HMS Northumberland (1705)

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Northumberland
Image illustrative de l'article HMS Northumberland (1705)
La prise du HMS Northumberland par le Content.

Histoire
A servi dans Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Quille posée octobre 1740
Lancement 17 octobre 1743
Armé 1744
Caractéristiques techniques
Type vaisseau de ligne
Longueur 47 mètres
Maître-bau 13 mètres
Tirant d'eau 6 mètres
Tonnage 1 311 tonnes
Propulsion voile
Caractéristiques militaires
Armement 64 canons, puis 70 canons
Autres caractéristiques
Équipage 630 hommes et 11 officiers
Port d'attache Woolwich, puis Brest, puis Rochefort

Le HMS Northumberland (le quatrième du nom) est un navire de guerre d'abord britannique de 1743 à 1744, puis français sous le nom de Northumberland jusqu'en 1781. C'est un vaisseau de ligne de troisième rang portant 64 canons sur deux ponts.

Il est notamment célèbre pour sa capture par le vaisseau français Content le 8 mai 1744.

Sous la Royal Navy[modifier | modifier le code]

Dimensions et armement[modifier | modifier le code]

Le HMS Northumberland est construit au chantier naval de Woolwich (sur la rive sud de la Tamise, près de Greenwich), en suivant les plans de l'ingénieur Holland. Il correspond aux dimensions et à l'armement fixées en 1741 pour les vaisseaux britanniques de 64 canons :

Masse totale d'une bordée : 704 livres de boulets de fonte.

Capture[modifier | modifier le code]

Le récit de la capture du HMS Northumberland par Conflans.
Article détaillé : Combat du 8 mai 1744.

En avril 1744, le HMS Northumberland, sous le commandement de Thomas Watson, prend la mer à destination de Lisbonne avec l'escadre de Sir Charles Hardy. Au début de mai, l'escadre croise au large d'Ouessant et trois voiles suspectes sont repérées. Un officier raconte :[réf. nécessaire]

« Le 8 mai, sous la latitude 39 et 40, à 5 heures du matin, l'amiral signala au Northumberland de donner la chasse une voile dans le nord. Nous envoyâmes toute la toile que nous pouvions, sans gagner sur notre adversaire, ayant très peu de vent et un temps brumeux. À midi le vent fraîchit, mais nous ne pûmes nous approcher à portée de canons. À deux heures l'amiral nous fit le signal de rejoindre la flotte, le capitaine en prit connaissance mais n'y obéit point. À quatre heures, le temps s'éclaircit, nous vîmes le vaisseau pris en chasse, et découvrîmes trois bâtiments voguant à l'ouest ; deux d'entre eux étaient de larges vaisseaux de même force que nous, l'autre bâtiment étant d'environ 20 canons, à environ une lieue de distance. Les voyant le pilote déclara qu'il s'agissait d'étrangers […]. Il tenta de persuader le capitaine d'attendre la flotte, ce qu'il refusa, déclarant qu'il voulait voir ce que les nouveaux venus avaient dans le ventre. Il ordonna aux hommes de détacher les canons et de faire le branle-bas, ce dont il n'avait pas le temps. À notre approche ils envoyèrent immédiatement les huniers et les couleurs anglaises, mais une fois proches ils firent monter les couleurs françaises. »

Les deux vaisseaux étaient le Content vaisseau de 64 canons portant le guidon du comte de Conflans et le Mars de même force. À cinq heures, Le Northumberland s'approche du Content et reçoit une pleine bordée sans lui faire subir le moindre dommage. Il engage ensuite le Mars.

« Après un combat de 3 heures, le Mars de 64 canons, très endommagé, s'éloigna, et nous dûmes nous charger du Content de 62 canons, et tout laissait supposer que nous avions toutes nos chances, mais un cri vint du gaillard d'arrière “Cessez le feu nous avons abaissé nos couleurs.” Ceci causa une grande consternation, comme nous pensions que les Français s'étaient rendus, car ils n'avaient pas tiré, et que nous étions sur le point de leur envoyer une bordée, quand il y eut un second appel, “Maudits rascals, cessez-le-feu et amarrez les canons, nous avons abaissé le pavillon” il semblerait que ce fut le pilote. Le capitaine avait certainement été mortellement blessé sur le gaillard d'arrière, et gisait adossé au mât d'artimon. Le pilote et le maître canonnier, “Nous devrions tous mourir, ils sont sur le point de nous prendre en enfilade de la proue à la poupe, cher capitaine, baissez les couleurs et abattez les mâts, nous devrions être repris demain”, ce qui aurait été fait si l'on ne les en avait pas empêché. Pendant ce temps, le charpentier rapporta que la coque du navire était toujours en bon état et qu'il n'y avait aucune voie d'eau. »

