Hôtel de Villemaré

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Hôtel de Villemaré
Image illustrative de l'article Hôtel de Villemaré
Période ou style Classique
Type Hôtel particulier
Architecte Jules Hardouin-Mansart, Jean-Baptiste Bullet de Chamblain
Début construction 1708
Fin construction 1716
Propriétaire initial Jean Bonaventure Le Lay de Villemaré
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel Clifford Chance
Destination actuelle Cabinet d'avocats
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Coordonnées 48° 52′ 02″ N 2° 19′ 42″ E / 48.867284, 2.328313 ()48° 52′ 02″ Nord 2° 19′ 42″ Est / 48.867284, 2.328313 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris

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Hôtel de Villemaré

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(Voir situation sur carte : 1er arrondissement de Paris)
Hôtel de Villemaré

L'hôtel de Villemaré (également appelé hôtel Dangé ou hôtel de Joubert) est un hôtel particulier situé à Paris, au numéro 9 de la Place Vendôme. Sa façade fut érigée par l'architecte Jules Hardouin-Mansart à partir de 1699, lors de la construction de la place Vendôme, dont il est l'auteur. L'hôtel est quant à lui l’œuvre de l'architecte Jean-Baptiste Bullet de Chamblain et fut construit entre 1708 et 1716. Il tire son nom de Jean Bonaventure Le Lay de Villemaré, fermier-général du roi, qui commanda sa construction. Il fut la propriété de l’État de 1794 à 1898, date à laquelle il a été revendu. Il a notamment accueilli le gouvernement militaire de la ville de Paris. Sa façade a été classée monument historique en 1862[1].

Historique[modifier | modifier le code]

De la construction de la place à celle de l'hôtel[modifier | modifier le code]

Répartition des lots de la place.

La place Louis-le-Grand, actuelle place Vendôme, voit le jour à partir de 1699. Elle est l'œuvre d'un groupe de spéculateurs parmi lesquels l'architecte Jules Hardouin-Mansart (16 avril 1646 - 11 mai 1708). Ce dernier fut l'un des architectes majeurs du règne de Louis XIV à qui l'on doit notamment une partie du Château de Versailles ou de la Place des Victoires (Paris). Ce groupe de spéculateurs achète au cours des années 1690 et jusque dans les premières années du XVIIIe siècle les parcelles correspondantes aux différents numéros de la future place. Ainsi le 3 février 1703, Hardouin-Mansart acquiert auprès de la ville de Paris les terrains correspondant au numéro 9 (ainsi que ceux du numéro 7 attenant) pour un montant qui nous est inconnu. La parcelle mesure alors 433 toises. Il revendra quelques années plus tard, le 1er février 1707 pour le numéro 9, ces deux lots à son gendre Claude Lebas de Montargis (29 janvier 1659 - 25 mars 1741). Ce dernier est Trésorier Extraordinaire des Guerres et a épousé en 1693 la fille de Jules Hardouin-Mansart et de Anne Baudin Hardouin-Mansart, Catherine Henriette Hardouin-Mansart (1671 - 1748). Il fait ériger au numéro 7 son propre hôtel particulier et revend le 14 décembre 1708 la parcelle du numéro 9, telle qu'il l'a achetée, à Jean Bonaventure Le Lay de Villemaré (1659 - 29 novembre 1743).

Neuf années auparavant, Hardouin-Mansart avait donné les plans de la façade de la parcelle, identique à toutes celles de la place Louis-le-Grand. Le 17 juin 1702, celle-ci est quasi-achevée lors de la visite de la place par Pierre-Jules Delespine (31 octobre 1656 - 16 septembre 1725) et Pierre Lemaistre[2], architectes du roi et membres de l'Académie Royale d'Architecture. Grâce à de puissants contre-forts maintenant les façades des hôtels en cours de construction, la place est rapidement achevée, lui donnant provisoirement un aspect de scène théâtrale.

Le nouveau propriétaire, Jean Bonaventure Le Lay de Villemaré, demande à Jean-Baptiste Bullet de Chamblain (1667 - ?), fils de l'architecte Pierre Bullet (1639 - 1716), tous deux élèves de Jules Hardouin-Mansart, d'en assurer la construction. Celle-ci est achevée en 1716.

