Gwâlior

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26° 13′ N 78° 11′ E / 26.22, 78.18 ()

Principauté de Gwâlior
Drapeau de Principauté de Gwâlior
Drapeau
Image illustrative de l'article Gwâlior
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Géographie
Superficie 69 426 km2
Divers
Fondateur Rânojî Sindhia
Fondée en 1731
Clan marâtha
Religion hindoue
Salve 21 coups de canon

Gwâlior est une ville du district de Gwalior de l'État indien du Madhya Pradesh.

La ville de Gwâlior[modifier | modifier le code]

La légende prétend que le nom de la ville proviendrait de celui d'un ascète, Gvâlipa, qui aurait guéri un râja râjput, Surâj Sen, de la lèpre. Ce dernier aurait alors fondé la ville en remerciement.

Gwâlior est la ville natale de Tânsen Miân, celui qui est considéré comme l'un des plus grands musiciens indiens de tous les temps et qui fut musicien de cour d'Akbar. Son mausolée est dans la ville.

Le fort de Gwâlior[modifier | modifier le code]

Le fort de Gwalior, qui abrite un certain nombre de bâtiments historiques, est situé sur une plateforme rocheuse qui surplombe la ville et qui mesure 2,4 kilomètres dans sa plus grande longueur, dans le sens nord-sud et 820 m dans sa plus grande largeur. La plateforme culmine à 104 m à son extrémité nord. Un rempart entoure le fort auquel on accède par une route à forte pente. La citadelle, situé au nord-est de l'enceinte, est une belle bâtisse de pierre jaune, ornée de carreaux de terre vernissées comportant des images aux décors animaliers, en particulier une étonnante frise de canards.

Plusieurs temples remarquables ont été construits à l'intérieur de l'enceinte. Le groupe des Sas-bahû, par exemple, construit en 1093 par le râja Padmapâla et son frère Mahîpâla, peut-être dédié à l'origine à Vishnou, est consacré au culte jain. Le plus grand - 33 x 21 mètres - a perdu son toit tandis que l'autre - de forme carrée de 7,50 mètre de côté - est ouvert comme un pavillon et a conservé son toit pyramidal. Tous deux comportent une salle centrale à quatre piliers. Le Teli-ka-Mandir - le temple du marchand d'huile - date du XIe siècle et a connu une rénovation au XIXe siècle. Probablement dédié à Sûrya à l'origine, il est devenu par la suite un temple jaina. Il fut en suite consacré à Vishnu avant de devenir un temple de Shiva au XVe siècle.

Une des curiosités du fort est un ensemble de grottes jaina excavées dans la falaise dans la partie où la route monte jusqu'à la plateforme supérieure. On en compte une centaine de tailles très diverses. La plupart d'entre elles ne forment qu'une niche autour de la statue qui en a été excavée, mais certaines sont d'une taille telle qu'elles ont pu être une cellule destinée à accueillir un ascète jaina, chose très courante dans l'ensemble de l'Inde. D'après une inscription, le travail qui a produit cet ensemble de grottes se serait déroulé sur une trentaine d'années au cours du XVe siècle. Une des statues excavées mesure 17 mètres de haut, ce qui en fait la plus grande de l'Inde du Nord.

Le palais Mân Mandir, construit par Mân Singh (1486-1516), montre un exemple intéressant du travail architectural hindou de cette époque en Inde. Il n'a cessé dêtre agrandi dès la fin de sa construction et jusqu'au XVIIe siècle, en particulier par les empereurs moghols Jahângîr et Shâh Jahân.

Histoire de la principauté[modifier | modifier le code]

La principauté a une longue histoire. Appartenant probablement aux râjputs Pratîhâra, elle leur est ravie par le râja râjput Kacchhapagâtha Lakshmana (950-975). Puis vers l'an 1000, les Chandelâ s'en emparent et elle est sujet de lutte entre ceux-ci et Mahmûd de Ghaznî. En 1232, les sultans de Delhi la prennent, mais les râjputs Tomara la conquiert et y établissent leur dynastie.

