Harpocration

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Valerius Harpocration serait un grammairien grec d'Antioche du IIe siècle, né en Égypte. Il est possible que ce soit lui qui soit cité par Julius Capitolinus dans la Vie de Lucius Verus, comme l'un des professeurs de grec de Lucius Verus[1]. D'autres chercheurs[2] le placeraient bien plus tard, vers 350. E. L. Wheeler, quant à lui, nie l'existence historique d'Harpocration[3]. Faut-il distinguer Valerius Harpocration (grammairien à Antioche) de Harpocration d'Alexandrie ? Gossen le propose[4]. Le premier serait du IIe siècle, le second du IVe siècle. La Souda distingue trois homonymes, « grammairiens » ou « sophistes » (Aelius Harpocration, Caius Harpocration et Valérius Harpocration).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Harpocration est l'auteur d'un Lexique des orateurs attiques, qui traite du droit et du lexique, publié par Alde l'Ancien, à Venise, en 1503.

On attribue pour partie à Harpocration un livre de magie hermétique, les Cyranides (Kyranides), dont certains éléments remontent au Ier s., d'autres au IVe s., et qui est dédié à un empereur romain identifié à Julien[5]. Les Kyranides, ou Liber Kyramidarum, seu liber physicalium virtutum compositionum et curationum collectus ex libris duobus, es primo videlicet kyrannidarum Kyranni, régis Persarum, et ex libris Arpocrationis Alexandrini. Livre des vertus naturelles, des sympathies et antipathies, formé de l'assemblage de deux livres, de celui de Kyranos, roi des Perses, et de ceux d'Harpocration d'Alexandrie dédiés à sa propre fille, forment un ouvrage compilé par un auteur byzantin entre le Ve et le VIIIe s., et traduit du grec en latin par Paschalis Romanus, à Constantinople, en 1169. Les Kyranides se composent de quatre livres regroupés en deux parties. La première partie (livre I), intitulée Kyranis, est attribuée à Hermès Trismégiste, qui fait une révélation à Kyranos, pseudo-roi de Perse ; cette partie a été réécrite par Harpocration ; il y est question de 24 pierres, herbes, poissons, oiseaux, cités dans l'ordre alphabétique grec, dont les pouvoirs donnent plaisir ou guérison.

"Extraits d'Harpokration d'Alexandrie sur les vertus naturelles des bêtes, herbes et pierres. On a disposé par ordre alphabétique, chaque lettre comprenant une plante, un animal - volatile et poisson - et une pierre, ces quatre étant en sympathie les uns avec les autres."

La seconde partie (formée des livres II, III et IV), s'intitule Koiranides, Livre court médical d'Hermès Trismégiste selon la science astrologique et l'influx naturel des animaux, publié à l'adresse de son disciple Asclépios ; elle offre trois bestiaires, décrivant des oiseaux, des animaux terrestres, et des poissons, aux pouvoirs médicaux et magiques. Comme le Liber sigillorum (Livre des sceaux) de Theel ou Azareus, il décrit des pierres gravées qui ont valeur de talismans.

"La bienheureuse Nature a manifesté encore sa puissance dans les pierres, les plantes, les herbes et les eaux [thermales et minérales]." (Kyranides, livre IV, chap. 10).

Certains savants attribuent à Harpocration la lettre à César de Thessalos de Tralles, célèbre autobiographie spirituelle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Lexique des orateurs attiques; Lexeis of the Ten Orators, édi. par John J. Keany, Amsterdam, Hakkert, 1991, xxi-291 p. ISBN 90-256-1017-X.
  • Nechepsos, un écrit astrologique;
  • Livre archaïque, un écrit perdu, antérieur aux Cyranides, traitant probablement, sous forme de bestiaire, de magie et/ou de médecine[6];
  • Livre I (Kyranis) des Cyranides (Kyranides). Fernand de Mély, Les Lapidaires de l'Antiquité et du Moyen Âge, tomes II (édition des Cyranides par Ruelle, 1898) et t. III (traduction des Cyranides par Mély, 1902), Paris, Ernest Leroux.;
  • Le Livre archaïque et les Cyranides sont présentés comme des traductions d'inscriptions gravées en caractères syriaques sur deux stèles de fer, révélées par Hermès Trismégiste.

Études[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Boudreaux le date donc du II° s., et il l'identifie à Aelius Harpocration. Catalogus codicum astrologorum graecorum, Bruxelles, Mauritii Lamertin, 1912.
  2. Fernand de Mély, Les Lapidaires de l'Antiquité et du Moyen Âge, t. III, E. Leroux, 1902. A.-J. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste (1944), t. I, Les Belles Lettres, 1981, p. 204. K. Alpers, in Vestigia Bibliae, 6 (1984), p. 17 sq. D. Bain, in E. M. Craik (dir.), Owls to Athens, Oxford, 1990, p. 296.
  3. E. L. Wheeler, in E. Dabrowa (dir.), Donum amicitiae, Cracovie, 1997, p. 213.
  4. Gossen, in Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft, de Pauly-Wissowa, t. VII, 2416-2417.
  5. Fernand de Mély, Les lapidaires de l'Antiquité et du Moyen Âge, t. III (traduction), E. Leroux, 1902. L. Delatte, Textes latins et vieux français relatifs aux Cyranides, Liège et Paris, 1942, p. 3-206. A.-J. Festugière, La Révélation d'Hermès Trismégiste, t. I : L'astrologie et les sciences occultes (1944), Les Belles Lettres, 1981, p. 201-216.
  6. A.-J. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, t. I : L'astrologie et les sciences occultes (1944), Les Belles Lettres, 1981, p. 211-215.