Hans Martin Sutermeister

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Hans Martin Sutermeister

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Photo de 1945.

Alias
Hans Moehrlen
Naissance 29 septembre 1907
Schlossrued
Décès 5 mai 1977 (à 69 ans)
Bâle
Nationalité suisse
Pays de résidence Suisse
Diplôme
Profession médecin général
Activité principale médecin et écrivain spécialisé (psychologie de la musique)
Autres activités
défense de victimes d’erreurs judiciaires, compositeur de deux petites valses
Ascendants
Frédéric Sutermeister (père), Otto Sutermeister (grand-père), Christophe Moehrlen (arrière-grand-père)
Famille

Hans Martin Sutermeister, né le 29 septembre 1907 à Schlossrued et mort à Bâle le 5 mai 1977, était un médecin et écrivain spécialisé suisse connu pour ses œuvres sur la psychologie de la musique et comme défenseur de victimes d’erreurs judiciaires. Sous le pseudonyme de Hans Moehrlen (en allemand: Hans Möhrlen), il a publié une nouvelle autobiographique (Entre deux mondes) et deux petites valses.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hans Martin Sutermeister était le fils du chrétien socialiste Frédéric Sutermeister, petit-fils de l’écrivain populaire Otto Sutermeister et le frère du compositeur Heinrich Sutermeister. Il apprend tôt à jouer du violon; en 1926, il passa l’examen du baccalauréat au Gymnase humaniste de Bâle. Puis, il commence des études de théologie, mais change ses études pour la médecine. Son frère Adrien, médecin à Binningen, mourut en 1931 à l'âgé de 27 ans lors d'un séjour à Arosa; des bergers ont retrouvé son cadavre dans la neige; il ne portait aucune trace de blessure, et on supposait « que la victime se sera endormie et aura gelé »[1]. La famille fut choquée, surtout le père qui ne se récupérera jamais et mourut en 1934; Sutermeister intellectualisera cette expérience dans sa nouvelle autobiographique Entre deux mondes qu'il publia en 1942. Pendant les années 1930, il prend des cours intensifs à l’Académie de Musique de Bâle[2]. En 1941 il a reçu le diplôme de Docteur en médecine à l’Université de Bâle, avec un travail sur la loi suisse sur la tuberculose. Le même an, il publia, sous le pseudonyme Hans Moehrlen, une petite autobiographie intitulé Entre deux mondes dans laquelle il consacre des paragraphes remarquables au genre de musique du Jazz[3] et où il assume une position de libre-penseur.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il a travaillé avec l'Administration des Nations Unies pour le Secours et la Reconstruction (UNRRA), l'aide aux réfugiés à la frontière suisse. En 1949 il publie ses deux petites valses, une pour piano, l’autre pour piano et violon[4]. Pendant ces années, il commence à donner des cours de psychophysiologie à l'Université populaire de Berne. Son thème préféré est la psychologie de la musique sur lequel il publie les travaux cientifiques Über Farben– und Musiktherapie, Psychophysische Wirkungen der Musik ainsi que Das Rätsel um Robert Schumanns Krankheit[5].

La petite valse pour piano de 1949.

Erreurs judiciaires[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 il s'est intéressé à la médecine légale, et s'est impliqué dans le cas de Pierre Jaccoud, un avocat suisse. Afin de prouver que Jaccoud avait été condamné à tort pour le meurtre de Charles Zumbach, Sutermeister a effectué ses propres recherches en la matière. Un de ses principaux arguments s'est basé en que Pierre Hegg, directeur du laboratoire de police scientifique de Genève, et criminologue responsable pour le cas, aurait confondu le sang de la victime avec du sang animal. Par la suite, Hegg avait intenté une action judiciaire contre Sutermeister, mais sans succès[6]. Malgré les efforts de Sutermeister, l'affaire n'a jamais été rouverte.

Détails[modifier | modifier le code]

Dans le journal « La Suisse », Sutermeister, qui à l'époque vivait à Berne, publia une lettre en été 1960 révélant des constatations provocatoires sur le procès contre Pierre Jaccoud, notamment sur les expertises médico-légales. De l'avis de Sutermeister, de graves erreurs auraient été commises et sa lettre se termina comme suit: « Je suis un homme paisible. Mais après la lecture des expertises médicales dans le procès Jaccoud, je n'ai plus eu la conscience tranquille »[7],[8].

Dans une interview accordée à la Tribune de Lausanne, Sutermeister déclara apporter des faits nouveaux qui tendraient à prouver que Pierre Jaccoud n'était pas coupable du meurtre de Charles Zumbach. S'en prenant aux accusations portées contre lui par l'avocat de Zumbach, Yves Maître, suivant lesquelles ses tentatives d'obtenir une révision du procès Jaccoud ne seraient fondées que sur des faits imaginaires, Sutermeister précisa que[9]

Me Yves Maître m'attaque personnellement en raison des questions pénibles — mais bien précises — que j'ai posées. Selon lui, M. X., Suisse d'Espagne, n'existe que dans mon imagination, « dans l'imagination vraiment débordante du très honorable médecin bernois », dit-il.
C'est là un propos diffamant à mon égard. Ceci m'incite à sortir d'une certaine réserve et à dire ce qui, actuellement, me semble, pouvoir être dit sans porter préjudice à Pierre Jaccoud. D'autre part, chacun jugera de l'attitude du procureur qui, en possession de tout le matériel résultant de nos recherches, déclare à la presse qu'il attend que le témoin, M. X., vienne se présenter à lui.
Notre informateur est celui-là même qui a conduit M. X. chez M. Zumbach, deux jours avant le crime. U fit la connaissance de son étrange passager chez les amis. Le « Suisse d'Espagne », donc, lui dit qu'il avait l'intention d'acheter la villa Zumbach, et le pria de le conduire en voiture à Plan-les-Ouates. Bien qu'élégamment vêtu, M. X. manquait d'argent. Notre informateur lui prêta une petite somme d'argent et l'invita à passer la nuit chez lui. M. X. portait un manteau gabardine. Il était aussi en possession d'une serviette dont il ne se sépara jamais.[9]

Sous le sous-titre Grosse activité le jour du crime L'Impartial continua: Le lendemain, M. X., eut, durant toute la journée, de multiples entretiens téléphoniques : le 1er mai 1960, jour du crime, M. X. pria notre informateur de le transporter une fois encore à Plan-les-Ouates où, disait-il, il avait rendez-vous, entre 20 h. 30 et 21 heures, avec M. Zumbach. Il lui disait encore, ce soir qu'il partirait dans la nuit pour le Valais, chez son frère. Notre informateur ne fut pas peu étonné de rencontrer M. X., le lendemain matin, sortant du bureau postal de Plan-les-Ouates. Notre informateur, à la demande de M. X., conduisit ce dernier en ville. Avant de se séparer, les deux hommes s'installèrent quelques instants à une table de café. Le premier tendit alors à M. X., un journal faisant mention du crime de Plan-les-Ouates. Voilà lui dit-il, il vous sera désormais plus facile d'acquérir la villa[9].

Sous le sous-titre Comportement bizarre L'Impartial continua sur le cas; paraphraséant les mots de Sutermeister: «Mais M. X. eut un comportement bizarre, en ce sens qu'il ne réagit pas, qu'il sembla ne pas s'intéresser du tout à la nouvelle.» L' informateur de Sutermeister se souviendrait que son étrange interlocuteur partit alors précipitamment. M. X., Suisse d'Espagne, habitait toujours la banlieue genevoise. Sutermeister déclara:

Nous avons usé de beaucoup de patience et de ruse pour retrouver son adresse. La police des habitants ignore tout de M. X. parce que M. X. ne lui a jamais signalé son domicile à Genève — ou plus exactement, dans une commune de la banlieue — il vit à 100 mètres de la frontière française.

Et Sutermeister termina en demandant aux lecteurs: «La police genevoise estime-t-elle toujours ne pas devoir interroger ce témoin qui avait rendez-vous avec M. Zumbach une heure avant son assassinat ? Un tel témoignage — dont le procès a tout ignoré — ne justifieraitil pas, à lui seul, une revision du procès ? »[9]

Dans une lettre envoyée à L'Express, Jean-Martin Sutermeister déclara apporter les faits nouveaux tendant à permettre, selon lui, la révision du procès Jaccoud. Prenant position contre les accusations portées contre lui par l'avocat de la partie civile, Yves Maître, Sutermeister tint à préciser : « Me Yve Maître m'a attaqué en raison des questions que j'avais posées. Selon lui, M. X., Suisse d'Espagne, n'existe que dans l'imagination débordante du très honorable médeci n bernois. » Le Dr Sutermeister précise dès lors qu'un de ses informateurs prêt à témoigner rencontra, quel ques jours avant le meurtre de M. Zumbach, un ancien camarade d'école qui l'invita ' à boire quel que chose chez une de ses amies. C'est là qu’il rencontra M. X., le Suisse d'Espagne. Ce" dernier lui raconta qu'il devait aller chez M. Zumbach pour acheter sa villa ct il demanda au témoin du Dr S. de le conduire à Plan-les-Ouates. Comme il se trouvait sans argent, bien qu’élégamment vêtu, le témoin lui en prêta et le logea chez lui. Il se rappelle que M. X. avait une serviette dont il ne se séparait jamais et qu’il portait un manteau de gabardfine. Le 1er mai, jour du crime, M. X. demanda toujours au témoin dont parle le Dr S. de le conduire à Plan-les-Ouates où il avait rendez-vous avec M. Zumbach vers 20h30 - 21 heures. Le témoin n'ayant que peu de temps le déposa à Carouge. M. X. l'avait quitté en lui disant qu’il devait se rendre le lendemain en Valais chez son frère. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant X. le 2 mai sortant de la poste de Plan-les-Ouates où il redemanda de le conduire en ville. Tous deux prirent une boisson à la terrasse d'un café où le témoin lui montra un journal dans lequel se trouvait le compte rendu du crime. Il lui dit : <_ Voilà, vous pouvez acheter plus facilement la mainson » ! Mais M. X. ne broncha pas, il ne s'intéressait à rien puis il parti t précipitamment. Grâce à beaucoup de zèle et de ruse, il nous f u t permis, poursuit le Dr S., de retrouver sa trace. X. habite dans la banlieue de Genève, sans s'être annoncé au contrôle des habitants, et l'on ne sait pas de quoi il vit.. La police prétend qu'il n existe pas, « mais je l'ai photographié récemment. » — Nous posons encore une foi s notre question, conclut Hans Martin Sutermeister : « la police de Genève n'estime-t-elle pas nécessaire d'entendre ce client de M. Zumbach, qui était attendu par ce dernier une heure avant le crime ? Est-ce qu'un tel témoignage, qui a été oublié lors du procès, ne justifierait-il pas une revision du dit procès ». »[10]

« Le Dr Sutermeister maintenant ses dires, avant même que les intéressés aient pris éventuellement la décision de demander la revision du procès Jaccoud, au sujet d'un mystérieux «Monsieur X» qui aurait eu un rendez-vous avec M. Zumbach une heure avant son assassinat, on s'en émeut dans la population genevoise. On y juge, d'ailleurs, assez surprenante cette manière de paraître faire, à lui seul, la révision du procès Jaccoud, alors que des démentis lui ont déjà été apportés et que le professeur et expert Muller, de Lille, au nom duquel il avait annoncé qu'il prendrait la parole au Congrès de Graz, a fait savoir qu'il ne l'en avait nullement mandaté. Quoi qu'il en soit, on voudrait aujourd'hui que la justice mette fin promptement à ce qui pourrait évidemment finir par jeter un grand trouble dans la population, en prenant rapidement le parti d'entendre le Dr Sutermeister, son informateur et le «Monsieur X», qui habite, d'après le docteur, la banlieue genevoise. Ed. B.»[11]

Sutermeister (à droite) et Roger Le Breton discutent le cas Jaccoud, Paris, novembre 1960.

« Dans un article sur les possibilités d'une révision du procès Jaccoud, la «Tribune de Lausanne» déclare notamment: « L'informateur de Dr Sutermeister, l'entrepreneur de taxis genevois, a formellement reconnu Monsieur X. comme étant l'homme qu'il avait conduit, le soir du crime à Plan-les-Ouates. » Cette identification a été faite, sur la base de photos de Monsieur X. prises, à l'insu de ce dernier, au cours de ces derniers jours. » D'autre part . Me Raymond Nicolet, un des avocals de Pierre Jaccoud, se serait refusé à toute déclaration au sujet des tentatives faites par Sutermeister pour qu'une révision du procès soit ordonnée, se contentant de dire que Sutermeister n'est pas en contact avec la défense. Et le journal continue avec le sous-titre Un nom est avancé: Selon la « Nouvelle Revue de Lausanne », Me Nicolet, défenseur de Pierre Jaccoud, aurait déclaré que les recherches de Hans Martin Sutermeister seraient « étrangères à la défense ». Dans «Paris-Jours», Henri de Stadelhofen donne le nom du mystérieux Monsieur X. ; il s'agirait de M. Jérémie Dayer. Il habite Hermance, à 14 km. de Genève. C'est un homme assez grand, légèrement voûté. . . Si le chauffeur de taxi a si longtemps hésité à donner son témoignage, c'est par crainte de représailles. Selon le « Figaro » d'hier, la police ne paraît pas attacher beaucoup d'importance à ce fait nouveau. Un homme correspondant au signalement de M. Dayer existerait bien à Hermance, où il vit discrètement. Mais il aurait déjà pu prouver qu'il n'était pas dans la région à l'époque du crime, dit la police genevoise. Le journal continue sous le titre Deux détectives amateurs: À propos de ce personnage, France-Soir donnait quelques détails et écrit notamment : Un nouveau personnage a fait son apparition dans l'affaire Jaccoud: il exerce un métier insolite et pittoresque (importateur de reines d'abeilles) et il est mystérieux à souhait, deux particularités propres à renforcer l'attention que lui portent les amis de l'ancien bâtonnier Jaccoud. Mais son rôle dépassera-t-il celui d'un personnage épisodique ? Ne disparaîtra-t-il pas de la scène aussi vite que cet autre personnage également révélé par les amis de Pierre Jaccoud, qui était venu affirmer au procès avoir téléphoné au bâtonnier à l'heure du crime et dont le témoignage avait sombré dans le ridicule ? Deux thèses s'affrontaint. Pour les amis de Pierre Jaccoud, il fut le personnage-clé de l'affaire. S'il parlait, il pourrait innocenter l'ancien bâtonnier. Pour la justice et pour les policiers qui avaient effectué l'enquête sur la mort de Charles Zumbach, il n'a joué aucun rôle dans le crime et la révélation de son existence rie constitue par un « fait nouveau » pouvant justifier une reprise du procès. Les amis de Jaccoud — tenants de la première thèse — sont essentiellement Hans Martin Sutermeister et une infirmière, Mlle Mathilde Hirsbrunner. Le journal L'Impartial les décrit comme «Personnages eux-mêmes pittoresques»[12]:

le Dr Sutermeister, passionné d'énigmes policières, consacre ses loisirs à des enquêtes privées sur les causes célèbres ; Mlle Hirsbrunner, qui éprouve la même passion que le médecin pour le mystère, écrit actuellement un ouvrage de plus de 20 pages sur le cas Jaccoud.[12]

Le Journal L'Impartial suit sous le titre Nouvelle hypothèse: «L'un et l'autre exposent les faits suivants : Le soir même du verdict condamnant Pierre Jaccoud à 7 ans de réclusion, un camionneur du nom de Destraz téléphonait à l'un des avocats de l'accusé, Me Nicolet. Il lui révélait qu'à plusieurs reprises, il avait transporté à Plan-les-Ouates, à l'époque du crime, un homme qui lui avait dit connaître M. Charles Zumbach. Selon lui, l'homme s'était rendu une première fois chez M. Zumbach le 28 avril 1958, deux jours avant le crime. Il y était retourné le soir du crime, le 1er mai. Il avait alors confie au camionneur « avoir rendez-vous avec M. Zumbach pour l'achat de sa villa ». L'homme, enfin, était encore à Plan-les-Ouates le matin du 2 mai[12].