L'hôtel sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Jean Bonaventure Le Lay de Villemaré, comme les propriétaires qui lui succéderont jusqu'à la Révolution française est un financier. De bonne naissance bretonne (sa famille fut maintenue dans sa noblesse par la Chambre de réformation de Bretagne[3]), il est alors Fermier Général du roi après avoir été greffier en chef du Parlement de Bretagne et Lieutenant des Maréchaux de France en Bretagne. C'est son poste de Fermier Général, fonction hautement lucrative, qui lui permet de constituer sa fortune et de faire ériger l'hôtel de la place Louis-le-Grand.

Le Lay de Villemaré décède le 29 novembre 1743 et c'est son fils cadet (l'aîné étant décédé avant le père), Jean-Bonaventure Le Lay de Guébriant, qui hérite de sa fortune et de l'hôtel parisien[4]. Ce dernier est conseiller au Parlement de Paris et ambassadeur à Cologne, près du Grand Electeur du Saint-Empire romain germanique. Le 28 octobre 1747, il loue l'hôtel à Pierre-Charles de Villette, secrétaire du roi et trésorier général de l'Extraordinaire des Guerres pour un bail de neuf années consécutives à compter du 1er avril 1748 pour un loyer de sept mille cinq cents livres[5]. Il convient néanmoins de préciser qu'un plan de la Chancellerie de 1747[6] repris dans divers ouvrages et notamment par F. de Saint-Simon dans son livre sur la place Vendôme (voir bibliographie), indique que l'hôtel fut loué dans le même temps (ou les mois précédents) à la duchesse d'Antin, à savoir Françoise Guillonne de Montmorency-Luxembourg (1704 - 20 mars 1768)[7], petite-fille par alliance de Madame de Montespan (1741 - 27 mai 1707) dont elle avait épousé le petit-fils, Louis (9 novembre 1707 - 9 décembre 1743). Peut être s'agit-il là d'une confusion ou d'une location précédant celle de Pierre-Charles de Villette.

Le 22 avril 1750, à son retour de Cologne, Le Lay de Guébriant vend l'hôtel, meubles compris, pour 260 000 livres à François-Balthazar Dangé (1693 - 10 mars 1777)[8]. Malgré le fait que Dangé soit également un financier, il fait figure d'exception parmi les différents propriétaires de l'hôtel. En effet, François-Balthazar Dangé n'est pas de haut lignage, bien au contraire, puisqu'il fut laquais du René Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson (18 octobre 1694 - 26 janvier 1757), marquis d'Argenson et garde des sceaux, sous la protection duquel il fait carrière dans la finance. En 1736, il devint Fermier Général et marie sa fille au fils de son ancien maître, le marquis de Paulmy (22 novembre 1722 - 13 août 1787), qui deviendra par la suite ambassadeur, ministre de la guerre et membre de l'Académie française. François-Balthazard Dangé fit refaire en partie les lambris de l'hôtel par Jean-Baptiste Oudry (17 mars 1686 - 30 avril 1755), peintre et graveur français. Il lui commande notamment un cabinet des Fables sur le thème des Fables de La Fontaine dont il reste quelques fragments aujourd'hui au Musée des arts décoratifs de Paris. Ce cabinet se trouvait au premier étage de l'hôtel, qu'occupaient les appartements de l'épouse du maitre des lieux, Anne Jarry. Ce dernier occupait quant à lui l'entresol. L'appartement de Anne Jarry était donc sensiblement plus grand que celui de son époux, en partie tronqué par la rotonde du rez-de-chaussée sur laquelle débouchait la porte cochère. Il existe également une minute[9] faisant part de la volonté de François-Balthazar Dangé de réquisitionner une partie des terrains de ses voisins afin d'agrandir l'aile en retour d'angle de l'hôtel. Néanmoins, la construction n'est pas avérée.

Portrait de Philippe-Laurent de Joubert par le peintre Jacques-Louis David vers 1786.

