Le Meurice

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Le Meurice
Hotel Meurice Paris.jpg
Localisation
Localisation 228 rue de Rivoli
Paris
France
Coordonnées
géographiques
48° 51′ 54.6″ N 2° 19′ 40.7″ E / 48.865167, 2.32797248° 51′ 54.6″ Nord 2° 19′ 40.7″ Est / 48.865167, 2.327972  
Étoiles 5/5 starsStar full.svgStar full.svgStar full.svgStar full.svg
Compagnies
Architecte(s) Henri Nénot
Propriétaire(s) Dorchester Collection Hotels
Site officiel www.lemeurice.com

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Le Meurice

Géolocalisation sur la carte : 1er arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 1er arrondissement de Paris)
Le Meurice

Le Meurice est un palace situé au 228 rue de Rivoli dans le 1er arrondissement de Paris, qui appartient au groupe Dorchester Collection Hotels.

À l'image du Crillon, du Ritz ou encore du Plaza Athénée, Le Meurice est un palace réputé de Paris et fréquenté par de nombreux acteurs, chanteurs, hommes politiques et grandes personnalités.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Augustin Meurice avait compris, dès le milieu du XVIIIe siècle, que les touristes anglais souhaitaient trouver sur le continent le confort et les commodités auxquels ils étaient habitués chez eux.

En 1771, Augustin Meurice ouvrit à leur intention une auberge qui leur permit de ne pas se sentir dépaysés en débarquant à Calais. De là à ouvrir un second hôtel, à Paris, 223 rue Saint-Honoré, terminus de la diligence, il n’y avait qu’un pas. Il fut franchi sous la Restauration.

Aux voyageurs de l'époque, Le Meurice offrait un style d’hôtellerie alors inédit. Tout était fait pour faciliter la vie à l'étranger de passage : acquittement des formalités administratives, utilisation de valets de place attachés à l'hôtel, location d'appartements de toutes dimensions, mise à disposition de salons de conversation, linge blanchi au savon et battu à la main, personnel parlant anglais, bureau de change, équipages, etc.

« Pour un voyageur anglais, aucun hôtel de Paris n’offre autant d’avantages que Le Meurice », assurait une publicité de l’époque.

En 1835, l’hôtel déménagea pour s’installer sur son emplacement actuel, rue de Rivoli, dans un bâtiment neuf et luxueux, voisin du palais des Tuileries.

La clientèle huppée suivit. De la Monarchie de juillet à la IIIe République, Le Meurice accueillit la haute société de ce temps : souverains, aristocrates, artistes, écrivains, qui appréciaient non seulement la qualité du service, le raffinement des chambres et des salons, mais aussi l’exceptionnelle situation de l’hôtel au cœur de Paris, proche des boutiques de luxe et du centre du pouvoir. Sans doute est-ce l'une des raisons qui incita Miss Howard, maîtresse et mécène du futur Napoléon III, à s'y installer lors de ses séjours dans la capitale.

La rénovation de l'hôtel[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, Le Meurice changea de direction. L'un des actionnaires de la nouvelle société n'était autre qu'Arthur Millon, propriétaire du Café de la Paix et des restaurants Weber et Ledoyen. Afin de concurrencer le Ritz, ouvert en 1902, Millon fit appel à un grand hôtelier suisse, Frédéric Schwenter. Sous l’impulsion des deux hommes, Le Meurice fut agrandi par l’adjonction de l'hôtel Métropole, situé rue de Castiglione, puis, à l’exception des façades classées, l’hôtel fut reconstruit à neuf sous la houlette de l’architecte de la Nouvelle Sorbonne, Henri-Paul Nénot, Grand prix de Rome.

Pour la décoration intérieure, et notamment pour les salons du rez-de-chaussée, le style Louis XVI prévalait, tandis que les chambres étaient dotées du confort le plus moderne : salles de bains, téléphone, sonnerie électrique reliant les hôtes à leurs domestiques personnels… L’ascenseur était la copie de la chaise à porteurs de Marie-Antoinette d'Autriche. Aux peintres Poilpot, Lavalley et Faivre avaient été confiés plafonds et panneaux évoquant Versailles, le Trianon et Fontainebleau.

De cette époque, Le Meurice a conservé le grand salon Pompadour aux boiseries blanches et or, la salle de restaurant, dont les pilastres de marbre et les bronzes dorés sont un hommage au salon de la Paix du Château de Versailles, le salon Fontainebleau et la verrière de fer forgé qui abritait le hall. C’est au cours de ces travaux que les ouvriers recueillirent un chien errant sur le chantier dont le personnel fit sa mascotte. Depuis, le lévrier est devenu l’emblème de l’hôtel.