Cet homme, ce serait le «Jérémie» dont parle « Paris-Jour » et dont le Dr Sutermeister aurait révélé le nom. En fait il est beaucoup plus athlétique que l'ancien bâtonnier (le Dr Sutermeister prétendait qu'il a la même silhouette que lui). Une seule fois il s'est départi de son allure mystérieuse. Dans un café du village, Jérémie Dayer a confié[12]:

J'ai pu prouver que je n'étais pas à Genève le jour du crime.[12]

Comme le journal L'Impartial suit, Dayer ne voulait pas «en dire davantage. Cette demi-confidence signifie-t-elle qu'il a déjà été entendu par la police ? Les policiers sont aussi mystérieux que lui. Mais l'assurance avec laquelle ils affirment que son existence ne constitue pas un fait nouveau laisse supposer qu'ils ont fait une enquête à son sujet. Voilà quelques semaines, peu après les révélations du camionneur Destraz, M. Jérémie Dayer avait reçu une convocation pour se rendre à l'hôtel de ville. Si, d'aventure, il avait besoin d'être défendu, ce qui n'est nullement le cas puisqu'il n'est pas accusé ni même soupçonné de rien, sauf par les amis de Pierre Jaccoud, il trouverait tout de suite un avocat : Me Yves Maître, l'avocat de la famille Zumbach (partie civile au procès). D'un revers de manche, Me Maître a écarté la piste Jérémie[12].

L'enquête menée par la police genevoise au lendemain du drame de Plan-les-Ouates, aurait permis d'établir parfaitement l'emploi du temps de M. Charles Zumbach les 30 avril et 1er mai (la veille et le jour même du crime) et n'avait laissé aucune place à d'éventuelles entrevues avec le personnage dont il s'agit. Ce qui rejoint, en somme, les déclarations de Me Nicolet. Ainsi, pour le moment tout au moins, aucun élément nouveau ne justifierait la révision du procès Jaccoud. »[12]

« Après avoir passé la journée à l'hôtel de police, M. Robert D., le «chauffeur» de M. «X», nous a fait des déclarations sur l'échec de la confrontation qu'il aurait dû avoir avec celui-ci. [...] M. Robert D. passa toute la journée à l'hôtel de police, à attendre que «X» se présente ou qu'on le trouve. Durant les longues heures qu'il passa dans les locaux de la sûreté, il confirma les déclarations qu'il avait faites précédemment, soit au Dr Sutermeister, soit à la presse. »[13]

Et un correspondant de Genève écrivit: Cette fois-ci, ce n'est plus par la personne interposée du Dr Sutermeister — étrange cheminement — que les « renseignements nouveaux » au sujet du crime commis le 1er mal 1958 à Plan-les-Ouates parviennent aux enquêteurs. La police de sûreté genevoise s'est décidée durant le week-end à protocoler les tardives déclarations de M. Robert D., entrepreneur de transports à Bardonnex. Elles apparaissent un peu moins fumeuses que lorsqu'elles étaient transmises à la presse à travers l'écran du médecin bernois qui se passionne pour ce qu’il croit être une nouvelle version du meurtre de M. Charles Zumbach. Hâtons-nous de préciser que, même si les allégations de M. Robert D. pouvaient être vérifiées, et si elles mettaient en cause un Suisse rentré d'Espagne au printemps 1958, M. Jérémie D. (le mystérieux M. « X » ), rien ne dit que ce que cet homme cherche peut-être à cacher soit en rapport avec la mort violente de M. Zumbach. Pour expliquer qu'il ait attendu le verdict condamnant Pierre Jaccoud avant de parler, Robert D. affirme qu'il craignait d'avoir des ennuis. Ces jours mêmes, tl reçoit des téléphones de menaces. Or, que prétend Robert D. dans les déposit ions qu'il a faites samedi 1 Qu'il a connu Jérémie D. à fin avril 1958, qu'il l'a hébergé chez lui, à Bardonnex, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, qu'il s'est rendu avec lui en divers endroits le 1er mai. Qu'au début de fci soirée de ce jour-là, il l'a déposé nu <rondeau de Carouge. Il n'a cependant pas déclaré qu'il l'avait conduit oe soir-là, ni aucun aratre, à Plain-les-Ouates : mi, semble-t-il, que Jérémie D. lui ait parlé de M. Zumbach, d'une visite quMil avait à lui rendre, d'une tractation immobil ière qu'il envisageait. 11 a été question d'urne soirée passée chez un fonctionnaire des douanes d'Hermainoe par les deux « D » . Mais cela n'indique pas encore quel lien pourrait relier le Suisse rentré d'Espagne à la victime de l'assassinat que l'on sait. Certes, il est devenu souhaitable maintenant que Jérémie D., qui se dit calomnié par ces bruits, soit entendu à son tour. Il a dit avoir passé la période critique en Suisse alémanique et que l'on pourrait aisément retrouver la trace de son passage dans un hôtel de Zurich la nuit du 30 avril au 1er mai. Il ne conteste apparemment pas avoir fait la connaissance du transporteur de Bardonnex. Le seul motif qu'il aurait eu nu printemps 1958 de se rendre à Plan4es-Ouates, c'est selon lui le souci de rendre à un habitant de cette localité un parapluie emprunté un on auparavant... Curieux... Or, M. Jérémie D. a justement choisi le jour où M. Robert D. était officiellement interrogé pour partir en vacances. R devrait avoir hâte pourtant de se justifier, alors qu'il a envoyé au palais de justice une simple carte postale, sans indiquer son changement d'adresse. Notons que les défenseurs du condamné Pierre Jaccoud paraissent rester rnaotifs au moment où l'on parle à tort et à travers d'« événements » qui, s'ils étaient établis, pourraient profiter à leur client et amener une révision du procès Jaccoud. On Imagine bien que les avocats, depuis février qu'ils connaissent ces racontars, n'auraient pas attendu la polémique lancée par le Dr Sutermeister pour utiliser les prétendus « faits nouveaux » s*iis avaient quelque fondement. Sains doute, ne sont-ils pas mécontents qu'on se soit mis à « amuser le tapis » t mais s'il y avait des éléments de preuve dans les allégations portées ces jours derniers par voie détournée à la connaissance du public, on doit tenir pour certain qu'ils se seraient hâtés d'en tirer argument[14].

La «Tribune de Genève» publie également une lettre du Dr Sutermeister, qui fut le premier à communiquer à la presse une partie des déclarations de Robert Detraz. Dans cette lettre, le Dr Sutermeister dit: «N'avez-vous toujours pas compris qu'il s'agit d'une affaire hautement politique? Jaccoud aurait pu devenir chef radical du département de justice et police, et il envisageait des réformes sévères. C'est surtout pour ça qu'on voulait se débarrasser de lui, et on a profité de la circonstance pour l'achever. Vous avez tort de défendre la cause de l'extrème-gauche. Si la révision réussit, notre parti va, si possible, mettre Jaccoud à la tête du département de la police et il y aura probablement plus d'ordre dans ce domaine à Genève»[15].

Pierre Jaccoud, condamné faussement pour meurtre.

« Ce qui prend l'allure d'une joute entre le transporteur Robert I). et le Dr Sutermeister d'un côté et Jérémie D., de l'autre, est apparue hier au grand jour. Jérémie D. et le Dr Sutermeister ont envoy é chacun une lettre à notre confrère « La Tribune cle Genève » dans lesquelles ils expliquent leur point cle vue. Pour sa part, le médecin-détective considère qu'on manque de « flair politique » dans cette affaire. « N'àvez-vous toujours pas compris, écrit-il, qu’il s'agit d'une affaire hautement politique ?» On s'interroge... Le médecin bernois explique que Jaccoud devait devenir chef du département de justice et police du canton de Genève et que, parce qu'il envisageait des réformes sévères, on a « profité de la circonstance pour l'achever. » En bon descendant de Leurs Excellences de Berne, le Dr Sutermeister conclut qu'il y aura plus d'ordre dans ce domaine à Genève, lorsque le parti radical, après la révision du procès, aura mis Jaccoud à la tête du département de justice et police. Quand le médecin-détective se plaint que le procureur général n'a pas donné suite à sa requête cle pouvoir examiner les cellules hé pati ques qui ont fait l'objet des expertises, on n'a pas de peine à comprendre la réserve du parquet. Quant à Jeremie D., il exp li que qu il a quitté son domicile pour que sa logeuse échappe aux assiduités des reporters. Il précise qu'aucune convocation de la police ne l'a atteint le 29 juillet, veille de son départ. Le reste de sa lettre contient un certain nombre de propos peu aimables à l'adresse de celui que M. « X. » qualifie de « vedette du mensonge » et de phénomène des fausses nouvelles. » En d'autres termes, Jérémie D. accuse Robert D. d'avoir « retourné son char » lorsqu’il se rendit compte que la famille Zumbach ne donnait aucun crédit à ses propos. Il reste donc à savoir, maintenant, qui raconte des blagues, à savoir si cette affaire ne serait pas réellement l'épilogue d'une jalousie ou d'une dispute entre les deux « D. ». »[16]

« La police a entendu hier plusieurs témoins mêlés au « rebondissement » de l'affaire Jaccoud. Malheureusement, elle n’a pas pu encore interroger le fonctionnaire fédéral chez lequel Robert D. et Jérémie D. avaient passé la soirée du 30 juin . Malheureusement aussi, deux ans se sont écoulés depuis les faits allégués tant par le transporteur que par M. « X » . Aussi est-il assez difficile de vérifier toutes les dates, comme il serait souhaitable. Pour sa part, Jérémie D. ne semble pas être trop troublé par le bruit que l'on fait autour de sa personne. Il continue ses affaires . Il y a quelques jours, il commandait, à une agence de voyage de Suisse, trente-deux chambres pour des clients d'Espagne. Quant à Robert D., il n'a pas voulu que seuls ses antagonistes, le Dr Sutermeister et Jérémie D., aient l'hospitalité des colonnes de la « Tribune de G¦enève . Il a, lui aussi, pris la plume pour contester l'authenticité de la lettre de M. « X » . Il a expliqué, en outre, que s'il n'avait fait aucune révélation au moment du crime et du procès, c'est qu’il sortait de maladie, qu’il était en convalescence après une immobilisation de deux ans, et que sa situation financière était très précaire. Les « tournées de café » avec Jérémie D. n’avaient pas d'autre but que de trouver une solution à cette situation financière mauvaise. On s'explique donc son silence à cette époque. La police poursuivant son enquête, on ne saurait rester longtemps sans connaître l'épilogue de ce curieux second épisode d'une affaire jugée depuis plusieurs mois déjà. G. S. »[17]

« Ce que l'on a appelé le procès du siècle qui a passionné la presse mondiale et n'a pas fini de faire couler de l'encre vient de prendre un nouveau départ. [...] Puis ce fut la déclaration retentissante du Dr Sutermeister - fondée sur les dires d'un chauffeur de taxi, Robert D. - qui révéla l'existence de Jérémie D. Celui-ci aurait été le dernier à se rendre auprès de Charles Zumbach. [...] Depuis ce mystérieux départ, différentes personnes - notamment le Dr Sutermeister et Robert D. - ont reçu des lettres et des téléphones anonymes. En ce qui concerne les lettres qui portent pour signature « des amis écœurés » il est possible d'affirmer qu'elles ont été écrites par Jérémie lui-même. Pour ce qui est de l'appel téléphonique, le Dr Sutermeister a déclaré qu'il s'agissait d'une voix à l'accent méridional.»[18]

