Hank Jones

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Hank Jones

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Informations générales
Naissance 31 juillet 1918
Vicksburg (Mississippi)
Décès 16 mai 2010 (à 91 ans)
Quartier du Bronx à New York
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Musicien de jazz
Pianiste
Pianiste de fosse
Pianiste Soliste
Pianiste de session
Genre musical Jazz modern jazz bebop classique
Instruments Piano, piano électrique, Fender Rhodes, claviers
Années actives 1944 - 2009
Labels Savoy Records, Concord Jazz Records, CBS Records, …
Site officiel www.officialhankjones.com

Hank Jones (de son vrai nom Henry « Hank » Jones) est un pianiste de jazz américain, né le 31 juillet 1918 à Vicksburg (Mississippi) et mort le 16 mai 2010 à Calvary Hospital Hospice dans le quartier du Bronx de New York des suites d'une brève maladie[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Henry Jones est né le 31 juillet 1918 à Vicksburg dans l'État du Mississippi. Ses parents déménageront rapidement après sa naissance avec la perspective d'un nouveau travail dans l'État du Michigan et pour une maison plus spacieuse de 3 étages en brique rouge[2] avec la famille qui s'agrandit rapidement.

Hank Jones est le troisième enfant et premier fils d'une fratrie de six garçons et quatre filles, il avait deux sœurs aînées qui jouaient du piano : « Ma sœur aînée était une enfant prodige du piano dès l’âge de dix ans. Mais elle est morte dans un accident de patins à glace. Ça été un terrible drame pour nous tous[3] ». C'est aussi le frère d'Elvin Jones, batteur historique de John Coltrane, et du trompettiste et arrangeur Thad Jones.

Fats Waller au piano (1938) berce depuis son plus jeune âge l'oreille musicale du jeune Henry Hank Jones

Le père d'Hank est un ouvrier d'usine de voiture et est un membre très actif d'une communauté religieuse baptiste[4]. Sa mère eut fort à faire au foyer avec ses dix enfants à élever et à éduquer et chante régulièrement[2]. À la question « Tes parents écoutaient-ils beaucoup de musique à la maison ? » posé par Jean-Michel Reisser[5] « Beethoven » en août 2006, Hank Jones répondra[3] : « Oh oui. Mon père jouait de la guitare en amateur. Il aimait les gospels, le Blues et la musique religieuse. Il était très religieux. Nous avions des disques et j’écoutais tout ce que je pouvais : Duke Ellington, Fats Waller, Earl Hines, les big bands de Jimmie Lunceford, Benny Carter… et beaucoup de blues[6]. Mes parents ne vivaient pas dans le luxe mais ils s’en sortaient. J’ai commencé à prendre des leçons de piano vers mes dix-onze ans. »

Il passe sa jeunesse et grandit à Pontiac (Michigan) près de Détroit, où sa famille s'est installée. Comme ses dix frères et sœurs[4], il apprendra et étudiera le piano vers 10, 11 ans[3], avec une professeur pianiste et chanteuse. « De ce point de vue, comme la plupart des pianistes afro-américains, ma formation et mon apprentissage sont d'un classicisme absolu », dira-t-il dans une interview au Monde en juillet 2009. En effet, il n'apprend pas le jazz, mais « toute la base indispensable du piano plus la composition ». Grâce à son émérite professeur, il dit avoir « acquis une solide technique classique de l’instrument[3] ».

Extrait (12 sec.) d'une interprétation de Coleman Hawkins de la pièce Honeysuckle Rose de Fats Waller (1934).

Il sera influencé par des pianistes comme Earl Hines, Teddy Wilson ou encore Art Tatum et surtout Fats Waller[3] qui faisait alors un programme radio hebdomadaire. C'est aussi cette époque que le jeune Hank vers 7 h 30 « avait les oreilles collées contre le poste de radio » familial pour écouter les larges diffusions d'enregistrements albums de Fats Waller. Les dimanches, lui et ses frères écoutent les retransmissions radio locales de l'orchestre The Detroit Symphony[2].

À 13 ans, en 1931[2], il commence déjà à jouer pour des bals et des stations de radio locales. Il était payé 30 cents le « gig ». Avec ça, il « s’achetait deux hamburgers. C’était rien mais je le faisais[3]. » Faits que son père, en qualité de diacre de communauté religieuse baptiste désapprouvait totalement[7].

