Guthlac A et B

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Guthlac A et Guthlac B sont des poèmes vieil-anglais conservés dans le Livre d'Exeter, à la suite de trois poèmes consacrés au Christ. Ils sont longs respectivement de 818 et 561 vers.

Les poèmes appartiennent au genre hagiographique et relatent la vie de Saint Guthlac (674-714), un saint anglo-saxon qui a vécu en ermite sur l'île de Croyland (aujourd'hui Crowland) au début du VIIIe siècle.

Guthlac A[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Les 92 premiers vers du poème constituent un prologue consacré à l'obtention du salut. Le récit de la vie de Guthlac ne commence qu'après et n'évoque que la période de la vie de Guthlac pendant laquelle ce dernier était ermite.

Le poème relate comment le saint repousse avec succès les nombreuses attaques de démons furieux après que le saint se soit installé dans le lieu sauvage où ils habitaient jusque là. Un messager céleste (Saint Barthélemy) finit par intervenir pour secourir Guthlac et lui témoigner son amitié.

Le poème se termine sur l'arrivée bienheureuse de l'âme de Guthlac au paradis.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le poème s'inscrit dans la tradition des Pères du désert et particulièrement de la Vie de Saint Antoine écrite en grec par Athanase d'Alexandrie et traduite en latin en 375 par Évagre d'Antioche. Comme dans ce texte très connu au Moyen Âge, Guthlac A représente un saint aux prises avec de nombreux démons dans un lieu désertique. Le poète accentue d'ailleurs la ressemblance en insistant sur le caractère isolé de Croyland et en ne faisant pas mention de la première partie de la vie de Guthlac.

Le thème du lieu où l'on habite, à qui l'on appartient et que l'on est prêt à défendre contre tous est également un aspect essentiel du texte, et revêt une signification spirituelle importante[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Clarke, « The Sources of Guthlac A (Cameron C.A.3.2.1) », 2001, Fontes Anglo-Saxonici: World Wide Web Register, http://fontes.english.ox.ac.uk/
  • Kathleen E. Dubs, « Guthlac A and the Acquisition of Wisdom », Neophilologus 65: 4 (1981), 607–13
  • Paul F. Reichardt, « Guthlac A and the Landscape of Spiritual Perfection », Neophilologus 58 (1974), 331–8
  • Jane Roberts, ed., The Guthlac Poems of the Exeter Book, Oxford, 1979
  • ———, « Guthlac A: Sources and Source Hunting », in Medieval English Studies Presented to George Kane, éd. E. D. Kennedy et al. (Woodbridge, 1988), p. 1–18
  • Manish Sharma, « A Reconsideration of the Structure of Guthlac A: The Extremes of Saintliness », Journal of English and Germanic Philology, 101:2 (2002), 185–200
  • Laurence K. Shook, « The Burial Mound in Guthlac A », Modern Philology 58 (1960), 1–10
  • ———, « The Prologue of the Old English Guthlac A », Medieval Studies 23 (1961), 294–304
  • Robert D. Stevick, « The Length of Guthlac A », Viator 13 (1982), 15–48
  • K. P. Wentersdorf, « Guthlac A: The Battle for the Beorg », Neophilologus 62 (1978), 135–42
  • Charles D. Wright, « The Three Temptations and the Seven Gifts of the Holy Spirit in Guthlac A, 160b–169 », Traditio 38 (1982), p. 341–343

Guthlac B[modifier | modifier le code]

Guthlac B occupe les folios 44b à 52b du Livre d'Exeter. Ce poème de 561 vers est lui aussi un texte hagiographique vieil-anglais consacré à Guthlac de Croyland, mais il se distingue de Guthlac A par son style autant que par son contenu. Malgré ces différences importantes, le poème a longtemps été considéré comme la suite de Guthlac A plutôt que comme un poème indépendant, ce qui explique pourquoi dans la plupart des éditions les deux poèmes sont numérotés de façon continue (Guthlac B commençant ainsi au vers 819).

Résumé[modifier | modifier le code]

Le poème commence par un prologue qui relate la Création et la Chute d'Adam et Eve avant de s'intéresser au sort de Guthlac. La condition d'ermite du saint est évoquée brièvement, mais l'essentiel du texte est consacré à la mort de Guthlac, due à la maladie. Les principaux épisodes du poème sont:

  • un premier dialogue entre le saint et son disciple le plus fidèle, au cours duquel Guthlac offre des paroles de réconfort
  • un second dialogue au cours duquel Guthlac annonce sa mort imminente, fait part de ses dernières volontés, et répond aux questions de son disciples concernant les visites qu'il reçoit de la part d'un ange fidèle
  • la mort de Guthlac
  • l'annonce de la mort à la sœur de Guthlac par le disciple de ce dernier.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le texte se rapproche du genre hagiographique appelé passio, c'est-à-dire un texte faisant le récit du martyr d'un saint. Guthlac meurt de maladie et non exécuté pour sa foi, mais sa mort est cependant traitée comme une forme de martyr.

Source[modifier | modifier le code]

Guthlac B s'inspire du cinquantième chapitre d'une hagiographie latine en prose: la Vita sancti Guthlaci ou Vie de Saint Guthlac, rédigée en Angleterre par un certain Felix.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frederick M. Biggs, « Unities in the Old English Guthlac B », Journal of English and Germanic Philology 89 (1990), 155-65
  • Margaret Bridges, « Anglo-Saxon Translation and Transformation of the Anglo-Latin Vita: the Example of Guthlac B », Études de Lettres (Univ. de Lausanne) 4e ser. 2.1 (1979), 9-22
  • Phyllis R. Brown, « Beccel and the Theme of Death in Guthlac B » Mediaevalia 19 (1996 pour 1993), 273-97
  • Bertram Colgrave, éd. et trad., Felix's Life of Saint Guthlac, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1956 (ISBN 9042008148)
  • Peter J. Lucas, « Easter, the Death of St Guthlac and the Liturgy for Holy Saturday in Felix's Vita and the Old English Guthlac B », Medium Ævum 61 (1992), 1-16
  • Sally Mussetter, « Type as Prophet in the Old English Guthlac B », Viator 14 (1983), 41-58
  • Jane Roberts, éd., The Guthlac Poems of the Exeter Book, Oxford, 1979

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reichardt, Shook The Burial Mound et Wentersdorf