Hôpital Avicenne

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Hôpital Avicenne
Présentation
Propriétaire Établissement public
Protection  Inscrit MH (2006)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-Saint-Denis
Commune Bobigny
Localisation
Coordonnées 48° 54′ 53″ N 2° 25′ 27″ E / 48.9147, 2.424248° 54′ 53″ Nord 2° 25′ 27″ Est / 48.9147, 2.4242  

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Hôpital Avicenne

L’hôpital Avicenne, en référence à Avicenne, médecin et philosophe persan des X-XIe siècles, est un hôpital faisant partie des 37 hôpitaux de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). Il est situé à Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il a été inauguré le 22 mars 1935 sous le nom d'Hôpital franco-musulman de Paris. Il était alors réservé aux patients musulmans de Paris et du département de la Seine. L'hôpital était placé sous l'autorité de la préfecture de police de Paris et rattaché au Service de surveillance et de protection des indigènes nord-africains (SSPINA)[1]. Dans les premiers temps, tous les musulmans présents dans les autres hôpitaux parisiens y sont emmenés de force en car de police[2]. Adolphe Gerolami, ancien administrateur principal des communes mixtes d’Algérie, qui dirigeait ce service (rue Lecomte à Paris) fut le premier directeur de l’hôpital franco-musulman et de l’école d’infirmières (nommé en 1932).

Hôpital pavillonnaire conçu par les architectes Maurice Mantout (architecte de la Grande Mosquée de Paris) et Léon Azéma, il prend place dans un parc de huit hectares. Un cimetière musulman créé en 1937 jouxte l'établissement. Il est rattaché à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris en 1961.

En 1935, il était composé d'un bâtiment principal, le bâtiment Larrey qui intégrait des éléments d'architecture orientale. Alors qu'il s'ouvre progressivement à toute la population locale, de nouveaux bâtiments voient le jour : pavillon Charcot en 1969, pavillon Lavoisier en 1980, SAMU / SMUR en 1993...

En 1978, l'hôpital a adopté le nom d'Avicenne, en arabe Abu 'Ali al-Husayn Ibn Abd Allah Ibn Sina, l'un des grands personnages du monde musulman. À la fois, médecin, philosophe, poète et musicien, Avicenne est l'auteur du Canon de la médecine (Qanûn), qui est resté un traité de référence en médecine jusqu'au XVIIe siècle en Europe[3].

En 2005, à l'occasion du 70e anniversaire de son ouverture, l'hôpital fait l'objet au musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris d'une exposition intitulée « 1935-2005. L'hôpital Avicenne : une histoire sans frontières »[4].

En 2006, le porche d'entrée dans son ensemble, les façades (y compris la colonnade) et toitures de la partie centrale du bâtiment Larrey, le hall d'entrée et la salle du conseil, et la chapelle funéraire de la morgue, ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du 25 janvier[5].

Organisation[modifier | modifier le code]

Il constitue avec d'autres hôpitaux de la Seine-Saint-Denis et du nord de Paris, le groupement hospitalier universitaire Nord.

L'hôpital répond aux besoins de soins de la population locale (bassin de vie no 11 rattaché au secteur sanitaire 4 Paris-Nord), mais c'est également un hôpital universitaire, organisant recherche et enseignement dans le cadre de la faculté de médecine de Bobigny (université Paris 13).

En 1997, l'hôpital compte 530 lits d'hospitalisation à temps plein de court-séjour, et trente-cinq lits de soins à temps partiel.

Intérêt archéologique[modifier | modifier le code]

De 2002 à 2003, l'Institut national de recherches archéologiques préventives met au jour, à l'occasion de fouilles préventives à la construction d'un nouveau bâtiment, la plus importante nécropole connue en Europe pour la période gauloise[6].

Il était déjà connu que l'hôpital étend son emprise sur une partie des vestiges d'un village d'artisans occupé de 350 avant J.-C. à 110 après J.-C.

Parmi les objets découverts : 40 000 morceaux de vases, 10 panoplies de guerriers, plus de 200 bracelets en lignite, verre ou métal, des colliers en fer, des perles d'ambre, 140 pièces de monnaies et bien sur des fibules (25 dans l'habitat et 410 dans les tombes)…

Une partie des objets est présentée jusqu'au début 2009 dans le hall central de l'hôpital.

C'est la découverte de 521 tombes qui fait de ce lieu un site archéologique majeur. En effet, on ne compte en Europe que douze nécropoles de plus de 200 tombes pour cette période de l'âge du fer récent.

La forte proportion d'inhumations est assez unique par rapport au faible nombre d'incinérations.

Le plateau technique de l'hôpital (radiologique), mis à la disposition du chantier archéologique, facilite la restauration des objets et permet de constater que les individus étaient en relative bonne santé, bien davantage que, plus tard, les populations du Moyen Âge plus couramment exhumées en Île-de-France.

Accès[modifier | modifier le code]

Une station de la ligne 1 du tramway permet d'avoir un accès direct pour les habitants de la Seine-Saint-Denis.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Blanchard, « La dissolution des Brigades nord-africaines de la Préfecture de police : La fin d'une police d'exception pour les Algériens de Paris (1944-1953) ? », Bulletin de l'IHTP, Institut d'histoire du temps présent, no 83 « Répression, contrôle et encadrement dans le monde colonial au XXe siècle »,‎ juin 2004 (lire en ligne).
  2. « Musulmans de France », documentaire de Karim Miské, Emmanuel Blanchard et Mohammed Joseph.
  3. B. Ben Yahia « Avicenne médecin. Sa vie, son œuvre » Revue d'histoire des sciences et de leurs applications 1952, Tome 5 no 4, p. 350-358.
  4. « 1935-2005. L'hôpital Avicenne : une histoire sans frontières », sur le site du musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris. Consulté le 26 septembre 2012.
  5. « Notice no PA93000021 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. Yves Marion, Le Bechennec et Cyrille Le Forestier, « Nécropole et bourgade d'artisans : L'évolution des sites de Bobigny (Seine-Saint-Denis), entre La Tène B et La Tène D », Revue archéologique du centre de la France, no 45-46,‎ 2006-2007 (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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