Gulnora Karimova

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Gulnora Karimova à Tachkent en 2009

Gulnora Islomovna Karimova ou parfois Gulnara Karimova[1] (en russe Гульнара Исламовна Каримова, Goulnara Islamovna Karimova), est une femme d'affaires et femme politique ouzbèke, née le 8 juillet 1972 à Ferghana. Elle est également chanteuse, sous le pseudonyme GooGoosha (Гугуша), ainsi que créatrice de bijoux. Elle est la fille aînée d'Islom Karimov, président de l'Ouzbékistan depuis l'indépendance du pays en 1991.

Biographie et activités[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Gulnora Karimova possède un diplôme de designer en bijouterie à la Fashion Institute of Technology de New York (1992), un doctorat en sciences politiques de l'Université de Tachkent (1994) et une maîtrise ès art de l'Université d'Harvard (2000).

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Femme d'affaires, elle possède une fortune estimée à un milliard d'euros[2]. Elle a accumulé sa fortune en investissant dans des domaines variés, profitant notamment de son lien de parenté avec le président ouzbek lors des privatisations qui ont suivi la chute de l'URSS. Ses investissements vont des bijouteries au coton, en passant par les télécommunications (actionnaire majoritaire de Uzdunrobita, l'opérateur de téléphonie ouzbek[2]), les hydrocarbures (notamment l'exploitant ouzbek de gaz qu'elle a revendu à Gazprom[2]), les night-clubs de Tachkent, les hôtels, la grande distribution, l'or, l'immobilier (à Moscou et en Europe[2]), les stations thermales, ou encore les banques (aux Émirats arabes unis[2]). Elle domine aussi l'économie de son pays en étant présidente du syndicat patronal ouzbek[2].

Activités politiques et diplomatiques[modifier | modifier le code]

Sa fortune et son lien de parenté avec le président ouzbek lui ont permis d'accéder au poste de vice-ministre ouzbèke des affaires étrangères chargée de la coopération culturelle et humanitaire. Elle est ainsi, par le biais de ce poste, la représentante officielle de l'Ouzbékistan auprès de nombreux organismes internationaux. Ce rôle lui permet de bénéficier d'une immunité diplomatique, laquelle lui a permis d'échapper à la justice américaine en 1999, lorsqu'elle fut poursuivie pour « enlèvement d'enfants » à la suite de son divorce[2]. La vie professionnelle de Gulnara Karimova est étroitement liée au gouvernement ouzbek. Mais ses postes ont toujours été au sein des affaires internationales.

En 1998 et entre 2000 et 2003 elle travaille à l’ONU en tant que conseiller du représentant d’Ouzbékistan[3]. Entre 2003 et 2005 elle est conseiller de l’ambassade ouzbek à Moscou.

En 2008 elle est nommée député du ministère des affaires étrangères ouzbek sur les questions de coopération internationale et humanitaire. Cette même année elle deviendra la représentante permanente de l’Ouzbékistan au sein de l’ONU et d’autres organisations internationale à Genève.

En 2010 janvier elle sera désigné l’ambassadrice ouzbek en Espagne [4]. Elle est membre de Cercle Diplomatique de Genève[5] ,[6]. En 2012 elle a été honorée à un prix de « La coopération humanitaire et la route de la Soie » de l’Organisation Coopération de Shanghai [7].

Elle se prépare à succéder à son père à la tête du pays, notamment en procédant à d'importants dons socio-culturels[2].

Activités culturelles et artistiques[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la culture, outre ses activités de vice-ministre, elle a créé la semaine de la mode et du design de Tachkent (appelée Style.Uz), une marque de bijoux (Guli) et une fondation pour la culture et l'art d'Ouzbékistan (Fund Forum). D'autre part, elle a pris un nom de scène, GooGoosha, pour enregistrer une chanson de variétés, Unutma Meni, qu'elle aurait vendue à 300 000 exemplaires[2]. Elle est d'ailleurs devenue par la suite présidente de la société des auteurs-compositeurs d'Ouzbékistan[2].

En 2012, elle enregistre un duo avec Gérard Depardieu : Nebo moltchit (Le ciel se tait, en russe)[8].

Critiques et problèmes judiciaires[modifier | modifier le code]

En 2010, une série de dépêches diplomatiques dévoilées par Wikileaks décrivent Gulnora Karimova comme la personne la plus détestée de son pays, et aussi des milieux d'affaires en raison de la multitude d'affaires qu'elle a usurpées en utilisant ses connexions politiques[9].

En 2013, les justices suisse et française s'intéressent à son implication dans une opération de blanchiment d'argent dans le cadre d'un pot-de-vin de 300 millions de dollars qui aurait été versé par l'entreprise suédoise TeliaSonera pour remporter un marché de réseau mobile en Ouzbékistan[10].

La justice suisse annonce le 12 mars 2014 ouvrir une enquête contre Goulnara Karimova pour blanchiment d'argent[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe Gulnora respecte la forme ouzbèke de son prénom alors que l'orthographe Gulnara, souvent utilisée, est un anglicisme utilisant la transcription du prénom depuis la forme russe. La transcription du russe vers le français devrait être Goulnara, forme très peu utilisée.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Pascal Jalabert, « Gulnara Karimova, diva des steppes et fille à papa », in La Tribune-Le Progrès, 29 juillet 2009.
  3. « Biography », sur Site de Gulnara Karimova
  4. (es) John Carlin, « Laporta y la diva uzbeca. El presidente del Barcelona ha hecho negocios con la hija del presidente del régimen del país asiático y uno de los peores tiranos del mundo, donde existen la tortura y el esclavismo », El Pais,‎ 9 mai 2010 (lire en ligne)
  5. « Goulnara Karimova’s world of diplomacy, culture and charity », Diva International,‎ 11 janvier 2013 (lire en ligne)
  6. « Gulnara Karimova becomes honorary member of Swiss diplomatic club », UzDaily.com,‎ février 2009 (consulté le 2009-02-19)
  7. (en) « SCO award goes to Chairperson of Fund Forum's Board of Trustees », Azerbaijan News (consulté le 11 janv. 2013)
  8. Gérard Depardieu en duo avec la fille du président de l'Ouzbékistan, sur huffingtonpost.fr, consulté le 7 décembre 2012
  9. (en) US embassy cables: 'The single most hated person' in Uzbekistan, The Guardian, 12 décembre 2010
  10. Gulnara Karimova, une héritière bien encombrante, Marianne, 1er août 2013
  11. Article du Figaro du 12 mars 2014