Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine

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Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine
Porte d'entrée de l'hôtel des Affaires étrangères et de la Marine
Porte d'entrée de l'hôtel des Affaires étrangères et de la Marine
Présentation
Nom local Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine
Architecte Jean-Baptiste Berthier
Date de construction 1762
Destination initiale Secrétariat d'État aux Affaires étrangères et Secrétariat d'État à la Marine
Destination actuelle Bibliothèque municipale de Versailles
Protection Logo monument historique Classé MH (1929)
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Localité Versailles
Localisation
Coordonnées 48° 48′ 08″ N 2° 07′ 16″ E / 48.802134, 2.1210148° 48′ 08″ Nord 2° 07′ 16″ Est / 48.802134, 2.12101  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine

L'Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine est le nom d'un bâtiment situé au 5 rue de l'Indépendance américaine à Versailles, à proximité du château. Il fut construit par Jean-Baptiste Berthier en 1762[1] à la demande du duc de Choiseul, secrétaire d'État aux Affaires étrangères pour abriter les services et les archives des Affaires étrangères et de la Marine.

Il est contigu à l'hôtel de la Guerre achevé deux ans auparavant par Berthier et dont il reprend la même technique de construction de voûtes plates, à la fois économique et limitant les risques d'incendie[1]. Pour son usage diplomatique, une galerie d'apparat fut construite pour donner une image de prestige de la France[1] mais également de Choiseul qui en a choisi la décoration et l'ordonnancement[2], galerie toujours existante aujourd'hui.

C'est dans ce bâtiment que fut négocié le traité de Paris de 1783[3] mettant fin à la guerre d'Indépendance américaine et le traité de Versailles la même année[4]

L'hôtel est classé au titre des monuments historiques le 27 septembre 1929, notamment pour son décor intérieur[1].

Propriété de la ville de Versailles, le bâtiment abrite aujourd'hui sa bibliothèque municipale centrale[1].

Caractéristique du bâtiment[modifier | modifier le code]

Galerie d'apparat[modifier | modifier le code]

Enfilade des pièces de la galerie d'apparat prise depuis la salle « Puissances du Nord ».

À l'étage d'apparat de l'hôtel, est construit une galerie de 5 pièces en enfilade où furent installées les archives diplomatiques. La disposition et la décoration de cette galerie démontraient l'ambition personnelle et diplomatique de Choiseul[5]. La galerie s'ouvrait par la salle des Traités avec un grand portrait de Choiseul rentrant dans Rome (il y avait été ambassadeur avec un certain succès) et se fermait par la salle des Missions, au centre se trouvait la salle « France », la plus luxueuse, avec de part et d'autre les salles « Puissances du Midi » et « Puissances du Nord » et les salles « Puissances d'Italie » et « Puissances d'Allemagne ».

Historique[modifier | modifier le code]

Le pourquoi de l'hôtel[modifier | modifier le code]

La construction[modifier | modifier le code]

L'usage[modifier | modifier le code]

Lieu d'élaboration des traités mais pas de signature[modifier | modifier le code]

Transformation en bibliothèque municipale et sauvegarde du bâtiment[modifier | modifier le code]

En 1800, le bâtiment abrita la bibliothèque de l'école centrale qu'elle partagea non sans difficultés avec une partie des archives de la Marine restées dans le bâtiment, aucune des deux parties n'entretenant le bâtiment. En 1834, le ministère des Finances souhaitait que l'hôtel ne fasse plus partie des biens de la Couronne et demande donc tant aux archives de la Marine qu'à la bibliothèque de déménager. La municipalité de Versailles accepta de verser un loyer avant d'en faire l'acquisition en 1838, les archives de la Marine partant rue Royale à Paris. La place libérée par ces dernières fut occupée tour à tour ou en même temps par la caisse d'épargne, le mont de piété, des sociétés savantes de la ville, les archives ou un musée local.

À partir de 1870, se posa un problème de place, le nombre de volumes de la bibliothèque augmentant considérablement, principalement par des dons (elle atteindra 200 000 volumes en 1920). Dans les années 1880, la caisse d'épargne et le mont-de-piété quittèrent le bâtiment permettant l'extension des salles de lectures et l'installation du musée au 4e étage.

Fonds de la bibliothèque[modifier | modifier le code]

Recueil de planches du Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et d'Alembert. Cet exemplaire provient de la bibliothèque personnelle que Marie-Antoinette avait au Petit Trianon.

La bibliothèque de Versailles abrite un important fonds ancien dont le plus important d'Île-de-France en dehors hors des bibliothèques parisiennes pour les imprimés datant d'avant 1500. Elle possède ainsi 280 éditions d'incunables. Ce fonds provient des saisies révolutionnaires (sur les 150 000 volumes saisis pendant cette période, 36 000 seront affectés à la bibliothèque de l'école centrale à Versailles), d'un don du bibliophile versaillais Madden ou de l'évêché de Versailles à la suite de la séparation de l'Église et de l'État.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Notice no PA00087691 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Les Hôtels de la Guerre et des Affai­res étrangères à Versailles : Deux minis­tè­res et une biblio­thè­que muni­ci­pale du XVIIIe au XXIe siè­cle
  3. L'hôtel des Affaires étrangères et de la Marine sur le site de l'Office de Tourisme de Versailles.
  4. Il est parfois indiqué que le traité de Versailles de 1783 a été signé dans ce bâtiment ce qui est probablement inexact. Les archives mentionnent juste qu'il a été signé dans le bureau de Vergennes, alors Secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Cela peut donc indiquer le château de Versailles ou l'hôtel particulier de Vergennes mais sans doute pas l'hôtel des Affaires étrangères puisque le ministre n'y avait pas de bureau officiel.
  5. Basile Baudez, Élisabeth Maisonnier et Emmanuel Pénicaut (préf. Bernard Kouchner, François de Mazières, Hervé Morin), Les Hôtels de la Guerre et des Affaires étrangères et de la Marine à Versailles : Deux ministères et une bibliothèque municipale du XVIIe au XXIe siècle, Éditions Nicolas Chaudun,‎ juin 2010, 279 p. (ISBN 978-235039-091-8), « Les Papiers Nolhac », p. 137

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Hôtels de la Guerre et des Affai­res étrangères à Versailles. Deux minis­tè­res et une biblio­thè­que muni­ci­pale du XVIIIe au XXIe siè­cle de Basile Baudez, Élisabeth Maisonnier et Emmanuel Pénicaut, éd. Nicolas Chaudun, juillet 2010, (ISBN 9782350390918)