Harriet Martineau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Martineau.

Harriet Martineau

Description de l'image Harriet Martineau by Richard Evans.jpg.
Naissance 1802
Norwich, Angleterre
Décès 1876 (à 74 ans)
Ambleside, Angleterre
Pays de résidence Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Autres activités
journaliste et écrivaine

Harriet Martineau, née le 12 juin 1802 à Norwich et décédée le 27 juin 1876 à Ambleside, est une journaliste, écrivaine, militante et sociologue britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Harriet Martineau en 1861. Photographie de Camille Silvy.

Harriet Martineau naît en 1802 à Norwich en Grande-Bretagne, troisième fille et sixième de huit enfants, dans une famille issue de chirurgiens huguenots de Dieppe, qui ont fui la France en 1685, à la Révocation de l'Édit de Nantes. D'ailleurs, son oncle, Philip Meadows Martineau (1752-1829), était un chirurgien réputé et son frère aîné devait suivre la même voie, mais mourut jeune, à trente ans[1].

Premières années[modifier | modifier le code]

Son Père Thomas, est un industriel du textile, sa mère, Elizabeth Rankin, fille d'un épicier propriétaire d'une raffinerie de sucre. Ils sont unitariens et font donner à leurs filles la même éducation qu'à leurs garçons[2]. Elle publie son premier texte en 1822 dans le journal unitarien, Monthly Repository auquel elle contribuera régulièrement jusqu'en 1832. Elle est très liée à son frère James, de trois ans son cadet[3], qui l'encourage dès la parution de son premier article On Female Education, paru anonymement dans le journal unitarien, Monthly Repository, en 1823. Ils se brouilleront en 1851, à la parution des Letters on the Laws of Man's Nature and Development, dans lesquelles elle rejette toute croyance religieuse[2].

Elle refuse le mariage avec John Hugh Worthington, arrangé par son père. Après le décès de ce dernier (peut-être ruiné) en 1829, elle s'établit à Londres où William Fox, éditeur du journal, commence à rétribuer ses articles. Illustrations of Political Economy en 1832 et Poor Laws and Paupers Illustrated en 1834 sont de véritables succès qui lui procurent l'indépendance financière[2].

Les États-Unis[modifier | modifier le code]

Durant son voyage de deux ans aux États-Unis, entre 1834 et 1835, elle fait preuve d'inventivité et décide d'utiliser les conversations, les rencontres avec des membres de toutes les classes sociales et toutes les couches de la population. Elle visite des prisons, des asiles d'aliénés, des sociétés savantes, des usines ainsi que des bordels. Elle se consacre à l'étude systématique de l'économie, la politique, le système éducatif, la famille, les classes sociales et le statut de la femme.

Les ouvrages qui font suite à cette visite sont parmi les premiers ouvrages de sociologie. Ce sont : Theory and Practice of Society in America (1837) et Retrospect of Western Travel (1838). Dans le premier, elle souligne l'échec des États-Unis à être à la hauteur de leurs principes démocratiques. Particulièrement attentive à la manière dont sont traitées les femmes, elle intitule un chapitre The Political Non-existence of Women[2]. Son travail n'est pas sans rappeler De la démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville. Cependant, Martineau s'est consacrée tout particulièrement à rendre son travail systématique et à l'asseoir à partir de méthodologies différentes et réfléchies. Contrairement à Tocqueville, Martineau avait déjà publié plusieurs ouvrages en sociologie avant son voyage aux États-Unis. L'étendue plus large de son travail est aidée par la durée de son séjour, deux ans, alors que Tocqueville n'y resta que neuf mois.

Ambleside[modifier | modifier le code]

Alors qu'elle voyage en Europe en 1839, elle tombe malade et doit passer les cinq années suivante pratiquement invalide à Tynemouth. Life in the Sick-Room, publié en 1844 s'en fait l'écho. En 1845, elle s'installe près d'Ambleside dans le Lake District et se construit une maison, The Knoll, où elle habitera jusqu'à sa mort.

Le lourd handicap (surdité de plus en plus profonde, perte du goût et de l'odorat) dont elle souffre ne l'empêche pas de voyager : en Égypte et au Moyen-Orient en 1846, en Irlande en 1852. On lui détecte des problèmes cardiaques aigus début 1855. Persuadée alors qu'elle n'a plus longtemps à vivre elle écrit son autobiographie, pour une édition posthume, en trois mois. Elle ne meurt qu'en 1876, le 27 juin, à la suite d'une bronchite.

Ce fut une grande amie de Charlotte Brontë et une admiratrice l'œuvre de Charles Darwin.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Son travail d'écrivain et de traducteur lui a permis d'en vivre confortablement. « Miss Martineau a écrit 103 volumes, 1642 articles dans le Dayly-News, et une infinité d'autres disséminés dans la presse anglaise »[4].

Les écrits[modifier | modifier le code]

En 1839 elle publie son premier roman, Deerbrook. Parmi ses nouvelles, elle écrit The Billow and the Rock, sur l'emprisonnement de Lady Grange dans l'archipel de Saint-Kilda. Elle traduit (et condense) le Cours de Philosophie Positive (1830-1842) d'Auguste Comte en anglais pour la première fois (1852-1853), traduction admirée par Comte lui-même.

Engagement social[modifier | modifier le code]

Harriet Martineau est plus connue pour son engagement social en tant que journaliste que comme un des fondateurs de la sociologie.

Malgré son handicap dégénératif, elle consacre une partie importante de son œuvre à ses engagements politiques en faveur entre autres des femmes, des pauvres et des Noirs. En 1841 elle écrit une biographie romancée de Toussaint Louverture, The Hour and the Man[5], en 1866 elle signe, avec Elizabeth Garrett Anderson, Emily Davies, Dorothea Beale (en) et Frances Buss la pétition au Parlement en faveur du vote des femmes.

Annexes[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Harriet Martineau avait peur d'être enterrée vivante. Dans son testament, elle légua tous ses biens à son médecin, en échange que celui-ci lui coupe la tête. Elle écrit sa notice nécrologique en 1855, lorsqu'on lui diagnostique une maladie cardiaque, notice qui parut le 29 juin 1876 dans le Daily News[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Harriet Martineau 2006, p. 660
  2. a, b, c et d (en) « Biographie », sur Spartacus Educational (consulté le 5 février 2015)
  3. (en) « Biographie succinte », sur Spartacus Educational (consulté le 5 février 2015)
  4. Les Gauloises. Ancien Bas-bleu. Moniteur mensuel des travaux artistiques et littéraires des femmes. 1876 [1]
  5. Harriet Martineau 2006, p. 663
  6. Harriet Martineau 2006, p. 660-671

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Harriet Martineau, Autobiographie, Broadview Press,‎ 2006, 741 p. (ISBN 9781770480742, lire en ligne), présenté et annoté par Linda Peterson

Sur les autres projets Wikimedia :