Gustavo Gutiérrez Merino

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Gustavo Gutiérrez Merino
Image illustrative de l'article Gustavo Gutiérrez Merino
Gustavo Gutierrez en 2007
Biographie
Naissance 8 juin 1928 (86 ans)
Lima (Pérou)
Ordre religieux Ordre des Prêcheurs
Ordination sacerdotale 1958

Blason

Gustavo Gutiérrez Merino, né le 8 juin 1928 à Lima (Pérou), est un prêtre, philosophe et théologien péruvien. Considéré comme le père de la théologie de la libération, il devient religieux dominicain en 1998.

Une vie auprès des pauvres[modifier | modifier le code]

Né en 1928 à Lima, il abandonne ses études de médecine pour étudier la philosophie et la psychologie à Louvain, en Belgique, puis la théologie à l'université catholique de Lyon, en France. En 1959, il est ordonné prêtre.

Rentré au Pérou, où il accepte la charge de vicaire d'une paroisse d'un quartier pauvre de Lima, il revoit et reconstruit toute sa théologie à partir du peuple simple qu'il côtoie quotidiennement. Il s'investit auprès des plus pauvres tout en donnant des cours à l'université pontificale au Pérou et dans un grand nombre d'Universités européennes et nord-américaines [1]

L'apôtre de la Théologie de la Libération[modifier | modifier le code]

Ainsi se développe sa réflexion qui se structure et s'articule dans un livre considéré comme la pierre de touche de la théologie de la libération: en 1971 il publie sa Teología de la liberación qui sera rapidement traduit en une vingtaine de langues. À ce titre, il est considéré comme l'un des fondateurs de la Théologie de la libération, élaborant une pensée fondée sur la solidarité avec les plus pauvres. Dès lors, il n'a de cesse d'encourager les instances ecclésiales à s'engager dans un combat pour plus de justice sociale, et à développer la spiritualité de l'option préférentielle pour les pauvres[2].

Si son livre est le premier grand 'traité' théologique sur le sujet, le mouvement comme tel, sous son influence et avec le soutien de nombreux évêques latino-américains imprégnés de l'esprit du concile Vatican II, progresse rapidement au point d'occuper largement les débats de la Conférence épiscopale latino-américaine (CELAM) réunie à Medellin en 1968 pour faire passer dans la vie de l'Église les décrets du concile récemment conclu.

Cette Théologie de la libération (avec sa praxis), grâce surtout à la place centrale qu'elle donne au peuple de Dieu, est perçue comme répondant aux attentes du concile et est adoptée par le CELAM afin de lutter contre la pauvreté, et revitaliser les communautés ecclésiales du vaste continent sud-américain. Pourtant Gutierrez est souvent soupçonné de sympathies marxisantes : Certains de ses disciples, allant beaucoup plus loin dans l'adoption de méthodes marxistes d'analyses socio-politiques, alimentent involontairement ce soupçon.

Cependant, dans les années 80, le Vatican reconnaît finalement Gutierrez comme « non-marxiste ».

Le 29 mai 1985, il soutient une thèse de doctorat en Théologie à l'Université catholique de Lyon[3] "sur l'ensemble de ses travaux". Le jury était composé de : Gérard Defois (recteur de l'université), Henri Bourgeois (doyen de la Faculté de théologie), Maurice Jourjon (doyen honoraire), Christian Duquoc (directeur de thèse et dominicain), Jean Delorme, Bernard Sesboué (professeur de l'institut catholique de Paris, membre de la Commission internationale de théologie), et Vincent Cosmao (membre du Conseil pontifical Justice et Paix). Le Jury lui a adressé la mention "Très honorable"[4].

En 1998, il entre dans l'ordre des dominicains et effectue son noviciat auprès des dominicains du Couvent du Saint-Nom de Lyon (France). En 2001, il fait ses premiers vœux, et en 2004, fait sa profession solennelle d'engagement définitif dans l'Ordre[5]. Il retourne ensuite dans son pays.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

  • 2009 : le Maître de l'ordre des prêcheurs, frère Carlos Azpiros Costa, op, l'institue "Maître en Sacrée Théologie" après que, dans une lettre datée du 17 septembre 2004, le Cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, rende "grâce au Très-Haut pour la conclusion satisfaisante du chemin de clarification et d'approfondissement de son œuvre" [8],[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La documentation catholique , 4 mars 2012 N° 2485 p. 226
  2. Documentation Catholique, op. cit.
  3. http://www.lumiere-et-vie.fr/crbst_4.html
  4. Anne Haller, Jean-Paul II et l'Amérique latine, L'Harmattan, p.50
  5. Martine de Sauto, La Croix, 23/3/12
  6. « GUTIÉRREZ GUSTAVO (1928- ) », sur universalis.fr (consulté le 20 août 2014)
  7. http://www.unifr.ch/theo/fr/fac/personnes/honoriscausa
  8. Informations dominicaines internationales (IDI), n° 478, janvier 2010
  9. La documentation catholique"

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Réinventer le visage de l'Église, Cerf, Paris, 1972.
  • Essai pour une théologie de la libération, Profac, Paris, 1972.
  • Théologie de la libération, Lumen Vitae, Bruxelles, 1974.
  • La force historique des pauvres, Cerf, Paris, 1985.
  • La libération par la foi, boire à son propre puits, Cerf, 1985.
  • Le Dieu de la Vie , Cerf , 1986.
  • Job, parler de Dieu à partir de la souffrance des innocents, Cerf , 1987.
  • Dieu ou l'or des Indes Occidentales , Cerf , 1992.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]