Hashima (île)
| Hashima / Gunkanjima 端島 / 軍艦島 (ja) |
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Vue de Hashima en 2011. |
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| Géographie | ||||
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| Pays | ||||
| Archipel | Archipel japonais | |||
| Localisation | Mer d'Amakusa (mer de Chine orientale, océan Pacifique) | |||
| Coordonnées | ||||
| Superficie | 0,063 km2 | |||
| Géologie | Île continentale artificialisée | |||
| Administration | ||||
| Préfecture | Nagasaki | |||
| Démographie | ||||
| Population | Aucun habitant (2011) | |||
| Autres informations | ||||
| Découverte | Préhistoire | |||
| Fuseau horaire | UTC+09:00 | |||
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Géolocalisation sur la carte : Japon Géolocalisation sur la carte : Japon (ouest) |
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| Îles du Japon | ||||
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Hashima (端島?), aussi appelée Gunkanjima ou Gunkanshima (軍艦島?, littéralement « île navire de guerre »), est une île du Japon située dans la préfecture de Nagasaki à moins de vingt kilomètres au sud-ouest de la ville du même nom.
Après la découverte d'un gisement houiller, l'île accueille une mine et une ville où résident les employés. La population croît fortement au point d'être le lieu le plus densément peuplé au monde. La baisse de l'activité minière provoque le départ des derniers habitants en 1974, abandonnant l'île et ses infrastructures aux intempéries.
Sommaire |
Toponymie[modifier]
Hashima, 端島 en caractères japonais, est aussi appelée Gunkanjima, 軍艦島 en caractères japonais. Ce surnom provient de sa ressemblance avec les cuirassés de la Classe Tosa (en)[1],[2].
Géographie[modifier]
Localisation[modifier]
Hashima est située dans le Sud du Japon, sur la côte occidentale de l'île de Kyūshū. Elle est entourée par les îles Nakanoshima et Takashima au nord-est, les rochers Mitsuse au sud-est et par la péninsule de Nagasaki à l'est et au sud. Hashima est baignée par la mer d'Amakusa, une petite portion de la mer de Chine orientale qui appartient à l'océan Pacifique et qui borde également la ville de Nagasaki dont elle est distante de moins de vingt kilomètres.
Administrativement, l'île appartient à la préfecture de Nagasaki.
Relief[modifier]
L'île originelle avait une forme allongée orientée nord-est-sud-ouest. Cette forme générale a été maintenue malgré les agrandissements qu'elle a subi entre 1899 et 1931. Depuis cette date, Hashima mesure 480 mètres de longueur pour 160 mètres de largeur, soit 6,3 hectares de superficie.
Le centre de l'île conserve son relief d'origine sous la forme de rochers escarpés. À ses pieds ont été aménagés des espaces plats ceinturés par des digues et des quais formant le littoral.
Constructions[modifier]
Hashima était une mine de houille et accueillait donc toutes les infrastructures nécessaires à cette activité. En surface, l'île était couverte d'habitations, d'écoles, de commerces, de service, d'administrations de la mine, d'un hôpital, etc sous la forme d'immeubles. Entre ces bâtiments étaient aménagés des espaces de circulation sous la forme d'allées et d'escaliers, des aires de jeu pour les enfants, etc. Ainsi, l'île était entièrement urbanisée, ses côtes étant formée des quais et des digues.
Histoire[modifier]
Exploitation minière[modifier]
En 1810, un important gisement de houille est découvert sur l'île alors inhabitée. Elle est rachetée en 1890 par le conglomérat japonais Mitsubishi qui exploite cette ressource et installe sur Hashima la main-d'œuvre nécessaire.
Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Corée est sous occupation japonaise, 800 travailleurs forcés coréens sont envoyés sur l'île. Plus de 120 y sont morts selon le rapport d'une commission d’enquête gouvernementale, publié en 2012[3].
Après la guerre, la population augmente rapidement au point qu'en 1950, elle atteint 5 300 habitants pour 6,3 hectares de superficie, soit une densité de 84 100 hab/km2. Ces chiffres augmentent encore pour culminer à 83 500 hab/km2 pour l'ensemble de l'île et 139 100 hab/km2 pour le quartier des habitations en 1959. C'est alors la plus forte densité de population enregistrée au monde.
Hashima connait ensuite un déclin rapide avec le remplacement de la houille par le pétrole comme principale source d'énergie dans l'économie japonaise. L'activité des puits diminue au point que les derniers habitants sont évacués en 1974[1]. Les conditions climatiques, notamment le passage des typhons, accélère le délabrement des bâtiments et des installations minières abandonnés[4].
Tourisme[modifier]
L'île est jugée dangereuse et interdite d'accès jusqu'en 2009. Depuis, un bateau assure la liaison vers Hashima et la municipalité de Nagasaki a réalisé des travaux pour un montant de 100 millions de yens afin d'accueillir des touristes[5]. En 2011, 235 000 personnes ont suivi la visite guidée de l'île, qui est limitée à un parcours aménagé[6].
Outre des touristes, des anciens habitants ont pu y retourner pour la première fois depuis leur départ.
Durant les années 2000, le Japon demande l'inscription de l'île au patrimoine de l'humanité, liste de biens établie par le comité du patrimoine mondial de l'Unesco[1]. L'initiative est critiquée en Corée du Sud par la « Truth Commission on Forced Mobilization under the Japanese Colonial Rule »[7].
À l'écran[modifier]
Hashima est présentée dans plusieurs films et reportages. Elle apparaît dans un épisode de la série de docufiction Life After People, diffusé en 2009 par la chaîne de télévision américaine History Channel[8]. Attiré par ses vestiges architecturaux, l'artiste français Louidgi Beltrame tourne en 2010 un film intitulé Gunkanjima[9]. Le réalisateur français Aurélien Vernhes-Lermusiaux a conçu en 2012 une installation interactive immersive intitulé L'Empire dont la totalité des images furent tournées sur l'île[10],[11].
Les films Inception[réf. nécessaire] de Christopher Nolan et Skyfall, le 23e film de la série James Bond, réalisé par Sam Mendes, contiennent quelques scènes de l'île[6].
Notes et références[modifier]
- (en) Yasuhiko Kawamoto, « Deserted 'Battleship Isle' may become heritage ghost ship », The Japan Times, 17 février 2009
- (en) Kerry Mcqueeney, « The most desolate city on Earth: Take a tour of the ghostly Battleship Island crumbling into the sea off the coast of Japan », Daily Mail, 6 avril 2012
- (en) Kim Bo-eun, « Hashima ― forgotten island of tragedy », The Korea Times, 4 octobre 2012
- François Bougon, « Hashima, l'illusion d'une île », M le magazine du Monde, le 29 mars 2013
- Reiji Yoshida, « 'Warship Island' open to tourists once more », The Japan Times, 23 avril 2009
- (en) Andrew Bender, « The Mystery Island From 'Skyfall' And How You Can Go There », Forbes, 11 septembre 2012
- (en) Japan Attempts to Put Island Where Koreans Were Worked to Death on World Heritage List, Dong-a Ilbo, 15 août 2007
- (en) Umiko Sasaki, « Spelunking in Japan », USA Today, 2010
- Frédéric Bonnet, « Paroles d’artiste - Louidgi Beltrame », Le Journal des arts, 2 avril 2010
- Aurélien Vernhes-Lermusiaux, Ososphère
- Sylvie Rollet, « L'Empire », Panorama 14, consulté le 25 mars 2013