Les sultans Lôdi puis Bâbur s'en emparent et Akbar en fera la prison moghole d'état.

La dynastie des Sindhia, qui y règne jusqu'à l'indépendance, provient d'un petit village près de Satara, dans le Maharashtra. Patil à l'origine, c'est-à-dire chef de village, des membres de la famille rejoignent les forces marathes sous les règnes des mahârâjas Shivajî, Shambhajî et Rajaram, se faisant remarquer par leur vaillance au cours de plusieurs batailles. Ranojî Sindhia, un chef de guerre brillant sous lequel le Mâlvâ est conquis, grimpe au sommet de la hiérarchie marathe. La grande forteresse de Gwâlior, tombe devant ses forces, pour la première fois en 1738. Ses cinq fils, tous généraux marathes, se distinguent sur le champ de bataille. Cependant, seul Mahadjî survit aux désastres militaires de 1760-1761, et c'est lui qui rétablit la gloire familiale. Il défait une armée envoyé par la Compagnie anglaise des Indes orientales à Wadgaon, la forçant à accepter le Traité de Sabli, s'empare de Delhi ainsi que d'autres villes impériales, assurant la reconnaissance du pouvoir marathe par les Moghols, l'empereur devenant une marionnette entre leurs mains.

Daulat Râo, est lui aussi un grand capitaine qui conforte le pouvoir marathe, notamment face au Nizâm d'Hyderâbâd, un allié de la CAIO. Cependant, cela ranime le conflit qui l'oppose aux Britanniques et se termine par sa défaite au cours de la seconde guerre anglo-marathe.

La révolte des Cipayes frappe sévèrement Gwâlior, une grande partie des troupes de Jayajî Râo se révoltant et rejoignant les insurgés, l'obligeant à se retirer temporairement de sa capitale. Il rejoint alors les Britanniques et participe à la campagne pour écraser la mutinerie, ce qui lui vaut de devenir le premier général indien des forces armées britanniques. À côté de ses actions militaires, il est aussi un grand réformateur qui modernise son état. Il laisse à son décès sa principauté à son fils de 10 ans.

Madhav Râo continue les réformes de son père, dans le domaine de l'éducation et de la santé, construisant écoles et hôpitaux, développant le chemin de fer et établissant des institutions représentatives. Il meurt en 1925 après 39 ans de règne laissant la principauté à son fils de 9 ans.

La principauté a subsisté jusqu'en 1948 puis a été intégré aux États du Madhya-Bharat puis du Madhya Pradesh.

Dirigeants : Mahârâja Sindhia[modifier | modifier le code]

  • 1727 - 1745 : Rânojî Râo Sindhia (+1745)
  • 1745 - 1755 : Jayapaji Râo Sindhia (v.1720-1755)
  • 1755 - 1761 : Jankojî Râo Ier Sindhia (+1761)
  • 1761 - 1764 : Kandarji Râo Sindhia (+ap.1764)
  • 1764 - 1768 : Manaji Rao Sindhia
  • 1768 - 1794 : Mâdhava Râo Ier Sindhia (1729-1794), radjah de Gohad en 1765 puis maharadjah de Gwalior
  • 1794 - 1827 : Daulat Râo Sindhia (1779-1827)
  • 1827 - 1843 : Jânkojî Râo II Sindhia (Mukki Râo) (1805-1843)
  • 1843 - 1886 : Jayâjî Râo Sindhia (Jiajî Râo) (1835-1886)
  • 1843 - 1844 : Dada Khasjiwallah - en rébellion
  • 1886 - 1925 : Mâdhava Râo II Sindhia (1876-1925)
  • 1925 - 1948 : George Jîvâjî Râo Sindhia (1916-1961)

Chef de la Maison Royale de Gwalior (maharadjahs titulaires)[modifier | modifier le code]

  • 1948 - 1961 : George Jivaji Rao Sindhia
  • 1961 - 2001 : Madhava Rao III Sindhia (1945-2001)
  • 2001 -  : Jyotiraditya Rao Sindhia, né en 1971

Galerie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]