À 15 ans, Hank Jones continue son aventure et commence à se produire dans des boîtes de jazz de Détroit[4].

Vue de Grand Rapids dans l'État du Kent de nos jours

Vers l'âge de 20 ans, autour de 1938, on le retrouve dans des salles et avec des orchestres locaux, aux alentours de Pontiac, sa ville natale, puis dans les États du Michigan et de l'Ohio et avec toujours des groupes locaux à Lansing puis Grand Rapids[2]. Il fait équipe avec le « Territory Band » de Benny Carew[3]. Là, il rencontre alors deux musiciens qui allaient devenir des géants du saxophone ténor Wardell Gray et Lucky Thompson[8] qui l'invite à New York, dans la 52e rue, en 1944 pour travailler à l'Onyx Club avec le trompettiste Hot Lips Page[9]. C'est un soir de cette année 1944, que débarque toujours à l'Onyx Club Ray Brown pour voir jouer Hank avec Hot Lips Page. À l'entracte, Dizzy Gillespie arriva et Jones lui présenta le jeune Ray Brown qu'il engage dès le lendemain pour répéter avec Charlie Parker, Bud Powell et Max Roach[3].

En 1943, à Buffalo, il tourne avec un trio original composé d'un saxophone ténor et d'un contrebassiste. Notre pianiste terminait chaque soir sa prestation vers 23 h 00. Il filait alors prestement à un autre club de jazz, le « McVan’s » où se produisait chaque soir jusqu'à 1 h 00 du matin son idole Art Tatum[3] : « Le regarder jouer ne suffisait pas car ses doigts allaient beaucoup trop vite. Il fallait écouter les harmonies. Ensuite, je commençais à déceler certaines choses. Après écoutes, je reconnaissais certains traits qu’il interprétait et pourquoi il les jouait de cette façon. C’est comme ça que j’ai pu comprendre un tout petit peu ses phrases, sa technique et ses interprétations surhumaines. Je m’essayais juste à côté de lui pour ne rien perdre de ce qu’il faisait ! C’était absolument incroyable ! Il jouait sans effort. Tout coulait d’office. Même encore aujourd’hui, quand je le réécoute, je ne peux toujours pas croire ce que j’entends. Un pur génie[10] ! »

Il se rapproche donc d'Art Tatum, mal-voyant et s'occupe de lui : « Je m’occupais souvent d’Art Tatum : j’allais le chercher chez lui (il vivait dans un hôtel) pour l’emmener au « Three Deuces[11] » car il ne pouvait pas se déplacer seul. »

Affiche d'un spectacle de Hawkins.

Et, c'est à New York, qu'en 1944, il joue avec Andy Kirk[12] et découvre avec Coleman Hawkins, l'un des plus grands saxophonistes de l'époque[13], les musiciens bebop. Il est rapidement attiré par ce nouveau style au point de chercher lui-même à le maîtriser. Jones, en écoutant alors notamment les autres pianistes modernes comme Bud Powell, commence à s'adapter lui-même[2] aux mélodies et aux changements harmoniques qui caractériseront le bebop.

Appelé par John Kirby, Cousin Joe, Howard McGhee, Coleman Hawkins, Andy Kirk, et surtout Billy Eckstine en 1945[14], pour étoffer son le big band[15], il transforme son jeu en expérimentant la créativité ambiante[16] et devient une référence pianistique.

Depuis les nightclubs, les clubs de jazz jusqu'à la scène de Broadway, Jones accompagnera presque tous les artistes majeurs de la scène jazz[2] comme en atteste ce qui suit. C'est le début alors d'une grande et longue carrière professionnelle qui sera récompensée en 2008 d'une National Medal of Arts et en 2009 d'un Grammy Award.

Dizzy Gillespie, Mary Lou Williams, Tadd Dameron, Hank Jones, Milt Orent, Dixie Bailey, and Jack Teagarden, Mary Lou Williams' apartment, New York, N.Y.

Après toutes ces expériences entre 1944 et 1946 dans de nombreux d’orchestres et styles différents, Norman Granz l’appelle[17]. Il vient de fonder son premier label Clef Records. Norman Granz décide d'engager Hank et Ray pour ses « Jazz At The Philharmonic concerts » (JATP) et ils partent en tournées ensemble à l'automne 1947 : ce qui lui offre la possibilité de jouer avec Roy Eldridge, Charlie Parker, et Max Roach[2]. C'est ainsi qu'il enregistra un peu plus tard pour le label de Norman Granz avec Charlie Parker[18] plusieurs sessions en quartet avec Ray Brown à la contrebasse, Shelly Manne ou Buddy Rich à la batterie.