« La confrontation entre le chauffeur de taxi et le mystérieux «M. X.» de l'affaire Jaccoud... le pseudo rebondissement de l'affaire Jaccoud est survenu à pic pour alimenter une actualité estivale assez maigre. Non seulement à Genève, mais à l'étranger et notamment en France. On peut bien dire que les journaux ont tiré le maximum d'une confusion de dates et de « coïncidences » qu'on s'est complu d'emblée à forcer dans le sens qui permettait le mieux de semer le doute sur l'équité du verdict rendu à la suite du crime de Plan-les-Ouates et du procès au cours duquel fut condamné l'ex-bâtonnier Pierre Jaccoud. Après des semaines de déclarations publiques, de suppositions émises bien à la légère, ... il n'y a pas d'élément nouveau qui puisse remettre en question le verdict prononcé en février par la Cour d'Assises. Pas de relation avec le crime: C'est incontestablement a tort qu'on a mis en relation avec le drame survenu le 1er mai 1958 au chemin des Voirets, la persistante et tardive contestation survenue après le jugement de celui que la Cour et le jury ont reconnu coupable, entre un transporteur domicilié à Bardonnex, M. Robert Détraz, et un Suisse qui était rentré d'Espagne au printemps 1958, Jérémie Dayer. De quoi s'agit-il en réalité ? D'une histoire dont la véracité était d'emblée suspecte parce que celui qui 'a racontée a attendu deux ans avant de faire une première allusion. Sans mettre en doute la bonne foi de M. Robert D., on imagine bien qu'il y avait des risques que sa mémoire le trahisse et laisse un battement de quelques jours ou de quelques semaines entre les faits réels et la date où ce « témoin a posteriori » croyait pouvoir les fixer. Ces faits (on va voir qu'ils se résument à peu de chose et qu'ils n'ont en définitive aucun rapport avec Charles Zumbach) ont été portés à la connaissance du public par un médecin bernois, Dr Sutermeister, qui paraît animé du désir de fournir une autre version du crime que celle que l'instruction et les débats du procès Jaccoud ont retenue après les minutieuses vérifications que l'on sait. S'exprimant de surcroit en un français qui n'est pas sa langue maternelle, le Dr Sutermeister peut fort bien n'avoir d'ailleurs pas échafaudé tous les détails qu'on lui a attribués au moment où l'on rendait compte des révélations qu'il disait tenir de Robert D. Des déclarations, bien tardives ! Ce dernier a maintenant été interrogé officiellement par la police et ses déclarations ont été vérifiées. Ce qui en reste se résume à peu de chose et ne pourrait être mis en corrélation avec la mort brutale de M. Charles Zumbach que si l'on était absolument sûr des dates. Robert D., en effet, situait au dernier jour d'avril et aux deux premiers jours de mai 1958 les contacts qu'il a indiscutablement eus avec M. Jérémie D. Il y a deux ans et trois mois, le premier a certainement fait la connaissance du second, il l'a logé chez lui à Bardonnex une nuit, il l'a conduit en voiture en divers points de la ville et de la campagne genevoise. Il a pu donner quelques précisions sur ces faits et gestes qui, à la réflexion, lui avaient paru suspects. Il croyait notamment avoir déposé Jérémie Dayer le 1er mai 1958 vers 20 h. 30 au Rondeau de Carouge, soit à quelques kilomètres à peine du dit chemin des Voirets. Il a dit avoir entendu son hôte parler d'une course à faire à Plan-les-Ouates mais non pas — il l'a clairement dit aux enquêteurs la semaine dernière — d'une visite à M. Charles Zumbach, dont il n'a jamais été question dans leurs conversations. M. Robert D. avait beaucoup attendu pour parler. Mais à la fin il avait parlé et s'était prêté à l'audition pour laquelle les inspecteurs l'avaient convoqué. Jérémie Dayer n'est pour rien dans le drame De son côté, M. Jérémie D., jusqu'au dernier week-end, semblait peu désireux de comparaître devant des enquêteurs. Il avait fait connaître son point de vue en accordant des interviews aux jo urnaux ou en écrivant à la police. Mais le jour même où il était cité à comparaître, il était parti en vacances sans indiquer son changement d'adresse C'est cette attitude qui a prolongé et aggravé le léger doute qui pouvait subsister sur la parfaite tranquillité de sa conscience. On peut avoir envie d'éviter les contacts avec des policiers et pour autant n'avoir rien à se reprocher. En tout cas rien qui soit en rapport, même indirect, avec un assassinat. M. Jérémie D., contre lequel il n'y avait pas lieu de décerner un mandat, a ainsi prolongé d'une semaine le fragile espoir de ceux qui escomptaient une relance de la procédure et entrevoyaient déjà pour ces seuls motifs la révision du procès Jaccoud. Son départ apparemment impromptu pour une destination non mentionnée en a été la cause. Maintenant, M. Jérémie D., — qui explique s'être ainsi esquivé pour éviter à sa logeuse d'Hermance les importunes visites et questions des journalistes — a été interpellé en Valais où il se trouvait. Il a été à son tour duement interrogé par des enquêteurs de la Sûreté genevoise. Il ressort de la confrontation de sa thèse avec celle de son contradicteur qu’un grand malentendu repose sur une question de dates. Il reconnaît sans aucune difficulté avoir rencontré M. Robert D. et avoir été hébergé par lui. Il ne nie pas avoir eu affaire à l'époque dans la région de Plan-les-Ouates. Il dit que c'était pour y rapporter un parapluie qu'une personne de cette localité lui avait prêté. Mais ce qui est essentiel dans sa déposition, c'est qu'il situe expressément ses allées et venues à une période quel que peu postérieure à celle du crime et qu'il paraît être en mesure de prouver que ce n'est pas le 1er mai 1958 qu'il a été conduit par M. Robert D. notamment dans un café des Eaux-Vives et au Rondeau de Carouge. Des vérifications et témoignages que recueillent les enquêteurs, il semble bien en effet — même si M. Robert D. n'a mis aucune malveillance dans ses propos - que les «deux D.» ont bel et bien été en rapport il y a vingt-sept mois, mais selon toute vraisemblance un peu plus tard que le 1er mai. Si les ultimes recoupements confirment cette hypothèse, toute cette longue contestation n'aura donc eu strictement aucun effet sur l'éclairage du trop célèbre drame. On notera au surplus que les défenseurs de Pierre Jaccoud ont connu les allégations de M. Robert D. dès le lendemain du verdict et qu’ils ne s'en sont pas servis. Cela seul confirmerait notre conviction qu’avec ou sans arrière-pensées de jeter le trouble dans les esprits, on a réussi à faire beaucoup de bruit pour rien. A. R. »[19]

« D'après le Dr Hans Sutermeister, de Berne, qui s'est attaché à démolir tous les arguments de l'accusation dans le procès Jaccoud, celui-ci serait libéré avant Noël. »[20]

« Au cours du Congrès de savants qui [se déroulait] du 12 au 14 octobre [à Graz], [...] Sutermeister qui s'est mis en tête de réhabiliter Pierre Jaccoud, [était chargé] de présenter, en son nom, six contre-accusations. Conclusion du Dr Sutermeister ou [...] du professeur Le Breton: il n'est nullement prouvé que les traces de sang relevées dans l'affaire Jaccoud soient celles de M. Zumbach la victime: « Un tel échec des expertises impliquerait à n'importe quel tribunal suisse ou étranger, une révision du procès immédiate. » Et la « défense médicale » qui n'[était] donc pas celle des avocats conclut à une enquête disciplinaire sur la grave négligence dont seraient entachées les expertises Pierre Hegg-Naville. »[21]

À « Graz, au congrès de la Société allemande de médecine sociale et judiciaire, plusieurs rapports ont été présentes concernant les expertises dans l'affaire Jaccoud. Le docteur Sutermeister a déclaré que M. Hegg, directeur du laboratoire de police scientifique de Genève, s'est plaint d'avoir été diffamé parce que les recherches préliminaires et ses rapports ont été critiqués. Le docteur Sutermeister a encore affirmé que des erreurs s'étaient produites dans la traduction des rapports d'experts. Il a été dit au congrès que l'existence de cellules de foie sur le poignard est contestable. Des essais de coup auraient été opérés sur le corps de la victime à l'aide de ce poignard et il n'est pas exclu que oes cellules proviennent de ces essais. M. Hegg a immédiatement rétorqué en déclarant que le poignard a été découvert un mois et demi après le crime et que, à cette époque, la première autopsie était terminée. C'est avec une réplique du poignard de Jaccoud que la contre-expertise a été exécutée. M. Hegg a protesté contre ce qui a été dit au congrès de Graz. II a notamment introduit une action en justice contre le journal «Zürcher Woche», à Zurich et contre toutes lies personnes qui ont attaqué les méthodes de travail qu'il a utilisées. S'il y avait des erreurs, selon M. Hegg, elles auraient été découvertes au cours du procès. »[22] Les rapports présentés à Graz allaient « orienter l'affaire Jaccoud dans une nouvelle phase. Les savants qui ont pris position en faveur d'une thèse scientifique favorable au condamné [iraient] manifester leur avis et déclencher une nouvelle controverse. »[22]

Le pitaval contre les erreurs judiciaires publié par Sutermeister en 1976.

Sutermeister, qui prétendait « depuis deux ans pouvoir arriver à prouver l'innocence de Pierre Jaccoud », disait encore en été 1961 « connaître le nom du véritable criminel de Plan-les-Ouates », et des « confrères français sembl[ai]ent prêts à se lancer sur la piste que le docteur bernois signal[ait] comme conduisant […] à la « Main rouge » . »[23] D'après Sutermeister, « Pierre Jaccoud aurait représenté les intérêts de [l'avocat zurichois Paul Stauffer après l'arraisonnement par la marine française, d'un cargo yougoslave transportant des armes destinées au FLN[23]. Et ce serait dès lors la « Main rouge » qui, en corrélation avec cette affaire, aurait liquidé Stauffer et commis également le crime de Plan-les-Ouates. Or, des proches de Pierre Jaccoud se montr[ai]ent fort surpris de si étonnantes révélations, d'autant plus surprenantes en effet qu'ils peuvent déclarer que celui-ci n’a jamais eu à s'occuper comme avocat au conflit d'Algérie et qu'il n'a pas davantage défendu les intérêts de Paul Stauffer[23]. La police zurichoise fut par la suite « aux trousses de deux ingénieurs qui faisaient partie de la société dirigée par Stauffer et qui auraient été mêlés en 1958 à une affaire de trafic d'armes. L'un des ingénieurs vivait sous une double identité. Les deux hommes auraient brusquement disparu quelques heures après le meurtre de Stauffer. »[23]

Malgré les efforts de Sutermeister, l'affaire n'a jamais été rouverte[24]. Sur tous les cas d'erreurs judiciaires sur lesquels il travailla, Sutermeister publia en 1976 son œuvre Summa iniuria: un pitaval des erreurs judiciaires, de 800 pages[25].

Politique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, il a rejoint l'Alliance des Indépendants, et a servi en tant que membre de ce parti dans le parlement municipal de Berne de 1967 à 1971, ainsi que "directeur des écoles" de Berne[26]. Pendant ce temps, il était un farouche critique du petit livre rouge des écoliers et lycéens, qui préconisait la remise en cause des normes de la société par les jeunes de l'époque.

Détails[modifier | modifier le code]

Élection controverse au Conseil municipal de Berne[modifier | modifier le code]

« Alors que dans la majorité des cantons on a retiré les urnes jusqu'au printemps prochain, les Bernois de la capitale vont affronter le 10 décembre les élections municipales et communales. On pensait que la désignation des conseillers communaux ne poserait guère de problèmes. Or, au dernier moment, il se trouve que 10 candidats représentants 5 partis et répartis sur 4 listes briguent les 7 mandats à repourvoir. Le fait le plus important est sans conteste la candidature de Heinz Thalmann, ingénieur, spécialiste en matière d'autoroutes, qui est présenté par le parti chrétien-social. C'est un jeune politicien à qui on peut prédire un bel avenir. Les pronostics s'avèrent difficiles. Radicaux, paysans artisans et bourgeois et EVP ont établi une liste commune. (Les EVP ne se sont joints aux deux premiers que lorsqu'ils eurent l'assurance qu'aucun candidat catholique ne serait porté sur la liste !) Les trois candidats de cette liste sont Paul Dübi, Hans Morgenthaler et Gerhart Schürch. L'Alliance des Indépendants a désigné Hans Sutermeister. Le mouvement «Jeune Berne» présente à nouveau son candidat de parade, Klaus Schädelin. Les socialistes qui détiennent actuellement trois mandats vont tenter de reprendre la majorité absolue et c'est pourquoi ils partent en guerre avec une liste de quatre candidats. Ce sont Raynold Tschäppät, syndic de Berne, Heinz Bratschi et deux nouveaux candidats, Kurt Schweizer, rédacteur en chef du «Tagwacht», et Ernst Haegeli[27].

Quant aux élections pour le renouvellement du Conseil municipal de Berne, comme suit le journal Le Nouvelliste elles s'annoncent beaucoup plus tranquilles. Il se pourrait que l'Alliance des Indépendants enregistre une augmentation de suffrages comme ce fut le cas lors des élections nationales. »[27]

« Les élections au Conseil communal (exécutif) de la Ville de Berne se sont terminées par une surprise, l'élection d'un représentant de l'Alliance des indépendants, en la personne de Hans-Martin Sutermeister, et la défaite de l'ancien directeur des écoles, Paul Dübi, radical[28].

En effet, comme le journal Le Nouvelliste suivait[28], des trois candidats «bourgeois» (alliance des partis radical, démocrate, «PAB» et évangélique), seuls deux avaient élus. Enfin, septième conseiller communal, et premier indépendant à accéder à ce poste, Sutermeister obtint 8325 voix. Le Conseil communal (exécutif) de Berne comprenait donc trois socialistes, (sans changement), deux «bourgeois» (moins 1), un «Jeune Berne» (sans changement) et un indépendant (plus1). »[28]

[29]

« Les élections au Conseil communal (exécutif) de la ville de Berne se sont terminées par une surprise, l'élection d'un représentant de l'Alliance des indépendants, en la personne de Hans-Martin Sutermeister, et la défaite de l'ancien directeur des écoles, Paul Dübi, radical. [...] Enfin, septième conseiller communal, et premier indépendant à accéder à ce poste, Hans-Martin Sutermeister, docteur en médecine, a obtenu 8325 voix. »[30]

« La municipalité de Berne issue des dernières élections a réparti lundi ses services. Ses deux membres nouveaux, Kurt Schweizer et Hans Martin Sutermeister, reprennent les services industriels et les écoles, tandis que les membres anciens gardent leurs départements, Paul Dübi, qui ne fut pas réélu, est remplacé comme vice-président de l'exécutif communal par Gerhart Schürch. »[31]

[32]

Sur les activités de Sutermeister lors de son mandat comme exécutif des écoles de la ville de Berne: « Pendant une semaine, du 26 avril au 4 mai 1968, la ville de Berne vivra sous les signes des tulipes néerlandaises. En effet, les magasins de la Kramgasse dédieront leurs vitrines à l'art floral hollandais, et la grande salle du Rathaus de Berne abritait une exposition de plus de 25'000 fleurs coupées. Les fontaines seront elles aussi décorées. Mercredi, au cours d'une conférence de presse consacrée à cette manifestation d'amitié hollando-suisse, C. A. A. Vornholt, directeur de la Chambre de commerce néerlandaise en Suisse, a rappelé que, de 1962 à 1967, l'importation de fleurs coupées néerlandaises en Suisse avait passé de 7,24 à 16,27 millions de francs. Sutermeister, conseiller communal, devait apporter les saluts des autorités de la ville de Berne. »[33]

« En réponse à une question écrite au Conseil exécutif de la ville de Berne, la direction des écoles a déclaré qu'il était difficile de constater si certains élèves d'école primaire «s'étaient dopés lors des examens d'admission à l'école secondaire». Il n'en demeure pas moins, ajoute la direction, que la question doit être l'objet d'une surveillance soutenue. Aussi, tous les maitres d'école primaire ont-ils été avisés par une circulaire d'avoir l'œil ouvert pour que de tels cas ne se reproduisent plus[34]. Sutermeister, en tant que directeur des écoles, supposait que ces «moyens de doping» étaient des calmants et des fortifiants légers. Il en rendait responsable la «sévère sélection pour le passage de l'école primaire à l'école secondaire» avant tout. Parmi les élèves de 4e primaire voulant passer en secondaire, 50% seulement réussissent l'examen d'admission. Il en résulte pour les candidats uns grande tension. D'où la nécessité pour certains d'avoir recours à des «produits dopants». »[34]

