Hannes Swoboda

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Hannes Swoboda
Hannes Swoboda en juillet 2013.
Hannes Swoboda en juillet 2013.
Fonctions
Président de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D)
17 janvier 201218 juin 2014
Législature 7e
Prédécesseur Martin Schulz
Successeur Martin Schulz
Député européen
En fonction depuis le 13 octobre 1996
Élection 13 octobre 1996
Réélection 13 juin 1999
13 juin 2004
7 juin 2009
Législature 3e, 4e, 5e, 6e et 7e
Biographie
Date de naissance 10 novembre 1946 (67 ans)
Lieu de naissance Bad Deutsch-Altenburg, Autriche
Nationalité Drapeau de l'Autriche Autrichienne
Parti politique Parti social-démocrate d'Autriche, PSE

Hannes Swoboda, né le 10 novembre 1946 à Bad Deutsch-Altenburg en Basse-Autriche, est un homme politique européen de nationalité autrichienne. Il a été député européen du Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) de 1996 à 2014, membre du groupe parlementaire S&D (socialiste et démocrate) dont il a été vice-président de 1997 à 2012 puis président de 2012 à 2014. Il est membre de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen et spécialiste des Balkans.

Formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Hannes Swoboda est né le 10 novembre 1946 à Bad Deutsch-Altenburg en Basse-Autriche. Il est issu d'une famille d'origine tchèque[1]. Il termine ses études secondaires en 1964. Entre 1964 et 1972, il étudie le droit et l'économie à l'université de Vienne[2].

Entre 1972 et 1986, il travaille à la Chambre du travail de Vienne dans son département économique. De 1972 à 1976, il travaille sur les questions financières et la politique environnementale. À partir de 1976, il dirige le nouveau département pour la politique municipale, qui régit les politiques de logement, d'économie et de santé publique[2].

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Hannes Swoboda préside à partir de 1979 la section du SPÖ de l'arrondissement de Meidling à Vienne[3].

Entre 1983 et 1988, Hannes Swoboda est membre du conseil municipal de Vienne et député du Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) à l'Assemblée parlementaire de Vienne. À partir de 1986, il y est le coordinateur du groupe socialiste[3].

Entre juin 1988 et décembre 1991, il est conseiller municipal de Vienne responsable de l'urbanisme et du personnel. Il est ensuite responsable de l'urbanisme et de la circulation jusqu'en novembre 1994, puis de l'urbanisme et des relations extérieures jusqu'en octobre 1996[3].

Député européen[modifier | modifier le code]

Mandats européens[modifier | modifier le code]

Hannes Swoboda est élu député européen du Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) lors des élections européennes partielles du 12 octobre 1996 qui suivent l'adhésion de l'Autriche[4]. Il prend ses fonctions le 11 novembre 1996.

Il siège au sein du groupe parlementaire du Parti socialiste européen, qui devient en 2009 l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen. Il en est vice-président depuis le 4 février 1997[3].

Lors des élections européennes de juin 2009, Hannes Swoboda est tête de liste du Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ). Le SPÖ utilise massivement les nouveaux médias pour faire campagne. Pour Hannes Swoboda, Internet ne remplace pas le contact direct entre les personnes mais permet de faciliter leur mise en relation et de diffuser leurs thèmes de campagne. Il insiste sur l'importance d'informer les électeurs sur le rôle et le fonctionnement du Parlement européen, et il estime que les critiques sur le rôle de l'Union européenne dans la crise économique peuvent être positives et conduire à une amélioration de l'action européenne[5].

En janvier 2012, il est candidat à la présidence du groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D). Considéré comme favori et bénéficiant du soutien du président sortant Martin Schulz[6], il est élu le 17 janvier.

En février 2013, il demande avec plus d'un quart des députés européens la suspension du financement communautaire des partis et autres formations composées par les élus du Front national et leurs alliés européens. Cet appel est commenté dans les médias[7].