De 1947 à 1952, il devient toujours grâce Ray Brown[19] l'accompagnateur de Ella Fitzgerald[13].

Ella Fitzgerald en 1940

Brown, en homme d’affaires avisé, suggéra à Norman Granz son trio et Ella pour étoffer ses JATP. Il s’occupera de toutes les négociations : contrats, interviews, voyages, etc. du groupe qui devient l'un des ensembles les mieux payés et qui voyagera pendant cinq années sur plusieurs continents, notamment en Grande-Bretagne en 1948 et en Europe en 1952[3]. Cette même année, Ray Brown divorcera d'Ella Fitzgerald au retour d'Europe et cela sonnera, pour Hank et Ray, le glas du trio qui l'accompagna si chaleureusement ces 5 dernières années. Norman Granz restera le manager d'Ella pour laquelle il créera Verve Records en 1955. Ray et Hank doivent se trouver un autre boulot…

Encore en 1952, il rejoint alors Artie Shaw et ensuite travaille avec Johnny Hodges, puis Tyree Glenn[14] Entre 1953 et 1956, il se sédentarise en renonçant aux tournées et signe avec Savoy Records qui lui offrit un « bon contrat[20] » pour devenir le pianiste attitré de ce label de disques. Avec Wendell Marshall (en) ou Paul Chambers à la contrebasse, Kenny Clarke ou Shadow Wilson à la batterie, ils constituaient la rythmique maison que l'on retrouve sur de nombreux albums produits par Onzie Cadena, grand et réel fan de jazz. Il joue avec Kenny Clarke pour enregistrer l'une des toutes premières sessions de Cal Tjader en leader de formation[21].

Hank Jones enregistre son premier album Opus De Funk avec Milt Jackson, Frank Wess, Kenny Clarke et le bassiste Eddie Jones. Ce fut un hit et reste un classique de l’époque[3].

Et c'est ainsi qu'en 1956[14], il rencontre Benny Goodman, leur collaboration s'étendra sur de nombreuses années jusqu'en 1973[7]. On le demande aussi pour enregistrer avec Lester Young, Milt Jackson, Cannonball Adderley et son Julian Cannonball Adderley, et Wes Montgomery.

Ce pianiste au toucher délicat et au phrasé impeccable devient alors un "sideman" très recherché durant les années 1950 et 1960[13].

Il forme ensuite, en 1956, avec Milt Hinton (contrebasse), Osie Johnson (en) (batterie) et Barry Galbraith (en) (guitare), un quartet appelé The New York Rhythm Section[22].

Un des albums qui a marqué le jazz à cette époque, c’est le fameux Something Else avec Cannonball Adderley, Miles Davis, Sam Jones Art Blakey et bien sûr Hank Jones en 1958 dont l'idée revient à Alfred Lyon, le patron de « Blue Note »[3].

Hank Jones a rencontré alors comme il le reconnaitra lui-même plus tard tous les plus grands : « Dizzy, Charlie Parker, Roy Eldridge, « Sweets » Edison, Buddy Rich, Shelly Manne, Jay Jay Johnson, Stan Getz, Lionel Hampton, Lester Young, Bill Harris (en), Benny Carter, Johnny Hodges, Gene Krupa, Buddy DeFranco, Clark Terry, Les Paul, etc.… Tous. ». Une chance extraordinaire dans une vie de musicien dont il est l'un des seuls à pouvoir en faire état.

Columbia Broadcasting System
Le CBS Studio Building, situé dans la 52nd and Madison de New-York City

Il rejoint en 1959 la chaîne CBS où il resta 17 ans, pour devenir le pianiste de leurs shows. Il auditionne et joue avec toutes sortes d'artistes (« chanteurs, danseurs, conteurs, comiques parfois ») et a même travaillé comme pianiste de fosse avec Ray Bloch[2] . Il enregistre aussi des jingles de programmes et des musiques de films. Avec le recul, il considère que ce fut pour lui une grande expérience car il a « encore appris énormément de choses, surtout à devenir un pianiste tout terrain, capable de jouer un maximum de choses avec tous ces gens totalement différents ».