« La Jeune Chambre économique suisse, qui groupe quelque 500 membres dont l'âge ne dépasse pas 40 ans, s'est réunie en congrès annuel lors d'un week-end d'octobre 1968 à Berne. [...] Le président de la Jeune Chambre économique bernoise, Juerg Brechbuehl, a pu notamment saluer, lors de l'ouverture du congrès Simon Kohler, conseiller d'État bernois, ainsi que Hans Martin Sutermeister, directeur des écoles de Berne. »[35]

« Au cours de sa dernière séance, le Conseil de ville de Berne (législatif) a entendu une déclaration commune des groupes radical, PAB et évangélique s'élevant contre Hans Martin Sutermeister (indépendant), directeur des écoles de la ville de Berne, à la suite de ses déclarations lors du débat sur les mesures préventives prises par le Conseil fédéral dans le Jura. Hans Martin Sutermeister s'était opposé à celles-ci. « Nous reconnaissons le droit d'expression de chaque membre de conseil », souligne la déclaration, m Toutefois, nous estimons qu'un membre du Conseil municipal de la ville de Berne (exécutif) en raison de la responsabilité qu'il assume face au public, doit faire preuve d'une certaine retenue dans sa façon de s'exprimer. Nous sommes d'avis que Hans Martin Sutermeister a outrepassé les limites acceptables quand il a déclaré, devant le Grand conseil bernois, vivre dans un État où règne l'injustice et comparé la situation du Jura au moment de l'application des mesures préventives prises par le Conseil fédéral à l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie. Nous ne comprenons pas comment Hans Martin Sutermeister peut revêtir une fonction publique dans un État où règne l'injustice, ainsi qu'il l'a qualifié ». La déclaration de Hans Martin Sutermeister est jugée déplacée et peu propre à maintenir ou même à augmenter la confiance entre le directeur des écoles de la ville et le Conseil communal aux yeux des groupes auteurs de la déclaration. »[36]

« Le directeur des écoles de Berne sur la sellette» était le titre de plusieurs articles parus dans la presse romande sur cette affaire dans laquelle Sutermeister faisait partie à ce moment-là: "Au cours de sa dernière séance, le Conseil de ville de Berne (législatif) a entendu une déclaration commune des groupes radical, PAB et évangélique s'élevant contre Hans Martin Sutermeister (indépendant), directeur des écoles de la ville de Berne, à la suite de ses déclarations lors du débat sur les mesures préventives prises par le Conseil fédéral dans le Jura. Hans Martin Sutermeister s'était opposé à celles-ci. « Nous reconnaissons le droit d'expression de chaque membre de Conseil » souligne la déclaration. « Toutefois, nous estimons qu'un membre du Conseil municipal de la ville de Berne (exécutif) en raison de la responsabilité qu'il assume face au public, doit faire preuve d'une certaine retenue dans sa façon de s'exprimer. Nous sommes d'avis que Hans Martin Sutermeister a outrepassé les limites acceptables quand il a déclaré, devant le Grand Conseil bernois, vivre dans un État où règne l'injustice et comparé la situation du Jura au moment de l'application des mesures préventives prises par le Conseil fédéral à par les troupes du Pacte de Varsovie. Nous ne comprenons pas comment Hans Martin Sutermeister peut revêtir une fonction publique dans un État où règne l'injustice, ainsi qu'il l'a qualifié ». La déclaration de Hans Martin Sutermeister est jugée déplacée et peu propre à maintenir ou même à augmenter la confiance entre le directeur des écoles de la ville et le Conseil communal aux yeux des groupes auteurs de la déclaration»[37].

« Au cours de sa dernière séance, le Conseil de ville de Berne (législatif) a entendu une déclaration commune des groupes radical, pab et évangélique s'élevant contre Hans Martin Sutermeister (indépendant), directeur des écoles de la ville de Berne, à la suite de ses déclarations lors du débat sur les mesures préventives prises par le Conseil fédéral dans le Jura. Hans Martin Sutermeister s'était opposé à celles-ci. «Nous reconnaissons le droit d'expression de chaque membre de conseil», souligne la déclaration. «Toutefois, nous estimons qu'un membre du Conseil municipal de la ville de Berne (exécutif), en raison de la responsabilité qu'il assume face au public, doit faire preuve d'une certaine retenue dans sa façon de s'exprimer. Nous sommes d'avis que Hans Martin Sutermeister a outrepassé les limites acceptables quand il a déclaré, devant le Grand Conseil bernois, vivre dans un État où règne l'injustice et compare la situation du Jura au moment de l'application des mesures préventives prises par les troupes du Pacte de Varsovie. Comme disait le journal, "Nous ne comprenons pas comment Hans Martin Sutermeister peut revêtir une fonction publique dans un État où règne l'injustice, ainsi qu'il l'a qualifié». La déclaration de Sutermeister était jugée déplacée et peu propre à maintenir ou même à augmenter la confiance entre le directeur des écoles de la ville et le Conseil communal aux yeux des groupes auteurs de la déclaration. »[38] Ainsi la déclaration des radicaux bernois de la capitale; pas de solidarité des jurassiens envers Sutermeister[39]?

« Après un débat de près de cinq heures, divisé en deux séances presque exclusivement consacrées au rapport de gestion de la direction des Écoles pour 1968, le Conseil de ville de Berne a refusé celui-ci par 34 voix contre 13, avec de nombreuses abstentions. Le président de la commission de vérification, W. Rindlisbacher (PAB), a déclaré à l'ouverture du débat que le directeur des Écoles, Hans artin Sutermeister, n'avait répondu à certaines questions que sommairement ou avec imprécision, ou ne les avait même pas abordées au cours de la discussion préliminaire. C'est pourquoi la commission a proposé de n'accepter le rapport de gestion qu'après présentation écrite au Conseil des réponses laissées dans l'ombre ou éludées par Sutermeister. Après une vive discussion, au cours de laquelle l'Alliance des indépendants a pris la défense du directeur des Écoles, le Conseil de ville a voté une motion d'ordre par 42 voix contre 18: les réponses du directeur des Écoles aux questions soulevées au cours de la discussion sur son rapport sont reportées à la prochaine séance, afin de lui permettre de s'y préparer plus sérieusement. »[40]

« Après un débat de près de cinq heures, divisé en deux séances presque exclusivement consacrées au rapport de gestion de la direction des écoles pour 1968, le conseil de ville de Berne a refusé celui-ci par 34 voix contre 13, avec de nombreuses abstentions. Le président de la commission de vérification, M. Rindlisbacher (PAB), a déclaré à l'ouverture du débat que le directeur des écoles, Sutermeister, n'avait répondu à certaines question[s] que sommairement ou avec imprécision, ou ne les avait même pas abordées au cours de la discussion préliminaire. C'est pourquoi la commission a proposé de n'accepter le rapport de gestion qu'après présentation écrite au conseil des réponses laissées dans l'ombre ou éludées par Sutermeister. Après une vive discussion, au cours de laquelle l'Alliance des indépendants a pris la défense du directeur des écoles, le conseil de ville a tout de même refusé, par 42 voix contre 18, une motion proposant que les réponses du directeur des écoles aux questions soulevées au cours de la discussion sur son rapport soient reportées à la prochaine séance, afin de lui permettre de s'y préparer plus sérieusement. C'est la première fois de mémoire d'homme, que le législatif communal refuse le rapport de gestion présenté par un département de l'Exécutif. »[41]

« Après un débat de près de cinq heures, divisé en deux séances presque exclusivement consacrées au rapport de gestion de la direction des écoles pour 1968, le Conseil de ville de Berne a refusé celui-ci par 34 voix contre 13, avec de nombreuses abstentions. Le président de la Commission de vérification, M. W. Rindlisbacher (Pab), a déclaré à l'ouverture du débat que le directeur des écoles, M. H. Sutermeister, n'avait répondu à certaines questions que sommairement ou avec imprécision, ou ne les avait même pas abordées, au cours de la discussion préliminaire. C'est pourquoi la commission a proposé de n'accepter la-rapport de gestion qu'après présentation écrite au conseil des réponses laissées dans l'omsbre ou éludées par Hans Martin Sutermeister. Après une vive discussion, au cours de laquelle l'alliance des indépendants a pris la défense du directeur des écoles, le Conseil de ville a tout de même refusé par 42 voix contre 18 une motion proposant que les réponses du directeur des écoles aux questions soulevées au cours de la discussion sur son rapport soient reportées à la prochaine séance, afin de lui permettre de s'y préparer plus sérieusement. C'est la première fois de mémoire d'homme que le législatif communal refuse le rapport de gestion par un département de l'exécutif. On apprend de source compétente que le refus du rapport de gestion du directeur des écoles par le Conseil de ville de Berne n'aura aucune suite : en effet, ce refus correspond à une démonstration politique contre M . Sutermeister, et il n'aura pas de suites légales. Ainsi Hans Martin Sutermeister n'est pas tenu à rédiger un nouveau rapport de gestion, (ats)»[42]

« On apprend de source compétente que le refus du rapport de gestion du directeur des écoles par le Conseil de ville de Berne n'aura aucune suite: en effet, ce refus correspond à une démonstration politique contre Hans Martin Sutermeister, et il n'aura pas de suites légales. Ainsi Hans Martin Sutermeister n'est pas tenu à rédiger un nouveau rapport de gestion. (Voir en page 2). »[43]

« La littérature suisse alémanique nous présente fréquemment ce type d'homme qui ne se sent pas à l'aise parmi ses compatriotes. Ils l'exaspèrent par leur bon sens solide et obtus, leur manque d'imagination, leur satisfaction béate d'eux-mêmes, cette force d'inertie inspirée par le sentiment que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vaguement, tout de même, cette majorité compacte sait qu'il faudrait réexaminer les fondements mêmes de l'État et de l'individu. Mais, par crainte d'une telle confrontation, on se réfugie dans le travail, dans un perfectionnisme qui vous dispense de vous demander qui vous êtes et où vous allez De quoi je me mêle ! Le « Stiller » de Max Frisch contient à cet égard des remarques et des tableaux d'une ironie cinglante. Son héros ne veut plus être celui qu'il a été, s'évader de son propre soi et de cette société sans grandeur qu'il faudrait transformer. Quand les gens de cet acabit se mêlent de politique, finissent peutêtre même par être élus à des fonctions executives, ils constatent avec stupeur combien d'imperfections, d'incohérence, voire de malhonnêtetés se cachent derrière ces nobles ordonnances. Mais s'ils veulent y remédier, renouveler, innover (au lieu de vivre comme un rat dans un fromage), un concert d'indignation s'élève : Que vient faire cet empêcheur de danser en rond ? Pourquoi veut-il modifier ce qui a jusqu’ici (du moins en apparence, mais c'est ce qui importe) fonctionné sans accroc ? Ce nouveau venu qui enfreint les règles du jeu, dérange l'ordre établi, il faut s'en débarrasser ! On trouve aisément de bonnes raisons : néophyte, il commet des erreurs comme chacun, n'observe pas toujours la procédure et les traditions. On devrait pourtant se rendre compte que, dans une équipe de conformistes, un homme de ce genre peut apporter des idées nouvelles et utiles à un moment où, bon gré mal gré, il nous faudra reconsidérer les fondements mêmes de nos structures. A Bienne, nous avons le cas de M. Hans Kern, directeur des travaux publics, dont l'activité est marquée par une suite ininterrompue de heurts et d'éclats. Pendant les quatre ans de son premier mandat, on lui mena la vie dure et, pour la première fois dans l'histoire parlementaire, on refusa son rapport de gestion — alors qu'en voulant bien s'appliquer un peu, on pouvait faire de même pour n'importe quel rapport de n'importe quelle autre direction. Les attaques rép étées dont il était l'objet occupaient parfois le plus clair des séances du Conseil de ville, et l'on disait couramment qu'il n'avait aucune chance d'être réélu. Mais les citoyens ne sont pas toujours dupes ; ils sont aussi sensibles au côté « sportif » de la lutte du « petit » contre les « grands » : l'an passé, M. Kern fut réélu avec le maximum de voix. Au Conseil de ville de Berne, la semaine passée, on refusa également, pour la première fois dans l'histoire parlementaire, un rapport de gestion : celui de Hans Martin Sutermeister, directeur des écoles. Son cas offre avec celui de M. Kern de curieuses similitudes : élu sur la liste des indépendants, Hans Martin Sutermeister (frère du musicien) vient avec des idées originales, n'observe pas toujours les usages consacrés, dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. La « Tagwacht » en a fait son bouc émissaire, l'attaquant notamment parce qu'il veut donner aux enfants d'ouvriers de meilleures possibilités d'instruction (ce qui est tout de même surprenant pour un journal socialiste). Les personnalités de ce genre sont évidemment gênantes. Elles dérangent, tirent les gens de leur douce somnolence. Peut-êtr» no sont-elles pas toujours à la hauteur pour les affaires courantes. Mais n'y a-t-il pas autre chose î Dans son « Prométhée et Epiméthée », il y a nonante ans déjà . Cari Spitteler opposait le conformiste Epiméthée, roi d'un peuple heureux, à qui sa conscience donnait toujours les réponses attendues, à Prométhée, qui avait choisi la liberté et la solitude. Mais au moment d'un danger sortant de l'ordinaire, Epiméthée ne trouve plus de solution dans ses préceptes traditionnels. Le salut du peuple ne viendra que par Prométhée, resté libre, voyant les choses de haut. Il faut des routiniers, bien sûr. On ne saurait s'en passer. Mais les esprits originaux sont tout aussi nécessaires et, même s'ils vous agacent parfois, on ne devrait pas vouloir à tout prix leur rendre l'existence impossible. R. WALTER »[44]

Le scandale du Petit livre rouge des écoliers[modifier | modifier le code]
Caricature par Nico, Tages-Anzeiger 1971

« BERNE (ATS). — La controverse continue à Berne au ¦sujet du Petit livre rouge des écoliers », qui provient du Danemark . Après que la direction scolaire eut mis en garde les enseignants et les libraires contre ce livre « qui mélange d'une manière raffinée des points de vues anti-autoritaristes, encore soutenablcs avec une sorte t d'éducation » qui est interdite selon la loi ¦ cantonale », le canton a également averti le ministère public de la Confédération. Celui-ci a communiqué lundi à la police de sûreté à Berne qu'il n’estimait pas nécessaire de devoir intervenir pour contenu menaçant la sécurité de l'État. Dans une communication ne comportant aucune obligation, le ministère public de la Confédération a, cependant, donné au canton le conseil d'examiner plus précisément l'écrit sur la base de l' article e 212 du Code pénal suisse (mise en danger de mineurs par des images ou écrits immoraux) et de l' article 13 de la loi bernoise d'introduction au CPS (« Quiconque, intentionnellement ou par négligence grave... aura mis dans le public des livres,... pouvant inciter au crime ou dépraver la jeunesse... sera puni de l'amende ou des arrêts, pour autant qu'il n'avait pas lieu d'appliquer les articles 204 et 212 du Code pénal suisse)[45].