À la mort de François-Balthazard Dangé le 10 mars 1777, l'hôtel est à nouveau vendu par son neveu René-François Dangé, maréchal des camps et armées du Roi en la ville de Loches, pour la somme de 300 000 livres au trésorier des États du Languedoc Philippe-Laurent de Joubert (? - 30 mars 1792)[10]. Personnage reconnu tant par sa charge prestigieuse et lucrative que par ses collections d’œuvres d'art et son cabinet d'histoire naturelle qu'il compose en amateur éclairé et expose dans son hôtel à la vue de ses contemporains, il décède néanmoins surendetté. Il doit en effet plus de trois millions de livres au Trésor public, qu'il avait prêtées à des prélats et des aristocrates émigrés lors de la Révolution française. Ses héritiers cèdent l'hôtel à l’État pour 300 000 livres le 24 germinal an II (13 avril 1794), prix auquel de Joubert l'avait acquis. L'hôtel avait été loué par de Joubert à partir de 1797 à un banquier dénommé Paulin[11] puis en 1791 à un certain M. de Castellan.

Le XIXe siècle, propriété de l'État[modifier | modifier le code]

L'État, sous la Convention, y regroupe tout d'abord la Liquidation de la Dette Publique dont une partie se trouvait auparavant au 15 de la même place. Ces directeurs, Louis-Valentin Denormandie puis Jacques Defermon (15 novembre 1752 - 20 juin 1831), occupent alors l'hôtel. Sous le Premier Empire, la dette est supprimée et le numéro 9 de la place Vendôme devint la résidence de l'Intendant du Domaine de la Couronne Impériale. L'occupant de l'hôtel ne change pas pour autant puisque c'est Jacques Defermon, qui entre-temps est devenu comte de l'Empire et a séparé son nom pour y ajouter une particule, qui occupe cette charge.

Lorsque ce dernier est expulsé de Paris en 1815 lors de la Restauration, l'hôtel est inscrit parmi les Biens de la Couronne. De Fermon est remplacé par Eugène François d'Arnauld (11 août 1774 - 1er août 1864), baron de Vitrolles, jusqu'en 1816. À cette date, une ordonnance royale refonde le Domaine Extraordinaire de la Couronne à la tête duquel est placé le comte de Maisonfort.

En 1818, l'hôtel devint la résidence Grand veneur de France, personnage ayant la charge des chasses royales. C'est le duc de Richelieu (25 septembre 1766 - 17 mai 1822) qui occupe cette charge à partir de 1819. Son successeur, à partir de 1824, sera le maréchal Jacques Alexandre Law de Lauriston (1er février 1768 - 11 juin 1828). Ce dernier est fait ministre d’État le 8 août 1824. Il continue à occuper la fonction jusqu'à sa mort.

Après la Révolution de Juillet, Camille, comte de Montalivet (25 avril 1801 - 4 janvier 1880), intime de Louis-Philippe, devint administrateur de la Liste civile avec pour résidence l'hôtel de la place Vendôme. Lui succèdent provisoirement durant la période où il occupera le ministère de l'Intérieur dans le premier gouvernement Thiers (22 février 1836 - 6 septembre 1836), Agathon Jean François, baron Fain (11 janvier 1778 - 16 septembre 1837) puis lorsqu'il occupera le même poste dans le second gouvernement Molé (15 avril 1837 - 31 mars 1839), le comte Taillepied de Bondy (7 octobre 1766 - 11 janvier 1847). Le 31 mars 1839, Camille de Montalivet récupère sa charge d'administrateur de la liste civile et la conserve jusqu'à la révolution de 1848. Son action à la tête de la Liste civile aura été décisive puisqu'il permit la sauvegarde et la restauration de sites historiques comme le château de Versailles, celui de Fontainebleau ou de Saint-Cloud.

Sous la Seconde République, l'hôtel cesse d'être la résidence de financiers qu'il avait été presque systématiquement depuis sa création pour devenir le 19 novembre 1849, par décret de Louis Bonaparte, le quartier-général de la Première Division militaire et de la Garde nationale, précédemment au 1 de la rue de Lille. C'est le général Changarnier (26 avril 1793 - 14 février 1877) qui commande de la division et devient locataire de l'hôtel.

