Hébergement mutualisé

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L'hébergement mutualisé est un concept d'hébergement internet destiné principalement à des sites web, dans un environnement technique dont la caractéristique principale est d'être partagé par plusieurs utilisateurs. Cette architecture est adaptée pour des sites d'importance et d'audience faible ou moyenne, ne sollicitant que ponctuellement les ressources du ou des serveurs informatique servant à l'hébergement (processeur, mémoire vive, espace disque, bande passante). L'administration du ou des serveurs est assurée par un intervenant tiers (et non par le titulaire de l'hébergement).

Un serveur privé ou serveur virtuel est une forme d'hébergement mutualisé mais se distingue au niveau logique, car si le serveur virtuel n'est qu'une sous-partie d'un serveur informatique physique, d'un point de vue logique et fonctionnel il se comporte quasi à l'identique d'un serveur dédié, hormis quelques spécificités sur le noyau ou le système de fichiers. Le choix entre mutualisation et serveur dédié n'est pas exclusif pour un décideur informatique[1].

Principes d'architecture[modifier | modifier le code]

Il s'agit la plupart du temps de serveurs informatique de puissance importante, notamment en termes de mémoire et d'espace disque, dont les ressources sont attribuées de façon fixe ou dynamique à un ensemble d'utilisateurs. Généralement, ceux-ci peuvent s'y connecter via des outils d'administration propriétaires, open-source ou commerciaux, car tout accès direct pourrait compromettre l'intégrité du serveur ou rendre indisponible ses ressources.

Chaque utilisateur (ou client) se voit attribuer un compte sur une machine donnée. Il est possible, dans certaines architecture, que les ressources soient partagées sur plusieurs machines physiques :

  • Soit plusieurs machines sont regroupées en cluster pour ne paraître de l'extérieur que comme une machine unique ;
  • Soit une partie des ressources est répartie physiquement sur des dispositifs ou périphériques particuliers, ce qui est souvent le cas pour des hébergement proposant d'importants espaces disques, utilisant des technologies comme le SAN (Storage Area Network), accessibles grâce à l'iSCSI ou au NFS.

Les principales ressources du serveur caractérisant un hébergement mutualisé sont, selon les cas :

  • mémoire vive maximum allouée ;
  • puissance du processeur (ou CPU), en pourcentage ou en unités ;
  • espace disque ;
  • trafic web autorisé (débit binaire cumulé sur une période donnée, en général le mois) ;
  • bande passante maximum (débit instantané) ;
  • adresse IP (en général partagée) ;
  • système d'exploitation (Linux le plus souvent, mais également Windows).

Avantages[modifier | modifier le code]

  • Le coût étant directement proportionnel aux ressources allouées, ce dernier est généralement inférieur à celui d'un hébergement dédié ; certains hébergeurs proposent même des solutions gratuites. En revanche, dès lors qu'il s'agit de serveurs privés ou virtuels, le coût dépend de paramètres additionnels tels que :
    • Le niveau de ressources garanti alloué à chaque client sur l'infrastructure mutualisée,
    • Le type d'outils et de couches logiques mis en œuvre pour la fragmentation de l'infrastructure en systèmes dédiés étanches les uns des autres.
  • La fiabilité de la solution disposant de ressources totalement administrées et sous la responsabilité juridique du fournisseur.
  • La disponibilité technique (grâce à l'administration du serveur par l'hébergeur).

Inconvénients[modifier | modifier le code]

  • Par définition de la solution, les ressources sont limitées.
  • L'installation de certains composants ou logiciels est impossible (car l'utilisateur n'a pas les droits d'administration).
  • L'utilisation de SSL est difficile, car elle exige une adresse IP dédiée à un nom de domaine.
  • Une même adresse IP est partagée par des centaines ou milliers de sites web. Il suffit que l'un de ces sites web transgresse les règles (par exemple, par l'envoi de pourriels ou "spams") pour que cette adresse IP soit mise en "liste noire" - tous les autres sites hébergés sur la même adresse en subissant les conséquences. Les "listes noires" sont établies par des organisations indépendantes telle que spamhaus.org, et utilisées par de nombreux logiciels anti-spam. Ces logiciels peuvent se baser sur les adresses IP des sites web (plutôt qu'uniquement celles des ordinateurs ou serveurs qui envoient les pourriels). Une adresse IP reste en liste noire tant que l'hébergeur n'est pas intervenu, ce qui prend parfois plusieurs mois en cas de mauvaise volonté ou de service client débordé de demandes.

Acteurs principaux[modifier | modifier le code]

Il est impossible de citer tous les hébergeurs de ce type tant ils sont nombreux. À ce titre, tout classement ou étude de marché ne peut être que partielle. Historiquement, la plupart des hébergeurs sont aux États-Unis, mais d'autres pays sont également des acteurs de premier plan du point de vue du nombre d'offres : l'Inde, le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France.

Modèle économique[modifier | modifier le code]

À la différence des autres types d'hébergement qui sont toujours payants, certains hébergeurs mutualisés proposent un service gratuit. Les contre-parties peuvent alors être l'imposition d'encarts publicitaires, la communication de données personnelles ou de navigation à des entreprises commerciales, l'utilisation de plates-formes spécifiques (comme un blog).

Article connexe : Gratuité (économie).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Dédié ou mutualisé : choisir quand la question se pose », journaldunet.com (consulté le 2007-05-04)