Hôtel des Menus Plaisirs

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Hôtel des Menus Plaisirs
Les députés du Tiers demandent qu'on les laisse entrer dans l'hôtel des Menus Plaisirs, Lucien-Étienne Mélingue
Les députés du Tiers demandent qu'on les laisse entrer dans l'hôtel des Menus Plaisirs, Lucien-Étienne Mélingue
Présentation
Propriétaire État
Protection Logo monument historique classé MH (1927)
Logo monument historique classé MH (1929)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Versailles
Localisation
Coordonnées 48° 48′ 02″ N 2° 08′ 01″ E / 48.800624, 2.133713 ()48° 48′ 02″ Nord 2° 08′ 01″ Est / 48.800624, 2.133713 ()  

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Hôtel des Menus Plaisirs

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(Voir situation sur carte : France)
Hôtel des Menus Plaisirs

L’hôtel des Menus Plaisirs est situé 22 avenue de Paris à Versailles (Yvelines).

Il est resté célèbre dans l’histoire de France pour avoir accueilli les États généraux de 1789, les derniers que connut l’Ancien Régime.

L'hôtel, en dehors de ses façades, fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1]. Les façades font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cet hôtel fut élevé par Louis XV vers 1745, afin d’abriter les ateliers de décors et le matériel des jeux liés aux réjouissances du roi et de la cour appelés « Menus-Plaisirs ». On y entreposera notamment des accessoires de sport (notamment pour le jeu de paume), des décors de théâtre, des instruments de musique… On y trouve également des ateliers pour les maquettes, costumes, peintures et autres sculptures. En 1759, l’hôtel renferme aussi un cabinet de physique installé par l’abbé Nollet pour l’instruction des enfants de France, à commencer par le futur Louis XVI.

L’ensemble architectural s’articule alors autour de deux cours situées à des niveaux différents. La cour basse ouvre sur le no 22 avenue de Paris, tandis la cour haute se situe au niveau du no 19 rue des États Généraux.

C’est à l’emplacement de cette dernière cour qu’une salle provisoire accueillit une assemblée des notables en 1787, puis fin 1788. C'est également dans cette salle que se joue une parties des évènements des journées des 5 et 6 octobre 1789.

Grande salle des États généraux de 1789, lors de la séance inaugurale du 5 mai.

Celle-ci sera considérablement agrandie par Pierre-Adrien Pâris, alors architecte du roi, afin qu'elle puisse accueillir les 1 200 députés convoqués pour les États généraux dont la séance inaugurale s’ouvre le en présence du roi. Cette immense salle « démontable » à la décoration luxueuse occupera alors la totalité de la superficie de la cour haute.

À l’intérieur, le souverain est alors installé sous un baldaquin, situé devant l’escalier couvert qui assure actuellement la communication entre les deux cours. Les trois ordres sont assis séparément dans les gradins disposés en fer à cheval, tandis de hautes tribunes accueillent le public.

Conçue à l’origine avec une acoustique défectueuse, celle-ci connaîtra dans les deux mois suivant, un réaménagement intérieur qui permettra aux orateurs de mieux se faire entendre et de gérer les débats avec plus d’efficacité. Les bâtiments actuels étant occupés à l’époque par des bureaux et des salles de réunion, destinés aux travaux de l’assemblée.

C’est dans cette salle qu’on vota l’abolition des privilèges dans la nuit du et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le .

L’année suivante, les lieux servent aux réunions des assemblées électorales destinées à la désignation des nouvelles administrations. L’assemblée départementale de la Seine-et-Oise y tient notamment quelques séances.

L’hôtel des Menus Plaisirs voit notamment l’élection de Maximilien Robespierre comme président du tribunal du district. Les juges du tribunal criminel s’y installent en 1792, en attendant que l’ancien bailliage soit transformé en maison de justice.

Par la suite, l’hôtel sert de magasin de vivres pour l’armée, bien que de nombreux accessoires de théâtre soient encore conservés dans les réserves, ce qui attise d’ailleurs la convoitise de directeurs de salles parisiennes qui y viennent régulièrement se servir…

Transformé en caserne pour les volontaires des corps de gendarmerie, il devient un centre de distribution de pain pour les troupes avant d’être finalement vendu à un certain sieur Dubusc en 1800. Cependant, le préfet obtient l’annulation de la vente un an plus tard, mais déjà le mal est fait : entre temps, l’acheteur a malheureusement déjà fait démolir une grande partie des locaux historiques dont la fameuse salle des États Généraux…

L’hôtel deviendra alors une caserne de cavalerie, puis sera abandonné pendant plus d’un siècle jusqu’à ce que la ville de Versailles y installe ses services techniques en 1942. L’État fera restaurer ces lieux dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la Révolution en 1989.

Depuis 1996, l’hôtel abrite désormais le Centre de musique baroque de Versailles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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