Le Second Empire ayant rétabli la charge de Grand veneur, l'hôtel en redevient sa résidence. Le premier locataire fut le maréchal Magnan (7 décembre 1791 - 29 mai 1865). À la mort de ce dernier, c'est le maréchal Canrobert (27 juin 1809 - 28 janvier 1895) qui hérite de la charge. La façade de l'hôtel est entre-temps classée aux Monuments historiques en 1862.

Durant la Commune, l'hôtel est miraculeusement préservé. Le gouvernement révolutionnaire avait fait apposer des scellés sur les appartements et les insurgés n'osèrent pas briser. Ces derniers occupent néanmoins le reste de l'hôtel dans lequel est installé un magasin d'habillement.

En 1870, sous la Troisième République, le département de la Guerre reprend possession de l'hôtel et y installe en 1880 le gouvernement militaire de la ville de Paris. L'état-major se trouve quant à lui au numéro 7 mitoyen. En 1898, le gouvernement militaire et l'état-major s'installent aux Invalides.

Le 8 juin 1899, l'hôtel est vendu à l'Union, compagnie des assurances de Paris (future Union des assurances de Paris) pour la somme de 1 600 100 francs. Auparavant, le musée du Louvre en récupère certaines lambris jugés de qualité remarquable, sous l'impulsion d'Emile Molinier, conservateur des Objets d'Art au musée du Louvre. Celui-ci, dans une lettre du 16 juin 1898[12] adressée au directeur des Musées Nationaux et de l’École du Louvre, l'informe de la mise en vente des hôtels numéro 7 et 9 de la place Vendôme, "[contenant] encore de nombreux vestiges de décoration intérieure qu'il serait très regrettable que le Domaine aliénât en même temps que l'immeuble" lui demandant d'intervenir auprès du ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts afin que ces décorations soient préservées et enlevées des hôtels avant leur vente. L'affaire arrive rapidement sur le bureau du ministre et le 6 octobre 1898, est dressé un "procès verbal de remise par l'administration des Domaines aux administrations des Beaux-Arts et des Musées nationaux de diverses boiseries et décorations artistiques existant dans les hôtels domaniaux de la place Vendôme numéro 7 et 9"[13].

L'hôtel est aujourd'hui la propriété du cabinet d'avocats Clifford Chance après avoir appartenu à la société AXA (qui avait racheté l'Union des Assurances de Paris en 1996). Il accueille également la boutique Rolex de la place Vendôme.

Description[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Situation géographique de l'hôtel sur la place.
Structure de l'hôtel.

L'hôtel est situé au 9 de la place Vendôme, c'est-à-dire sur la parcelle précédant (vers le nord) l'angle sud-ouest de la place. Il se trouve entre les hôtels Lebas de Montargis et Simiane, respectivement aux numéros 7 et 11 de la place. Sa façade est composée de cinq travées donnant sur la place. La parcelle de l'hôtel se caractérise par sa forme longiligne, la façade se situant sur son petit côté.

La parcelle de l'hôtel, qui mesure 433 toises, est constitué en trois zones. Tout d'abord un corps de logis principal en double profondeur, donnant sur la place. Celui-ci débouche sur une vaste cour. Il est complété par une aile en retour d'angle de treize croisées longeant le côté gauche de la parcelle jusqu'à son extrémité et terminée par une terrasse.

La Façade[modifier | modifier le code]

La façade sur jardin du château de Versailles.
Avant-corps central de la place Vendôme (hôtel de la Fare).

La façade de l'hôtel est l’œuvre de l'architecte Jules Hardouin-Mansart. Ce dernier impose à la place une unité architecturale à travers les façades des hôtels qui la composent. Ce procédé est typique des places de l'Ancien Régime, citons par exemple la Place des Vosges (édifiée à partir de 1605).

