Harvey Kurtzman

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Harvey Kurtzman

Naissance 3 octobre 1924
New York, État de New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 21 février 1993 (à 68 ans)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Dessinateur
Scénariste
Éditeur
Conjoint
Adèle Kurtzman

Harvey Kurtzman (3 octobre 192421 février 1993) est un dessinateur de bande dessinée américain.

Très tôt attiré par la bande dessinée, il publie ses premières histoires à 18 ans. Après avoir produit des pages pour divers éditeurs, il arrive en 1949 chez EC Comics. C'est là qu'il acquiert sa célébrité, tout d'abord en éditant, écrivant et dessinant des comics de guerre (Two-Fisted Tales et Frontline Combat) puis en étant le tout premier rédacteur en chef du magazine Mad édité par EC Comics) en 1952. Kurtzman est également connu pour le strip Little Annie Fanny, paru dans le magazine Playboy de 1962 à 1988. Kurtzman fut plus tard décrit par le New York Times comme ayant été « l'une des figures les plus importantes de l'Amérique de l'après-guerre », notamment à cause de l'influence de Mad sur la culture populaire américaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Harvey Kurtman naît le 3 octobre 1924 à New York. Sa jeunesse se passe dans le quartier du Bronx où chaque jour il dessine son premier comic strip, Ikie and Mikie, à la craie sur le trottoir de son immeuble. Dans les années 1930, il parvient à se faire publier dans le quotidien communiste Daily Worker[W 1]. Il remporte deux fois des concours de dessins et entreprend par la suite des études à la High school of music and arts de New York puis à la Cooper Union for the Advancement of Science and Art. C'est dans la première de ces deux écoles qu'il rencontre Al Feldstein, John Severin et Will Elder qu'il retrouvera plus tard chez EC Comics. Durant la seconde guerre mondiale il reste cantonné aux États-Unis où il dessine pour la Division de l'Information de l'armée des guides d'entraînement[1]. Lorsqu'il est libéré des devoirs militaires il crée un studio de dessin publicitaire avec Bill Elder et Charles Stern, auxquels s'ajouteront John Severin[G 1] et, pendant quelques mois René Goscinny. Parallèlement, il commence à travailler pour divers éditeurs de comics. Sa première œuvre identifiée avec certitude est une page humoristique dans le comics 4 favorites publié par Ace Magazines en décembre 1942. Il dessine des histoires de super-héros pour cet éditeur jusqu'en octobre 43 dans Super-mystery comics et 4 favorites. En 43 et 44 il travaille pour Quality comics sur des histoires policières et en 45-46 pour Aviation Press sur des histoires de guerre. De 46 à 49 il dessine pour Timely des pages humoristiques publiées dans divers comics. Il rencontre alors sa future femme, Adèle. Durant cette période, il parvient aussi à produire un strip appelé Silver Lining publié dans une revue, publiée nationalement et destinée aux étudiants. C'est en 1949 qu'est publiée sa première histoire pour EC ; il s'agit de Lucky Fights It Through, un comics éducatif de prévention des maladies vénériennes[2]. Au début de 1950, il réalise aussi deux pages d'humour pour DC Comics.

EC comics et MAD[modifier | modifier le code]

En septembre 1950 est publiée sa première histoire, dans Weird Science 14, pour un comics de la période New Trend d'EC Comics. Il travaillera pour cet éditeur jusqu'en 1956. il commence par dessiner diverses histoires de science-fiction ou d'horreur jusqu'en juin 51. Cependant à partir de novembre 50 il se consacre surtout au comics Two-fisted Tales dont il est l'éditeur à partir du no 1[n 1]. Ce comics est à l'origine un comics d'aventures mais avec l'escalade de la Guerre de Corée, il se transforme pour ne raconter que des histoires de guerre. En juillet 51 un second comics est édité par Kurtzman : Frontline Combat qui est aussi consacré à des histoires de guerre. Kurtzman édite alors ces deux séries, écrit les scénarios et dessine certaines histoires et des couvertures[W 2].

En 1952, Harvey Kurtzman se plaint auprès de William Gaines de ne pas être payé autant que Al Feldstein, l'autre responsable éditorial de EC comics. La réponse de Gaines est que Feldstein est responsable de plus de comics. Il est alors convenu que si Kurtzman édite un comics humoristique, sa paie serait augmentée. C'est ainsi que Harvey Kurtzman propose un nouveau comics : MAD. Il écrit tous les scénarios, dessine quelques couvertures et quelques histoires.

