Habib el-Adli

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Habib el-Adli
حبيب إبراهيم العادلي

Naissance 1er mars 1938
Égypte
Nationalité Drapeau : Égypte Égyptienne
Profession Homme politique égyptien
Ministère de l'Intérieur

Habib Ibrahim el-Adli (en arabe : حبيب إبراهيم العادلي), né le 1er mars 1938, fut ministre de l'Intérieur égyptien de 1997 à 2011. Il est actuellement en prison, suite à des procès provoqués par la révolution du 25 janvier.

Formation[modifier | modifier le code]

El-Adli est diplômé de l'Académie de police en 1961.

Carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir travaillé dans différents services de renseignements, il fut employé au Ministère des affaires étrangères de 1982 à 1984. Il se spécialisa alors dans les questions de sécurité intérieure et fut ministre adjoint de l'intérieur en 1993[1].

À la tête du Ministère de l'Intérieur égyptien[modifier | modifier le code]

Il remplaça le général Hassan al-Alfi en tant que ministre de l'intérieur après le Massacre de Louxor[2]. La répression contre les mouvements islamistes s'accentue, tandis que la surveillance de la population continue: écoute téléphonique des particuliers[3], arrestations et intimidation dont la mort de Khaled Saïd devient emblématique, usage de la torture.

Au moment de l'Attentat du 1er janvier 2011 à Alexandrie, il déclare lors d'une déclaration télévisée que son gouvernement est en possession d'éléments probants qui incrimineraient un groupe palestinien lié au réseau Al-Qaida, l'Armée de l'Islam. Cette dernière a rapidement démenti l'accusation d'el-Adli[4]

Procès[modifier | modifier le code]

Considéré par la population comme le "ministre de la Torture"[5] et comme responsable des effusions de violence dans la répression des manifestations de février 2011, il est remplacé par Mahmoud Wagdi le 31 janvier 2011, au moment du remaniement ministériel destiné à apaiser les manifestants de la place Tahrir[6]

Au moment de la révolution, le procureur général égyptien a annoncé une interdiction de sortie de territoire à l'encontre d'el-Adli[7]. Puis, après la démission d'Hosni Moubarak, il est arrêté pour corruption[8], et ses avoirs sont gelés par requête judiciaire[9]. On estime la fortune d'El-Adli à 1,2 milliard de dollars[10].

Des soupçons, relayés par Al-Arabiya et Al Jazeera d'après une source diplomatique britannique, pèsent également sur une participation du ministre à l'Attentat du 1er janvier 2011 à Alexandrie[11],[12], l'attentat servant à unir les égyptiens derrière le gouvernement contre une menace de l'islamisme radical, une semaine après le début des troubles en Tunisie qui menaçaient de se propager.

Arrêté le 17 février, il est jugé dans plusieurs affaires différentes :

  • le procès pour « blanchiment d’argent »[13] et abus de pouvoir s’ouvre le 5 mars devant le 17e arrondissement du tribunal pénal de Giza[réf. nécessaire], près du Caire[14]. Il est condamné pour ces deux crimes respectivement à 7 et 5 ans de prison, soit un total de 12 ans, le 5 mai 2011[15],[16] ;
  • le 28 mai, il est condamné par la Haute cour administrative du Caire à une amende de 300 millions de livres égyptiennes (35 millions d'euros), pour avoir donné son accord à la coupure d'Internet et des réseaux de téléphonie mobile à partir du 28 janvier et pendant sept jours consécutifs. Cette condamnation est motivée par les pertes provoquées à l'économie, non par l'entrave aux droits d'expression des idées[17],[18] ;
  • le procès pour la répression de la révolution du 25 janvier ayant fait 846 morts, dans lequel il est jugé en compagnie de six de ses collaborateurs, commence le 26 avril, puis est reporté au 21 mai[14].

Habib El-Adli est considéré comme la personnalité la plus détestée par les Égyptiens, en raison notamment de son rôle majeur dans la répression sanglante perpétrée contre les insurgés, à la tête des services de sécurité lors de la révolution égyptienne du 25 janvier 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sis.gov.eg/En/Politics/Executive/Ministries/040804000000000016.htm Egypt State Information Service
  2. (en) « Shake-Up in Cairo Follows Tourists' Killings », New York Times,‎ 20 novembre 1997 (lire en ligne)
  3. Article AFP, 11-03-2011
  4. Reuters, AFP, « Attentat d'Alexandrie : l'Egypte accuse un groupe palestinien lié à Al-Qaida », Le Monde,‎ 23 janvier 2011 (consulté le 24 janvier 2011)
  5. http://www.jadaliyya.com/pages/index/759/the-counter-revolution
  6. (en) « Mubarak swears in new cabinet », Al-Jazeera,‎ 31 janvier 2011
  7. Egypt bans ex-ministers from travel Al-Jazeera, 3 février 2011
  8. [1] Le Figaro, 27-02-2011
  9. Finnan David Cairo court orders former Interior Minister Adly's assets seized Radio France Internationale, 17 février 2011
  10. Hosni Mubarak's estimated $70 billion fortune makes him richer than Carlos Slim and Bill Gates
  11. www.postedeveille.ca
  12. Site algérien
  13. Article du Figaro du 5-03-2011
  14. a et b Véronique Gaymard, « Égypte : les procès des dirigeants de l'ère Moubarak s'accélèrent », RFI, publié le 9 mai 2011, consulté le 9 mai 2011
  15. « 12 ans de prison pour l'ex-ministre », Afrik.com, publié le 5 mai 2011
  16. RFI, « Douze ans de prison pour l’ex-ministre de l’Intérieur égyptien », RFI, publié le 5 mai 2011, consulté le 9 mai 2011
  17. Alexandre Buccianti, « Condamnation du clan Moubarak à 60 millions d'amende », Radio France internationale, publié le 28 mai 2011, consulté le 30 mai 2011
  18. AFP/Reuters, « M. Moubarak condamné pour avoir suspendu Internet en janvier », Le Monde, 30 mai 2011, consulté le 31 mai 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]