Hashima (île)

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Hashima / Gunkanjima
端島 / 軍艦島 (ja)
Vue de Hashima en 2012.
Vue de Hashima en 2012.
Géographie
Pays Drapeau du Japon Japon
Archipel Archipel japonais
Localisation Mer d'Amakusa (mer de Chine orientale, océan Pacifique)
Coordonnées 32° 37′ 40″ N 129° 44′ 18″ E / 32.627837, 129.73845 ()32° 37′ 40″ N 129° 44′ 18″ E / 32.627837, 129.73845 ()  
Superficie 0,063 km2
Géologie Île continentale artificialisée
Administration
Préfecture Nagasaki
Démographie
Population Aucun habitant (2011)
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+09:00

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Hashima / Gunkanjima
Hashima / Gunkanjima

Géolocalisation sur la carte : Japon (ouest)

(Voir situation sur carte : Japon (ouest))
Hashima / Gunkanjima
Hashima / Gunkanjima
Îles du Japon

Hashima (端島?), aussi appelée Gunkanjima ou Gunkanshima (軍艦島?, littéralement « île navire de guerre »), est une île du Japon située dans la préfecture de Nagasaki à moins de vingt kilomètres au sud-ouest de la ville du même nom.

Après la découverte d'un gisement houiller, l'île accueille une mine et une ville où résident les employés. La population croît fortement au point d'en faire le lieu le plus densément peuplé au monde. La baisse de l'activité minière provoque le départ des derniers habitants en 1974, qui abandonnent l'île et ses infrastructures aux intempéries. Il s'agit depuis d'une ville fantôme[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Hashima, 端島 en caractères japonais, est aussi appelée Gunkanjima, 軍艦島 en caractères japonais. Ce surnom provient de sa ressemblance avec les cuirassés de la Classe Tosa[2],[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte d'Hashima montrant ses agrandissements successifs.

Localisation[modifier | modifier le code]

Hashima est située dans le Sud du Japon, sur la côte occidentale de l'île de Kyūshū. Elle est entourée par les îles Nakanoshima et Takashima au nord-est, les rochers Mitsuse au sud-est et par la péninsule de Nagasaki à l'est et au sud. Hashima est baignée par la mer d'Amakusa, une petite portion de la mer de Chine orientale qui appartient à l'océan Pacifique et qui borde également la ville de Nagasaki dont elle est distante de moins de vingt kilomètres.

Administrativement, l'île appartient à la préfecture de Nagasaki.

Relief[modifier | modifier le code]

L'île originelle avait une forme allongée orientée nord-est-sud-ouest. Cette forme générale a été maintenue malgré les agrandissements qu'elle a subis entre 1899 et 1931. Depuis cette date, Hashima mesure 480 mètres de longueur pour 160 mètres de largeur, soit 6,3 hectares de superficie.

Le centre de l'île conserve son relief d'origine sous la forme de rochers escarpés. À ses pieds ont été aménagés des espaces plats ceinturés par des digues et des quais formant le littoral.

Constructions[modifier | modifier le code]

Hashima était une mine de houille et accueillait donc toutes les infrastructures nécessaires à cette activité. En surface, l'île était couverte d'immeubles abritant des habitations, des écoles, des commerces, des services, l'administration de la mine, un hôpital, etc.

Entre ces bâtiments étaient aménagés des espaces de circulation sous la forme d'allées et d'escaliers, des aires de jeu pour les enfants, etc.

Ainsi, l'île était entièrement urbanisée, ses côtes étant formées des quais et des digues.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue de Hashima vers 1930 montrant la mine en activité.

Exploitation minière[modifier | modifier le code]

Des immeubles d'habitation vers 1930.

En 1810, un important gisement de houille est découvert sur l'île alors inhabitée. Celle-ci est rachetée en 1890 par le conglomérat japonais Mitsubishi qui exploite cette ressource et installe sur Hashima la main-d'œuvre nécessaire.

Le site fut le théâtre de crimes de guerre durant la Seconde Guerre mondiale : alors que la Corée est sous occupation japonaise, 800 travailleurs forcés coréens sont envoyés sur l'île. Plus de 120 y sont morts et ceux tentant de s'échapper étaient soumis à des tortures extrêmes selon le rapport d'une commission d’enquête gouvernementale, publié en 2012[4].

