement collaboré avec le milieu journalistique en écrivant régulièrement dans plusieurs journaux et publications des groupes libéraux et nationalistes, des articles politiques et juridiques.

À partir de 1963, avec le durcissement de la censure, il a été contraint de donner une forme plus clandestine à ses activités. La lutte contre l’occupation étrangère et la défense de l’intégrité nationale durant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation du pays par des forces alliées et la connivence du parti Toudeh (Communiste) avec l’occupant russe constitue la première dimension de son l’activité politique. Dans un premier temps le rapprochement de la direction de son parti (Iran) avec le Toudeh l'a obligé à le quitter pour participer à la constitution du « parti de l’union de l’Iran ». Puis, avec le durcissement des positions du parti démocrate d’Azerbaïdjan (sa région natale) de la mère patrie. Il déclenche, aux côtés d’autres libéraux et nationalistes, une lutte multiforme contre « Piché-Vari » et son parti (1). Nazih écrivait : « la population de l’Azerbaïdjan avant d’être Azerbaïdjanais est iranienne… » Cette lutte a été poursuivie jusqu’au départ des forces d’occupations Russes et l’élimination du gouvernement fantoche d’Azerbaïdjan.

Il a critiqué dans une brochure publiée par le mouvement de la résistance nationale », la modification que le régime impérial a apportée, par le biais de "L’Assemblée constituante", en 1957 dans le texte de la constitution.

En 1961, à travers une lettre ouverte, il critique l’intervention du Chah dans les affaires du gouvernement qui selon lui« aboutit à empêcher le peuple d’exercer son droit souverain ». En 1977 il propose la création du rassemblement iranien de la défense de la liberté et des droits de l’Homme. L’élection de Nazih, avant la révolution, à la tête de l’ordre des avocats (organisme d’avant garde dans la défense des libertés en Iran) symbolise la lutte pour la liberté et la démocratie en Iran.

Un mois après la victoire de la révolution Nazih, partisan d’un état laïque [1], dans une interview accordée au journal Keyhan (Téhéran) dénonce l’idée d’une « République islamique ». Il affirme que le mot « islamique » est de trop et que « République d’Iran » est ce qui correspond à l'Iran.

Hassan Nazih a été désigné à la tête de la « Société nationale iranienne de pétrole » (SNIP) avec l’approbation et la demande de représentants des cadres et des employés (80 000 ) . Il maintenant la presque totalité de l’effectif (5),et la capacité industrielle et technique de la société en absence des techniciens étrangers qui quittaient en masse le pays.

Quelques mois plus tard, à la tribune du congrès plénier des avocats il critique Khomeiny et ses partisans, en affirmant : « Monsieur Khomeiny arrêtez l’Islamisation du pays… » « …La révolution n’avait pas comme objectif de préserver la religion de je ne sais quel danger! Toute tentative pour l'application de l'Islam dans les domaines politiques, économiques et sociaux n’est ni réalisable, ni possible ni souhaitable. » .....« Les Iraniens ont souhaité la souveraineté nationale et non pas la souveraineté islamique ! » Cette prise de position a eu un retentissement à travers le pays et dans le monde.

Mohamad Reza Chah dans son livre « Réponse à l’Histoire » en faisant allusion à ce propos fait l’éloge du courage de Nazih. Avant d’être contraint de quitter le pays, il lance des appels au peuple de Tabriz, lus plusieurs fois à la radio aux mains des insurgés contre le régime (3).

Il est révoqué de la direction de la société nationale de pétrole et la « justice révolutionnaire » de Khomeiny menace sa vie.


Exil français[modifier | modifier le code]

Pour s’être opposé à l’ayatollah Khomeiny, il a dû fuir l’Iran avec sa famille. Ses biens ainsi que ceux de sa femme et de ses enfants ont été confisqués par le régime islamique[2] Depuis Paris, Hassan Nazih poursuit son combat contre la République islamique.