Il participera aussi à un instant demeuré célèbre dans l'histoire de la présidence des États-Unis quand il accompagnera Marilyn Monroe[23] chantant “Happy Birthday” au président John F. Kennedy, qui venait d'avoir tout juste 45 ans, au cours d'une garden-party du mouvement démocrate organisée au Madison Square Garden en mai 1962[7] Ed Sullivan Show… Mais hélas pas le voir[7].

En 1975, la télé CBS se sépare de ses « musiciens maison ». Hank Jones revient sur le devant de la scène du jazz et on l’avait presque oublié…

Jones reprend de plus belle ses activités d'enregistrements, en tant que soliste, en duo avec d'autres pianistes (incluant John Lewis et Tommy Flanagan), ou encore avec différentes sortes de petites formations, la plus connue étant le Great Jazz Trio et dont la demande insistante japonaise en ait l'instigatrice en 1976[24].

Un piano électrique Fender Rhodes Mk II 73

C'est à cette époque qu'il développe une affinité naissante et nouvelle pour les claviers et pianos électriques[2].

Il recommence donc à écumer les clubs de jazz et part au Japon en 1976 pour participer à plusieurs festivals, et notamment celui de Concord Records, où il recevra un accueil chaleureux. Il enchaîne en 1977 sur des tournées européennes et sur l'enregistrement en trio d'un album avec Ray Brown et Jimmie Smith (en) pour le label Concord[3] : il y joue d'anciens standards d’une façon dite « actuelle » au piano électrique Fender Rhodes avec doigté. Cette même semaine, il enregistre aussi deux autres albums dont un avec le guitariste Tal Farlow qui revenait sur la scène après 10 ans d’absence.

The Great Jazz Trio ne s'est produit qu'une seule semaine[3] en live au club Village Vanguard de New York avec ses membres d'origine : Ron Carter[25] et Tony Williams, deux membres du quintette de Miles Davis des années 1960. Tous les albums produits ensuite seront des albums studio.

La comédie musicale à Broadway : ici, le New Amsterdam Theatre en 2003

En 1978, il conduit et interprète la bande originale composée principalement autour de la musique de Thomas Fats Waller pour la comédie musicale de Broadway Ain't Misbehavin' [2] dont le rôle principal est tenu par Irene Cara et qui sera récompensé par 4 Tony Awards dont celui de la meilleure musique[26].

Son talent est internationalement reconnu et il commence à enregistrer de nombreux albums sur des labels français et japonais[2] t Eddie Gomez et Al Foster, puis en 1982 Jimmy Cobb replaça Foster. Le trio enregistre aussi avec d'autres stars invitées comme Art Farmer, Benny Golson, et Nancy Wilson.

Toujours au début des années 1980, Jones devient titulaire au poste de pianiste du Cafe Ziegfeld au centre de Manhattan. Il effectuera en parallèle une tournée au Japon pendant laquelle il joue et enregistre avec George Duvivier et Sonny Stitt.

Toujours dans les années 1980, estimant que l'on pouvait l'entendre sur de nombreux albums, il décide de recentrer sa carrière sur la réalisation d'albums et de projets personnels[7].

Ses projets variés des années 1980 incluent des performances avec les pianistes John Lewis et le désormais vétéran du style bebop né à Détroit Tommy Flanagan qui, en interview dans Jazz Spoken Here, qualifiera Jones comme étant « un grand pianiste de solo » et « un grand accompagnateur »[2].

En 1989, le National Endowment for the Arts[27] (et) [28] lui décerne la qualité et le titre de Jazz Master, la plus prestigieuse récompense de la nation américaine en matière de jazz[29].

En 1995, il va aller à la rencontre de la musique mandingue en enregistrant en compagnie du Malien Cheikh Tidiane Seck[13] aux claviers l'album de World music Sarala.

Charlie Haden en concert en 1990

Considéré comme musicalement versatile, il enregistrera l'album Steal Away fait de chants religieux (spirituals), de chansons folk et d'hymnes en duo avec le contrebassiste Charlie Haden[7]. Des concerts du même tonneau suivront…

Il sera également introduit au prestigieux International Jazz Hall of Fame[30] de l'ASCAP qui lui a décerné un Hall of Fame's Jazz Living Legend Award en 2003.

