Hannah Szenes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Szenes.
Hannah Szenes

Hannah Szenes ou Chana Senesh (1921-1944), d'origine hongroise, fut l’une des 37 personnes juives vivant en Palestine, maintenant Israël, qui ont suivi l’entraînement spécial britannique pour être parachutées ou infiltrées en Europe en vue d’aider à sauver les Juifs et servir d'agents de liaison avec l'armée britannique. Elle fut arrêtée à la frontière hongroise, emprisonnée et torturée, mais refusa de révéler les détails de sa mission et fut finalement jugée et fusillée. C’est une héroïne en Israël : parmi les rues portant un nom de femme, le sien est celui qui revient le plus fréquemment (même devant celui de Golda Meir), et ses poèmes sont très connus.

Famille[modifier | modifier le code]

Hannah Szenes est née en Hongrie, dans une famille juive assimilée. Son père, Béla, était journaliste et auteur dramatique. Sa mère s'appelait Katrina et son frère Giora.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Hannah Szenes naît le 17 juillet 1921. Elle a six ans lorsque son père meurt et continue à vivre avec sa mère et son frère.

Elle entre dans une école privée protestante pour filles, qui accepte des élèves catholiques et juives.

Réalisant la précarité croissante de la situation des Juifs en Hongrie, Szenes embrasse la religion juive. Elle annonce à ses amis qu’elle est devenue une Juive et rejoint Maccabea, une organisation étudiante sioniste hongroise.

Nahalal[modifier | modifier le code]

Szenes obtient son diplôme en 1939. Elle décide la même année d’émigrer en Palestine, alors sous mandat britannique, pour étudier à l’école d’agriculture pour filles de Nahalal.


Elle rejoint le kibboutz Sedot Yam en 1941 et ensuite la Haganah, le groupe paramilitaire qui fonda les Forces de défense d’Israël.

En 1943, elle s’engage dans l’armée britannique et commence son entraînement en Égypte comme parachutiste pour le service secret Special Operations Executive (SOE).

Arrestation et torture[modifier | modifier le code]

En mars 1944, elle est parachutée en Yougoslavie avec deux collègues masculins, Yoel Palgi et Peretz Goldstein. Ils rejoignent un groupe de partisans. Après leur atterrissage, ils apprennent que les Allemands ont déjà envahi la Hongrie, ce qui conduit les deux hommes à interrompre la mission, qu’ils jugent trop dangereuse. Elle continue seule et se dirige vers la frontière hongroise. À la frontière, elle est arrêtée par des gendarmes hongrois, qui trouvent l’émetteur radio britannique qu’elle porte et qu’elle utilise pour communiquer avec le SOE et avec les autres partisans. Elle est emmenée à la prison de Budapest, attachée à une chaise, nue, fouettée et frappée à coups de bâton pendant plusieurs heures. Les gardiens veulent connaître le code de son émetteur, de manière à pouvoir localiser les autres parachutistes. Elle ne le leur donne pas, même quand ils amènent sa mère dans sa cellule et la menacent elle aussi de torture.

En prison, elle utilise un miroir pour envoyer des signaux aux Juifs détenus dans les autres cellules, et communique avec eux en utilisant de grandes lettres hébraïques découpées, qu’elle place une par une sur sa fenêtre et en dessinant l’étoile de David dans la poussière. Elle essaye de maintenir leur moral en chantant.

Jugement et exécution[modifier | modifier le code]

Hannah Szenes est jugée pour trahison le 28 octobre. Le verdict est repoussé deux fois : la première, pour donner un délai de huit jours supplémentaires aux juges, et la deuxième en raison de la nomination d’un nouvel assesseur. Elle est exécutée le 7 novembre, avant que les juges aient rendu leur décision.

Après sa mort[modifier | modifier le code]

Mémorial pour Hannah Szenes à Budapest

Son journal est publié en hébreu en 1946.

En 1950, ses restes sont ramenés en Israël et enterrés au cimetière du Mont Herzl, à Jérusalem.

Le 5 novembre 1993, après la fin de la Guerre froide, sa famille en Israël est informée qu’une cour militaire hongroise l’a officiellement innocentée.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Hannah Szenes a tenu son journal jusqu’à son dernier jour.

Szenes fut un poète et un auteur de théâtre. Elle écrivait aussi bien en hongrois qu’en hébreu. Voici quatre de ses poèmes.

  • Le plus connu est Halikha LeKesariya ("Une balade à Caesarea"), communément désignée par Eli, Eli ("Mon Dieu, Mon Dieu"), que beaucoup de chanteurs ont chanté, y compris Regina Spektor et Sophie Milman, et qui a été utilisé pour clore certaines versions du film La Liste de Schindler :
Mon Dieu, mon Dieu,
puissent exister éternellement,
Le sable et la mer,
Les eaux jaillissantes,
Le rougeoiement du ciel,
La prière de l’Homme.
  • Un autre :
La voix a appelé, et je suis venue.
Je suis venue, parce que la voix a appelé.
  • Voici le dernier chant qu’elle écrivit après avoir été parachutée dans un camp de partisans en Yougoslavie :
Bénie soit l’allumette qui se consume comme du petit bois dans la flamme.
Bénie soit la flamme qui brûle dans la forteresse secrète du cœur.
Béni soit le cœur assez robuste pour arrêter de battre pour l’honneur.
Bénie soit l’allumette qui se consume comme du petit bois dans la flamme.
  • Les lignes suivantes ont été trouvées dans la cellule d’Hannah après son exécution :
Un - deux - trois... huit pieds de long
Deux enjambées, le repos est sombre...
La vie est un point d'interrogation éphémère
Un - deux - trois... peut-être une autre semaine.
Ou le mois prochain pourra me trouver encore ici,
Mais la mort, je la sens proche.
J’aurais eu 23 ans en juillet prochain.
J'ai joué à ce qui importait le plus, les dés ont roulé. J'ai perdu.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Linda Atkinson, In Kindling Flame: the Story of Hannah Senesh, Beech Tree Books, 1992.
  • Peter Hay, Ordinary Heroes: Chana Szenes and the Dream of Zion, G.P. Putnam's Sons, 1986.
  • Candice F. Ransom, So Young to Die: the Story of Hannah Senesh. Scholastic, 1993.
  • Hannah Senesh et Piercy Marge (avant-propos). Hannah Senesh: Her Life and Diary, Jewish Lights Publishing, 2004.

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Blessed is the Match, the Life and Death of Hannah Senesh, documentaire Katahdin Films.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]