La place adopte un style classique que l'on perçoit par sa grande sobriété (utilisation d'une unique pierre calcaire, absence de courbes dans les formes géométriques), dans l'unité architecturale, ainsi que dans la reprise des formes de l'Antiquité. La présence de frontons aux angles et dans les avants-corps centraux, de colonnes, de pilastres ou de chapiteaux corinthiens, éléments que l'on retrouve dans l'architecture antique et tout particulièrement romaine, en témoigne.

Il est ainsi aisément possible de comparer les façades de la place Vendôme avec l'une des autres grandes œuvres de Hardouin-Mansart, la façade sur jardin du château de Versailles. Ces deux façades présentent nombre de caractéristiques communes. À commencer par une élévation reprenant une structure similaire avec rez-de-chaussée en arcades à bossage de refends (afin de donner visuellement au bâtiment une plus grande stabilité), un ou deux étages nobles, le tout surmonté d'un étage d'attique (pour le château de Versailles) ou d'un étage de combles à lucarnes et œils-de-bœuf (pour la place Vendôme), ayant pour fonction de couronner la façade.

À cette similarité verticale s'ajoute une similarité horizontale. On note en effet la présence au château de Versailles d'avant-corps (central et latéraux) permettant à la façade de ne pas être répétitive et monotone. Ce principe se retrouve sur la place de Vendôme par la présence d'un avant-corps central marquant les deux hôtels centraux (Bourvalais et de la Fare), ainsi que par la présence de frontons corinthiens aux angles de la place.

Enfin, le vocabulaire architecturale est proche sur les deux sites. Si le corps de la place Vendôme prend le parti d'un ordre colossal corinthien tandis que le château de Versailles adopte la hiérarchie des ordres avec un ordre ionique à l'étage noble et un ordre corinthien à l'attique, on note l'utilisation commune de pilastres pour les parties en retrait de la façade et l'utilisation de colonnes dans les avants-corps.

Les façades de Jules Hardouin-Mansart sur la place Vendôme se situent donc très clairement en plein Classicisme.

Aménagement intérieur[modifier | modifier le code]

L'hôtel est composé de cinq niveaux. Un rez-de-chaussée pourvu à l'origine d'une porte-cochère donnant sur la cour intérieure. S'y trouve principalement des espaces de commun (cuisines, gardes-manger, loge du gardien). Un entre-sol vient ensuite, composé d'un appartement plus intime que ceux des étages nobles. S'y trouvait notamment un cabinet-bibliothèque occupant les troisième et quatrième croisées sur la place en partant de la gauche. Ce cabinet, attenant à la bibliothèque, fut remarqué par Emile Molinier et démonté pour être exposé au musée du Louvre. Les premier et second étages sont quant à eux occupés par des appartements. Enfin, le toit brisé est occupé par un étage de comble éclairé par une alternance d'œils-de-bœufs et de grandes lucarnes.

L'escalier d'honneur desservant l'ensemble de l'hôtel se trouve dans l'aile de l'hôtel, juste à la jonction avec le corps de logis principal.

Lorsque l'hôtel fut racheté par l’État en 1794 et pour partie transformé en bureaux, c'est à l'entresol que furent installés les appartements des locataires successifs.

Rez-de-chaussée de l'hôtel[modifier | modifier le code]

Le rez-de-chaussée de l'hôtel est composé uniquement d'espaces de commun. Il se structure (pour le corps de logis principal) en deux parties, séparées par la croisée centrale donnant sur la place, où se situe la porte cochère. Celle-ci débouche dans une rotonde qui mène à la cour intérieur de l'hôtel.

Dans la partie à gauche de la porte cochère se trouve les cuisines de l'hôtel et le garde-manger. Dans la partie droite, se trouvent principalement la loge du portier, une salle dans laquelle se trouvait un réservoir d'eau (pour le bain) ainsi qu'un escalier de dégagement desservant l'intégralité de l'hôtel.

Plan du rez-de-chaussée de l'hôtel de Villemaré.

Entresol[modifier | modifier le code]

L'entresol de l'hôtel de Villemaré fut très vite utilisé comme appartement par les propriétaires de l'hôtel de Villemaré. François-Blathazar Dangé y fait installer le sien quand sa femme, Anne Jarry, occupe le premier étage.

