Harry Wu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Harry Wu en 2011
Harry Wu and His Holiness the Dalai Lama
Harry Wu fait visiter le Laogai Museum de la Laogai Research Foundation au Dalaï Lama en octobre 2009.
Harry Wu se joint aux Tibétains le 10 décembre 2012, journée internationale des droits de l'homme

Harry Wu (de son nom chinois Wu Hongda), né le à Shanghai, est dissident et ancien prisonnier chinois ayant passé dix-neuf ans dans la laogai de 1960 à 1979. Il rejoint les États-Unis et y fonda en 1992 la Laogai Research Foundation dont il est le directeur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Harry Wu a été envoyé le dans un camp du laogai comme prisonnier, pour avoir critiqué l’invasion de la Hongrie par l’Union soviétique. Les membres de sa famille et ses amis ont été contraints à le dénoncer comme « contre-révolutionnaire ». Sa belle-mère a refusé et s’est suicidée. Il est libéré en 1979 après dix-neuf ans de camps, six ans plus tard il émigre aux États-Unis et devient citoyen américain. Cependant les camps le hantent, en 1991 il décide alors d'y retourner afin de filmer clandestinement la réalité des camps de travaux forcés du régime communiste chinois.

Harry Wu prend à nouveau le risque de retourner en Chine en 1995, mais cette fois-ci il est arrêté à la frontière chinoise, gardé en détention pendant soixante-six jours, condamné à quinze ans de camp, mais il est expulsé grâce aux pressions américaines. Harry Wu reste aujourd'hui un des seuls témoins de ces goulags chinois et veut que les laogai soient reconnus par la communauté internationale et classés au même titre que les goulags communistes ou les camps de concentration et camps d'extermination nazis pour leur extrême barbarie envers l'être humain.

En 2012, avec la Fondation pour la recherche sur le laogaï, il organisa une conférence sur les laogai au Tibet à laquelle Ghang Lhamo et d'autres anciens prisonniers tibétains participèrent[1].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Harry Wu a reçu le Prix Liberté de la Fédération Hongroise Activistes pour la Liberté en 1991. En 1994, il a reçu le Prix Martin Ennals pour les Droits Humains de la Fondation Suisse Martin Ennals. En 1996, il a reçu la Médaille de la Liberté de la Fondation Allemande pour la Résistance de la Seconde Guerre Mondiale. Il a aussi été fait docteur honoris causa de l'Université de St. Louis et de l'Université américaine de Paris en 1996.

Points de vue[modifier | modifier le code]

Prélèvement d'organes sur des prisonniers chinois[modifier | modifier le code]

En 2000, dans son ouvrage Danse pas avec la Chine, Harry Wu affirme que le trafic d’organes en Chine permet à l’Armée populaire de libération de trouver des financements. Harry Wu indique que les prisonniers sont tués d'une balle dans la tête et ce afin de préserver les organes[2].

Allégations de prélèvements d'organes sur des pratiquants du Falun Gong[modifier | modifier le code]

À la suite de la publication, en mars 2006, par The Epoch Times, journal lié au Falun Gong, d’un article alléguant l’existence d’un camp de concentration et de prélèvement d'organes à vif d’adhérents du Falun Gong à l'hôpital de Sujiatun, à Shenyang, dans le Liaoning[3], Harry Wu fait parvenir à divers parlementaires et journalistes américains ce qu'il pense de la situation : tout d'abord, d'après les résultats d'une enquête effectuée sur place, le camp de concentration de Sujiatun et ses 6 000 détenus n'existent pas. Ensuite, si depuis plus de 20 ans les organes de condamnés à mort exécutés sont prélevés en Chine, des prélèvements à vif à l'échelle de 4 500 sont impossibles et infaisables. Enfin, le vol d'organes de membres du Falun Gong n'est absolument pas crédible[4].

Pour AsiaNews (en) Harry Wu confirme que des organes prélevés sur des prisonniers sont vendus, mais remet en question les chiffres du mouvement spirituel. Pour Harry Wu, Falun Gong se présentant comme subissant un traitement comparable au camp d'Auschwitz risque d'être considéré comme une « propagande politique ». Cependant, à son avis, « le gouvernement communiste chinois est un mauvais régime qui commet de nombreuses atrocités, y compris la persécution du Falun Gong »[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le goulag chinois (Dagorno, 1966)
  • Vents amers (Bleu de Chine, 1994)
  • Retour au laogai (Belfond, 1996), qui va de son arrestation de 1995 à sa libération
  • Danse pas avec la Chine[6] (Indigène, mars 2000) n° ISBN 2-911939-22-0

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tibetan Former Political Prisoners Recall Horrors of the Laogai at LRF Conference
  2. Trafic d’organes : le nouveau « business » chinois Amnesty International, 10 mai 2002, « Harry Wu, révélant l’étendue du trafic d’organes en provenance de Chine, un commerce juteux pour l’Armée populaire de libération (APL), selon lui...Les condamnés sont généralement tués d’une balle dans la tête afin de préserver des organes tels que les poumons, le cœur, le foie ou les reins, a également précisé Mr. Wu. »
  3. (en) Ji Da, New Witness Confirms Existence of Chinese Concentration Camp, Says Organs Removed from Live Victims, The Epoch Times, 17 mars 2006.
  4. (en) Harry Wu, My Knowledge and Experience with the Falun Gong media reporting on the Sujiatun Concentration Camp problem, Observechina, 18 juillet 2006. D'après une traduction en anglais, version originale non indiquée « On March 22, I wrote certain US Congress Representatives and other people about the Sujiatun situation and I told them what I thought. The recipients of this letter were about 20 or so people who were either US Congress Representatives or media people. There were three main points in the letter: (1) according to my recent investigation, the Sujiatun concentration camp holding 6,000 people does not exist; (2) for over more than 20 years, the Chinese government had extracted large numbers of organs from death-sentence prisoners. But a scale of 4,500 live organ extractions is impossible in theory and infeasible in practice: (3) the report "The Communists are stealing organs from Falun Gong members to export to Thailand and other countries" is completely not credible. »
  5. (en) Harry Wu questions Falun Gong's claims about organ transplants, AsiaNews (en), 9 août 2006
  6. Danse pas avec la ChineFrance Culture,

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :