Gustave Papet

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Gustave Papet

Alias
Milord
Naissance 22 février 1812
Lourouer-Saint-Laurent, Indre
Décès 14 octobre 1892
Lourouer-Saint-Laurent, Indre
Profession Médecin
Conjoint
Éliane Trumeau
Descendants
Angèle

Compléments

Ami de George Sand

Gustave Papet, de son nom complet Silvain-Ange-Charles-Jean-Baptiste Gustave Papet né le 22 février 1812 au château d'Ars, commune de Lourouer-Saint-Laurent, Indre et mort le 14 octobre 1892 au château d'Ars, est un médecin français connu pour son amitié à George Sand.

Sa fortune lui permet d'exercer la médecine gratuitement tout en faisant fructifier ses domaines. Ami fidèle, il est mêlé à tous les évènements de la vie de George Sand. À Paris, il est le « Milord » du petit groupe de Berrichons. Il favorise ses amours avec Sandeau, témoigne contre Casimir Dudevant lors du procès en séparation. À Nohant, il soigne notamment Chopin lors de ses séjours au domaine.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Papet
    • Jean-Baptiste, épouse Marguerite Périgois. Avec son frère Jacques, il acquiert, vers 1782, le château d'Ars.
      • Charles (1/12/1781-18/2/1861), épouse Marguerite-Adèle Prévost
        • Gustave (1812-1892), épouse en 1842 Louise-Élisabeth-Éliane Trumeau
          • Angèle, épouse le 20/07/1863 Philippe Baucheron de Lécherolles (1833-1889)
        • Hermance
    • Jacques

Gustave Papet est né au château d’Ars (Indre), à deux kilomètres de Nohant, qui est aujourd’hui le Centre du romantisme. Son grand-père Jean-Baptiste et le frère de celui-ci, Jacques, fermiers à Sarzay, l’avaient acquis pour 175 000 livres vers 1782 des héritiers de Jean-Jérôme Bardon, écuyer, secrétaire de Roy, receveur des gabelles au grenier à sel de La Châtre, qui avait créé le parc et remis le château en état. Il est allié aux Périgois et aux Pouradier. Gustave fait des études de médecine à Paris. Sa sœur Hermance fonde une école en 1830.

Témoignages[modifier | modifier le code]

George Sand avait connu Papet enfant. Il fut un compagnon de jeux de George Sand, qui avait huit ans de plus que lui : « Notre plus proche voisin habitait et habite encore un joli château de la Renaissance. Ce voisin, M. Papet, amenait sa femme et ses enfants passer la journée chez nous, et son fils Gustave était encore en robe quand nous fîmes connaissance. » (Histoire de ma vie, I, 734)

Dédicace de George Sand, dans Mauprat, édition de 1837.

George Sand lui a dédié son roman Mauprat.

Quand George Sand s’installe à Paris, en janvier 1831, elle y retrouve son jeune ami dans un petit club berrichon : « J’allai voir Duburau dans la pantomime. […] Gustave Papet, qui était le riche, le milord de notre association berrichonne, paya du sucre d’orge à tout le parterre et puis, comme nous sortions affamés, il emmena souper trois ou quatre d’entre nous aux Vendanges de Bourgogne. Tout à coup, il lui prit envie d’inviter Deburau, qu’il ne connaissait pas le moins du monde. Il rentre dans le théâtre, le trouve en train d’ôter son costume de Pierrot dans une cave qui lui servait de loge, le prend sous le bras et l’amène. Deburau fut charmant de manières. Il ne se laissa point tenter par la moindre pointe de champagne, craignant, disait-il, pour ses nerfs et ayant besoin du calme le plus complet pour son jeu. » (Histoire de ma vie, II, 136)

C’est chez Papet que George Sand rencontre Jules Sandeau, qui fit un court et clandestin séjour au château d’Ars du 18 au 30 septembre 1831. L’abbé Clément, dans ses Souvenirs d’un curé de campagne (La Quinzaine de juillet 1901), affirme qu’il tient de Gustave Papet la clef du pseudonyme de George Sand : selon lui, au cours d’un joyeux dîner des berrichons de Paris, alors qu’on devait, le lendemain, porter à l’imprimeur un petit roman écrit en collaboration par Aurore Dupin et Jules Sandeau, on aurait choisi comme prénom le saint du jour, Georges, et, comme nom, une abréviation de Sandeau. Ce qui est inexact, car, en 1831 et 1833, le roman Rose et Blanche parut signé “J. Sand”. C’est Indiana, auquel Sandeau n’avait pas participé, qui, en 1832, sera signé “George Sand”. C’est encore chez Gustave Papet qu’en novembre 1834 elle retrouvera son ancien amant Jules Sandeau (Journal intime, p. 965).