En 2006, Hank Jones avoue au journaliste Jean-Michel Reisser à qui il se livrera en interview, « jouer plus que jamais », surtout à son âge. « Tous les jours, deux à trois heures, après le petit déjeuner ». Il s'exerce : « les gammes majeurs, mineurs, altérées, des arpèges dans les douze tons les deux mains ensemble à l’octave, des arpèges brisés, des gammes brisées ». Il concèdera « ne travailler jamais l’improvisation » : « Cela doit être spontané et jamais répétitif. J’ai deux pianos à la maison. Un piano droit situé en bas des escaliers et un Baldwin en haut ». Toujours au même journaliste, en réponse la question « Dans les années 1940 et 50, beaucoup de musiciens sont morts dû aux drogues. En as-tu pris ? », il confesse : « Jamais[31]. Quand j’ai constaté les dégâts que cela causait, je me suis tenu hors de toutes ces horreurs : je ne bois pas, ne fume pas, fais attention à ce je mange. C’est sûrement à cause de cela que je suis encore en vie aujourd’hui. Même si Stan Getz, Miles ou Sonny Stitt sont morts plus tard, ils ne sont pas venus très vieux. Un vrai gâchis. ».

Hank Jones passe enfin les dernières années de sa vie à New York dans le Upper West Side de Manhattan. Il a également une maison à Hartwick (en) (État de New-York)[7]. L'album You Are There, sur lequel il se produit en duo avec la jeune chanteuse italo-américaine Roberta Gambarini à qui il donne la réplique[13] sort en 2007. Deux ans auparavant, on retrouvait Hank Jones sur le disque For My Father (2005) avec le bassiste George Mraz et le batteur Dennis Mackrel (en), ainsi que sur l'album de Joe Lovano : Joyous Encounter (2005).

Bien que la pensée d'une retraite méritée lui ait traversé l'esprit, à 87 ans, Jones reste très resté, concerts dans le monde entier, enregistrements multiples et enseignement en classe de maîtrise de jazz (jazz master classes) d'écoles diverses, comme l'université Harvard et l'université de New York[14].

Il enregistre aussi avec le pianiste Brad Mehldau et le Montreal Jazz Festival 2008 présentera Hank[32] dans un extraordinaire duo concert avec Brad Mehldau : c'était comme s'ils dansaient l'un avec l'autre d'une danse parfaite[33].

Toujours très actif pour son grand âge, il donne encore en 2009 une série de concerts en Europe notamment au festival Jazz à Vienne, au festival de Jazz à La Villette à Paris, à Genève, en République tchèque et à Istanbul[1].

En juillet 2009, on retrouve ainsi Hank Jones toujours aussi dynamique jouant au Jazzaldia Festival de Saint-Sébastien en Espagne[34].

Cheikh Tidiane Seck, à quelques jours des retrouvailles entre de ces deux musiciens dans le cadre du festival Jazz à La Villette 2009, dira à propos d'Hank Jones[13] : « Pour moi, Hank représente l'essence de l'humilité. Sur le disque, il est là sans prétention, mais il apporte beaucoup. Hank montre qu'on peut jouer en restant soi-même, tout en sonnant différemment ».

En février 2010, il était encore en tournée au Japon[7].

Atteint d'un cancer à la prostate qui n'est cependant pas la raison de son décès[1], selon son imprésario Jean-Pierre Leduc, et souffrant depuis le mois de mars, il s'éteint le dimanche, 16 mai 2010, à Calvary Hospital Hospice dans le quartier du Bronx de New York où il était hospitalisé[7].

Hank Jones devait revenir en Europe cet été 2010, avec notamment à son programme un concert en juillet, au festival Jazz à Beaupré, à Saint-Cannat près d'Aix-en-Provence[13]. Il devait également se produire au prestigieux club de jazz Birdland à New York, la semaine suivant sa disparition[14], mais, les médecins inquiets de son état de santé, ne lui donneront pas l'autorisation d'envisager ce dernier départ[7]

Pleased to Meet You, des enregistrements avec le pianiste Oliver Jones forment le dernier album publié de son vivant, selon Jean-Pierre Leduc[29]. Juste avant sa mort, il avait enregistré un duo en artiste invité avec la vocaliste Hilary Kole, qui doit sortir en août 2010 sur le label Justin Time Records (en). Son dernier enregistrement est un album de duos avec le contrebassiste Charlie Haden, à paraître en 2010 chez Universal France[14].

Il a été marié à Theodosia Hank à laquelle il survivra de nombreuses années comme à un certain nombre de ses neveux et nièces.

