Hérodien

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Hérodien (175 - 249) est un historien romain d'expression grecque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le peu que l'on sait de lui peut être déduit de son ouvrage connu sous le titre d’Histoire des empereurs romains de Marc Aurèle à Gordien III.

« Pour moi, dit-il, j'ai assisté à l'histoire que j'entreprends d'écrire; elle n'est ni inconnue, ni sans témoins; elle vit toute récente dans la mémoire de mes lecteurs; je veux l'écrire avec un respect religieux pour le vrai... Le grand nombre de princes qui « dans le court intervalle de soixante années, passèrent sur le trône, a rendu cette époque fertile en faits neufs et originaux.
(livre Ier (préambule))

« Je bornerai ma tache aux faits postérieurs à la mort de Marc-Aurèle; ils forment les souvenirs de ma vie entière; je les ai vus, je les ai entendus; j'y ai pris part dans mes fonctions auprès du prince ou de l'État. »
(Livre 1er, ch. IV)

« Le seul but, dit-il, que je me sois proposé, c'est de réunir dans un seul tableau les faits importants dont j'ai été le témoin sous le règne de plusieurs princes et dans une période de soixante-dix ans. »
(Livre II, ch. XLIX)

Sans doute originaire d'Asie Mineure, il séjourna à Rome de la fin du IIe  siècle aux années 240. Son ouvrage historique a été consulté à la fin du IVe  siècle par l'auteur de l’Histoire Auguste.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Histoire des empereurs romains de Marc Aurèle à Gordien III.

L'histoire d'Hérodien renferme dans un espace de soixante années dix-sept empereurs, à savoir : Commode, Pertinax, Didius Julianus, Pescennius Niger, Albinus, Septime Sévère, Geta, Caracalla, Macrin, Héliogabale, Sévère Alexandre, Maximin, Gordien Ier, Gordien II, Maxime, Balbin, Gordien III.

Style[modifier | modifier le code]

Très attaché à la culture grecque, Hérodien semble écrire essentiellement pour un public appartenant aux provinces hellénophones de l'empire. Son style et sa méthode s'inspirent de la tradition historique grecque issue de Thucydide. Il n'a pas cependant toujours le brio et la rigueur de ce dernier. Hérodien ne présente pas toujours en effet une chronologie rigoureuse et est loin d'être toujours exact, cédant parfois au plaisir de l'écriture, il enjolive sans doute sa narration des événements, ou retranscrit des rumeurs peu fondées. Il fut cependant parfois le témoin oculaire des événements qu'il retranscrit : il était présent à Rome en 192 et 204. Homme écrivant sans doute au moment des difficultés qui frappent l'empire vers 250, Hérodien montre un attachement à un pouvoir stable et légitime, correspondant aux attentes politiques des aristocraties municipales, inversement il témoigne de préjugés et d'une méfiance très forte envers les soldats de l'armée romaine.

« C'est à cette époque surtout que commença la corruption des soldats. Depuis ce temps ils montrèrent une insatiable et hideuse cupidité, et affichèrent le plus grand mépris pour le souverain. Ils avaient vu triompher leur audace et Pertinax mourir sans vengeur; l'empire avait été mis à l'encan et acheté, sans que personne s'opposât à une pareille infamie; cette impunité les encouragea, fit naître leurs honteux excès et fomenta leur indiscipline. Ils poussèrent souvent jusqu'à l'assassinat leur cupidité et leur mépris pour le prince.»
(livre II, XXV)

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Histoire romaine depuis la mort de Marc Aurèle, trad : Halévy, Paris, 1871
  • Histoire des empereurs romains de Marc-Aurèle à Gordien III, traduction de Denis Roques, Les Belles Lettres, Collection la Roue à livres, Paris, 1990, (ISBN 2251339035)

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