Hakubun Shimomura

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Hakubun Shimomura en 2010.

Hakubun Shimomura (下村 博文, Shimomura Hakubun?), né le 23 mai 1954) est un homme politique japonais. Il est membre du Parti libéral-démocrate (PLD). Il est ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie depuis le 26 décembre 2012. Le 13 septembre 2013, il a été nommé Ministre responsable des Jeux olympiques et paralympiques de 2020[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Takasaki (préfecture de Gumma) dans une famille pauvre, Shimomura a étudié la pédagogie à l’Université Waseda, où il faisait partie du Club de débats[2]. Pendant ses études, il a géré un juku (une école de cours du soir)[3].

De 1989 à 1996, il a été Conseiller métropolitain de Tōkyō pour l'arrondissement d'Itabashi. En 1996, il est élu pour la première fois à la Chambre des Représentants pour le 11e district de Tōkyō, sous les couleurs du Parti libéral-démocrate (PLD), grand parti dominant la vie politique japonaise depuis sa création en 1955. Il adhère à l'une des plus importantes factions internes du parti, le Conseil pour la nouvelle politique (清和政策研究会, Seiwa Seisaku Kenkyūkai?), ou Seiwakai (清和会?).

Il est membre du gouvernement, sans faire partie du Cabinet, en tant que secrétaire parlementaire auprès du ministre de la Justice Mayumi Moriyama du 8 janvier au 30 septembre 2002, dans le premier gouvernement de Jun'ichirō Koizumi. Il est ensuite l'un des Secrétaires généraux adjoints du premier Cabinet de Shinzō Abe du 26 septembre 2006 au 27 août 2007, chargé tout particulièrement des affaires politiques et des relations avec la Chambre des représentants. Il est ensuite président de la commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants de 2007 à 2008.

Le 26 décembre 2012, il est devenu ministre de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie et chargé de la Réhabilitation de l'éducation dans le second cabinet de Shinzō Abe[4], dont il est un des plus fervents partisans[5].

Idées politiques[modifier | modifier le code]

Révisionnisme historique[modifier | modifier le code]

Comme quinze des dix-huit membres du Cabinet de Shinzo Abe (dont le Premier ministre lui-même), Shimomura est "membre du Groupe de discussion sur le Nippon Kaigi à la Diète, affilié au Nippon Kaigi (Japan Conference), la principale organisation d'extrême droite au Japon"[6],[7]. Secrétaire général de ce Groupe de discussion, il milite ouvertement pour l'ensemble de ses missions, en particulier en matière de révisionnisme historique:

  • milite pour la négation des crimes de guerre japonais et la révision des conclusions des Procès de Tokyo[8]. Il est connu pour ses positions controversées sur les femmes de confort. D’après lui, l’armée japonaise n’est pas intervenue dans le recrutement d'esclaves sexuelles à travers l'Asie pour ses bordels pendant la seconde guerre mondiale[9].
  • milite pour une éducation patriotique et une révision des textes scolaires, et contre une "vue masochiste de l'histoire"[6]. Il a également déclaré que les 67 années qui ont suivi la défaite du Japon en 1945 représentent une « histoire de destruction du Japon »[10] et qu'elles ont vu un déclin des valeurs morales de la population[11].
  • milite pour les visites du controversé sanctuaire Yasukuni[12]. Selon ses dires, Shimomura est un visiteur régulier.
  • milite pour la revendication de territoires disputés avec les nations voisines. Shimomura est aussi actif dans la controverse des Iles Senkaku. Il fit partie d’une flotille de parlementaires japonais qui s’approcha des îles en juin 2012[13].

Autres[modifier | modifier le code]

Shimomura est par ailleurs un opposant déclaré à l’accès des femmes au trône du Japon[14].

En matière de politique étrangère, après avoir rencontré le dalaï-lama, Shimomura s’est prononcé en faveur d'un rôle plus actif du Japon pour la défense des droits de l'homme au Tibet[15].

Shimomura considère que le tremblement de terre du 11 mars 2011 est un signe divin qui montre qu’il faut changer le Japon, autrement menacé de perdition[16].

Pour Shimomura, le Japon devrait relancer les centrales nucléaires éteintes après l'accident de Fukushima en mars 2011, si l'absence de risques est établie, afin que des activités économiques ne soient pas délocalisées hors du pays[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Shimomura put in charge of 2020 Olympic plans, Jiji Press (The Japan News) 14/9/2013.
  2. D. Daimon, Students schooled in politics, not apathy, Japan Times 16/6/2000.
  3. PROFILE: Education minister Shimomura known as historical revisionist, Kyodo News 26/12/2012
  4. Abe elected premier, launches Cabinet, The Yomiuri Shimbun Dec. 27, 2012.
  5. Big Talk 257, Apple Town Décembre 2012 (interview de Habukun Shimomura par Toshio Motoya)
  6. a et b Muneo Narusawa, "Abe Shinzo: Japan’s New Prime Minister a Far-Right Denier of History", The Asia-Pacific Journal, Vol 11, Issue 1, No. 1, January 14, 2013
  7. "Abe’s reshuffle promotes right-wingers" (Korea Joongang Daily - 2014/09/05)
  8. PROFILE: Education minister Shimomura known as historical revisionist, Kyodo News 26/12/2012; Big Talk 257, Apple Town Décembre 2012 (interview de Habukun Shimomura par Toshio Motoya); voir Keita Takayama, Michael W. Apple, The cultural politics of borrowing: Japan, Britain, and the narrative of educational crisis, British Journal of Sociology of Education 29, 3 (2008), p. 289–301, p. 293.
  9. International Business Times Japan's Emperor Akihito Banned in Sex Slave Row with South Korea August 16, 2012; Abe protege urges 'objective' look at sex slave apology, draws flak, Kyodo (Japan Times) 27/10/2006.
  10. Big talk 257: « The 67 years since the end of World War II have been a history of Japan’s destruction.”
  11. a et b M.Ito, Rightwing minister seeks to radically revamp education system, Japan Times 30/12/2012.
  12. Minister reveals visit to Yasukuni Shrine, Jiji Press 3/8/2013.
  13. W. Chenyan, Tensions may rise over islands, China Daily 11/6/2012.
  14. M. Ito, Foes of female reign bask in prince's birth, Japan Times 4/1/2007.
  15. Hakubun Shimomura, Tibetans Need an Assertive Japan, Speaking Out #109 3/10/2011.
  16. Big Talk 257 : « Last year’s Great East Japan Earthquake was a divine revelation, showing that Japan will be crushed if things don’t change.”

Lien externe[modifier | modifier le code]