Desservi par l'escalier d'honneur de l'hôtel, l'entresol se compose d'une antichambre circulaire donnant sur une vaste bibliothèque communiquant elle-même à un cabinet-bibliothèque. Se trouve ensuite une chambre à alcôve, celle qu'occupera François-Balthazar Dangé lorsqu'il habitera l'hôtel. Cette chambre mène à un escalier de dégagement desservant l'ensemble des niveaux de l'hôtel. En face, se trouve une autre chambre, occupé lors de l'époque de Dangé par "Mlle Garnier"[14].

Le cabinet-bibliothèque de l'appartement de Dangé est aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Il fut démonté en 1898 de l'hôtel particulier à la demande d’Émile Molinier. Cette partie de l'hôtel restera par la suite à usage d'appartement lorsque l'hôtel deviendra propriété de l’État et sera transformé en bureau.

Si l'entresol du corps de logis principal nous est particulièrement bien connu, puisque s'y trouvait l'appartement de François-Balthazar Dangé que la succession, l'inventaire après décès et la vente de l'hôtel à Philippe-Laurent de Jouvert détaillent minutieusement, ce n'est cependant pas le cas de l'aile de l'hôtel pour ce niveau. En effet, seule la succession de François Dangé évoque cette zone de l'édifice pour y décrire sept pièces sur dix travées desservies par un corridor longeant le mur mitoyen avec l'hôtel Lebas de Montargis. Ces pièces étaient occupées par des zones de commun.

Plan de l'entresol de l'hôtel de Villemaré.

Premier étage[modifier | modifier le code]

Le premier étage sert quant à lui d'appartement à Anne Jarry, épouse de François-Balthazar Dangé. Par la suite, il sera transformé comme le reste de l'édifice en bureaux lorsque l'hôtel deviendra à la Révolution française propriété de l’État. Le premier étage du corps de logis est notamment composé d'un cabinet dit des Fables. Ce cabinet fut réalisé par l'artiste Jean-Baptiste Oudry (17 mars 1686 - 30 avril 1755). Il s'inspire du thème des Fables de la Fontaine dont des représentations sont peintes sur les lambris du cabinet. Ce cabinet, démonté tout comme le cabinet-bibliothèque de l'entresol, est aujourd'hui exposé au musée des Arts Décoratifs de Paris. Le cabinet se trouvait à l'origine dans la pièce occupée par la cinquième travée donnant sur la place Vendôme.

Le reste de l'étage est composé de l'appartement d'Anne Jarry proprement dit avec antichambre, chambre et cabinet. S'y trouvent également une salle à manger donnant sur la place ainsi qu'un salon de compagnie. Dans l'aile, deux salles à manger auxquelles succèdent un autre appartement avec salon, chambre et cabinet. Ce dernier appartement fut également démonté à la vente de l'hôtel et se trouve aujourd'hui au musée du Louvre. Notons également la seconde salle à manger de l'aile, particulièrement grande et fastueuse. Elle possédait une vaste table de pierre contre le mur, agrémenté de deux fontaines, de pilastres et en son centre d'une niche occupé par un antique[15]. La première salle à manger était quant à elle plus intime, en témoigne la présence non pas d'une cheminée mais d'un poêle encastré dans le mur[15].