Sutermeister a été critiqué par son jugement d'une « tactique d’amollissement manœuvrée par l'est ». Selon l'avis des « gymnasiens progressistes, le petit livre rouge des écoliers qui a été très rapidement épuisé dans les librairies de Berne, présente l'école « comme elle est : anachronique, autoritaire, répressive ». Les élèves bernois ont immédiatement réagi par un tract contre la tentative d'interdiction de cet écrit. Là-dessus, la direction des écoles de la Ville a dépeint ce livre comme elle l’avait déjà fait dans sa lettre aux enseignants et aux libraires, comme étant unilatéral sur les problèmes des relations sexuelles, des moyens anticonceptionnels, des avortements et des abus de drogues. Cet abécédaire démontre également d'après l'autorité scolaire comment on peut faire chanter et terroriser ses maîtres à propos d'informations privées, comment est déclenchée une grève scolaire, etc.. Comme Sutermeister disait apparemment: « Ne laissons pas saper notre jeunesse, qui est encore saine aujourd'hui, et notre culture occidentale libre par une telle tactique d' amollissement manœuvrée manifestement par l'Est, et ne la laissons pas mûrir et devenir mûre pour l'assaut du communisme.... L'acceptation passive des tromperies politiques et sociologiques et de l'incitation de notre jeunesse à la révolte contre la génération prétendument répressive » des parents devient peu à peu une question d'existence pour le monde occidental libre, car tolérer les ennemis de la tolérance équivaut à un suicide », conclut la lettre d'avertissement. Lorsqu'elle a fait l'objet d'une émission à la radio, l'affaire a également été la cause d’un conflit. Le directeur des écoles de la ville, Hans Martin Sutermeister, qui avait été interviewé à ce sujet — avec d'autres participants — à la radio, avait exigé, selon une information de la radio, de pouvoir écouter le texte de l'émission avant la diffusion. Au besoin, il se réservait le droit conjointement avec le procureur du canton de Berne, Ariste Rollier, de confisquer la bande. On s'accorda ensuite pour atténuer quelque peu la virulence de certaines parties de l'émission. »[45]

« «Nous protestons avec fermeté contre toute tentative venant de l'extérieur d'influencer par des pressions la liberté du travail rédactionnel », écrit le personnel de Radio Berne après un démêlé avec le directeur des Écoles de Berne. Selon les renseignements des rédacteurs compétents, Hans Martin Sutermeister avait exigé [...] par des menaces de pouvoir écouter une émission sur le Le Petit Livre rouge des écoliers et lycéens avant qu'elle ne soit diffusée. Après avoir donné son accord pour qu'une interview soit raccourcie pour des raisons de place, il l'avait postérieurement faite retirer. La rédaction avait réussi à retoucher cette interview sans cependant «transformer le contenu». L'Association suisse des employés de la radio, section studio Berne et la communauté de travail des journalistes professionnels SSR, studio Berne, soutenue par le directeur de la Radio Suisse alémanique et rhéto-romanche, M. Fritz Ernst, déclarent de plus, à quel point il est nécessaire et urgent de définir légalement et clairement la liberté rédactionnelle et la responsabilité propre des programmateurs de la Radio ».»[46]

Le comité central de l'Association des employés de la télévision suisse («AETS»), sous la présidence de M. Paul Frueh, président central, aurait pris position dans l'affaire qui a opposé le studio de la radio de Berne à ce conseiller municipal bernois qui était Sutermeister au sujet de l'interview de ce dernier sur le Le Petit Livre rouge des écoliers et lycéens. Il s'est inquiété de cette nouvelle tentative de pression exercée contre la liberté d'expression des journalistes de la radiodiffusion[47]. Comme le journal Le Confédéré suivait à l'époque[47]: « Il a relevé dans cette affaire le courage de Fritz Ernst, directeur de la Radio de la Suisse alémanique et rhéto-romane, qui n'a pas cédé aux pressions de Hans Martin Sutermeister, membre de l'exécutif de la ville de Berne, et a soutenu ses collaborateurs injustement attaqués »[47].

« Le comité central de l'association des employés de la télévision suisse (« AETS »), qui avait siégé des jours précédents à Morges, a pris position dans l'affaire qui a opposé le studio de la radio de Berne à Sutermeister au sujet de l'interview de ce dernier sur le Le Petit Livre rouge des écoliers et lycéens ». Il s'est inquiété de cette nouvelle tentative de pression exercée contre la liberté d'expression des journalistes de la radiodiffusion, déclare un communiqué publié hier par le secrétariat central de ce groupement. « Il a relevé dans cette affaire le courage de Fritz Ernst, directeur de la Radio de la Suisse alémanique et rhéto-romane, qui n'a pas cédé aux pressions de Hans Martin Sutermeister, membre de l'exécutif de la ville de Berne, et a soutenu ses collaborateurs injustement attaqués. » En outre, le comité central apporte son appui à la section de Genève dans l'action qu'elle mène actuellement pour la sécurité de l'emploi et contre les « licenciements arbitraires ». Il rappelle à cette occasion la revendication des associations de personnel de la Société suisse de radiodiffusion et de télévision pour que soit reconnu le droit des travailleurs de disposer de voies de recours en cas de rupture de contrat par l'employeur. Enfin, le comité central de l'association des employés de la télévision suisse, après avoir fait le point sur la situation de la caisse de pension « SSR », a estimé que l'affaire commençait à prendre des « allures de scandale » . Il a particulièrement relevé que « le conseil de fondation n'a pas communiqué aux assurés le rapport sur la situation de la caisse depuis celui concernant l'année 1966 », qu'en dépit d'un solde actif important « les prestations aux pensionnés n'ont pas encore été améliorées » et que « malgré l'existence d'un contrat collectif, les partenaires sociaux sont délibérément tenus i\ l'écart des négociations relatives à l'avenir de l'institution ». »[48]

Par la suite, Le Petit Livre rouge des écoliers et lycéens ne pouvait «plus entrer en Suisse: cet ouvrage danois, traduit en allemand, [était], selon le Ministère public de la Confédération «dangereux pour la jeunesse» et «immoral!» C'est pourquoi, le ministère public, dans une communication à la Direction générale des douanes, a demandé le 22 juin [1970] déjà saisie immédiate du livre aux postes frontière. L'ouvrage danois [aurait provoqué] depuis quelque temps une polémique à Berne, à la suite d'une intervention [de] Sutermeister, auprès des librairies pour obtenir l'interdiction de sa vente aux écoliers. Sutermeister était en outre intervenu à la suite d'une interview qu'il avait accordée au studio de Radio-Berne, car il estimait l'émission trop partiale. Le procureur de la Confédération, Hans Walder, a déclaré qu'il était «impensable d'exercer un contrôle sans faille sur les envois postaux en provenance de l'étranger», mais que le Le Petit Livre rouge des écoliers et lycéens sera saisi chaque fois qu'il sera remarqué par les douaniers. Selon Walder, les librairies de notre pays qui vendent cet ouvrage à des jeunes »[49]


« Le petit livre rouge des écoliers ne peut plus entrer en Suisse : cet ouvrage danois, traduit en allemand, est, selon le ministère public de la Confédération, « dan gereux pour la jeunesse » et « immoral ». C'est pourquoi, le ministère public, dans une communication à la direction générale des douanes, a demandé le 22 juin déjà la saisie immédiate du livre aux postes-frontières. L'ouvrage danois provoque depuis quelque temps une polémique à Berne, à la suite d'une intervention du directeur des écoles, Sutermeister, auprès des librairies pou r obtenir l'interdiction de sa vente aux écoliers. Sutermeister était en outre intervenu à la suite d'une interview qu'il avait accordée au studio de Radio-Berne, car il estimait l'émission trop partiale. Le procureur de la Confédération Hans Walder, interrogé par l'ATS, déclara qu'il était « impensable d'exercer un contrôle sans faille sur les envois postaux en provenance de l'étranger ». mais que le petit livre rouge des écoliers sera saisi chaque fois qu’il sera remarqué par les douaniers[50].

Le journal L'Express continua avec les "poursuites" du cas[50]: Selon Hans Walder, les librairires de notre pays qui vendent cet ouvrage à des jeunes gens en dessous de 18 ans, risquent des poursuites pénales en vertu de l' article 212 du Code pénal suisse (celui qui vend à une personne âgée de moins de 18 ans des écrits « de nature à compromettre le développement moral ou physique des enfants et des adolescents en surexcitant ou en égarant leur instinct sexuel sera puni). Cependant, aucune communication formelle n'a été faite aux libraires, ceux-ci devant, selon Walder, remarquer eux-mêmes « que certains passages sont dangereux pour la jeunesse ». Le procureur considère que le livre des écoliers, notamment en raison de son chapitre sur la sexualité, est immoral. A son avis, l'opinion presque unanime trouve que ce chapitre sur la sexualité « ne convient pas pour des enfants de douze ans ». »[50]

« Sur le plan du sexe, le même langage paraît cru, mais les propos n'ont rien de vraiment outrageant. Ils paraissent révoltants si l'on oublie que les mœurs évoluent et continuent d'évoluer. Ils ont la franchise d'être fort concrets, tant les livres d'initiation sexuelle ne le sont jamais assez. Mais les auteurs multiplient les avertissements et leur information n'est pas aussi subversive qu'il pourrait paraître. Les dangers du tabac, de l'alcool, du haschisch, etc., sont clairement décrits. Ce petit livre a donc le mérite d'être franc. Il est peut-être brutal. D'où le choc qu'il a provoqué. Le directeur des écoles de la ville de Berne, H. Sutermeister, a mené le premier une campagne contre la vente de l'ouvrage. Il s'est battu sur plusieurs fronts: librairie, radio, autorités et ministère public fédéral. Il a obtenu gain de cause. L'article 212 du Code pénal a suffisamment de souplesse pour englober dans une même interdiction à l'importation aussi bien les revues pornographiques que le «petit livre rouge des écoliers». On a vu que «Sexus», de Miller, avait été l'objet, naguère, de la même décision. Il était bon, je pense, que les enseignants s'alarment de la vente du «petit livre rouge», mais il me semble qu'il y avait d'autres mesures à prendre que la recherche d'une interdiction. Le problème reste en effet entier: comment remplacer l'école de grand-papa? »[51]

« Ce nouveau « petit livre rouge » a provoqué une agitation qui s'inspire de deux motifs t Le premier, c'est simplement le désir de se débarrasser d'un gêneur, en l'espèce de Hans Martin Sutermeister, directeur des écoles de la ville de Berne. Quand, par surprise, il fut élu membre de l'exécutif, il élimina de ce fait un socialiste bon teint, et l'on décida aussitôt de lui rendre l'existence impossible (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?). QUI VEUT NOYER SON CHIEN... Seul représentant de l'Alliance des indépendants au Conseil municipal bernois, son manque d'expérience politique et administrative, ses idées hardies et généreuses en firent la cible toute désignée des bureaucrates vieillis sous le harnais et des journalistes de tout acabit. Quand il intervenait au Grand conseil pour lancer une idée nouvelle ou pour défendre une noble cause, la presse lui tombait dessus avec une touchante unanimité, notamment quand il demanda l'introduction de cours d'initiation sexuelle dans les écoles. Or voilà qu'il prenait position contre un ouvrage « avancé » et exigeait que la presse et la télévision rapportent objectivement sa protestation. Quelle aubaine ! Alors que, p r é c é d e m m e n t, c'étaient les immobilistes de tout poil qui s'élevaient contre l'attitude de Hans Martin Sutermeister, il avait désormais pour ennemis tous les « progressistes », qui ne se firent pas faute de ridiculiser le directeur des écoles et de monter en épingle ses prétendues incorrections à leur égard. L'autre motif de cette agitation, c'est le parti pris « gauchiste » . Sous prétexte qu'il subsiste encore chez nous des restes de puritanisme et d'autoritarisme, ces gens veulent jeter par-dessus bord toute morale, toute pudeur, toute distinction, tout ce qui maintient encore, tant bien que mal, l'équilibre fragile de notre société. Et d'autres, craignant de passer pour arriérés, n'hésitent pas à glorifier un livre foncièrement immora l, grossier et stupide. DE QUOI S'AGIT-IL ? Traduit du danois à l'intentior des écoles allemandes, lancé pai un éditeur spécialisé dans les ouvrages de propagande communiste, ce petit livre s'adresse aux enfants de douze à seize ans. Il le! encourage d'une part à ignorei toute loi, toute autorité, d'autre part à accomplir tous les acte; que notre société interdit ou déconseille. Il s'efforce aussi de déconsidérer et de ridiculiser les enseignants. La sexualité, par exemple, y est prônée à cause des jouissances qu'elle procure. « L'onanisme est bon : les enseignants s'y livrent aussi »... « Certaines filles préfèrent coucher toujours avec le même partenaire. D'autres préfèrent en avoir plusieurs . Ce n'est pas une question de morale. »... « La plupart des femmes se sont fait avorter une ou plusieurs fois. Les maîtresses d'école aussi. »... « Il semble établi que le hachisch ne provoque pas l'accoutumance..., qu'on en a besoin de moins en moins. »... Et des précisions sont fournies sur la manière de chauffer, d'émietter et de consommer le hachisch . Divers « trucs » sont aussi révélés pour déranger l'enseignement et rendre l'existence impossible au maître . Et parce que le directeur des écoles cherche à combattre la va gue de pornographie et de toxicomanie qui nous vient du nord, et dont le * petit livre rouge » exprime une sorte de quintessence, on l'attaque de toutes parts. Quatre enseignants biennois et un étudiant de Thoun» sont tellement enchantés de cet ouvrage que, dans une lettre ouverte à Hans Walder, procureur général de la Confédération, ils protestent contre son interdiction et recommandent à leurs collègues ainsi qu'à leurs élèves de l'introduire en contrebande (1) . D'un côté, on assiste aux agissements d'une bande de mercantis bien décidés à profiter en plein du pouvoir d'achat des moins de vingt ans ; de l'autre, d'inquiétants personnages disséminés un peu partout favorisent (sous prétexte de démystification) tout ce qui peut contribuer à l'anéantissement de notre ordre moral et social. Il est temps que la majorité silencieuse sorte enfin de son inertie ! R[osmarie] Walter. (1) Celui-ci leur a répondu comme il convenait, déclarant, entre autres, à propos de la suggestion d'introduire frauduleusement ce livre en Suisse : « Une telle attitude me paraît indigne et honteuse . Quelle espèce d'enseignants êtes-vous donc pour intiter vos élèves à violer notre ordre juridique ? Vous estimez-vous incapables de prodiguer vous-mêmes une éducation sexuelle adéquate ? Doisje véritablement admettre que vous puisez votre science dans le petit livre ? » »[52]

Dans la même affaire du «Petit livre rouge», des professeurs biennois ont été violemment pris à partie[53].