À la fin 53, Two-fisted Tales et Frontline combat ont vu leurs ventes diminuer et Kurtzman consacre plus de temps à MAD. Frontline combat est alors arrêté et Two-fisted Tales redevient un comics d'aventures édité par John Séverin. MAD au contraire connaît le succès et après neuf numéros bimestriels il devient mensuel en janvier 54. En 1955 le format comic book est abandonné et MAD devient un magazine. La raison de cette transformation tient à la volonté de William Gaines de garder Kurtzman au sein de EC comics. En effet, le magazine Pageant avait proposé à Kurtzman de devenir le rédacteur en chef de la revue et celui-ci avait déjà fait savoir à Gaines qu'il souhaitait faire de Mad un magazine. Gaines avait d'abord refusé car il ignorait tout de l'édition de ce type de revue, mais finalement il accepta la demande de Kurtzman, ce qui décida celui-ci à rester[3]. Ce changement de format permit à MAD de ne pas être soumis au Comics Code Authority et de continuer à être distribué alors que tous les autres titres de EC comics étaient abandonnés.
Bien que Harvey Kurtzman ait eu gain de cause auprès de Gaines, il ne resta pas longtemps rédacteur en chef de MAD. Comme EC ne publiait plus que ce magazine, Kurtzman demanda à posséder 51 % des parts de l'entreprise. Gaines refusa et Kurtzman quitta EC comics en avril 56.

Après MAD[modifier | modifier le code]

En 1957 Harvey Kurtzman est engagé par Hugh Hefner, propriétaire du magazine Playboy pour être rédacteur en chef d'un nouveau magazine Trump[E 1]. Mais cela ne dure que deux numéros. En 58 Kurtzman devient éditeur et lance le magazine Humbug, au format comics, avec d'anciens dessinateurs de EC comics. Cela ne dure que 11 numéros. Kurtzman jusqu'en 1962 travaille alors en freelance pour divers magazine tels que Playboy ou Esquire.
Il reprend la fonction de rédacteur en chef pour le magazine Help![4] édité par Warren Publishing d'août 1960 à septembre 1965. La revue comprend 26 numéros et accueille en son sein d'anciens dessinateurs des EC Comics comme Will Elder, Jack Davis, John Severin et des artistes venus de l'underground comme Robert Crumb, Gilbert Shelton, Jay Lynch et Skip Williamson[E 1]. D'autres personnalités, qui n'appartiennent pas au monde de la bande-dessinée, travaillent aussi à ce magazine comme John Cleese et Terry Gilliam avant qu'ils ne créent Monty Python's Flying Circus. Parallèlement Harvey Kurtzman dessine un comics strip pour Playboy[E 2] : "Little Annie Fanny", parodie de Little Orphan Annie, qui durera 26 ans. Pour ce travail il se fait seconder par divers dessinateurs : Frank Frazetta, Jack Davis, Russ Heath, Robert Crumb, Gilbert Shelton, etc.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

À côté de la parution de "Little Annie Fanny", Kurtzman participe à plusieurs projets. Il écrit le scénario du film d'animation Mad Monster Party en 1967. Plus tard il enseigne à la "School of Visual Arts" de New York. Il meurt le 21 juin 1993 d'un cancer du foie[5].

Éditions américaines[modifier | modifier le code]

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre d'Harvey Kurtzman se caractérise d'abord par un perfectionnisme tant dans le dessin que dans le scénario. Lorsqu'il est éditeur chez EC Comics, il est particulièrement attentif aux détails et recherche la plus grande véracité historique. De plus, pour les histoires dont il n'est que scénariste, il fournit aux dessinateurs avec lesquels il travaille, des esquisses très détaillées qui doivent être scrupuleusement respectées[6]. L'aspect esthétique est inséparable du message qui s'avère, dans ces années de guerre de Corée, être un discours pacifiste[W 2].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le numéro indiqué sur la couverture est le no 19 car Two-fisted tales vient à la suite du "haunt of fear" no 18

Références[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a et b p. 38
  2. p. 39
  1. p. 5
  1. p. 3
  2. a et b p. 11

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bradford W. Wright, Comic Book Nation : The Transformation of Youth Culture in America, JHU Press,‎ 2003, 360 p. (ISBN 9780801874505, lire en ligne), p. 143
  2. (en) « GCD: Issue: Lucky Fights It Through », Grand Comics Database (consulté le 23 janvier 2012)
  3. http://www.comic-art.com/intervws/gaines11.htm
  4. (en) Jeff Kilian, « HELP! magazine history », sur www.helpmag.com, Kilian Enterprises,‎ 2007 (consulté le 07 avril 2012)
  5. New York Times
  6. Gary Groth, « http://www.tcj.com/the-john-severin-interview-parts-i-ii/7/ », The Comics Journal 215-216, sur www.tcj.com, Fantagraphics Books,‎ août-octobre 1999 (consulté le 19 février 2012)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]