Habanera

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"Habanera Carmen, de G. Bizet" Remarquer la permanence de la structure rythmique à la basse

La habanera (ou havanaise) est une danse, née vers 1830 à Cuba mais qui peut être aussi un genre musical latino-américain, ou catalan. Il y a aussi la fête et la tradition associées, créées au XIXe siècle par les pêcheurs catalans de Palafrugell. Les habaneres catalanes s'accompagnent uniquement de certains instruments à cordes, comme la guitare et le luth.

Le fait est que la Habanera est née du Candombé, mise en œuvre par les esclaves africains emmenés de force en Amérique (notamment à Cuba). Ils ont ainsi fait connaître leur musique et l'ont popularisée. De là est née la Habanera.

Les habaneres latino-américaines[modifier | modifier le code]

Les habaneres espagnol-argentines, issues de la contradanza, sont nées vers 1830 à La Havane et se sont rapidement répandues en Argentine, dont le tango va dériver. Les plus connues sont celles de l'Espagnol Sebastián Yradier (1809-1865) :

Des musiciens espagnols tels que Manuel de Falla et Isaac Albeniz ont également composé des habaneras.

Il convient toutefois de noter qu’avant les habaneres, le Candombé, joué par les esclaves Africains et leurs descendants, était l’expression rythmique la plus marquante, dans tous les endroits où ils furent transplantés. C’est ainsi que la Contredanse, lorsqu’elle va se populariser en Haïti, sera influencée par le Candombé, pour produire, comme c’est toujours le cas, lorsque l’on fusionne deux ou plusieurs formes rythmiques, une nouvelle structure. Cette structure va se populariser à son tour à Cuba, et portera le nom de Habanera. Parler des habaneres ou de la Habanera sans mentionner sa relation intime avec le Candombé est au mieux, incomplet ou erroné. C’est cette même influence du Candombé qui va dramatiquement faire évoluer la danse en Argentine, alors que la Habanera fait son apparition à Montevideo et à Buenos Aires. Les descendants des esclaves noirs de Buenos Aires vont appeler « Tango » (mot en langue Kicongo signifiant : « l’endroit où l’on se retrouve ») le lieu à Buenos Aires où ils vont se retrouver pour festoyer et danser leur Candombé, désormais enrichi de la particularité de la Habanera et aussi de la danse en couple. La fusion ne s’arrêtera pas là. La Valse et le Fox-trot vont être ajoutés à l’expérience. Le contenant donnera son nom au contenu pour plus tard devenir tout simplement…Tango ! Le Professeur de Yale aux États-Unis, Robert Farris Thompson dans son livre "Tango, The Art History of Love" a eu le courage d'expliquer ce mot Tango, et surtout de montrer le lien qui est demeuré vivant entre le Candombé et le Tango.

Habaneras françaises[modifier | modifier le code]

Sous l'influence d'Yradier, la habanera devient un genre à la mode en Europe à la fin du XIXe siècle. Dans les salons européens, son exotisme de circonstance l'éloigna rapidement de ses origines populaires. Plusieurs morceaux sont demeurés célèbres dans le répertoire :

Notes[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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