En 1935, le poète Léon-Paul Fargue répartissait la clientèle des hôtels parisiens en trois catégories : « la mauvaise, la bonne et celle du Meurice ». Parmi celle-ci, les têtes couronnées abondaient. Le premier monarque à avoir fait du nouveau Meurice sa résidence secondaire à Paris fut le roi Alphonse XIII qui, souhaitant évoluer dans son décor familier, se faisait apporter son mobilier du garde-meuble royal de Madrid. Lorsqu'il fut chassé du pouvoir en 1931, le monarque déchu fit du Meurice son refuge et le siège de son gouvernement en exil. À sa suite, le prince de Galles, les rois d'Italie, de Belgique, de Grèce, de Bulgarie, du Danemark, du Monténégro, le shah de Perse, le bey de Tunis, prirent l'habitude de descendre à « l'Hôtel des rois ».

Les princes des affaires comme les Rockefeller, les hommes politiques comme le président de la République française Doumergue, qui venait parfois y dîner avec sa compagne Jeanne-Marie Graves, le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt, le comte Ciano, le Premier ministre britannique Anthony Eden, et les artistes de Rudyard Kipling à Edmond Rostand, de Gabriele D'Annunzio à Paul Morand, furent des clients bien connus de l'établissement.

Pendant l'occupation, entre septembre 1940 et août 1944, l'hôtel Meurice sert à la fois de quartier général aux forces d'occupation Allemandes, et de logement de fonction pour le général Von Choltitz, Commandant du Gross Paris[1].

Au début des années 1950, les familles royales ont peu à peu cédé la place aux discrets patrons de multinationales, aux vedettes de l'écran et aux artistes, souvent plus excentriques. Au nombre de ces derniers, Salvador Dalí, le génie « transcendantal » de l'auto-publicité — qu'un de ses anciens compagnons surréalistes avait surnommé « Avida dollars » — fut l’un des hôtes les plus insolites de l'hôtel. Durant plus de trente années, il occupa un mois par an l'ancienne suite royale d'Alphonse XIII dont il constellait les murs de taches de peinture, tandis que ses ocelots apprivoisés se faisaient les griffes sur la moquette. Avec lui, le personnel — qui lui était très attaché et qu'il honorait d'étrennes sous forme de lithographies signées de sa « divine main » — ne manquait pas de distractions. Soit qu'il leur demandât de capturer des mouches dans les bosquets des Tuileries ou de lui amener un troupeau de chèvres sur lequel il tirait des balles à blanc ; soit qu'il les priât de jeter sous les roues de sa voiture, à chacun de ses départs, des pièces de vingt centimes, afin qu'il puisse se flatter de « rouler sur l'or » !

Pour un hôtel comme Le Meurice, les désirs des clients — si étranges soient-ils — ne sont-ils pas des ordres ? Avec Dalí, un autre client hors du commun fut la milliardaire et mécène franco-américaine Florence Gould, dont les déjeuners littéraires réunissaient des personnalités aussi contrastées qu'Arletty et François Mauriac, Léautaud et Paul Morand, les Jouhandeau et Roger Peyrefitte. Grâce à elle, Le Meurice abrita l'un des derniers salons littéraires de Paris.

Au cours de sa longue existence, Le Meurice aura connu trois grandes remises à neuf : l'une de 1905 à 1907, la seconde à partir de 1947 et la plus récente, enfin, en 1998. Chacune de ces étapes aura représenté un progrès dans la modernisation et l'embellissement de l'hôtel.

À l'aube des années 2000[modifier | modifier le code]

L'hôtel a fait l'objet d'une campagne de rénovation, menée par Jean-Loup Roubert, Architecte en Chef des Bâtiments Civils et Palais Nationaux, et de l'Architecte Nicolas Papamiltiades. Cette rénovation a modifié profondément certains espaces du bâtiment, pour des raisons techniques (création d'un sous-sol pour les infrastructures de chauffage et climatisation) et esthétiques. De nouveaux salons de réception ont été créés au rez-de-chaussée et ont retrouvé des décors de style années 1900, tandis que l'entrée principale a été déplacée rue de Rivoli.

Des décors, mosaïques ou moulures ont fait l'objet de rénovations très poussées grâce à des artisans spécialisés. L'hôtel emploie aujourd'hui près de quatre cents personnes.

En décembre 2006, le président de la République d'Algérie Abdelaziz Bouteflika, après avoir été soigné au cours d'une opération médicale à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, poursuit une convalescence au Meurice. Occupant une suite présidentielle, le chef d'état algérien accorde une interview à la télévision algérienne le 17 décembre. Il quitte le Meurice le 31 décembre afin de rentrer dans son pays.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Depuis mai 2011, il fait partie des huit premiers hôtels français de grand luxe à recevoir le nouveau label officiel « Distinction Palace » (4 à Paris et 4 en province)[2].

Films tournés à l'Hôtel Meurice[modifier | modifier le code]

Le Meurice fut le décor plus ou moins important de quelques films.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les sites d'occupation allemande », sur Ville de paris (consulté le 3 février 2010)
  2. Il y a désormais huit palaces en France, article sur le site Quotidien du Tourisme.com 5 mai 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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