Héros ou Salopards

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Héros ou Salopards (Breaker Morant) est un film australien de Bruce Beresford sorti en 1980. L'acteur britannique Edward Woodward y endosse le rôle de Harry " Breaker" Morant. Le reste de la distribution réunit exclusivement des acteurs australiens, incluant Bryan Brown dans le rôle du lieutenant Hancock, Lewis Fitz-Gerald dans celui du Lieutenant Witton et Jack Thompson dans celui du Major J.F Thomas.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Héros ou Salopards raconte le procès de trois soldats australiens, officiers des "Bushveldt Carbineers" en Afrique du Sud. Harry "Breaker" Morant, Peter Handcock et George Witton sont accusés du meurtre de prisonniers Boers ; Morant et Handcock sont accusés d'avoir tiré sur un missionnaire allemand, le révérend D.Heese. Leur avocat, le major J.F.Thomas, eut seulement un jour pour préparer leur défense.

Lord Kitchener, qui ordonna le procès, espérait achever la Seconde Guerre des Boers par une conférence de paix. À cette fin, il utilisa le procès Morant pour prouver sa volonté de juger ses propres soldats fermement au cas où ils désobéiraient aux règles de la guerre. Cependant, comme le mentionne l'un des personnages, l'affaire mettant en cause dans une accusation de meurtre des soldats en service actif est complexe. Lord Kitchener était déterminé à obtenir un verdict les désignant coupables, avec le soutien de la Cour de Justice.

Les causes et les circonstances de ce procès y sont développées. L'exécution des prisonniers Boer par Morant était une mesure de revanche suite à la mutilation et au décès de son ami et supérieur hiérarchique immédiat, le Capitaine Hunt. Rendu furieux par cet incident, Morant attaqua le camp d'internement des Boers. Là ils capturèrent un prisonnier Boer qui se trouvait porter la veste kaki du Capitaine Hunt. Morant ordonna qu'il soit exécuté, ordre qui fut immédiatement suivi.

Le meurtre des six autres prisonniers Boers se déroula de façon similaire : s'étant rendus, ils furent capturés, ce que Morant a justifié plus tard en disant " Vous connaissez les ordres de Whitehall. S'ils montrent un drapeau blanc, nous ignorons le voir. Nous ne l'avons pas vu." Avant l'exécution, Morant remarque le missionnaire allemand, le Révérend Hesse, discutant avec les prisonniers Boers placés sous bonne garde. Morant, furieux, est persuadé que Hesse est un espion, bien qu'il n'en ait aucune preuve. Une conversation avec Hancock mène ce dernier à s'emparer d'un fusil et d'un cheval et de suivre le missionnaire, qui sera retrouvé mort le matin suivant.

Durant le procès les préjugés de la Cour envers un verdict de culpabilité apparaissent évidents, de la même manière que les machinations politiques qu'ils sous-tendent. Le point central porte sur le fait de savoir si oui ou non l'ordre d'exécuter les prisonniers Boers venait de Lord Kitchener ; le cas défendu par le Major Thomas est qu'ils étaient sous la coupe d'un ordre permanent, bien que non-écrit. Dans la mesure où ces ordres ont été transmis verbalement au Capitaine Hunt et transmis par celui-ci de la même façon à Morant, il n'existe alors pas de preuves attestant de l'existence de cet ordre.

Cela montre de façon ironique que, bien que Morant ait agit sur ordres, lui et Hancock sont directement responsables de l'assassinat de Hesse. Hancock, qui avait pris la précaution d'obtenir l'alibi de deux "amies", admis devant Witton qu'il avait suivi Hesse et l'avait effectivement assassiné. Cependant, la Cour les a acquittés pour le meurtre de Hesse mais a retenu les deux autres chefs d'accusation.

Une circonstance bien commode est l'absence de la région à ce moment de Kitchener, indisponible également pour décider d'un sursis et bien qu'il commue tout de même la peine de Witton en emprisonnement à vie avant son départ. Morant et Hancock sont mis à mort le lendemain matin alors que Witton est mené au transport pénitentiaire.

Un résumé apparait à la fin du film, énonçant ce qu'il advient de certains des personnages. Le Major Thomas s'en est retourné à son Australie natale où il poursuivit son activité d'avocat, bien que circonscrite à la rédaction de testaments et cadastres. Witton purgea trois années de sa peine mais fut relâché suite au tollé national que produisit cette affaire, il écrivit un ouvrage intitulé Scapegoats of the Empire ("Les boucs émissaires de l'empire"), un compte-rendu de l'affaire Morant. Cet ouvrage fut si prompt à enflammer l'opinion publique qu'il fut censuré par le gouvernement britannique durant les deux Guerres Mondiales, au vu des sentiments anti-britanniques qu'il exprimait.

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