Travaux parlementaires sur la politique étrangère[modifier | modifier le code]

Hannes Swoboda est membre de la commission parlementaire des Affaires étrangères, où il travaille en particulier sur la région des Balkans. Entre janvier 1997 et juillet 2009, il est vice-président de la délégation pour les relations avec l'Europe du Sud-Est.

Adhésion de la Croatie[modifier | modifier le code]

Hannes Swoboda est le rapporteur du Parlement européen sur la candidature de la Croatie à l'entrée dans l'Union européenne. À ce titre, il rédige chaque année un rapport sur les progrès de la Croatie dans son processus d'adhésion, fondé sur le rapport de suivi annuel publié par la Commission européenne, qui analyse en détail les avancées réalisées par rapport aux critères d'adhésion.

  • 2006. En décembre 2006, il rédige un premier rapport sur les progrès de la candidature de la Croatie, à partir du rapport de suivi 2006 de la Commission européenne[8]. Il considère que « la Croatie continue à remplir les critères politiques pour adhérer à l'UE et peut être considérée comme une économie de marché viable ». Il félicite les autorités croates pour les efforts entrepris et les résultats obtenus dans la marche vers l'adhésion. Il encourage le gouvernement à poursuivre la modernisation de la Croatie pour « renforcer et consolider ainsi davantage la démocratie et l'économie sociale de marché », qui sont des conditions d'adhésion. Il invite notamment la Croatie à développer sa politique environnementale, en intégrant au plus vite les règles européennes dans son droit national et en ratifiant le protocole de Kyoto. Le rapport est adopté par le Parlement européen le 25 avril 2007[9].
  • 2007. L'année suivante, Hannes Swoboda rédige un second rapport sur la Croatie, sur la base des nouvelles conclusions de la Commission européenne pour l'année 2007[10]. Le rapport félicite les autorités croates pour les réformes législatives qui ont été menées ; il constate que « l'essentiel du corpus législatif de la Croatie a été aligné sur les normes de l'Union européenne ». Il mentionne notamment la loi « exemplaire » sur les droits des minorités qui instaure le bilinguisme dans l'enseignement et l'administration, les performances économiques de la Croatie, la coopération avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et la politique de l'environnement. Ces réformes ont permis d'ouvrir de nouveaux chapitres dans la négociation d'adhésion.
    Pour remplir tous les critères, la Croatie doit désormais renforcer la mise en application des nouvelles lois adoptées. Le rapport du Parlement européen demande ainsi à la Croatie « d'accélérer le processus de réforme de l'administration publique dans les autonomies locales et régionales » afin de « hâter le développement de la capacité administrative requise pour mettre en œuvre la nouvelle législation ». Le rapport est adopté par le Parlement européen le 10 avril 2008[11].
  • 2008. La proposition de résolution rédigée par Hannes Swoboda suivant le rapport de suivi 2008 de la Commission[12] regrette que les négociations d'adhésion de la Croatie aient été bloquées à cause d'un différend frontalier avec la Slovénie. Il espère que l'acceptation de la médiation proposée par la Commission européenne permettra de les reprendre au plus vite, de manière à pouvoir conclure le traité d'adhésion en 2009.
    Le rapport félicite le gouvernement croate pour son action en faveur des droits fondamentaux et de protection des minorités, ainsi que pour les mesures prises pour lutter contre la corruption. Il ajoute que la Croatie doit réformer l'administration judiciaire pour que l'impartialité des juges soit garantie et que les jugements soient rendus dans un délai raisonnable. Le texte est adopté par le Parlement européen le 12 mars 2009[13].
    En marge des réunions, Hannes Swoboda déclare que l'Union européenne doit être particulièrement ferme sur l’ensemble de ces conditions[14].
  • 2009. Dans le rapport suivant les conclusions de la Commission pour l'année 2009[15], Hannes Swoboda se réjouit de la reprise des négociations d'adhésion suite l'accord conclu entre la Croatie et la Slovénie pour résoudre leur différend frontalier par une procédure d'arbitrage international. Le rapport félicite également la Croatie pour les progrès réalisés durant cette période, notamment concernant la consolidation de l'administration et du système judiciaire, la protection des droits des minorités et la coopération avec le TPIY. Il souligne l'importance pour le gouvernement croate de redoubler d'efforts dans la lutte contre la corruption à tous les niveaux et pour l'association des citoyens au projet d'adhésion. Le texte est adopté par le Parlement européen le 10 février 2010[16]
    Hannes Swoboda souligne en conférence de presse qu'« il y a eu un vote très favorable, notamment en ce qui concerne un point controversé, à savoir la clôture des négociations en 2010 si la Croatie entreprend tout ce qui est nécessaire. » Il ajoute que dans ce cas, « il serait possible de parler d'une adhésion en 2012, mais ce serait difficile car il n'y aurait qu'un an pour la ratification. »[17]