« Le capitaine n'aurait pas prêté l'oreille à leurs dires, aurait tenté de mettre le navire vent debout, et de permettre ses défenses. Il fut descendu dans la cabine du commis pour que l'on panse ses blessures, et il n'apprit la reddition du navire que lorsqu'il vit les Français à bord. Lors de l'action, [le second lieutenant] avait été blessé, les voiles et le gréement taillé en pièces, près de 70 personnes tuées ou blessées, mais il restait toujours un puissant et brave vaisseau, aucune voie d'eau à colmater, aucun dommage à la coque, et des hommes prêt à combattre les canons de l'adversaire, et nous l'aurions combattu jusqu'au dernier, s'il nous avait été permis de le faire; ajoutez à cela qu'il faisait nuit, et que l'ennemi ignorait encore notre reddition ; jusqu'à ce le pilote leur demande un cessez-le-feu, ainsi que de venir à bord à bord avec leurs canots ; et ils déclarèrent plus tard qu'ils ne s'attendaient pas à ce nous nous rendions à eux ; car leurs vaisseaux étaient désemparés dans leurs mâts, leurs voiles et leur gréement, il leur fallut d'ailleurs près de trois jours avant qu'ils puissent faire voile, et dix-neuf avant qu'ils puissent atteindre Brest. Ainsi fut cédé à l'ennemi, un des meilleurs vaisseaux de la marine d'Angleterre, sans aucune raison valable. »

Jugement des officiers[modifier | modifier le code]

Le capitaine Watson, commandant du HMS Northumberland survit encore plusieurs jours, assez longtemps pour être transporté dans un port ennemi. Il meurt en France le 4 juin 1744.

Une cour martiale a lieu à Portsmouth à bord du HMS Lennox le 31 janvier 1745 pour juger les officiers du HMS Northumberland à leur retour de captivité. Ils sont acquittés, et le premier lieutenant obtient les félicitations de la cour pour avoir rempli son devoir de manière brave et prudente.

Le pilote est jugé pour avoir rendu le navire sans nécessité et est condamné à passer le reste de sa vie dans la prison de Marshalsea.

Sous la Marine royale française[modifier | modifier le code]

Réarmement[modifier | modifier le code]

Incorporé dans la Marine royale française, son armement est modifié :

Le vaisseau porte désormais 70 canons, mais ça ne modifie pas la masse de sa bordée, qui reste à 704 livres de boulets de fonte.

Il compte alors un équipage de 500 hommes et 11 officiers.

Fin de la guerre de succession d'Autriche[modifier | modifier le code]

En mai 1746, il devient le vaisseau-amiral du duc d'Anville qui rassemble une escadre à l'île-d'Aix afin de reprendre la forteresse de Louisbourg que les Britanniques ont capturé l'année précédente.

Commandé par le marquis de La Jonquière, le Northumberland appareille de Rochefort le 22 juin 1746 avec le reste de l'escadre et de nombreux transports. Victime du typhus, elle n'atteint l'Acadie que le 10 septembre. Au large d'Halifax, une violente tempête désempare le convoi et le disperse. Une division anglaise s'empare de plusieurs navires français. Le 27 septembre, le duc d'Anville meurt d'une crise d'apoplexie à bord du Northumberland et La Jonquière prend alors le commandement de l'escadre qu'il ramène péniblement à Brest en novembre 1746.

Article détaillé : Expédition du Duc d'Anville.

En 1747, sous les ordres de Périer de Salvert l'Aîné, il achemine La Galissonière en Nouvelle-France pour qu'il en devienne le gouverneur-général.

Guerre de Sept Ans[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Sept Ans, il fit partie de l'escadre du Ponant, placée sous les ordres de l'amiral de Conflans.

De 1757 à février 1759, il subit une refonte à Brest et participa en novembre à la bataille des Cardinaux. Il est alors commandé par le capitaine de vaisseau Belligant de Kerbabut, secondé par le capitaine Terdern du Dresnec et compte un équipage de 630 hommes. Lorsque son ancien vainqueur, l'amiral de Conflans vire de bord pour secourir son arrière-garde à bord du Soleil Royal, son vaisseau-amiral, le Northumberland est le deuxième navire à imiter la manœuvre de son chef. Durant la nuit qui suit la bataille, le Northumberland fait voile avec huit autres vaisseaux (dont le Tonnant du prince de Bauffremont) pour la Charente et Rochefort.

Article détaillé : Bataille des Cardinaux.

Après avoir mouillé à l'île-d'Aix, ils remontent vite la Charente pour échapper aux Britanniques, non sans s'être fortement allégés. En effet, Keppel et sa division bloquent bientôt la rivière. Ce blocus dure jusqu'au Traité de Paris en février 1763.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

La paix revenue, les vaisseaux sont répartis entre Toulon, Brest mais d'autres restent à Rochefort. C'est le cas du Northumberland qui avait subi en 1762 une nouvelle refonte dans ce dernier port. De retour à Brest, il est radoubé en 1767 et en juin 1780.

Rebaptisé l’Atlas depuis janvier 1776, il est disposé en flûte de 650 tonneaux pour le transport. Il fait naufrage en février 1781 au large d'Ouessant.

Second Northumberland[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Northumberland (1780).

Un vaisseau de 74 canons construit à Brest par Sané en 1779-1780 sur les mêmes plans que l'Annibal, est baptisé Northumberland et effectue sa carrière au service de Louis XVI puis de la République. Il est un peu plus puissant que son prédécesseur, avec une bordée de 838 livres de fonte[1].

Ce second Northumberland participe à la bataille des Saintes sous le commandement du capitaine Saint Cézaire, qui y est tué. En 1782, il capture le HMS Allegiance, un sloop de 14 canons.

Il est capturé par la Royal Navy le 1er juin 1794 lors de la bataille de Prairial. Après une courte intégration sous le nom de HMS Northumberland, les Britanniques le démolissent en décembre 1795.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Note et références[modifier | modifier le code]

  1. Armement du second Northumberland français : 28 canons de 36 livres, 30 canons de 18 livres et 16 canons de 8 livres.