Harald Schumacher

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Harald Schumacher
Übergabe DFB-Pokal an Botschafter Toni Schumacher und Janus Fröhlich-6556.jpg
Harald Schumacher, 2013
Biographie
Nationalité Drapeau : Allemagne Allemand
Naissance 6 mars 1954 (60 ans)
Lieu Düren
Poste Gardien de but
Parcours professionnel 1
Saisons Club M. (B.)
1972-1987 Drapeau : République fédérale d'Allemagne FC Cologne 422 (0)
1987-1988 Drapeau : République fédérale d'Allemagne Schalke 04 33 (0)
1988-1991 Drapeau : Turquie Fenerbahçe 65 (0)
1991-1992 Drapeau : Allemagne Bayern Munich 8 (0)
1995-1996 Drapeau : Allemagne Borussia Dortmund 1 (0)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe M. (B.)
1979-1986 Drapeau : République fédérale d'Allemagne Allemagne de l'Ouest 76 (0)
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Harald Schumacher surnommé « Toni » Schumacher est un ancien footballeur allemand, né le 6 mars 1954 à Düren (Allemagne).

Il fut pendant sept ans le gardien de l'équipe d'Allemagne de football de 1979 à 1986, succédant à Sepp Maier. Avec sa sélection nationale, il a remporté l'Euro 1980 et fut par deux fois finaliste de la Coupe du monde de football en 1982 et 1986. Il est resté célèbre pour sa sortie violente, considérée comme une agression sur le joueur français Patrick Battiston lors d'une demi-finale de Coupe du Monde opposant la France à la RFA, le 8 juillet 1982. De par la violence du choc (qui plongera Battiston dans le coma), le fait que son geste ne fut pas sanctionné et son attitude froide et cynique après son geste[1], il gardera pendant de longues années en France, une mauvaise réputation[2] et sera surnommé le "Boucher de Séville"[2],[3].

Considéré néanmoins comme l'un des meilleurs gardiens de sa génération[4], il fut aussi célèbre en Allemagne pour sa biographie Anpfiff parue en 1987, dans laquelle il dénonçait certaines pratiques au sein de la sélection allemande, notamment le recours au dopage[5] dont il a reconnu avoir lui-même fait l'usage[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Düren, Harald Schumacher fait ses débuts en 1973 avec le FC Cologne, club auquel il va rester fidèle pendant quatorze ans. Sous les couleurs de Cologne, il remporte un titre de champion d'Allemagne en 1978 et trois coupes d'Allemagne en 1977, 1978 et 1983.

Le 26 mai 1979, il connaît sa première sélection avec l'équipe d'Allemagne (RFA) lors d'un match amical contre l'Islande, remplaçant Sepp Maier à la mi-temps. Ce dernier dispute son dernier match avec l'équipe nationale. Victime peu après d'un grave accident de voiture, il est contraint d'arrêter sa carrière professionnelle et c'est Harald Schumacher qui prend sa place au poste de gardien. Schumacher sera pendant sept ans le portier de la sélection et remportera l'Euro 1980 et atteindra à deux reprises la finale de la Coupe du monde, en 1982 et en 1986.

Lors du match Allemagne de l'Ouest-Chili durant la coupe du monde 1982, Schumacher fut touché dans un contact avec l'attaquant chilien Juan Carlos Letelier[7]

En 1987, il publie un livre Anpfiff (traduit par "Coup d'envoi" en France) dans lequel il dénonce certaines scandales au sein de la sélection allemande[3]. Parmi ces scandales, il y a les soirées arrosées lors des stages de préparations, le recours à des prostituées et au dopage aux amphétamines[3]. Le camp d'entraînement de la Mannschaft situé sur le Lac de Schluch ("Schluchsee") était même surnommé Schlucksee ("le lac de la picole")[8]. Ce livre créé un scandale en Allemagne et Schumacher est banni à vie de la sélection et renvoyé de son club[3]. Anpfiff signifie littéralement Coup de sifflet, mais aussi remontrance en allemand). Il a reconnu dans cet ouvrage avoir utilisé un produit dopant[9], l'éphédrine[10]

Si sa carrière internationale est terminée, ce n'est pas le cas de sa carrière professionnelle. Il rebondit à Schalke 04 en 1987 puis une saison plus tard, rejoint la Turquie et le club de Fenerbahçe. Très apprécié par les supporteurs[11], il va jouer trois saisons au sein du club turc gagnant notamment un titre de champion. Il termine sa carrière de joueur sur le banc de touche du Bayern Munich lors de la saison 1991-1992. Reconverti en tant qu'entraîneur des gardiens au Borussia Dortmund, Schumacher rechaussera les crampons le temps d'un unique match de Bundesliga l'année du titre en 1996. Schumacher a ensuite été entraîneur du SC Fortuna Cologne, avant de redevenir entraîneur des gardiens au Bayer Leverkusen.

Dans un documentaire français intitulé 8 juillet à Séville, diffusé sur France 5 20 ans après la demi-finale de la Coupe du Monde 1982 entre la France et l'Allemagne, Schumacher confira avoir eu au cours de sa carrière de nombreux pépins physiques, (il a eu des doigts et des côtes cassées, des commotions cérébrales, il a été touché à la carotide, a eu le nez cassé et a du subit 6 opérations du genou)[12].