Reconnaissance professionnelle[modifier | modifier le code]

La National Medal of Arts

Renchérissant de superlatifs, les critiques professionnels estiment unanimement qu'Hank Jones possède un toucher pianistique exceptionnel : talent dont il a toujours douté lui-même[7].

Pendant près de 35 années, il fut un homme de l'ombre étant principalement un sideman d'albums[7] le plus notablement avec Ella Fitzgerald.

Ses compères musiciens admirent son imagination, sa versatilité musicale et son style particulier, qui mélange avec tact, l'urbanité et la conduite rythmique des pianistes d'Harlem, la dextérité d'Art Tatum et l'harmonie de style du bebop[7].

Décrivant l'habileté d'Hank Jones à interpréter une large variété de styles musicaux, un critique musical ira jusqu'à écrire dans la revue Down Beat[2] : « L'énigme d'Hank Jones est simple, il n'est pas seul : il y a Jones le pianiste classique; Jones le pianiste bopper; et Jones le pianiste modern jazz. »

Jean-Pierre Leduc, depuis de longues dates le dernier manager d'Hank Jones et représentant la maison de disques Justin Time Records (en) rapporte à sa disparition : « Aujourd'hui, nous célébrons son esprit, son cadeau, sa joie, sa sagesse et son amitié. Hank a vécu et a respiré la musique qu'il jouait et n'était jamais loin d'un clavier, même à la fin. Son incroyable explosion de productivité quelques ces dernières années (les concerts, des enregistrements, des collectes de fonds…) était sans précédent et vraiment remarquable. »[7].

Reste de lui l'image d'un artiste talentueux, accompli, efficace, simple et discret…

Hank Jones à propos de lui-même et du jazz[modifier | modifier le code]

  • « Il faut se remettre en cause à chaque instant, c'est à ce prix que l'on connaît l'indispensable sérénité de l'improvisation », disait-il dans une interview donnée en juillet 2009 au quotidien français Le Monde, avouant ne pas aimer les termes de jazz ou de be-bop[4] (et) [37] , un genre où il s'est particulièrement illustré, car ces étiquettes « manquent de respect pour l'art qu'elles désignent ».
L'idole d'Hank Jones : Art Tatum dans le film The Fabulous Dorseys (1947)
  • À la question du même journaliste du journal Le Monde qui lui demandait s'il se considérait comme un géant du jazz, il répondait: « Non, peut-être en suis-je un nain appliqué ».
  • « C’est là que j’y ai rencontré Art Tatum. Je le connaissais déjà à travers ses disques et c’était mon idole. La première fois que je l’ai entendu, je croyais qu’ils étaient deux pianistes, Art et Tatum ! Quand j’ai su que c’était qu’un seul homme qui jouait ainsi, je ne pouvais pas le croire. » Hank Jones - Propos d'interviews d'août 2006[3].
  • « En 1949, Charlie Parker me demanda de faire partie de son groupe. J’ai refusé. Je pensais que je ne serais pas à la hauteur. Puis, à la suite de « Something Else », Miles me demanda aussi de rejoindre son quintet. J’ai également décliné l’offre pour les mêmes raisons. » Hank Jones - Propos d'interviews d'août 2006[3].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Hank Jones a déclaré en interview[38] à propos de Thelonious Monk : « Un jour, il me dit : « viens à la maison, j’ai quelque chose à te montrer ». Je pensais qu’il allait me dévoiler certains de ses secrets. Il s’assit au piano et me demanda de relever ce qu’il allait jouer. C’était une toute nouvelle composition. Il me dit : «note le titre : « Monk’s Mood ». Je l’ai écrit exactement comme il me l’a interprété[39]. »

Discographie[modifier | modifier le code]

Le pianiste Hank Jones reste l’un des musiciens les plus prolifiques de toute l’histoire de l'enregistrement grâce à une carrière exceptionnellement longue. Elle débute en 1944 en enregistrements sonores pour s'étendre jusqu'à février 2010, date de sa dernière tournée au Japon. Il a enregistré environ 780 albums en tant que sideman et plus de 150 en leader[3]… Le choix reste donc extrêmement vaste dans son immense discographie.

