Golistan de Saadi

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Golistan ou le Jardin des roses.
Saadi dans le Golistan ou Jardin des roses, peinture moghole vers 1645.
Saadi conversant avec un ami dans le Gulistan ou jardin des roses.
Couverture du "Golistan ou l'Empire des roses" du poète Saadi, première traduction de 1634 par André Du Ryer.

Le Golistan ou Golestȃn (en persan : گلستان , en français : Jardin des roses) est un recueil de poèmes et d'histoires écrit par le poète persan Saadi au XIIIe siècle. Cette œuvre fut traduite du persan pour la première fois en français en 1634 par le diplomate et consul de France André Du Ryer sous le titre Gulistan ou l'Empire des roses.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le Golestân est une œuvre poétique de la littérature persane, écrite en prose en 1259. C'est une des deux grandes œuvres du poète persan Saadi, considéré comme l'un des plus grands poètes persans médiévaux et grand maître respecté du soufisme. Le Golestân est l'un de ses livres les plus populaires, et s'est avéré très influent dans tout l'Orient. Le Golestân est un recueil de poèmes et d'histoires, présenté comme une collection de roses différentes dans un jardin de roses. Il se compose de huit chapitres - comme les huit portes du Paradis. L'ouvrage contient des histoires et des anecdotes personnelles colorées, des aphorismes, des conseils et des réflexions humoristiques ; une anthologie du savoir-vivre et de l'amour.

Le Golestân est largement cité comme source de sagesse. Ainsi l'aphorisme bien connu encore fréquemment répété dans le monde occidental, "d'être triste parce qu'on n'a pas de chaussures jusqu'à ce que l'on rencontre l'homme qui n'a pas de pieds, après quoi j'ai remercié la Providence pour sa générosité envers moi" est tiré du Golestân. Les poèmes sont composés avec précision et perspicacité. Saadi contribua à la création d'une «poésie d'idées» avec la concision de formules mathématiques. Le livre traite pratiquement de tous les problèmes majeurs rencontrés par l'humanité, avec optimisme et subtilité, jusqu'à la satire. Il y a beaucoup de conseils destinés aux princes et aux souverains. Les histoires, en plus de leur côté divertissant et de leur dimension pratique et morale, se concentrent souvent sur la conduite des derviches et contient des enseignements soufis.

Description[modifier | modifier le code]

Dans son introduction, Saadi décrit comment un ami le persuade d'aller dans un jardin fleuri, le 21 avril 1258. Cet ami lui propose de cueillir des fleurs et de les rapporter en ville. Saadi remarque la rapidité avec laquelle les fleurs se fânent, et propose un jardin de fleurs qui durerait beaucoup plus longtemps :

  • De quelle utilité sera un bouquet de roses pour toi
  • Prenez une feuille de mon jardin de roses
  • Une fleur dure cinq ou six jours
  • Mais cette roseraie est toujours délicieuse.

Saadi poursuit : "Le même jour, il m'est arrivé d'écrire deux chapitres, à savoir sur la bonne société et les règles de la conversation, dans un style acceptable pour les orateurs et épistoliers instruits.". En terminant le livre, Saadi écrit que, même si son discours est divertissant et amusant, "il n'est pas caché aux esprits éclairés des sahibdils (possesseurs de cœur), à qui il s'adresse principalement ici, que les perles de l'avocat de la guérison qui ont été mises sur les files de l'expression[Quoi ?], et une médecine amère de conseils mélangée avec le miel de l'esprit".

Après l'introduction, le Golestân est divisé en huit chapitres, composé chacun d'un certain nombre d'histoires et de poésies :

  • 1. Sur les mœurs des rois
  • 2. Sur les mœurs des derviches
  • 3. Sur l'excellence de contentement
  • 4. Sur les avantages du silence
  • 5. Sur l'amour et la jeunesse
  • 6. Sur la faiblesse et la vieillesse
  • 7. Sur les effets de l'éducation
  • 8. Sur les règles de conduite dans la vie

Hommages[modifier | modifier le code]

Quelques vers du poète Saadi sont inscrits à l'entrée du siège de l'Organisation des Nations unies à New York.

« بنی آدم اعضای یک پیکرند

که در آفرينش ز یک گوهرند

چو عضوى به درد آورد روزگار

دگر عضوها را نماند قرار

تو کز محنت دیگران بی غمی

نشاید که نامت نهند آدمی

Les enfants d’Adam font partie d’un corps

Ils sont créés tous d’une même essence

Si une peine arrive à un membre du corps

Les autres aussi, perdent leur aisance

Si, pour la peine des autres, tu n’as pas de souffrance

Tu ne mériteras pas d’être dans ce corps. »

— Traduit par Mahshid Moshiri

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • La première traduction mondiale fut effectuée en langue française en 1634 par André Du Ryer. Elle ne fut qu'une traduction partielle de l'œuvre de Saadi.
  • Une deuxième traduction du Golestân en français fut publiée à Paris en 1704, sous le titre de "Gulistan ou l’Empire des Roses, traité des mœurs des rois", par un certain Alègre.
  • La troisième traduction du Gulistan, qui cette fois est une traduction complète, fut effectuée par l’abbé Jacques Gaudin et publiée à Paris en 1789. L’abbé Jacques Gaudin a écrit un Essay historique sur la législation de la Perse, qu’il publia avec sa traduction du Golestân dans le même livre.
  • Une quatrième traduction partielle fut réalisée quelques années plus tard, par Tancoigne, interprète du général de Gardane, pour la préface et les premiers chapitres du Golestân.
  • La cinquième traduction, date de 1834, et fut effectuée par Sémelet, professeur à l'École des langues orientales et publié sous le titre de Gulistan ou le Parterre de Roses.
  • La sixième traduction fut faite en 1904 par Franz Toussaint et publiée aux éditions Arthème Fayard, Paris, 1904.
  • La septième traduction fut réalisée avec introduction et notes par Pierre Seghers, Paris, éditions P. Seghers, 1977.
  • La dernière traduction et celle d'Omar Ali-Shah, Albin Michel, 1991 ; rééditions 2008 (ISBN 222604888X) sous le titre Le Jardin de roses, Gulistan, broché, 248 p.

Traductions dans d'autres langues[modifier | modifier le code]

  • Georgius Gentius réalisa une traduction en latin accompagné de textes en persan en 1651, soit dix-sept ans après la version française.
  • Quelques années plus tard, Adam Olearius fit la première traduction en allemand.
  • Il faudra attendre 1774 pour une première traduction en anglais par Stephen Sullivan à Londres suivie par celle de Jean Dumoulin en 1807 à Calcutta.

Liens externes[modifier | modifier le code]