Quand George Sand décide de partir en Italie, en 1833, elle confie son fils Maurice, qui était pensionnaire au lycée Henri-IV, à Gustave Papet : « Il est d’une obligeance extrême, il est doux, tranquille, gai, il aime les enfants et n’a aucune habitude de jeune homme qui soit d’un mauvais exemple pour eux. »

Au moment où George Sand songe à se séparer officiellement de son mari, «mon ami d’enfance Gustave Papet vint me voir ; le lui racontai l’aventure et nous partîmes ensemble pour Châteauroux.» Ils consultent Rollinat, puis, à Bourges, l’avocat Louis-Chrysostome Michel, qui était alors en prison. (Histoire de ma vie, 370-371).

George Sand aimait parcourir la campagne 
à cheval et rendait de fréquentes visites à Papet en son Château d'Ars. En mai 1836, sa Lettre au Malgache fait allusion aux Papet : "En remontant la Rochaille, j'ai pris par habitude le chemin de Nohant. Un instant j'ai oublié où j'allais; je voyais devant moi cette route qui monte en terrasses et au sommet les tourelles blanches et la garenne de notre chevaleresque voisin, de notre loyal ami le châtelain d'Ars [Jean-Baptiste Papet]. Derrière cette colline, je pressentais mon toit, les murs amis de mon enfance, les noyers de mon jardin, les cyprès de mes morts chéris."

En janvier 1836, au moment du procès en séparation, parmi les dix-sept témoins appelés à déposer contre Casimir, est cité «Gustave Papet, étudiant en médecine, château d’Ars, 23 ans». Papet apporte son témoignage sur un modeste détail, qu’on voulait rendre significatif : «Il y avait un jour à Nohant nombreuse réunion à dîner. Mme Dudevant, se plaignant à André que les serviettes étaient sales, en demandait d’autres ; André regarda M. Dudevant, qui lui défendit de le faire.» Bien qu’il n’y ait jamais assisté, Papet reprend aussi un témoignage qui parlait de beuveries organisées par Casimir à Nohant. Enfin, il rapporta une scène «désagréable» entre les deux époux: le 19 octobre 1835, Casimir aurait menacé de mettre à la porte sa femme et son fils. “Je suis chez moi”, aurait répondu George Sand. “Si tu ne te tais pas, je vais te foutre une gifle”, aurait répliqué Casimir qui aurait été chercher un fusil, qu’il fallut lui arracher.

En juillet 1837, quand George Sand sst à Paris au chevet de sa mère, Mme Dupin, elle laisse Maurice au château d’Ars, chez Charles Papet. (Histoire de ma vie, p. 393)

En juin 1839, à Nohant, au retour du voyage à Majorque, Chopin est indisposé et Maurice tombe malade. Gustave Papet, qui venait de passer sa thèse de médecine, s’occupe de Maurice : «Mon ami Papet, qui est excellent médecin et qui, en raison de sa fortune, exerce la médecine gratis pour ses amis et pour les pauvres, prit sur lui de changer radicalement son régime.» (Histoire de ma vie, p.425) Il s’occupa aussi de Chopin, pour lequel il fut «un médecin éclairé et affectueux». (Histoire de ma vie, 431)

La soeur de Gustave, Hermance Papet, d’une santé délicate, habitait dans une école dirigée par des religieuses, qu’elle avait fondée vers 1830 dans une ancienne commanderie de Templiers. Elle inspira à George Sand son roman Narcisse (1859), dans lequel Hermance Papet est Mlle d’Estorade, le château d’Estorade étant le château d’Ars.

Faisant très certainement sa connaissance par l’intermédiaire de Sand, Delacroix est en relation avec Papet. Comme en témoigne la correspondance du peintre à l’écrivain, il eut recours aux services du médecin au moins deux fois, en mai 1842 et en novembre 1843.

Honoré de Balzac a eu recours aux services de Papet, comme témoigne la dédicace autographiée d'un exemplaire de la deuxième édition de son livre Les Chouans: « À M. Gustave Papet Monsieur, je vous envoie en retour de vos violettes, de pâles fleurs de rhétorique. Vous voyez que je ne m’acquitte pas et que je resterai votre obligé, De Balzac. »