Hank Jones, leader[modifier | modifier le code]

Hank Jones, en solo[modifier | modifier le code]

Hank Jones, sideman[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Une sélection d'albums Hank Jones par Hank Jones[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Archives Médias[modifier | modifier le code]

  • (fr) Open jazz par Alex Dutilh : Hommage à Hank Jones[40] - Émission du lundi 17 mai 2010 de 19h10 à 20h diffusée sur France Music.
  • (en) New York Times : Hank Jones, Versatile Jazz Pianist, Is Dead at 91[7] - Article de Peter Keepernews paru le 17 mai 2010.
  • (en) The New Yorker : The Dean : Listening to Hank Jones[41]. - Article de Whitney Balliett publié le 15 juillet 1996.
  • (en) The New Yorker : Autumn in New York : Hank Jones’s late-flowering mastery[42]. - Article de Gary Giddins publié le 4 juin 2007.
  • (en) Fresh Air : Interview d'Hank Jones en 2005[43] - Par Terry Gross sur Fresh Air Prononciation du titre dans sa version originale [[Media:{{{1}}}|Écouter]]
  • (en) Times Newsline : Jazz legend Hank Jones Dies At 91[44] - Publié le 18 mai 2010.
  • (en) New York Daily News : Hank Jones, world-class jazz pianist and Marily Monroe accompaniest, dies at age 91[45] - Article de David Hinckley paru le 17 mai 2010 avec accès à la vidéo dHappy Bithday, Mister President (2:11) .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Cf. Décès du pianiste de jazz américain Hank Jones (dépêche AFP) consultation du 17 mai 2010.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Cf. La biographie d'Hank Jones sur Musicguide.com consultation du 19 mai 2010.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p et q Cf. Biographie et interview d'Hank Jones sur cosmopolis.ch consultation du 18 mai 2010.
  4. a, b, c et d Cf. Romandie News - Décès du pianiste de jazz américain Hank Jones à l'âge de 91 ans consultation du 18 mai 2010.
  5. Jean-Michel Reisser est une personnalité connue du monde du jazz notamment pour la rédaction de notes de pochettes et de liner-notes. Il est aussi surnommé « Beethoven ».
  6. Cela fait référence aux origines familiales du Mississippi (voir son lieu de naissance).
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Cf. Hank Jones, Versatile Jazz Pianist, Is Dead at 91 consultation du 18 mai 2010.
  8. Injustement oubliés de l'histoire du jazz de cette époque.
  9. Hank Jones réalisa ses premiers enregistrements sous le nom de Hot Lips Page avec son ami le sax ténor Lucky Thompson en novembre 1944. (références : OJC Classics 809 et 950).
  10. Propos d'interview extraits de Hank Jones ou l'homme aux clefs d'or - Interview d'Hank Jones sur cosmopolis.ch recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser "Beethoven" - août 2006 consultation du 18 mai 2010.
  11. Club de Jazz.
  12. « Quel magnifique leader et homme. J’en garde un souvenir éclatant. » Hank Jones (août 2006), propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  13. a, b, c, d, e, f et g Cf. Décès du pianiste de jazz Hank Jones - Article du quotidien Le Figaro du 17 mai 2010 consultation du 18 mai 2010.
  14. a, b, c, d, e, f, g et h Cf. Hank Jones R.I.P. consultation du 19 mai 2010.
  15. Avec Fats Navarro à la trompette.
  16. « Une époque bénie pour gagner en expériences car la créativité musicale était partout. J’y étais bel et bien, je n’ai pas rêvé. » Hank Jones (août 2006), propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  17. « Je sais que c’est Ray Brown qui était derrière tout ça… » Propos du journaliste Jean-Michel Reisser lors son interview avec Hank Jones en août 2006.
  18. « Un vrai génie sans égal et certainement le musicien qui m’a le plus impressionné. » Hank Jones (août 2006), propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  19. « Un jour, je reçois un téléphone de Ray, m’invitant à jouer chez lui avec Ella Fitzgerald. Je fus engagé sur-le-champ. En fait, Ray avait un plan, comme toujours d’ailleurs. Il désirait fonder son trio et il me voulait absolument. Venant de se marier avec Ella, il vira son pianiste attitré, pas très fiable, pour m’y mettre. Être le pianiste d’Ella ? Mon Dieu, c’était inespéré. Le batteur était Charlie Smith, grand spécialiste des balais, peu reconnu et qui décéda jeune (5a). C’était le Ray Brown trio plus Ella Fitzgerald. » Hank Jones (août 2006), propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser. Voir album : Ella Fitzgerald & Ray Brown « Royal Roost Sessions » - Label Cool and Blue 112 (1948).
