Hackamore

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Cheval portant un hackamore classique, ou bosal

Un hackamore est un type particulier de bride permettant de contrôler les chevaux pour l'équitation, et qui n'a pas de mors. Il est composé d'une muserolle qui travaille par points de pression sur la tête du cheval, sur le chanfrein et le menton. Il ne passe pas dans la bouche et permet à l'animal de s'abreuver et de se nourrir sans être gêné.

Il est le plus souvent associée à l'équitation western et d'autres styles dérivés des traditions espagnoles, et se rencontre parfois dans des disciplines telles que le saut d'obstacles et certaines phase du concours complet d'équitation. Les différents hackamore sont aussi très populaires pour l'endurance et la randonnée équestre. Bien que généralement utilisés pour le dressage des jeunes chevaux, ils sont équipés sur des chevaux adultes ayant des problèmes dentaires qui rendraient l'usage d'un mors douloureux, et sur des chevaux dont les blessures à la bouche ou la langue seraient aggravées par un mors. Certains cavaliers les utilisent en hiver pour éviter de mettre un morceau de métal gelé dans la bouche du cheval.

Il existe de nombreux styles de hackamores, mais le plus classique comporte une muserolle dite bosal, il est parfois lui-même appelé « bosal » ou « hackamore bosal ». Il s'emploie avec des rênes en corde particulières appelées mécates. On peut y ajouter un système stabilisant sous la gorge, appelé fiador, qui s'accroche au hackamore par le frontal. D'autres modèles aux muserolles plus lourdes sont également appelés hackamores, bien que certains modèles sans mors avec des muserolles plus légères fonctionnant par tension plutôt que sur le poids soient appelés bride sans mors. Une muserolle avec des tiges et une gourmette pour ajouter un effet de levier est appelé hackamore mécanique, mais n'est pas considéré comme un véritable hackamore.

Un hackamore peut être doux ou dur, selon la main du cavalier. Une opinion populaire veut que le mors soit cruel et le hackamore plus doux. En vérité, le cheval possède une tête sensible dotée de nombreuses terminaisons nerveuses. La mauvaise utilisation d'un hackamore peut lui causer des douleurs et des gonflements du nez et de la mâchoire. Un mauvais ajustement combiné à une utilisation brutale peut causer des dommages aux cartilages du chanfrein du cheval, ou même briser les os fins qui protègent les voies nasales.

Étymologie et histoire[modifier | modifier le code]

Détail sur une rêne mécate en nylon attachée à un bosal.

le mot « hackamore » est issu de l'espagnol jáquima, signifiant têtière ou licol, lui-même issu du vieil espagnol xaquima[1]. les Espagnols ont eux-mêmes repris le nom de l'arabe šakīma, (mors), depuis šakama (brider)[2]. Le premier hackamore est sûrement un morceau de corde placé autour de la tête du cheval, peu de temps après sa domestication, environ quatre millénaires avant notre ère[3]. Les premières tentatives de contrôle du cheval par ce type de système ont peut-être été adaptées de celles déjà existantes pour les chameaux[4].

Au fil du temps, des moyens de contrôle plus sophistiqués utilisant la pression sur le nez et le chanfrein ont été développés. Les Perses ont, dès le règne de Darius, en 500 avant J-.C., été l'une des premières cultures connues pour utiliser une épaisse muserolle tressée qui aide le cheval à regarder et se déplacer dans la même direction[4]. Ce dispositif, appelé « hakma », a ajouté une troisième rêne au nez, et était une innovation[4]. La troisième rêne est ensuite déplacée du haut de la muserolle vers le dessous du menton[5], selon un système proche de l'actuelle rêne mécate utilisée avec le hackamore type bosal. Les techniques d'entraînement affinées par les Perses influencent les travaux du commandant militaire Grec Xenophon[6].

Le hackamore est connu depuis l'Antiquité grecque, il est ensuite récupéré par les Byzantins au Moyen Âge, puis par les arabes musulmans qui l'emploient lors de la conquête de l'Espagne. Dès lors adopté par les conquistadores espagnols, le hackamore gagne les Amériques. Il n'est utilisé en France que depuis la seconde moitié du XXe siècle, parallèlement au développement de la randonnée équestre[7].

