Haptoglobine

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L'haptoglobine est une mucoprotéine existant dans le plasma sanguin se combinant facilement avec l'hémoglobine extra-globulaire.

Structure[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une sialoglycoprotéine synthétisée par le foie et qui migre dans la partie alpha-2-globuline dans l'électrophorèse des protides[1]. Elle est formée de deux sous unités, alpha et bêta, cette dernière étant la plus lourde. La sous-unité alpha est identique chez tous. La sous-unité bêta existe sous deux formes suivant l'allèle du gène Hp[2].

Le gène Hp, situé sur le bras long du chromosome 16, comporte deux allèles, nommées 1 et 2, formant trois types de protéines, 1-1, 1-2 et 2-2[2]. Ces protéines ne sont probablement pas équivalentes, les patients porteurs de la forme 2-2 ayant plus de complications vasculaires[3] mais ce risque semble varier suivant la présence ou l'absence d'un diabète[4], la probabilité de survenue d'accident cardiaque étant maximale en cas de coexistence de la forme 2-2 et d'un diabète[5]. la forme comportant l'allèle 1 semble plus stimuler la secrétion d'interleukine 6 et d'interleukine 10 que la forme comportant l'allèle 2[6].

La répartition des deux formes d'haptoglobine est, dans la population, de 15 % de forme 1-1, 50 % de forme 1-2 et 35 % de forme 2-2[1].

Rôle[modifier | modifier le code]

L'hémoglobine est contenue dans les hématies ou globules rouges. En cas de destruction de ces derniers (de manière physiologique ou non), le complexe hémoglobine-haptoglobine est éliminé du plasma par le système réticulo-endothélial, principalement au niveau de la rate. Ainsi le taux d'haptoglobine plasmatique libre diminue fortement en cas d'hémolyse sanguine anormale et l'effondrement de son taux est un critère pour affirmer l'origine hémolytique d'une anémie .

C'est également une protéine de la réaction inflammatoire dite lente (PRI+), c'est-à-dire qu'à long terme, en cas de réaction inflammatoire, son taux plasmatique va augmenter.

Elle a des propriétés antioxydantes en empêchant le fer de l'hémoglobine de faciliter la formation de radicaux libres[7]. Ces propriétés varient avec le type d'haptoglobine[2]. Cette dernière intervient dans la réponse inflammatoire et au stress oxydatif de la plaque d'athérome et la forme 2-2 favorise la peroxydation des lipides et l'accumulation des macrophages au sein de cette plaque[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Roberts R, Haptoglobin, the good and the bad: Is it evidence based?, J Am Coll Cardiol, 2013;61:738-740
  2. a, b et c Langlois MR, Delanghe JR, Biological and clinical significance of haptoglobin polymorphism in humans, Clin Chem, 1996;42:1589-1600
  3. Levy AP, Asleh R, Blum S et al. Haptoglobin: basic and clinical aspects, Antioxid Redox Signal, 2010;12:293-304
  4. Levy AP, Larson MG, Corey D, Lotan R, Vita JA, Benjamin EJ, Haptoglobin phenotype and prevalent coronary heart disease in the Framingham offspring cohort, Atherosclerosis, 2004;172:361-365
  5. Cahill LE, Levy AP, Chiuve SE et al. Haptoglobin genotype is a consistent marker of coronary heart disease risk among individuals with elevated glycosylated hemoglobin, J Am Coll Cardiol, 2013;61:728-737.
  6. Guetta J, Strauss M, Levy NS, Fahoum L, Levy AP Haptoglobin genotype modulates the balance of Th1/Th2 cytokines produced by macrophages exposed to free hemoglobin, Atherosclerosis, 2007;191:48-53
  7. Gutteridge JM, The antioxidant activity of haptoglobin towards haemoglobin-stimulated lipid peroxidation, Biochim Biophys Acta, 1987;917:219-223
  8. Levy AP, Levy JE, Kalet-Litman S et al. Haptoglobin genotype is a determinant of iron, lipid peroxidation, and macrophage accumulation in the atherosclerotic plaque, Arterioscler Thromb Vasc Biol, 2007;27:134-140