Dans une interpellation urgente au Conseil d'Etat bernois, Sutermeister en tant que député de l'Alliance des indépendants et directeur des écoles de Berne, pris à partie des enseignants biennois qui s'étaient prononcés en faveur du petit livre rouge des écoliers interdit par le procureur général de la Confédération. Sutermeister, qui avait fait éclater l'affaire du petit livre rouge en faisant pression sur les libraires bernois pour en empêcher la vente, rappella qu'à son avis ce livre, qualifié de «primitif» et de «dangereux», constituerait un «sabotage de l'enseignement et du fonctionnement de l'école en général».»[54]

« Le Grand Conseil bernois a longuement parlé morale Trois députés jurassiens sont intervenus à l'occasion de l'examen du rapport de gestion de la direction de police. Le député Georges Morand, libéral - radical, de Belprahon, s'est posé en défenseur de la morale. Il a rappelé que le canton de Berne est l'un des plus tolérants et des plus libéraux en ce domaine, mais que l'on se devait maintenant de parler de pollution de la morale, comme l'on parle de la pollution dans tant d'autres domaines. L'érotisme domine partout et la jeunesse est appelée à renoncer à la pudeur et à la vertu. Beaucoup sont dans l'attente de l'intervention de l'autorité. Le problème de la responsabilité est posé. Il n'existe maintenant que deux choix : réagir ou être complice de la manière de vivre actuellement. En réponse à Morand, le député Arthur Villard, socialiste, Bienne, s'est déclaré opposé à tout discours moralisateur. Citant Marcuse, il dit notamment : « Une général exhibant les médailles qu'il a reçues pour avoir tué des milliers de gens est plus pornographique qu'une femme qui dévoile ses attraits ». A ses yeux, l'attitude de Morand ne va pas sans révéler un comportement dangereux. Le député Villard préfère la situation d'aujourd'hui à celle qui consiste en ce que les mystères de la vie soient appris par le trou de la serrure. Evoquant ensuite le problème posé par la maison d'éducation de Prêles — certains journaux suisses alémaniques ont violemment critiqué les méthodes pratiquées par cet établissement d'éducation pour jeunes délinquants — le député biennois s'est insurgé contre la détention trop longue qui est subie parfois dans les prisons de districts qui, d'ailleurs, sont souvent dans un état désastreux. En outre, ce n'est pas un ingénieur agronome qui devrait être à la tête d'un tel établissement, mais un éducateur de haute qualité. Toujours à propos de la maison d'éducation de Prêles, le député Francis Erard, libéral - radical, Nods, a tenu à préciser que le rapport qui était fait sur ces établissements était certainement trop élogieux. De plus, le fait de toujours parler de Prêles semble discréditer la population de ce village, il serait plus normal de donner le nom du lieudit Châtillon à cet établissement. Erard oubliait qu'en voulant supprimer mie erreur il proposait d'en commettre une autre, puisqu'il existe un village de Châtillon, près de Delémont, ce qui maintiendrait ou augmenterait la confusion. CONSTRUCTION DE ROUTES Par ailleurs, plusieurs questions sur les constructions de routes ont été posées pendant la discussion des affaires de la direction des Travaux publics. Au cours de ces prochaines années, le canton de Berne consacrera annuellement 100 millions de francs pour les routes nationales, et 40 millions pour les routes cantonales. On construira notamment la Nationale 6 de Berne à Interlaken, la route du Taubenloch et une route à quatre pistes entre Lyss et Schoenbuhl. Le canton contribuera par Les professeurs biennois sont pris à partie à propos du petit livre rouge des écoliers -- Dans une interpellation urgente au Conseil d'État bernois, le député Sutermeister (Alliance des indépendants), directeur des écoles de la Ville fédérale, prend à partie les enseignants biennois qui s'étaient prononcés en faveur du petit livre rouge des écoliers, interdit par le procureur général de la Confédération. Hans Martin Sutermeister, qui avait fait éclater l'affaire du petit livre rouge en faisant pression sur les libraires bernois pour en empêcher la vente, rappelle qu'à son avis, ce livre, qualifié de « primitif » et de « dangereux », constitue un « sabotage de l' enseignement et du fonctionnement de l'école en général ». une somme de 60 millions environ au coût total de 130 millions. Les crédits de la direction des travaux publics ont tous été acceptés tacitement. 2,3 millions de crédits supplémentaires seront consacrés à la deuxième correction des eaux du Jura, et plus de 5 millions pour réparer les dégâts causés par le gel et le mauvais temps au réseau routier bernois. Après avoir répété qu'un group e de professeurs biennois avait protesté contre la décision du procureur de la Confédération et envisagé l'éventualité d'importer ce livre illégalement, le député remarque que ni la direction cantonale de l'instruction publique, ni la Société des enseignants n'ont réagi. Il demande alors au Conseil d'État : « Des maîtres qui interviennent publiquement contre l'ordre juridique de l'État ont-ils qualité pour faire partie du corps enseignant ? Peuvent-ils continuer à émarger à la Caisse de l'État tout en encourageant publiquement l'illégalité ? » L'urgence est demandée. (ats) »[55]

« La troisième semaine de session du Grand Conseil bernois s est ouverte hier après-midi par l'examen des dernières affaires de la direction de l'Instruction publique, soit le développement et la réponse donnés à cinq interventions. Un postulat Theiler, indépendant, Berne, demandait l'adoption d'un nouveau règlement sur la discipline à l'Université de Berne, l'actuel se révélant désuet et contraire à toute idée que structure démocratique. Combattu par le gouvernement, il a été rejeté par le Grand Conseil, par 101 voix contre 38 ; même si certains députés ont reconnu un souffle nouveau bienfaisant dans cette intervention, -ils ont eu peur que l'on aille trop' loin et que 'l'on favorise ainsi le désordre estudiantin que d'air-1 très pays ont connu. Une autre interpellation de Luzius Theiler a reçu une réponse qui n'a que partiellement satisfait son auteur. La ville de Berne est en train de préparer une nouvelle conception de son système scolaire; l'interpellateur demandait s'il n'était pas opportun d'envisager l'introduction de l'école globale intégrée, c'est-à-dire d'un mode d'enseignement qui permet la formation de groupes de rendement constitués selon les intérêts, les résultats et les possibilités de promotion. Tout en reconnaissant la promotion individuelle que peut apporter une telle méthode, le directeur de l'Instruction publique s'est refusé à la retenir pour le moment du moins, car l'expérience qu'elle constituerait serait incontrôlable. Simon Kohler s'est également opposé à l'introduction de l'enseignement continu dans les villes et localités importantes, afin de permettre aux femmes et mères d'exercer une profession à la demi-journée. Enfin, Hans Martin Sutermeister, indépendant, Berne, a développé une intervention assortie de la clause d urgence, ayant trait au petit livre rouge des écoliers. Il se demandait notamment si des maîtres qui interviennent publiquement contre l'ordre juridique de l'État — comme ce fut le cas pour des maîtres « progressistes » de Bienne ont qualité pour faire partie du corps enseignant. Simon Kohler lui répondit que la DIP mettait tout en œuvre pour protéger la santé physique et morale de la jeunesse, mais les dispositions légales ne couvrent pas tous les efforts qui sont faits et consentis. En outre, Simon Kohler constata que le petit livre rouge, aussi bien par son style que par sa présentation, ne dépasse pas le niveau de la médiocrité, à l'exception de quelques passages objectifs, mais clans cette affaire, aucune infraction tombant sous le coup du droit n'a été dénoncée ce qui fait que la DIP n'a pas été appelée à intervenir. M. Arthur Villard, socialiste, Bienne, après que Hans Martin Sutermeister se fut déclaré partiellement satisfait, a demandé que la discussion soit ouverte et le Grand Conseil s'y est opposé par 45 voix contre trente et une. . . DERNIER JOUR DE SESSION ? Abordant ensuite les affaires de la direction de l'économie publique, le Grand Conseil a adopté par 103 voix contre zéro l'arrêté populaire relatif à la prorogation des mesures visant à encourager la construction de logements et par 102 voix contre zéro, celui portant mise à disposition de moyens financiers (cinq millions) en vue de mesures destinées à améliorer le logement dans les régions de montagne. La session de septembre du Grand Conseil bernois devrait normalement, si les orateurs ne sont pas trop prolixes, prendre fin aujourd'hui. La journée sera marquée par la réunion de la députation jurassienne, qui prendra connaissance de l'ordre du jour de la rencontre qu'elle aura avec la Commission confédérée de bons offices pour le Jura, le 30 septembre prochain à Porrentruy. À la suite des violentes attaques auxquelles se sont livrés certains députés par journaux interposés, il se pourrait que la rencontre ne soit pas aussi calme qu'elle devrait l'être" - c'est ce que A. Froidevaux écrivit à cet égard en septembre 1970[56].

« Appuyant l'offensive des marchands de pornographie et de stupéfiants, celle des anarchistes de tout poil s'accompagne d'une propagande pseudo - scientifique tendant à prouver que toute jouissance est bonne par elle-ipême et qu'il faut laisser libre cours à ses instincts. Liberté ou licence. Il se crée ainsi dans les esprits une singulière confusion. Parce qu'on se rend compte aujourd'hui de la nécessité d'initier les jeunes aux problèmes de la sexualité el de leur accorder plus de liberté, on croit que cela devrait les autoriser à faire exactement ce qu'ils veulent. « Ce qui importe, dit-on sentencieusement en hochant sagement la tête, c'est qu'ils se défoulent. > On connaît les résultats spectaculaires de ce défoulement dans les ghettos noirs, les campus universitaires, ou encore en Europe, sous l'aimable pseudonyme de « contestation ». Cette confusion se manifeste aussi dans l'affaire du « Petit livre rouge des écoliers » : parce qu'une plus grande franchise en matière d'initiation sexuelle, ainsi que dans les rapports entre enseignants e1 enseignés apparaît désirable, on porte aux nues un ouvrage de prétendue initiation, originellement destiné aux écoliers danois, puis arrangé à l'intention des écoles de la République fédérale, qui constitue en fait un encouragement direct ou indirect à la sexualité, à l'indiscipline, à la révolte contre les maîtres, représentés comme des ennemis naturels, enfin à l'usage des drogues, dont il minimise les effets. Vive la pilule ! Cette confusion se traduit, par exemple, dans la lettre qu'un lecteur adresse à la « National Zeitung » de Bâle (No du 18 juillet 1970) : « La puberté, dit ce correspondant, débute entre douze et treize ans, et avec elle le besoin sexuel. Tant que la morale en vigueur l'empêchera de trouver une partenaire, le jeune garçon se livrera aux pratiques solitaires. Une telle partenaire lui sera donc nécessaire, qui lui servira aussi d'alliée contre l'incompréhension des adultes. » Le seul ennui, c'est qu'elle peut attendre un enfant. Or les adultes n'ont pas le courage d'expliquer aux jeunes comment on évite ce genre de désagréments. Et parce que ce livre vous met au courant d'une manière objective, voilà les Sutermeister, Walder et consorts qui croient que le monde va finir I » Sur une pente dangereuse Personnellement, je continue à penser que, même si les principes de pureté, de respect de l'acte sexuel et du mariage ne sont que des idéaux, il faut continuer à les honorer dans les familles, dans les écoles, dans les Églises. Et ce n'est pas en minimisant ou en glorifiant des vices qui rapportent des milliards qu'on leur enlèvera leur caractère néfaste et destructeur. Une société où triomphent le dévergondage et le désordre finira par inspirer aux purs (il y en a plus qu'on ne croit) le désir d'un monde de pureté, de dureté, de rigueur tel que le fait miroiter le communisme. Si, sous prétexte de défoulement, nous cont inuons à prôner l'amoralité, le laisser-aller, l'anarchie, d'autres viendront nous imposer une discipline à laquelle nous ne sommes plus capables de nous plier nous-mêmes. Maladresse Il n'empêche que si M. Hans Walder, procureur général de la Confédération, a eu raison de répondre avec énergie à la protestation des quatre enseignants biennois et de l'étudiant de Thoune contre l'interdiction du « petit livre », il a commis lui-même une incorrection en relevant l'appartenance politique des protestataires (apparemment pour réduire la portée de leur geste), d'autant que les indications fournies étaient en partie erronées. II m'importe peu que l'un des signataires de la lettre soit maoïste, l'autre existentialiste, un troisième adventiste. Ils ont exprimé une opinion sur un point particulier. D'autres (la majorité silencieuse ?) sont d'un avis opposé. C'est tout. En cherchant à déprécier une opinion parce que ceux qui l'avancent ne sont pas du « bon bord », le procureur général de la Confédération s'est montré pour le moins maladroit» - c'était un commentaire de la professeur bernoise Rosmarie Walter[57].