Plan du premier étage de l'hôtel de Villemaré.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice de l'Hôtel de Villemaré », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consultée le 6 juillet 2012.
  2. Archives Nationales, Z1J460
  3. La Chambre de Réformation de Bretagne est une commission créée par le Parlement de Bretagne le 22 janvier 1668 afin de contrôler la noblesse des familles bretonnes se prétendant comme tel. Il s'agit là d'un mouvement plus général de vérification de la part des Intendants du roi de la noblesse des familles prétendue comme telle du Royaume de France. Néanmoins, dans un souci d'indépendance, le Parlement de Bretagne choisit de confier cette mission non pas à un Intendant royal mais à une chambre dépendant directement d'elle-même. La réformation se fit dans un souci principalement financier (en effet, les nobles étaient exempts de certains impôts sous l'Ancien Régime). Pour préserver ses privilèges, il fallait alors produire devant la Chambre les documents originaux (les copies, même certifiées, étaient proscrites) prouvant sa descendance des ducs de Bretagne. La descendance des rois de France n'étant dans cette région pas acceptée comme motif de noblesse. Source : F. de Saint Simon (préf. duc de Castries), La Place Vendôme, Paris, Éditions Vendôme,‎ 1982, p. 228
  4. Testament de Jean-Bonnaventure Lelay de Villemaré, Archives Nationales, Minutier central, XCVII, 282, 12 juillet 1740.
  5. Bail, 28 octobre 1747, Archives Nationales, Minutier central, XCVII, 314, 28 octobre 1747.
  6. Plan de la Chancellerie, Archives Nationales, O1 1551.
  7. F. de Saint Simon (préf. duc de Castries), La Place Vendôme, Paris, Éditions Vendôme,‎ 1982, p. 228
  8. Vente de l'Hôtel de Villemaré, Archives Nationales, BB305182.
  9. Réquisition de l'agrandissement de l'aile de l'hôtel de Villemaré, Archives Nationales, Minutier central, LXXXVII, 1019, 29 mars 1753.
  10. Vente de l'Hôtel de Villemaré par René-François Dangé à Philippe-Laurent de Joubert, Archives Nationales, Et. LXXXVII, 1174.
  11. F. de Saint Simon (préf. duc de Castries), La Place Vendôme, Paris, Éditions Vendôme,‎ 1982, p. 231
  12. Archives des Musées Nationaux, M4 1898, 20 octobre, Lettre 1.
  13. Archives des Musées Nationaux, M4 1898, 20 octobre.
  14. David Langeois, « L'appartement du fermier général François-Balthazard Dangé en son hôtel de la place Vendôme à Paris », dans Collectif, Objets d'arts : Mélanges en l'honneur de Daniel Alcouffe, Paris, Faton,‎ 2004, p. 257
  15. a et b Succession de François-Balthazard Dangé, estimation, le 26 mars 1778, Archives Nationales, Z1J 1031.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Visite de la place Louis-le-Grand par Pierre-Jules Delespine et Pierre Lemaistre, architectes du roi et membres de l'Académie Royale d'Architecture, Archives Nationales, Z1J460.
  • Testament de Jean-Bonnaventure Lelay de Villemaré, Archives Nationales, Minutier central, XCVII, 282, 12 juillet 1740.
  • Vente de l'Hôtel de Villemaré, Archives Nationales, BB305182, 22 avril 1750.
  • Plan de la Chancellerie, Archives Nationales, O1 1551.
  • Bail, 28 octobre 1747, Archives Nationales, Minutier central, XCVII, 314, 28 octobre 1747.
  • Réquisition de l'agrandissement de l'aile de l'hôtel de Villemaré, Archives Nationales, Minutier central, LXXXVII, 1019, 29 mars 1753.
  • Succession de François-Balthazard Dangé, estimation, le 26 mars 1778, Archives Nationales, Z1J 1031.
  • Vente de l'Hôtel de Villemaré le 27 juin 1778 par René-François Dangé d'Orsay à Philippe-Laurent de Joubert devant Maitre Goullet, Archives Nationales, Et. LXXXVII, 1174.
  • Archives des Musées Nationaux, M4 1898, 20 octobre.
  • Vente de l'ancien hôtel du Gouvernement militaire de Paris le 23 mars 1899, Archives de la ville de Paris, DQ1, carton 1.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Editions De Minuit,‎ 1985, p. 611-613Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • F. de Saint Simon (préf. duc de Castries), La Place Vendôme, Paris, Éditions Vendôme,‎ 1982, p. 227-234Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • David Langeois, « L'appartement du fermier général François-Balthazard Dangé en son hôtel de la place Vendôme à Paris », dans Collectif, Objets d'arts : Mélanges en l'honneur de Daniel Alcouffe, Paris, Faton,‎ 2004, p. 253-259Document utilisé pour la rédaction de l’article