Après la guerre, la population augmente rapidement au point qu'en 1950, elle atteint 5 300 habitants pour 6,3 hectares de superficie, soit une densité de 83 500 hab/km2 . Ces chiffres augmentent encore pour culminer à 84 100 hab/km2 pour l'ensemble de l'île et 139 100 hab/km2 pour le quartier des habitations en 1959. C'est alors la plus forte densité de population enregistrée au monde.

Hashima connaît ensuite un déclin rapide avec le remplacement de la houille par le pétrole comme principale source d'énergie dans l'économie japonaise. L'activité des puits diminue au point que les derniers habitants sont évacués en 1974[2]. Les conditions climatiques, notamment le passage des typhons, accélèrent le délabrement des bâtiments et des installations minières abandonnés[5].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Touristes visitant Hashima en 2010.
Vue de bâtiments dégradés en 2012.

L'île est jugée dangereuse et interdite d'accès jusqu'en 2009. Depuis, un bateau assure la liaison vers Hashima et la municipalité de Nagasaki a réalisé des travaux pour un montant de 100 millions de yens afin d'accueillir des touristes[6]. En 2011, 235 000 personnes ont suivi la visite guidée de l'île, qui est limitée à un parcours aménagé[7].

Outre des touristes, des anciens habitants ont pu y retourner pour la première fois depuis leur départ.

Durant les années 2000, le Japon demande l'inscription de l'île au patrimoine de l'humanité, liste de biens établie par le comité du patrimoine mondial de l'Unesco[2]. L'initiative est critiquée en Corée du Sud par la « Truth Commission on Forced Mobilization under the Japanese Colonial Rule »[8].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Hashima en 2010.

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Hashima est présente dans plusieurs films et reportages. Elle apparaît dans un épisode de la série de docufiction Life After People, diffusé en 2009 par la chaîne de télévision américaine History[9]. Attiré par ses vestiges architecturaux, l'artiste français Louidgi Beltrame tourne en 2010 un film intitulé Gunkanjima[10]. Le réalisateur français Aurélien Vernhes-Lermusiaux a conçu en 2012 une installation interactive immersive intitulée L'Empire dont la totalité des images fut tournée sur l'île[11],[12].

Skyfall, le 23e film de la série James Bond, réalisé par Sam Mendes, contient des vues générales de l'île[7].

L'île devrait servir de lieu de tournage pour le film live du manga L'Attaque des Titans[13].

Littérature[modifier | modifier le code]

Montage, un manga de Jun Watanabe publié depuis 2010, se déroule partiellement sur l'île[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent Joly, « Dans le cœur vide des villes fantômes », in Le Figaro Magazine, semaine du 13 décembre 2013, pp. 56-61.
  2. a, b et c (en) Yasuhiko Kawamoto, « Deserted 'Battleship Isle' may become heritage ghost ship », The Japan Times,‎ 17 février 2009
  3. (en) Kerry Mcqueeney, « The most desolate city on Earth: Take a tour of the ghostly Battleship Island crumbling into the sea off the coast of Japan », Daily Mail,‎ 6 avril 2012
  4. (en) Kim Bo-eun, « Hashima ― forgotten island of tragedy », The Korea Times,‎ 4 octobre 2012
  5. François Bougon, « Hashima, l'illusion d'une île », M le magazine du Monde, le 29 mars 2013
  6. Reiji Yoshida, « 'Warship Island' open to tourists once more », The Japan Times,‎ 23 avril 2009
  7. a et b (en) Andrew Bender, « The Mystery Island From 'Skyfall' And How You Can Go There », Forbes,‎ 11 septembre 2012
  8. (en) « Japan Attempts to Put Island Where Koreans Were Worked to Death on World Heritage List », Dong-a Ilbo,‎ 15 août 2007
  9. (en) Umiko Sasaki, « Spelunking in Japan », USA Today,‎ 2010
  10. Frédéric Bonnet, « Paroles d’artiste - Louidgi Beltrame », Le Journal des arts,‎ 2 avril 2010
  11. « Aurélien Vernhes-Lermusiaux », Ososphère
  12. Sylvie Rollet, « L'Empire », Panorama 14, consulté le 25 mars 2013
  13. « L’Attaque des Titans - nouvelles informations sur le film live ! », sur Manga-news (consulté le 3 avril 2014).
  14. « Le casse des 300 millions de yens en manga », sur http://www.japoninfos.com (consulté le 9 février 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]