Hédi Djilani

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Hédi Djilani
Hédi Djilani lors d'un colloque sur le tourisme en novembre 2011
Hédi Djilani lors d'un colloque sur le tourisme en novembre 2011
Fonctions
Parlementaire tunisien
Député
2 avril 19899 février 2011
Groupe politique RCD
Biographie
Date de naissance 13 février 1948 (66 ans)
Lieu de naissance Tunis, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique RCD
Résidence Tunis 1

Hédi Djilani ou Hédi Jilani, né le 13 février 1948 à Tunis, est un homme d'affaires, syndicaliste et homme politique tunisien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille bourgeoise tunisoise dont sont issus des marchands artisans au XIXe siècle[1], son grand-père Hadi est un caïd-gouverneur de renom[2] alors que son père Ali est un homme d'affaires actif dans le textile et la confection, de même que dans la modernisation de ces domaines[3]. Ses parents le destinent à la médecine qu'il étudie à l'hôpital Cochin, de 1966 à 1971. Toutefois, c'est le monde des affaires qui l'attire le plus : il y assume différents rôles dont celui de membre du conseil d'administration de la Banque centrale de Tunisie et du Centre de promotion des exportations.

Après avoir dirigé de nombreuses entreprises industrielles dans le secteur du textile destiné à l'exportation, il représente ses collègues au sein des structures syndicales patronales : président de la chambre syndicale des exportateurs textiles et membre du bureau exécutif de la fédération nationale du textile à partir de 1975 et président de la fédération des exportateurs à partir de 1985. Membre du bureau exécutif de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA) de 1975 à 1980 et de 1985 à 1990, il réussit finalement à prendre la relève du chef historique de l'organisation, Ferjani Bel Haj Ammar, en juillet 1988.

À partir de 1989, il est aussi membre du comité central du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et de la Chambre des députés.

L'une de ses filles, Zohra, épouse Belhassen Trabelsi, beau-frère du président Zine el-Abidine Ben Ali[4], considéré comme le « Parrain » de la famille Trabelsi, qualifiée de « clan quasi-mafieux » par les observateurs ainsi que les services de l'ambassade américaine en Tunisie car étant la principale bénéficiaire de la généralisation de la corruption dans le pays[5]. Le couple s'installe au Canada après le 14 janvier 2011 à la faveur des évènements de la révolution qui chasse Ben Ali du pouvoir[6]. Une autre de ses filles se marie à Sofiane Ben Ali, fils de « Moncef », le frère décédé du président et chef du clan Ben Ali[7].

Ce lien de parenté, jugé incompatible avec la fonction de président de l'UTICA, incite finalement Djilani à se démettre de ce mandat le 19 janvier 2011[8]. Il est remplacé à ce poste le 24 janvier 2011 par un coordinateur général, Mohamed Ben Sedrine[9].

Après la révolution, Djilani adresse des excuses publiques au peuple tunisien pour ses actions et ses relations avec le régime déchu. Il se rétracte quelques mois après en affirmant sur Shems FM qu'il s'est excusé pour des actions qu'il n'a pas commises[10].

Il a aussi assumé la fonction de président de l'Espérance sportive de Tunis de 1987 à 1989.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mohamed El Aziz Ben Achour, Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle : les élites musulmanes, éd. Ministère des Affaires culturelles, Tunis, 1989, p. 175
  2. (fr) Paul Lambert, Dictionnaire illustré de la Tunisie : choses et gens de Tunisie, éd. C. Saliba aîné, Tunis, 1912, p. 162
  3. Rabah Nabli, Les entrepreneurs tunisiens. La difficile émergence d'un nouvel acteur, coll. Histoire et perspectives méditerranéennes, éd. L'Harmattan, Paris, 2008, p. 162
  4. (fr) Jean-Pierre Séréni, « Le réveil tunisien », Le Monde diplomatique, 6 janvier 2011
  5. (fr) Julie Calleeuw, « Tunisie : les Trabelsi, une « quasi-mafia » », RTBF, 14 janvier 2011
  6. (fr) Clément Sabourin, « Tunis demande au Canada d'arrêter un beau-frère de Ben Ali, caché à Montréal », Agence France-Presse, 27 janvier 2011
  7. (fr) Christophe Ayad, « Leila Trabelsi la cleptodame », Libération, 18 janvier 2011
  8. (fr) « Tunisie : Démission de Hédi Djilani du poste du président de l'UTICA », Investir en Tunisie, 19 janvier 2011
  9. (fr) « Tunisie - UTICA : Après la démission de Hédi Djilani, le conseil administratif de la centrale patronale élit un coordinateur général », Investir en Tunisie, 25 janvier 2011
  10. (fr) « Hédi Jilani : M'excuser était une atroce erreur », Shems FM, 12 avril 2011