« Samedi et dimanche, à Saint-Guérin, se tiendra une exposition de presse. Cette manifestation qui a rencontré beaucoup d'intérêt les années précédentes est organisée pour présenter des brochures et journaux pour adultes et pour enfants. Un groupe de Saint-Guérin la prépare avec soin depuis plusieurs semaines. Le procureur général aura la parole - A la Télévision romande, dimanche, à 11 h. 45, Table ouverte sera consacrée à la vague d'érotisme, à ses dangers et aux mesures à prendre. Jean Dumur mènera le débat auquel sont conviés Louis Allet, procureur du Valais ; Pierre-André Gloor, sexologue, professeur à l'Université de Lausanne; Jean Benoît, adjoint du procureur général de la Confédération, à Berne ; Heinrich Sutermeister - plutôt Hans Martin, son frère (une erreur), directeur des écoles, Berne ; Walter Weideli, écrivain, Genève. »[58]

« Le Petit livre rouge des écoliers, ouvrage danois qui fit frémir quelques enseignants suisses alémaniques - Quoi qu'il en soit, le livre ne saurait tomber sous les articles du Code pénal qui traitent des publications obscènes. L'Office intercantonal de documentation sur les lectures nuisibles à la jeunesse et à la population n'a d'ailleurs pas été saisi de l'affaire au moment où l'on a beaucoup parlé de la version allemande. Il est même fort probable que son avis aurait été dans ce cas positif. Le ministère fédéral a visiblement souscrit aux mouvements de mauvaise humeur de l'école traditionnelle dont le champion a été le directeur des écoles de Berne, Hans Martin Sutermeister. Il y a en effet deux tendances très marquées dans le corps enseignant: ceux qui jugent que le «petit livre» est un terrain à partir duquel il est possible de construire une nouvelle pédagogie et ceux qui en parlent comme s'il ne s'agissait que d'une provocation. (Cl. Vn.) Lire en page 2. »[59]

« Dire que Bienne a expérimenté le Petit livre rouge des écoliers, ce serait exagérer. Car cet ouvrage, s'il a défrayé quelque temps la chronique locale avec de sérieuses incidences extérieures, n'a été en fait que le catalyseur du mécontentement de certains face à des mesures restrictives dans le domaine de l'édition et de la diffusion. [......] Les choses allaient néanmoins se corser par la bonne volonté de Hans Martin Sutermeister, directeur des Écoles de Berne, qui adressait au milieu de cette année, peu avant les vacances, une circulaire à tous les enseignants décommandant vivement le recueil danois traduit à l'intention de la Suisse allemande. Et réclamant des mesures de la part des autorités. Son appel n'allait pas rester ignoré. Le procureur général de la Confédération, Hans Walder prononçait son oukhase. La direction des douanes était chargée de saisir les exemplaires du Petit livre rouge à la frontière allemande tandis qu'une mesure d'interdiction d'importation était prise. »[60]

« Monsieur le rédacteur en chef, Il y a des millénaires que le monde existe et qu'il y a des humains sur cette terre. Il y a donc déjà eu des millions et des millions de familles sur notre planète, et des berceaux sans nombre, par la volonté du Créateur. Or, on vient de découvrir le sexe ! Il faut une fois pour toutes renseigner les enfants sur le mystère de leur naissance, chose que l'on tenait plutôt cachée jusqu’ici. Par des explications à leur portée, données à l'école ou par les parents, on arrive petit à petit à les rapprocher de la vérité ; leur curiosité naturelle s'en trouve satisfaite ou à peu près ! Mais que des gens, sans foi ni loi, fassent publier certaines lectures pour le moins stupides, sinon idiotes, à l'intention des petits qui savent déjà lire, cherchant à déflorer leur imagination et à salir leur moral, j' appelle cela une lâcheté ! Par ces lectures (bon marché, naturellement) on les fait passer directement de l'enfance à l'adolescence. On cherche aussi à détrôner le rôle de la mère, à ridiculiser la femme. On détruit ' le respect des enfants pour leurs aînés, en leur répétant à chaque instant : « Ne les écoutez pas, ce sont des radoteurs et des croulants ! » (pourtant, ce sont eux, les aînés, qui ont l'expérience de la vie). Que deviendront les valeurs morales et spirituelles que des siècles de civilisation nous avaient apprises ? Aujourd'hui, ensuite d'idéologies modernes, on renverse la vapeur et on cherche à détruire par tous les moyens, les foyers et les familles. Qu'ont-ils à nous proposer les modernes philosophes, en remplacement du foyer familial ? Ils n’ont rien trouvé de bien intelligent, ni surtout de plus stable ! Même si le mariage n’est pas toujours une sinécure, il donne confiance à l'enfant qui s y trouve aimé et protégé ! Aujourd'hui, on cherche surtout à tuer le sentiment ! N'est-ce pas naturel au cœur humain, le sentiment ? N'y a-t-il plus que la brutalité qui compte ? La vague de démoralisation prend, depuis longtemps déjà, des proportions inquiétantes, elle prend surtout les enfants pour cible ! A la pollution de l'air, de l'eau, de la terre, il faut ajouter la pollution de l'âme des petits, par des aînés sans foi ni loi et qui en font une affaire commerciale de première importance ! Car, l'argent de poche distribué à tort et à travers fait aujourd'hui beaucoup de mal, et c'est dommage. Les enfants n'achètent pas tous ces revues malsaines, mais il y a de grands garçons qui en passent aux plus jeunes ; même, paraît-il, des disques d'un genre particulier circulent de l'un à l'autre ! Alors, que faire pour arrêter ce scandale, si personne ne s'en préoccupe ? Que feront ces enfants-là, devenus grands, de la dignité humaine ? Et l'intimité du couple n'est-elle pas une chose sacrée ? Peut-elle encore exister ? Quels citoyens deviendront ces jeunes, dans les années à venir et qu'apprendront-ils à leurs enfants s'ils en ont encore ? Voilà ce que j'avais à dire ; j'en prends la liberté, il me semble que mon âge et mon expérience de la vie m'y autorisent. Veuillez agréer, Monsieur le rédacteur en chef, mes salutations distinguées. Alice Perrinjaquet, La Prise-Gauthier sur Couvet (et la Rédaction commenta une coïncidence : "cette lettre pleine de bon sens nous est parvenue en même temps que la traduction française du « Petit livre rouge des écoliers », ce manuel d' origine danoise qui est maintenant édité en Suisse romande sur l'initiative d'un mouvement gauchiste, la Ligue marxiste révolutionnaire. Se plaçant «face à l'obscurantisme calviniste », cet ouvrage qui se veut démystifiant et démythifiant est destiné aux enfants entre 12 et 14 ans. Il est d'autant plus dangereux qu'il badine avec tout afin de conduire les gosses non seulement à la contestation scolaire, mais à la critique de toute autorité, en leur démontrant que les adultes ne sont en définitive que des « tigres de papier ». Il leur explique crûment l'amour physique et ses « modes d'emploi », il les initie à la drogue et bien sûr, aboutit à la conclusion que tout doit être changé dans notre société pourrie. Loin de nous l'idée que les enfants, à l'âge qui convient, ne doivent pas être éclairés sur les graves problèmes qui se posent à eux. Au contraire, ils doivent être informés de tout, le plus complètement et surtout le plus honnêtement possible. Ce n'est pas le cas de cet ouvrage qui ne vise qu'à intoxiquer les gosses afin d'en faire, demain, des révoltés qui feront les leviers d'une action politique. Le procureur général de la Confédération, Hans Martin Sutermeister a interdit la vente de cet ouvrage aux moins de 18 ans; il a considéré, en effet, que certains passages du chapitre consacré à l'éducation sexuelle étaient immoraux. Quant à nous, nous le jetons à la poubelle). J.H. »[61]

« Imposition supplémentaire sur l'alcool et le tabac au profit de l'assurance maladie [...] Expertise des rapports financiers des différentes parties du canton [...] Devoirs à domicile [...] Recours à la violence »[62]

Le Conseil exécutif du canton de Berne a décidé que les différentes plaintes encore en suspens à la direction de l'instruction publique concernant Hans Martin Sutermeister, directeur des écoles de la ville de Berne, et l'école secondaire Laubegg/Berne, feront l'objet d'une enquête officielle. Cette enquête a été confiée au W. Brandenberger. Il s'agit, pour l'essentiel, d'affaires relevant de règlements internes du département de l'instruction publique[63].

Une assemblée de jeunes lauréats était réunie hier après-midi dans un des hôtels de Berne par le comité d'organisation du deuxième salon international du livre d'art et de bibliophilie (SILAB), qui s'est tenu à Lausanne au début de l'année. [......] Kehrli, représentant du gouvernement bernois, Sutermeister, représentant de la ville de Berne, Michaud, représentant du canton de Vaud, Hauser président du comité d'organisation du SILAB, Grandliénard, de ce même comité, Muret, directeur général du palais de Beaulieu à Lausanne, Widmer et Attinger, deux des responsables du concours s'adressèrent aux concurrents, qui pour leur souhaiter la bienvenue, qui pour leur expliquer ce qu'était le SILAB. Satisfaction de tous les côtés, lauréats y compris, puisqu'ils purent participer ensuite [...] Si Berne avait été choisie pour cadre à cette manifestation, c'était pour s'accorder avec ce que cette ville représente, «une unité dans la diversité», l'un des souhaits aussi des organisateurs du SILAB[64].

Dans le cours des événements contre Sutermeister, la professeur bernoise Rosmarie Walter le défendit comme suit : Il y avait une quinzaine d'années, commença-t-elle dans un commentaire dans L'Express[65], au moment où prenait corps à Bienne l'idée d'un gymnase français, l'un des arguments avancés contre sa création avait été l'absence d'un « sous-gymnase ». Selon les dispositions fédérales, affirmait-on, seule une instruction gymnasiale continue de six ans et demi donnait droit à un certificat de maturité. Or le progymnase français n'était pas un véritable progymnase, mais seulement une école secondaire. Les Romands se rebiffèrent énergiquement: en incluant dans les classes du progymnase un enseignement spécial du latin et de l'algèbre on répondait aux conditions requises. Les écoles secondaires de la campagne ne pré paraient-elles pas également au gymnase? D'autre part un compartimentage prématuré des élèves, à l'âge de 12 ans déjà, était parfaitement antipédagogique, ne tenant pas compte des éveils tardifs. II était aussi antisocial, séparant trop tôt les élèves et favorisant ainsi l'esprit de caste[65].

Dans la presse, on parlait d'une conception périmée, partagée par un nombre croissant de pédagogues. Ils estiment que l'école (comme d'autres institutions) n'a pu suivre le rythme de l'accélération, de développement plus rapide des enfants, que son enseignement ne correspond plus aux besoins actuels, que son autoritarisme est périmé, et surtout qu'elle perpétue une conception dépassée de notre structure sociale. Nos systèmes scolaires, notamment le système bernois, se fondent encore sur les trois colonne; sur lesquelles reposait la société du XIXe siècle: l'école primaire pour les paysans et les ouvriers, l'école secondaire pour les artisans et petits commerçants, le gymnase (et l'université) pour la haute bourgeoisie et la noblesse. D'autre part, sur bien des points, l'école est répressive. Son système de notes et d'examens crée un climat de crainte et d'hypocrisie, le travail s'accomplissant par nécessité et sans joie. L'école nouvelle II - II s'agirait donc selon Rosmarie Walter de créer un nouveau type d'école, auquel on a donné le nom d'école « globale » ou « intégrée ». Elle grouperait dans un seul établissement des enseignements distincts. Tous les élèves suivraient des disciplines de base, mais choisiraient en toute liberté, selon leurs goûts et leurs dons, les branches qui leur conviendraient. Selon leurs progrès, il pourraient passer dans une classe supérieure pour telle branche, rester dans la classe initiale pour telle autre. Les notes seraient remplacées par des appréciations, et les examens supprimés. Cette suppression est particulièrement urgente dans les écoles bernoises, où, dans la plupart des cas, les élèves doivent en passer à dix ans (pour entrer à l'école secondaire), puis de nouveau à douze (pour entrer au progymnase ou au « sous-gymnase »). Bien entendu, ce type d'école exige des établissements de plusieurs centaines d'élèves, et un corps enseignant plus nombreux, spécialement formé. Le cycle d'orientation institué à Genève réalise certains des principes préconisés par les partisans de l'école intégrée.

Chant du signe? - comme intitulait la professeur bernoise Rosmarie Walter son autre commentaire dans L'Express[65], "avait sous les yeux la magistrale étude que Hans Martin Sutermeister, directeur des écoles de la ville de Berne, consacre aux possibilités de créer à Berne, à titre d'essai, une école de ce genre. Véritable compendium de tous les problèmes de l'enseignement et de toutes les solutions proposées, étayé des connaissances médicales de l'auteur, qui a d'ailleurs visité de nombreux établissements scolaires modernes dans toute l'Europe, cet ouvrage plein d'idées, spirituel, parfois agressif, ouvre aux enseignants des horizons nouveaux et passionnants. Non-conformiste impénitent, Hans Martin Sutermeister s'est attiré la rancune tenace des partis traditionnels, qui n'apprécient guère les empêcheurs de danser en rond; il s'est aussi aliéné les sympathies de certains enseignants alarmés à la perspective de renoncer à leur train-train. Enfin il a déçu quelques « gauchistes » incapables de concevoir que l'on puisse préconiser l'école nouvelle et l'abandon de certains tabous tout en prenant énergiquement position contre le scandaleux « Petit livre rouge des écoliers ». Conservera-til son poste face à cette alliance de la hargne politique, de la mauvaise foi et de l'incompréhension ? A Bienne aussi, à la suite d'une intervention de Arthur Villard, des études vont être entreprises sur les possibilités de transformer l'école actuelle. Ce serait le moment puisque, selon le prof. Atteslander, notre école suisse « risque de devenir le pire système scolaire d'Europe. » R. Walter[65]

Sutermeister chez soi, à Berne.

« Au début de la séance de jeudi du Conseil de ville (législatif) de Berne, le président du groupe socialiste, Pierre Schrade, a reproché au directeur des finances de la ville de Berne, Gerhart Schuerch, d'avoir commis publiquement des indiscrétions et d'avoir répandu des détails concernant des séances non publiques du Conseil communal. Schrade a fondé ses critiques sur deux écrits publiés le 20 août 1971 et attaquant la politique du parti socialiste et Hans Martin Sutermeister, directeur des écoles de la ville de Berne. »[66]

« L'Alliance des indépendants, qui a perdu 4 sièges, a été le grand vaincu des élections au Conseil de ville qui se sont déroulés samedi et dimanche à Berne. [...] A l'exécutif, les indépendants ont perdu leur siège, occupé par le Dr Sutermeister, au profit du radical Rollier, jusqu'ici procureur général. » [67]

« Le Conseil exécutif a pris note de la démission des députés Hans-Martin Sutermeister et Gehrhart Schürch, de Berne. Ils seront remplacés par MM. Paul Günter, médecin, né en 1943, interne à l'Hôpital de l'Île, pour l'Alliance des indépendants, et Walter Bigler, né en 1916, secrétaire des écoles de Berne, pour le parti radical. (fx)»[68]

« Le canton de Berne, c'est officiel, compte quelque 15.000 à 20.000 drogués. C'est le chiffre approximatif que le Conseil d'État bernois vient de donner dans sa réponse à la question d'un député. 10 % de la jeunes se du canton. Voilà qui devrait faire réfléchir parents, jeunes gens et opinion publique, sans oublier les pharmaciens ! Si dans sa réponse, le Conseil exécutif ne fait nullement allusion au Centre de la jeunesse de la Ville fédérale — l'ancienne usine à gaz, l' enquête qu'il a fait faire a cependant révélé que « p lus de la moitié des 15.000 à 20.000 toxicomanes du canton proviennent des régions rurales et des petites agglomérations urbaines J. A la fin de novembre de 1971, le Dr Sutermeister, alors conseiller municipal à Berne et député au Grand conseil, avait déjà interpellé le gouvernement à ce propos. Il révélait, entre autres choses, <t les derniers incidents survenus au Centre de la jeunesse bernoise >... En effet, le responsable — un étudiant que l'on arrêta par la suite paya en... « haschisch les gages exorbitants des musiciens qu’il avait accueillis à l'occasion d' une soirée, sous prétexte qu’il lui était impossible de les rétribuer autrement... ». Remèdes: Mais, quels sont les remèdes les plus efficaces ? En dép it de la fermeture du château d'Ueberstorf, dans le canton de Fribourg (dans lequel travaillait le Dr Serrano), et de la ferme du Vion, près de Tavannes, le gouvernement bern ois soutient les efforts de ce médecin, responsable de la lutte contre la drogue dans le canton. Il ne croit pas à la thérapeutique des tribunaux pour ce genre de malades. La punition par l'amende, la prison ferme ou cette épée de Damoclès qu’est le sursis, convient particulièrement aux producteurs, aux véhiculeurs, aux vendeurs de drogue. Pour le drogué, il faut créer un climat de confiance. C'est ainsi qu'il préconise la création de nouvelles « communautés thérapeutiques » du genre d 'Ueberstorf, tant décriée par le docteur-municipal-député Sutermeister. Le gouvernement bernois ne croit pas que l'ambiance des cliniques psychiatriques soit favorable à une guérison du morphinomane ; au contraire, « les résultats obtenus sont fort décevants». Il entend aussi développer le réseau actuel des centres de consultation et d'assistance aux drogués. Le gouvernement du Rathaus, dans sa réponse, ne manque même pas de courage, courage qu’il sied de souligner. Il lance, en effet, une sorte d'appel à l'opinion publique : « // est nécessaire que notre population réforme sa manière de penser à l'égard des drogués et des moyens de les soigner. » C'est vrai, le toxicomane n'est ni un délinquant, ni un criminel, ni un débile mental, mais plutôt une sorte d'alcoolique, même si celui-ci n'utilise pas l 'ivrognerie de grand-papa... N’oublions pas les efforts qu'il a fallu soutenir, que l'on poursuit d'ailleurs encore — la Régie fédérale des alcools en saurait quelque chose — contre ce qui l'on peut appeler or l'alcoolisme classique, comme écrivit le journaliste Marcel Perret[69].