Macédoine[modifier | modifier le code]

Dans un rapport remis le 3 février 2000, Hannes Swoboda soutient la demande faite par la Commission au Conseil des ministres pour qu'il l'autorise à conclure un accord de stabilisation et d'association avec la Macédoine. Il demande à ce que « les négociations s'engagent rapidement » et que l'accord comporte « une clause évolutive qui ouvre à l’ancienne république yougoslave de Macédoine la perspective d’une adhésion à l’Union européenne »[18].

L'accord de stabilisation et d'association avec la Macédoine est signé le 24 novembre 2000 en marge du sommet de Zagreb. Pour qu'il entre en vigueur, le Parlement européen doit donner son avis conforme. Hannes Swoboda se prononce en faveur de cet accord. Ses conclusions sont approuvées par le Parlement européen le 3 mai 2001[19].

Algérie[modifier | modifier le code]

Hannes Swoboda participe en tant que porte-parole pour les affaires étrangères du groupe socialiste à la délégation du Parlement européen qui se rend en Algérie du 8 au 12 février 1998. Le compte-rendu publié le 18 février affirme la "volonté unanime de la délégation de poursuivre le dialogue avec le gouvernement algérien" afin de soutenir le développement de la démocratie[20].

Le 16 avril, il présente un plan en cinq points sur les relations entre l'Union européenne et l'Algérie. Ce plan prévoit[21] :

  • le renforcement du parlementarisme en Algérie et du dialogue entre députés européens et algériens ;
  • l'accroissement de la transparence du système politique algérien ;
  • un dialogue intense entre l’UE, le gouvernement algérien et les ONG sur la question des droits de l'homme ;
  • le renforcement des droits des femmes, notamment par une réforme du droit de la famille ;
  • une coopération accrue entre l'UE et l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme.

Turquie[modifier | modifier le code]

En 2012, Hannes Swoboda a plaidé pour la levée de l'obligation de visa pour les Turcs[22]. Il également précisé ses positions vis-à-vis de la Turquie: « La Turquie s'est déplacée, et il est de plus en plus difficile pour nous de dire: Vous n'êtes pas encore prêt. Mais nous ne trouvons pas dans les pays membres de l'UE de majorité pour l'adhésion de la Turquie... Mis à part le Royaume-Uni parce que Londres représente les intérêts stratégiques des États-Unis. Le lobbying des Américains à l'adhésion turque à l'UE fait de la Turquie un cheval de Troie des États-Unis. »[23].

Travaux parlementaires sur la politique des transports[modifier | modifier le code]

Pendant la législature 1999-2004, il est membre de la Commission des transports et du tourisme au Parlement européen[24]. Son activité législative au sein de cette commission parlementaire concerne surtout la politique des transports de l'Union européenne.

En 1999, il rédige un rapport sur le « paquet infrastructures » proposé par la Commission européenne le 22 juillet 1998 pour réformer la législation européenne sur le transport ferroviaire. Hannes Swoboda approuve les propositions de la Commission, qui visent à libéraliser progressivement l’offre de transport pour la rendre plus efficace. Il demande cependant à ce que les règles soient moins détaillées pour laisser plus de marge de manœuvre aux États membres[25].