L'origine du surnom de Schumacher, Toni, reste incertaine. Pour Schumacher, c'est une référence à Toni Turek, le gardien de but de l'équipe d'Allemagne victorieuse de la Coupe du monde 1954. D'autres personnes prétendent qu'il s'agit plutôt d'une allusion à son deuxième prénom Anton, ou même d'un hommage à la personne de Anton « Toni » Schumacher (pas de lien de parenté), également gardien de but du FC Cologne dans les années 1960.

L'affaire Battiston[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 1982, à l'occasion de la demi-finale de la Coupe du monde 1982 disputée à Séville au stade Sánchez Pizjuán, Harald Schumacher percute à l'entrée de la surface de réparation, Patrick Battiston qui filait seul au but[13]. Le choc est violent: Battiston s'écroule inconscient sur le terrain. Il est évacué sur une civière et remplacé après seulement 8 minutes sur le terrain victime d'une importante commotion. Schumacher n'a pas touché le ballon et la faute est non-signalée par l’arbitre Charles Corver. Celui-ci déclarera par la suite ne pas avoir vu la faute[14] parce qu'il suivait le ballon. Son arbitre-assistant ne relèvera pas non plus la faute pensant que celle-ci fut non-intentionnelle[14]. Pour de nombreux médias[réf. nécessaire], ce geste fut considéré comme une agression volontaire[3]. L'attitude de Schumacher après l'événement, mâchant cyniquement son chewing-gum sans s'inquiéter du sort de Battiston, marquera aussi les esprits et vaudra au portier allemand, une mauvaise image[3]. Tout comme sa réponse à la fin du match à une information d'un journaliste lui disant que Battiston avait perdu deux dents où il déclare "S'il n'y a que ça, je lui paierai une couronne"[15]. Cet évènement et l'attitude affichée par le joueur ce jour-là lui vaudra le surnom de "boucher de Séville"[15]. Cette affaire prendra aussi bien d'importantes proportions en France qu'en Allemagne. En France, Schumacher sera traité de "nazi", de "SS" et recevra notamment des menaces de mort[3],[15]. En Allemagne, Schumacher sera accusé d'avoir ravivé le sentiment anti-allemand en France en présentant l'image du "méchant allemand"[15].

Schumacher déclara ne pas avoir voulu blesser Battiston et regretta ce qui est arrivé, tout en affirmant que si cela était à refaire, il le referait parce que c'était "le seul moyen d'avoir la balle"[15]. Il déclara aussi ne pas avoir cherché à prendre de nouvelles de Battiston sur l'instant pour que les choses ne dégénèrent pas[15] et que sa phrase sur le fait de lui "payer une couronne" n'était pas cynique mais révélait le fait qu'il était soulagé que cela ne soit pas plus grave[15] . Patrick Battiston déclara, lui, avoir pardonné au portier allemand[16] et ne pas vouloir revenir sur cette affaire.

Carrière[modifier | modifier le code]

Joueur[modifier | modifier le code]

Entraîneur[modifier | modifier le code]

Palmarès joueur[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Coup de sifflet, Paris, Michel Lafon éd., 1987.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://news.fr.msn.com/sport/photo/galerie.aspx?cp-documentid=150768709&page=13
  2. a et b http://www.20minutes.fr/sport/football/887299-football-harald-schumacher-regrette-patrick-battiston
  3. a, b, c, d, e, f et g http://www.letelegramme.com/sports/football/histoires-de-foot/schumacher-le-boucher-de-seville-un-homme-a-scandales-09-07-2012-1765474.php
  4. http://www.fifa.com/classicfootball/stories/doyouremember/news/newsid=676088.html
  5. http://www.rtl.fr/actualites/sport/football/article/france-rfa-mondial-82-a-seville-schumacher-et-ses-scandales-7750505037
  6. http://www.lesgrandsdebats.fr/Debats/Affaire-Armstrong-faut-il-autoriser-le-dopage-dans-le-sport/Pas-besoin-d-autoriser-le-dopage-puisqu-il-est-deja-present-sous-forme-de-medicalisation
  7. Vidéo du Match de la coupe du monde 1982 Allemagne de l'Ouest-Chili à voir sur Youtube
  8. http://www.badische-zeitung.de/schluchsee/wm-vorbereitung-82-wie-der-schluchsee-zum-schlucksee-wurde--60268034.html
  9. http://www.humanite.fr/1994-07-01_Articles_-Dopage-vingt-ans-deja
  10. Dictionnaire du dopage, Jean-Pierre de Mondenard, (ISBN 9782294007149) p. 450
  11. http://fr.fifa.com/classicfootball/stories/doyouremember/news/newsid=676062.html
  12. 8 juillet à Séville
  13. Youtube - L'affaire Battiston 1982 http://www.youtube.com/watch?v=3byTNRoxujo
  14. a et b http://www.letelegramme.com/sports/football/histoires-de-foot/l-arbitre-tout-peut-basculer-a-cause-d-une-seule-mauvaise-decision-09-07-2012-1765469.php
  15. a, b, c, d, e, f et g http://www.lefigaro.fr/sport/2012/02/26/02001-20120226ARTFIG00136-schumacher-je-ne-suis-pas-le-mechant-qu-on-decrit.php
  16. http://www.sports.fr/football/equipe-de-france/articles/battiston-schumacher-l-histoire-n-est-pas-finie-216498/

Liens externes[modifier | modifier le code]

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