Harry Fragson

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Harry Fragson au Scala en 1898
Tombe au columbarium du Père-Lachaise (case 5923).

Léon Philippe Pot, dit Harry Fragson, né à Londres le 2 juillet 1869 et mort à Paris le 30 décembre 1913, est un auteur-compositeur-interprète ayant connu le succès en français et en anglais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Harry Fragson, qui fut l'un des plus célèbres auteurs-compositeurs des années 1900 avec Mayol, Dranem et Polin, a longtemps cultivé l'ambiguïté quant à ses origines. La publication de son extrait d'acte de naissance en 2004 met fin à tout débat : il est né à Londres, dans le quartier de Soho, d'un père français, Victor Pot, et d'une mère belge, Léontine Winand[1].

Il fait ses études à l'Institut de commerce d'Anvers et divertit ses camarades en jouant au piano les airs à la mode. Échouant aux examens, il tente sa chance à Paris et auditionne pour le café-théâtre des Quat'z'Arts, où il est engagé comme accompagnateur. Revenu d'un séjour à Londres, il importe en France le ragtime.

Il fait une brillante carrière au music-hall en France et au Royaume-Uni. Il innove en s'accompagnant au piano et interprète un répertoire allant du comique au romantique. Ses grands succès sont La Boiteuse, Reviens, veux-tu, Les Amis de Monsieur, Je connais une blonde, Si tu veux Marguerite.

Il meurt à l'hôpital Lariboisière de Paris, à l'âge de 44 ans, des suites d'une blessure par balle tirée par son père au cours d'une dispute[2]. Après son assassinat, son demi-frère et sa famille revendiquèrent l'héritage, mais à cause d'une procédure trop lente, la totalité de ses biens revint à l'État français. Fragson possédait plusieurs résidences de luxe, des objets d'une valeur inestimable, les droits d'auteurs de tous ses succès et il était le plus gros actionnaire du canal de Panama.

Barbara a repris certains de ses titres au début de sa carrière et lui a rendu hommage dans une de ses chansons, Fragson, sur l'album Seule (1981).

Anecdote[modifier | modifier le code]

L'air de sa chanson Si tu veux Marguerite est régulièrement employé lors des manifestations de rue ; le refrain « Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite, Marguerite, si tu veux faire mon bonheur, donne-moi ton cœur » est changé en « Untel, si tu savais, ton (ta) syllabe-syllabe, ton (ta) syllabe-syllabe où on s‘ le/la met". Exemple : « Ministr‘, si tu savais, ta réform‘, ta réform‘ ; Ministr‘, si tu savais, ta réform‘, où on s‘ la met ». Ainsi l'air est connu par de nombreuses personnes, mais pas pour sa version originale.

Créations[modifier | modifier le code]

  • Je connais une blonde
  • Les Blondes
  • La Mouyette (d'après la Matchiche de Félix Mayol)
  • Le Thé Tango
  • Les Jaloux
  • Reviens
  • Tendresse d'amant

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Compilation 1903-1912, collection Chansophone, 1994

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Entente cordiale, court métrage de et avec Max Linder (14 min), productions Pathé Frères, sorti en salle à Paris le 22 novembre 1912, dans lequel le chanteur et le comédien jouent leur propre rôle.
  • Fragson aurait également tourné sous la direction d'Alice Guy en 1906, mais il ne subsiste aucune trace de ces films.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Andrew Lamb & Julian Myerscough, Fragson, the Triumphs and the Tragedy (voir bibliographie).
  2. Archives du New York Times, 1913