  20. Dixit Hank Jones (août 2006), propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  21. Il enregistre une session sur le deuxième LP 10" du jeune vibraphoniste Cal Tjader Cal Tjader Vibist avec Al McKibbon (contrebasse) et Kenny Clarke (Batterie) : formation alignée le 21 octobre 1953 à San Francisco (Californie).
  22. Album « The New York Rhythm Section » Fresh Sound 371
  23. Cf. Article Remembering Hank Jones, The Dean Of Jazz Pianists consultation du 19 mai 2010.
  24. « Les Japonais m’ont approché avec cette idée. Ron Carter et Tony Williams étaient déjà engagés. J’avoue avoir été très surpris qu’ils aient pensé à moi car je trouvais que mon jeu était très loin de leur style. Tony Williams était flamboyant et avait six ou sept toms différentes. Il jouait beaucoup, très fort et souvent seul. Il n’avait pas du tout l’habitude du trio. Je crois que c’était une de ses premières réelles expériences dans ce contexte. Il a fallu beaucoup répéter, ajuster un tas de choses pour que nous nous entendions. Travailler en trio requiert d’autres différents éléments que de travailler en big band ou en quintet. C’est à part. » Hank Jones (août 2006), propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  25. Il travailla souvent avec les trios de Barry Harris ou de Junior Mance entre autres.
  26. a et b Cf. Ain't Misbehavin' (en) .
  27. a et b Cf. (en) National Endowment for The Arts Archives du New York Times du 13 mai 2009. Consultation du 18 mai 2010.
  28. Cf. 1989 NEA Jazz Master consultation du 19 mars 2010.
  29. a et b Cf. Grammy-winning jazz pianist Hank Jones dies at 91 - Article de Ula Ilnytzky (Associated Press) publié par le Mercury News consultation du 19 mars 2010.
  30. a et b Cf. Jazz master Hank Jones dies Article de The Sydney Morning Herald du 19 mai 2010 consultation du 19 mai 2010.
  31. Charlie Parker est venu trouver Ray Brown, Milt Jackson, Shelly Manne et Hank Jones et les avait menacés de leur casser les dix doigts et les jambes s'ils touchaient à cette saloperie. Cf. Hank Jones (août 2006), « Hank Jones ou l'homme aux clefs d'or » - Propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  32. Cf. Hank Jones, notre bonne étoile consultation du 19 mai 2010.
  33. Cf. Article Saluting Hank Jones, Jazz's Great Gentleman (Part One Of Two) - Par Becca Pulliam consultation du 19 mai 2010.
  34. (en)The Late Pianist Hank Jones On NPR, consulté du 19 mai 2010.
  35. Cf. Site officiel d'Hank Jones consultation du 19 mai 2010
  36. Cf. Hank Jones - ASCAP Jazz Living Legend Award 2003 consultation du 19 mai 2010
  37. « Je n’ai jamais aimé le terme « be-bop» que l’on donna à cette forme de musique. Cela ne décrit pas la musique qui fut créée. En plus, le terme déprécie ce genre musical car, pour tout celui qui veut bien le jouer sait que c’est très, très difficile. Pas mal de musiciens ont dénigré ce style car ils ne pouvaient tout bonnement pas le jouer. Trop difficile. Ils étaient jaloux !…J’utiliserais le mot de « musique innovatrice ». Tout comme le mot « jazz », je le trouve péjoratif et pas du tout adapté à notre musique. Certains aujourd’hui tirent partis de ce mot pour en faire de la soi-disant bonne publicité. Je regrette mais, pour beaucoup de gens, quand vous prononcez ce terme dit « jazz », il y a une connotation très négative. » Hank Jones (août 2006), propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  38. Propos recueillis par le journaliste Jean-Michel Reisser.
  39. Cf. album Master Class - 32 Records 32022, 1977-1978.
  40. Cf. Hommage à Hank Jones
  41. Cf. Article : The Dean : Listening to Hank Jones. consultation du 19 mai 2010.
  42. Cf. Article : Autumn in New York : Hank Jones’s late-flowering mastery. consultation du 19 mai 2010.
  43. Cf. interview audio consultation du 19 mai 2010.
  44. Cf. Jazz legend Hank Jones Dies At 91 consultation du 19 mai 2010.
  45. Cf. Hank Jones, world-class jazz pianist and Marily Monroe accompaniest, dies at age 91 consultation du 19 mai 2010.

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