Description[modifier | modifier le code]

Les hackamores mécaniques s'utilisent en rênes d'appui, car en rêne d'ouverture, les parties métalliques s'enfoncent dans la joue du cheval, lui causant une douleur désagréable. La puissance de son effet de levier dépend de la longueur des tiges, plus elles sont longues, plus le hackamore est sévère. Ils s'utilisent le plus souvent avec un filet de type western[8].

Bosal[modifier | modifier le code]

Un bosal avec une mécate en crins de cheval et un fiador en corde de nylon blanche.

Plus doux que le hackamore mécanique, le bosal consiste en un anneau de cuir tressé terminé par une boule et se place au-dessus du nez, les rênes étant fixées au-dessous[8].

Hackamore mécanique[modifier | modifier le code]

Cheval Haflinger portant un hackamore mécanique.

Le hackamore mécanique est un anneau de direction prolongé par deux tiges de métal, au bout desquelles sont fixées les rênes[8]. Le tout est maintenu par des lanières de cuir qui entourent la tête du cheval.

Emploi[modifier | modifier le code]

Un hackamore doit être employé avec précautions puisqu'il s'appuie sur des os fragiles du chanfrein du cheval. Les différents types de hackamores, bosals et side-pulls, agissent sur la tête et non la bouche, ce qui les rend moins fins et directifs que des mors, mais également moins contraignants. Le cheval répond à leur action plus volontiers. Il permet également aux équidés de boire et de manger sans avoir la bouche encombrée par un objet métallique[9]

Il n'est plus rare d'en voir en concours de saut d'obstacles, parfois en doublon d'un mors simple afin de combiner les deux actions. Du fait que le cheval peut s'abreuver et se nourrir en le portant, il est bien adapté à la randonnée équestre[9], la plupart de ses utilisateurs pratiquant d’ailleurs cette activité[7].

Il nécessite dans tous les cas une main légère et expérimentée, et peut se révéler très douloureux pour le cheval s'il est mal employé[8]. Acquérir le tact nécessaire à un bon emploi de cet instrument peut demander des années de travail[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Oxford English Dictionary, [hackmore] OED online edition, consulté le 20 février 2008
  2. (en) « Hackamore », sur Dictionary.com, The American Heritage Dictionary of the English Language, quatrième édition. Houghton Mifflin Company,‎ 2004 (consulté le 24 février 2008)
  3. Miller et Lamb 2005, p. 222
  4. a, b et c Bennett 1998, p. 54-55
  5. Bennett 1998, p. 60
  6. Bennett 1998, p. 57
  7. a et b Catherine Ancelet, Les fondamentaux de l'équitation: Galops 1 à 4, Éditions Amphora, 2006, (ISBN 2851807072 et 9782851807076), p. 213
  8. a, b, c et d Audrey Pavia, L’Équitation Pour les Nuls, First, 2012, p. (ISBN 2754042571 et 9782754042574)
  9. a et b Stephane Bigo, « Gérard : Hackamore ou non ? », sur stephanebigo.com (consulté le 2 octobre 2012)
  10. Sam Powell et Lane Carter, Juste un murmure: Une approche mentale et physique de votre cheval, France Agricole Éditions, 2004, (ISBN 2855571111 et 9782855571119), p. 129

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Deb Bennett, Conquerors: The Roots of New World Horsemanship, Amigo Publications Inc,‎ 1998 (ISBN 0-9658533-0-6)
  • (en) Ed Connell, Hackamore Reinsman, Cisco, Texas, The Longhorn Press. Fifth Printing,‎ août 1958
  • (en) Robert M. Miller et Rick Lamb, Revolution in Horsemanship, Lyons Press,‎ 2005 (ISBN 1-59228-387-X)
  • (en) Robert W. Miller, Horse Behavior and Training, Bozeman, MT, Big Sky Books, Montana State University,‎ 1974