Gynécomastie

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Gynécomastie
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Gynecomastia 001.jpg
CIM-10 N62
CIM-9 611.1
MedlinePlus 003165
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La gynécomastie est le développement excessif des glandes mammaires chez l'homme. Elle peut être congénitale ou due à une maladie, à une tumeur ou à la prise de certains médicaments.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les enfants peuvent être concernés dès la naissance, et parfois avec un seul sein hypertrophié.

Quand le phénomène apparait à l'adolescence (due à une sécrétion plus précoce d'œstrogènes alors que le niveau de testostérone est encore bas), les symptômes disparaissent dans 90 % des cas après quelques mois ou au plus après quelques années.

Elle est présente chez près de la moitié des hommes âgés[1], probablement secondaire à un taux de testostérone diminué[2].

Une étude publiée en 2012 a montré que les soldats allemands effectuant des parades incluant un mouvement consistant à frapper leur arme contre leur sein gauche développaient plus particulièrement une gynécomastie unilatérale dont le seul traitement est l'ablation[3].

Mécanisme/Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Le développement de la glande mammaire est dû à un déséquilibre de la balance Androgènes/œstrogènes en faveur de ces derniers. Ce déséquilibre peut s'expliquer par :

  • une diminution de la testostérone (ex.: hypogonadisme central ou périphérique, primitif ou acquis...) ;
  • une augmentation de la SHBG (Sex Hormone-binding globulin) qui conduit à une diminution relative de la forme libre, et donc active, de la testostérone (c'est le cas dans l'hyperthyroïdie, certaines maladies du foie...) ;
  • une augmentation des œstrogènes (dans certaines formes du cancer du testicule ou en cas d'excès d'aromatisation (transformation chimique des précurseurs œstrogènes en cette dernière) dans le tissu graisseux périphérique ou lors d'une hyperthyroïdie ou d'une maladie de Klinefelter...) ;
  • une inefficacité des récepteurs hormonaux aux androgènes (secondaire à un traitement...) ;
  • un déplacement de l'œstrogène de son récepteur (la SHBG) par une molécule, augmentant ainsi la forme libre de cette hormone (cas de certains médicaments).

Causes[modifier | modifier le code]

Syndrome paranéoplasique[modifier | modifier le code]

Certains cancers peuvent secréter des hormones de type œstrogène ou des précurseurs de cette dernière :

Troubles endocriniens[modifier | modifier le code]

Causes médicamenteuses[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de médicaments ont pour effet secondaire de provoquer une pousse des seins chez l'homme. Ce sont essentiellement en cas de prise de :

On évoque aussi des expositions chroniques (ou in utero dans le cas d'enfants présentant une gynécomastie anormale à la naissance) à de faibles doses de leurres hormonaux, qui miment les œstrogènes, et/ou à des produits qui auraient des impacts hormonaux et/ou toxiques sur la thyroïde ou les testicules.

Anomalies hépatiques[modifier | modifier le code]

  • Cirrhose
  • Hépatite chronique active
  • insuffisance cellulaire hépatique c'est-à-dire, inefficacité du stockage, épuration, synthèse du foie

Maladie génétique[modifier | modifier le code]

Sans rapport avec un trouble de la différenciation sexuelle[modifier | modifier le code]

En rapport avec un trouble de la différenciation sexuelle[modifier | modifier le code]

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Il repose sur la palpation des seins.

L'examen clinique est complété par une palpation des testicules à la recherche d'un cancer ou d'une atrophie (diminution de taille).

En l'absence de cause évidente, le bilan est complété par une radiographie pulmonaire (problème médiastinal + pulmonaire) et une échographie abdominale (problème rénal + surrénal + hépatique).

Au niveau biologique, il faut doser, également en l'absence de cause évidente, les :

  • ASAT + ALAT + Gamma-GT (à la recherche d'un problème hépatique)
  • TSH à la recherche d'un problème de thyroïde ;
  • FSH, LH pour explorer des problèmes hypophysaires ;
  • Testostérone ;
  • HCG ;
  • Prolactine ;
  • en plus des explorations non spécifiques de dépistage (NFS, CRP, Créatinémie plasmatique...)

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

La gynécomastie est due à l'augmentation de taille des glandes mammaires. Elle doit donc être distinguée :

  • d'une pseudo-gynécomastie par infiltration graisseuse du sein ;
  • d'un cancer du sein.

Une échographie et/ou une mammographie peut aider à faire la distinction.

Traitement[modifier | modifier le code]

Il s'agit essentiellement du traitement de la cause, lorsque cette dernière est identifiée. Une gynécomastie prolongée (supérieure à un an) peut ne pas régresser du fait de l'installation d'une fibrose.

Lorsque la cause n'est pas identifiée, ou que celle-ci n'est pas curable, un traitement par tamoxifène peut avoir une certaine efficacité[1]. D'autres médicaments ont été testés dont la testostérone et ses dérivés et l'anastrozole (inhibiteur de l'aromatase).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Braunstein GD, Gynecomastia, New Eng J med, 2007;357:1229-1237
  2. Harman SM, Metter EJ, Tobin JD et Als. Longitudinal effects of aging on serum total and free testosterone levels in healthy men, J Clin Endocrinol Metab; 2001;86:724-731
  3. Kuhne Hans-Peter, "Gynecomastia in German soldiers: etiology and pathology" in GMS Interdisciplinary Plastic and Reconstructive Surgery, 2012, volume 1 : http://www.egms.de/static/pdf/journals/iprs/2012-1/iprs000003.pdf

Articles connexes[modifier | modifier le code]