Quelques-unes de ses organisations politiques : Le « Front National » « Le mouvement de la libération de l’Iranien Europe », »Le comité de la défense des droits démocratiques du peuple iranien », «  L’organisation nationale des républicains de l’Iran », »Le rassemblement pour la défense de la liberté et la souveraineté du peuple de l’Iran » etc.…

Après le reversement du régime actuel il pense constituer un « gouvernement provisoire d’union national « G.P.U.N » avec la participation des partis et d’organisation politiques représentatives. Selon lui : « cette phase est primordiale car dans l’intérêt fondamental du pays et pour assurer sa stabilité politique, à long terme, il faut être extrêmement vigilant sur l’organisation du prochain état. Il est désormais évident que la légitimité du prochain état sera avant tout jugée sur son caractère démocratique .Le système politique iranien ne peut être basé que sur la démocratie. Dans ce sens, le gouvernement de l’union nationale, neutre sur le plan de système politique futur du pays, aura comme tâches principales l’organisation de l’élection de l'assemblée constituante qui sera habilitée à statuer sous la forme du système politique du pays. Le soutien moral les conseils des pays soucieux à la fois de résoudre la crise actuelle dans la région et d’aider à favoriser la stabilité à long terme L’Iran, sont bien venus et leurs coopérations pour trouver la meilleure solution pour l’avenir de la région est nécessaire ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

(1) L’impact de ses activités : M.Byria Ministre de la culture de Piché-Vari, à travers la publication dans le journal d’un poème insultant, intitulé « avertissement à Nazih », et F. Ebrahimi» le (Procureur général) a été amené à le menacer.

(2) Ebrahim Yazdi (ministre des affaires étrangères du gouvernement provisoire de Bazargan) relate les épisodes de ce conflit dans son livre. Il écrit notamment « Imam Khomeiny refusait régulièrement toutes les propositions de Nazih (concernant le déroulement du mouvement révolutionnaire et l’avenir du pays) au cours des entretiens à Neauphle–le Château. »

(3) C’est effectivement après ses interventions à la radio de Tabriz, appelant la population à « poursuivre la lutte jusqu’à l’élimination du pouvoir personnel et du despotisme institutionnalisé par la nouvelle constitution » que les autorités ont saisi tous ses biens et ont apposé des scellées sur la porte de sa résidence de Téhéran après en avoir expulsé sa femme et ses enfants (Le monde du 14 mai 1980).

(4) Dans une période où les interventions et les attaques des mollâs maximalistes (fidèles à leur tactique de harcèlement et de désorganisation de l’état et du pays) rendaient de plus en plus difficiles et intenable la situation des ministères et des grandes unités de production industrielle.

(5) Sur la situation de la SNIP durant cette période voir entre autres le Nouvel Observateur du 15 octobre 1979 et le monde de l’économie du 8 mai 1979.

(6) La grève générale dans le secteur pétrolier comme dans toute la région de l’Azerbaïdjan répondant à l’appel de Nazih (Suivant au programme d’ensemble défini à l’avance) peut constituer par exemple une forme concrète de lutte contre le régime.

(7) Il y a également des journaux et périodiques d’opposition publiés à l’étranger qui ont continué leur collaboration avec Nazih.

  1. Article de Jean Gueyras dans le Journal le monde 14 mai 1979
  2. figaro 10 Octobre 1980

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Livre : Réponse à l’histoire Livre de Mohamad Reza Chah Pahlavi
  • Article du journal Le Monde 30 septembre 1979 " Le Directeur de la société nationale des Pétroles"
  • Article du journal Le Monde 15 octobre 1979 " L'ayatollah et le technicien"
  • Article de Jean Gueyras dans Le Monde 14 mai 1979
  • Article Le Figaro 10 octobre 1980 "J'accuse..."
  • Herald Tribune 30 septembre 1979 : " Iranian Oil Chief Sacked Told to appear in court".
  • International Herald Tribune 1er octobre 1979 : " Iran‘s new Chief of defense plane to purge forces"
  • New York Times 30 septembre 1979 : "Revolutionary Iran"
  • Article Le Monde 28 février 1989: "Fanatisme" L'Iran et le Droit
  • Article de ABED Attar Journal Bélge le Soir Jeudi 2 avril 1992
  • Washington report on Middle east Affairs septembre 1995: Special report "A party in exile is it a realistic Hope?

Liens externes[modifier | modifier le code]