En 2001, il s'oppose à la proposition de la Commission européenne de réformer le système des écopoints qui réglemente la circulation des poids lourds en Autriche. La Commission critiquait des incohérences du système et proposait la suppression du plafond quantitatif pour les trajets des camions. Hannes Swoboda estime que ce plafond constitue « un élément essentiel du système d’écopoints » et que le supprimer conduirait à une augmentation du transit routier en Autriche[26]. Ses conclusions sont rejetées par le Parlement européen, qui adopte la proposition de la Commission le 5 septembre 2001 par 303 voix pour, 253 contre et 18 absentions[27].

Activités extraparlementaires[modifier | modifier le code]

Hannes Swoboda participe à plusieurs projets associatifs et groupes de réflexion :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Divergences sur la présidence du groupe socialiste à Strasbourg », Le Monde, 18 juin 1999
  2. a et b Lebenslauf, site personnel de Hannes Swoboda
  3. a, b, c et d Fiche sur le site du Parlement européen
  4. "Parlement européen : percée des anti-Maastricht aux élections autrichiennes", Europolitique, 14 octobre 1996.
  5. Interview mit Hannes Swoboda, Ritchie Pettauer, vimeo.com, 1er mai 2009.
  6. « Trautmann, la politique à la force du poignet », euractiv, 10 janvier 2012.
  7. Quand des députés européens veulent étrangler le FN !, Wallerand de Saint-Just, bvoltaire.fr, 5 février 2013
  8. Croatia 2006 Progress Report, Commission européenne, 8 novembre 2006.
  9. Résolution du Parlement européen du 25 avril 2007 sur le rapport de suivi 2006 concernant la Croatie, Parlement européen, 25 avril 2007.
  10. Croatia 2007 Progress Report, Commission européenne, 6 novembre 2007.
  11. Résolution du Parlement européen du 10 avril 2008 sur le rapport de suivi 2007 concernant la Croatie, Parlement européen, 10 avril 2008.
  12. Croatia Progress Report 2008, Commission européenne, 5 novembre 2008.
  13. Résolution du Parlement européen du 12 mars 2009 sur le rapport de suivi 2008 concernant la Croatie, Parlement européen, 12 mars 2009.
  14. Hannes Swoboda on Croatia's membership of the European Union , Groupe du Parti socialiste européen, youtube.com, 17 janvier 2008.
  15. Croatia 2009 Progress Report, Commission européenne, 14 octobre 2009.
  16. Résolution du Parlement européen du 10 février 2010 sur le rapport de suivi 2009 concernant la Croatie, Parlement européen, 10 février 2010.
  17. Conférence de presse sur l'élargissement, Parlement européen, 27 janvier 2010.
  18. Résolution du Parlement européen, Parlement européen, 17 février 2000
  19. Décision du Parlement européen, Parlement européen, 3 mai 2001.
  20. Communiqué de presse du Parlement européen, Parlement européen, 18 février 1998.
  21. "Plan de M. Swoboda pour les relations UE/Algérie", Agence Europe, 18 avril 1998.
  22. SPÖ-Swoboda begrüßt Unterjochung von Genossen durch Islamisten, unzensuriert.at, 19 octobre 2012
  23. Zitate, Hannes Swoboda, Entretien Profil, 11 novembre 2012
  24. Fiche sur le site du Parlement européen
  25. "Transport ferroviaire : les parlementaires européens favorables à la libéralisation du rail", Europolitique, 20 février 1999.
  26. Rapport sur la proposition de règlement modifiant le protocole no 9 de l’acte d’adhésion de l’Autriche, Finlande et Suède, Parlement européen, 12 juillet 2001.
  27. Décision du Parlement européen, Parlement européen, 5 septembre 2001.
  28. La commission internationale Historische Mitte Berlin, Berliner Schloss.
  29. Perspectives, site de la ville de Berlin.
  30. Hannes Swoboda, Commission on the Black Sea
  31. Advisory board, A Soul for Europe.

Liens externes[modifier | modifier le code]