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

Les œuvres les plus connues de Hans Martin Sutermeister sont:

  • Moehrlen, Hans (pseudonyme de Hans Martin Sutermeister) (1942). Zwischen zwei Welten: Novelle. Berne: Buchdruckerei Mettler & Salz A.G.. ISBN 978-3-226-00030-6. (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (1944). Von Tanz, Musik und anderen schönen Dingen: Psychologische Plaudereien. Berne: Hans Huber. (OCLC 601437512). (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (1944). Psychologie und Weltanschauung. Berne: Hans Huber. (OCLC 602245072). (ASIN B000SFI7NY) (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (1947). Über die Wandlungen in der Auffassung des Krankheitsgeschehens. Gesundheit und Wohlfahrt 27 (12), p. 417–460. (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (1952). Psychosomatik des Lachens und Weinens. Gesundheit und Wohlfahrt 32 (6): p. 337–371. PMID 12989438 (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (1955). Schiller als Arzt: ein Beitrag zur Geschichte der psychosomatischen Forschung. Berner Beiträge zur Geschichte der Medizin und der Naturwissenschaften (Bern: Paul Haupt) (13). (ASIN B000JVFCBW) (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (Mai 1971). Möglichkeiten einer inneren und äusseren Schulreform im Sinne der Gesamtschule in der Stadt Bern. Berne. (OCLC 600875622). (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (1976). Summa Iniuria: Ein Pitaval der Justizirrtümer. Basel: Elfenau. ISBN 978-3-226-00096-2. (de)
  • Sutermeister, Hans Martin (1976). Grundbegriffe der Psychologie von heute. Basel: Elfenau. ISBN 978-3-226-00313-0. (de)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. S'étant endormi à la montagne, un touriste meurt gelé. L'Express, 24 juin 1931, p. 6.
  2. Curriculum Vitae. Dr med. Hans Martin Sutermeister sur l’Internet Archive.
  3. Voir aussi: “Swiss Says Swing Smoothly Soothes.” Billboard magazine, 17 janvier 1948.
  4. Le pseudonyme Hans Möhrlen dans le catalogue Helveticat de la Bibliothèque Nationale Suisse.
  5. Dates biographiques de Hans Martin Sutermeister in: Universitas: Zeitschrift für Wissenschaft, Kunst und Literatur. vol. 6, 1951, p. 383. Dans un contexte pareil, Sutermeister donnait des conférences sur l’„expérience de la musique en tant que régression psychologique“ (source: Musik und Bildung, volume 4. B. Schott’s Söhne, 1972, p. (405 et) 429).
  6. «  M. Pierre Hegg débouté par un tribunal zurichois », Le Temps, vol. 103,‎ 2 mai 1964, p. 2 (lire en ligne)
  7. Encore l'affaire Jaccoud. Le Confédéré, 18 juillet 1960.
  8. La Suisse du 17 ou 18 juillet 1960
  9. a, b, c et d U.P.I.: Toujours la révision du procès Jaccoud: Le Dr Sustermeister apporterait des éléments nouveaux. Qui est le mystérieux « Suisse d'Espagne » ? L'Impartial, 27 juillet 1960, p. 14.
  10. Le procès Jaccoud sera-t-il revisé ? Le docteur Sutermeister apporterait de nouveaux éléments importants. D'après lui, X. le Suisse d'Espagne existe bel et bien et il aurait vu M. Zumbach peu avant le meurtre. L'Express, 28 juillet 1960, p. 8.
  11. Ed. B.: L'affaire Jaccoud nécessite-t-elle l'audition de «Monsieur X.»? L'Express, 29 juillet 1960, p. 8.
  12. a, b, c, d, e, f et g Remous autour d'un mystérieux Monsieur X dans l'affaire Jaccoud. L'Impartial, 30 juillet 1960, p. 8.
  13. L'affaire Jaccoud: Les déclarations du «chauffeur». Le Nouvelliste, 1er août 1960, p. 2.
  14. LES ENQUÊTES DANS LE CADRE DE L'AFFAIRE JACCOUD: M. «X» ne s'est pas présenté devant la police genevoise. Il devait être confronté avec le chauffeur de taxi qui l'avait mis en cause. L'Express, 1er août 1960, p. 7.
  15. UPI: Du nouveau dans l'affaire Jaccoud? La police genevoise interroge un fonctionnaire. L'Impartial, 2 août 1960, p. 4.
  16. G. S.: A propos du procès Jaccoud. Le Dr Sutermeister: «Une affaire politique!» L'Express, 2 août 1960, p. 8.
  17. G. S.: La police continue les vérifications. L'Express, 3 août 1960, p. 8.
  18. «L'affaire Jaccoud a rebondi: Jérémie Dayer est descendu dans un hôtel de Martigny.» Le Confédéré, 5 août 1960, p. 6.
  19. A. R.: La confrontation entre le chauffeur de taxi et le mystérieux «M. X.» de l'affaire Jaccoud: Les «révélations du Dr Sutermeister» réduites à néant. L'Impartial, 8 août 1960, p. 6.
  20. Pierre Jaccoud libéré avant Noël? L'Express, 28 septembre 1960, p. 8. Notice.
  21. Vers une nouvelle bataille d'experts. Le Confédéré, 10 octobre 1960, p. (1 et) 4.
  22. a et b Au Congrès de Graz: Controverses autour des expertises de l'affaire Jaccoud. L'Express, 18 octobre 1960, p. 13.
  23. a, b, c et d Ed. B.: Les milieux proches de l'ancien bâtonnier l'affirment: Jaccoud n'aurait jamais défendu Stauffer. L'Express, 4 août 1961, p. 8.
  24. Hanspeter Born: Mörder gesucht. In: Das Magazin. 29 septembre 2001, p. 30–31.
  25. Consulter les archives Davel pour en savoir plus sur les expertises de l'époque.
  26. (de) Anna Bähler, Robert Barth (éditeur), Susanna Bühler, Emil Erne et Christian Lüthi, Bern - die Geschichte der Stadt im 19. und 20. Jahrhundert : Stadtentwicklung, Gesellschaft, Wirtschaft, Politik, Kultur, Berne, Stämpfli Verlag AG,‎ 2003, 2e éd. (ISBN 3-7272-1271-3, lire en ligne), « 3:Stadtpolitik zwischen Patriziat und Frauenmehrheit », p. 109-148, avec photo.
  27. a et b Les bernois à la veille d'élections mouvementées. Le Nouvelliste, 1er décembre 1967, p. 2.
  28. a, b et c Élections dans le canton de Berne: Entrée en scène des indépendants à l'Exécutif de la Ville fédérale. Le Nouvelliste, 11 décembre 1967, p. 23.
  29. ATS: L'alliance des indépendants et «Jeune Berne» progressent: Avec une participation de 56,8 pour cent la ville de Berne a élu ses autorités. L'Express, 11 décembre 1967, p. 23.
  30. ats: Les élections au Conseil communal de la ville de Berne se sont terminées par une surprise. L'Impartial, 11 décembre 1967, p. 23
  31. Répartition des départements à la municipalité de Berne. Le Nouvelliste, 10 janvier 1968, p. 2.
  32. ATS: Répartition des dicastères à la Municipalité de Berne. L'Express, 10 janvier 1968, p. 19.
  33. Les Pays-Bas à Berne. Le Nouvelliste, 29 février 1968, p. 2.
  34. a et b A Berne, les candidats aux examens de l'école secondaire se seraient dopés! L'Express, 28 mars 1968, p. 8.
  35. Congrès national de la Jeune Chambre économique suisse. Le Nouvelliste, 28 octobre 1968, p. 31.
  36. ATS: Le directeur des écoles de Berne sur la sellette. L'Express, 30 novembre 1968, p. 8.
  37. ats: Le directeur des écoles de Berne sur la sellette. L'Impartial, 30 novembre 1968, p. 28.
  38. Le directeur des écoles de Berne: blâmé pour son attitude envers le Jura. Le Nouvelliste, 30 novembre - 1er décembre 1968, p. 2.
  39. ATS: Le directeur des écoles a été imprécis... Le Conseil de ville de Berne refuse le rapport de gestion de la direction des écoles. L'Express, 14 juin 1969, p. 27.
  40. Le Conseil de ville de Berne refuse le rapport de la direction des écoles. Le Confédéré, 14 juin 1969, p. 6.
  41. Le conseil de ville de Berne refuse le rapport de gestion de la direction des écoles. Le Nouvelliste, 14-15 juin 1969, p. 2.
  42. ats: Le Conseil de ville de Berne refuse le rapport de gestion d'un département de l'exécutif. L'Impartial, 14 juin 1969, p. 11.
  43. Un refus sans suites légales. Le Nouvelliste, 14-15 juin 1969, p. 31.
  44. Rosmarie Walter(-Fahrer): Les indésirables. L'Express, 19 juin 1969, p. 8. [Rubrik: "Libres opinions"]
  45. a et b ATS: Petit livre rouge des écoliers: il n'y a pas d'atteinte à la sécurité de l'État... Mais Berne lance un avertissement solennel. L'Express, 24 juin 1970, p. 27.
  46. Le personnel de Radio-Berne: « Nous protestons contre toute tentative de pression ». Le Confédéré, 26 juin 1970, p. 11.
  47. a, b et c «L'Association des employés de la TV s'inquiète d'une nouvelle tentative de pression.» In: Le Confédéré, 2 juillet 1970, p. 11.
  48. ats: L'association des employés de la TV s'inquiète après une nouvelle tentative de pression. L'Express, 2 juillet 1970, p. 23.
  49. ats: Le «petit livre rouge des écoliers»: Dangereux pour les jeunes, déclare le Ministère public fédéral. L'Impartial, 3 juillet 1970, p. 13.
  50. a, b et c ATS: Considéré comme dangereux pour la jeunesse: Le petit livre rouge des écoliers ne pourra plus entrer en Suisse. L'Express, 3 juillet 1970, p. 27.
  51. Cl. Vn.: Une mesure qui trahit un malaise. L'Impartial, 3 juillet 1970, p. 13.
  52. Rosmarie Walter(-Fahrer): Encurageons la subversion scolaire! À propos du <Petit livre rouge des écoliers>. L'Express, 16 juillet 1970, p. 8. [Rubrik "Libres opinions"]
  53. «Petit livre rouge»: professeurs biennois violemment pris à partie. L'Express, 10 septembre 1970, p. 10.
  54. Encore le petit livre rouge des écoliers...: Les professeurs biennois pris à partie. Le Confédéré, 10 septembre 1970, p. 3.
  55. ats: Le Grand Conseil bernois a longuement parlé morale. L'Impartial, 10 septembre 1970, p. 26.
  56. A. Froidevaux: Au Grand Conseil bernois: À part quelques passages objectifs, le petit livre rouge des écoliers ne dépasse pas le niveau de la médiocrité. L'Impartial, 22 septembre 1970, p. 7.
  57. Rosmarie Walter(-Fahrer): Encore quelques remarques sur le «Petit livre rouge des écoliers». L'Express, 23 juillet 1970, p. 8. [Rubrik "Libres opinions"]
  58. Sion: Exposition de presse. Le Confédéré, 26 novembre 1970, p. 8.
  59. Cl. Vn.: Le Petit livre rouge des écoliers est disponible en version française. L'Impartial, 4 janvier 1971, p. 1.
  60. J-A. L.: Le Petit livre rouge des écoliers: «Ne pas en faire une affaire d'État», mais succès de curiosité à Bienne. L'Impartial, 4 janvier 1971, p. 2.
  61. Correspondances (Cette rubrique n'engage pas la rédaction). UN CRI D'ALARME. L'Express, 6 janvier 1971, p. 3.
  62. La réponse de l'exécutif bernois à quatre questions importantes. L'Express, 22 février 1971, p. 13.
  63. ATS: Enquête officielle contre le directeur es écoles de Berne. L'Express, 19 juin 1971, p. 6.
  64. Cl. Vn.: Salon international du livre d'art et de bibliophilie: Remise des prix du concours à Berne. L'Impartial, 24 juin 1971, p. 2.
  65. a, b, c et d Rosmarie Walter(-Fahrer): Réforme... ou réformette ? L'Express, 29 juillet 1971, p. 7.
  66. ATS: Ville de Berne: reproches adressés au directeur des finances. L'Express, 11 décembre 1971, p. 13.
  67. Au législatif bernois: Recul des Indépendants. L'Impartial, 14 décembre 1971, p. 15.
  68. fx: Deux démissions de députés alémaniques. L'Impartial, 24 décembre 1971, p. 23.
  69. Marcel Perret: BILLET BERNOIS. Drogue: il est nécessaire que la population réforme sa manière de penser. L'Express, 26 mai 1972, p. 13.

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