Halles centrales de Reims

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Halles centrales (Reims))
Aller à : navigation, rechercher
Halles centrales
Vue intérieure avec la séparation de la voûte par deux lignes de vitres créant cette ambiance jaune.
Vue intérieure avec la séparation de la voûte par deux lignes de vitres créant cette ambiance jaune.
Présentation
Nom local Halles du Boulingrin
Période ou style Architecture moderne
Architecte Émile Maigrot
Date de construction 1927 - 1929
rénovation : 2010 - 2012
Dimensions de la voûte 38 m. de large pour 19,85 m. de haut
109 m de longueur
Destination initiale marché couvert
Propriétaire mairie de Reims
Destination actuelle marché tri-hebdomadaire
événements culturels et sportifs
Protection Logo monument historique Classé MH (1990))
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Marne
Commune Reims
Localisation
Coordonnées 49° 15′ 38″ N 4° 01′ 55″ E / 49.260429, 4.03199949° 15′ 38″ Nord 4° 01′ 55″ Est / 49.260429, 4.031999  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Halles centrales

Les Halles centrales, dites Halles du Boulingrin, abritent un marché couvert, situé en limite nord du centre-ville de Reims.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Situées près de la porte Mars, les Halles sont situées sur un ilot formé par les rues du Boulingrin, du Temple, de Mars et Olivier-Metra. Sur une base rectangulaire de 49 m par 109 m, les murs de béton d'une épaisseur de 7 cm se rejoignent en leur centre, formant une parabole surplombant les étals à 19,85 mètres de hauteur pour une portée de 38,26 mètres soutenue par un vaste ensemble de murs porteurs extérieurs. Ces murs sont posés sur 274 pieux de béton. L'accès est facilité grâce à deux larges portails - un à chaque extrémité longitudinale - complétés par quatre « portes » latérales portant le nom de rivières environnantes (la Suippe, la Marne, la Vesle et l'Aisne). Les portes sont traitées en ciment poli vert d'eau, le Lap. Les portes sont reliées deux par deux avec une baie vitrée qui coupe ainsi le vaisseau en trois parties. Toutes ces baies sont habillées de panneaux de verre qui diffusent une lumière jaune.

L'organisation intérieure se répartit en une promenade haute desservie par un escalier sur pilotis central, le tiers est surélevé d'un mètre accueillant le marché de gros, la partie ouest avec des cellules en dur pour certains commerçants à demeure et une partie centrale ouverte.

Un an après son ouverture, des fuites sont détectées et, en 1942, des morceaux de béton se détachent de la voûte et nécessitent la pose d'un grillage de protection en 1959[1]. L'expertise de Freyssinet en 1957 conclut à un vieillissement prématuré et une condensation excessive sur l'intrados induit par un manque de ventilation.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Halles sont nées à la suite d'un concours d'architecture ouvert en 1922 pour la construction d'un marché de gros et de détail dans le cadre du plan de reconstruction de Georges B. Ford. Elles remplacent l'ancien bâtiment détruit pendant la Première Guerre mondiale qui se trouvait place du Forum. Le 4 mai 1923, le projet de l'architecte Émile Maigrot est retenu par la municipalité, il sera réalisé de 1927 à 1929 par l'entreprise Claude Limousin, désignée en 1926, dont le directeur technique est Eugène Freyssinet, qui met au point un procédé de « coffrage-décoffrage sur cintre glissant » particulièrement adapté à la morphologie du bâtiment. L'ouverture du bâtiment aura lieu le 30 octobre 1929.

L'édifice, qui résiste à la Seconde Guerre mondiale, est désaffecté en 1988 pour raisons de sécurité et la municipalité envisage alors sa démolition. Sous l'impulsion de Jack Lang, alors ministre de la Culture, les Halles sont classées aux Monuments historiques par décret du 9 janvier 1990[2] alors qu'une importante mobilisation populaire avait vu le jour.

Rénovation[modifier | modifier le code]

Dès 1991, des études sont menées afin de définir la restauration[3] puis le futur de l'ouvrage. Ce dernier, tombé en décrépitude et abandonné à son sort, est ouvert à tous les vents. Certains commencent alors à parler d'une « verrue » en plein cœur de Reims, qu'il aurait mieux valu raser. Plusieurs projets sont constitués, allant de la simple réinstallation du marché hebdomadaire, qui se tient sous une tente sur le parking adjacent, à l'extension du bâtiment sur cette place avec construction d'un parking en ouvrage, afin d'y déplacer le Musée des Beaux-Arts. Après plusieurs effets d'annonce contradictoires, le projet architectural porté par l'architecte en chef des monuments historiques François Châtillon a été adopté fin juin 2007 par l'ancienne équipe municipale de Jean-Louis Schneiter et les études lancées en octobre 2007. Fin mai 2008, le nouveau maire Adeline Hazan annonce une ouverture prévue pour le 14 février 2012. Le projet vise à restaurer l'aspect initial du bâtiment tout en le renforçant. Les travaux, d'un cout estimé à 31 millions d'euros (dont 8,3 financés par l'État et 0,3 par la région Champagne-Ardenne), ont débuté en février 2010. 2 150 pavés de verres pour un espace vitré de 900 mètres carrés, des carrelages et aux faïences ils ont été confiés à la société Céramique du Beaujolais, l'entreprise qui les avait fabriqués à l'origine. L'étanchéité a été refaite par l'extérieur tout en respectant l'aspect mat du ciment.

L'inauguration des halles centrales a eu lieu le vendredi 14 septembre 2012, dans le cadre des journées du patrimoine[4]. Le premier marché s'est tenu le vendredi 21 septembre[5].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Fouilles[modifier | modifier le code]

Dans le cadre d'un réaménagement à vocation culturelle à plus long terme du quartier, les Halles accueilleront également en leur extérieur des cellules commerciales fixes destinées à des cafés, donnant sur une rue du Temple rendue aux piétons ; le futur musée de Reims sera ouvert sur l'espace qui accueille le parking actuel. Des fouilles préventives furent réalisées et mirent à jour la porte médiévale de Mars. Les remparts et la porte devraient faire partie du prochain musée.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Vues des halles avant rénovation[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Réutilisation[modifier | modifier le code]

Actuellement les halles ont retrouvé leur usage de marché les mercredis, vendredis et samedis, elles sont aussi des lieux d'activités culturelles : expositions, concerts...

En architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture des halles a inspiré celle du marché couvert de Villefranche-sur-Saône[6].

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Thibault, Reims et ses quartiers, Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan Sutton, coll. « Mémoire en image », 2007, 207 p. (ISBN 978-2849105993).
  2. « Halles centrales », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Les halles du Boulingrin entre tradition et modernité, octobre 2007 site www.culture.gouv.fr, consulté le 18/02/2014.
  4. Les Halles du Boulingrin (Reims) restaurées, Jonathan Truillet, septembre 2012 site www.culture.gouv.fr, consulté le 18/02/2014.
  5. « Les halles du Boulingrin rouvrent demain », sur lunion.presse.fr, L'Union,‎ 20 septembre 2012 (consulté le 21 septembre 2012).
  6. « Tant que durera le marché de Villefranche », sur villefranche.net (consulté le 18 janvier 2014).