Guinefort

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Bois de Saint-Guignefort, D7 entre Châtillon-sur-Chalaronne et Marlieux, Ain

Guinefort, ou saint Guinefort, est le nom associé à un lévrier qui selon une légende rapportée notamment par le dominicain Étienne de Bourbon vers 1250, possédait le pouvoir posthume de guérir des enfants.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon cette légende, le chien s'était attaqué à un serpent qui voulait mordre l'enfant de ses maîtres, châtelains de Villars-les-Dombes. Son maître le passe au fil de l'épée en voyant l'enfant ensanglanté gisant à terre, car imputant d'abord à son chien les blessures apparentes du nourrisson.

En voyant le serpent déchiqueté près du berceau et lorsque son enfant sain se réveille, il comprend sa méprise. Par la suite, ayant enterré son valeureux chien, il plante un buisson pour marquer l'emplacement de la dépouille. Les gens du lieu, puis d'autres, attribuent bientôt au lévrier martyr des pouvoirs miraculeux, notamment ceux de guérir des enfants et se rendent au sanctuaire pour le vénérer[1].

Face à l'ampleur de la dévotion, Étienne de Bourbon fera exhumer les restes du chien pour les brûler ainsi que l'arbuste et en fera état dans son ouvrage De Supersticione. Une loi est votée pour interdire aux habitants de se rendre sur les lieux, sous peine de saisie de l'ensemble de leurs biens.

Pourtant, le culte de ce saint Lévrier persiste pendant plusieurs siècles, jusqu'aux années 1930, et ce malgré les interdictions répétées de l'Église catholique romaine.

Autres : Saint Guinefort[modifier | modifier le code]

Statue de Saint Guinefort à l'église Notre-Dame de Hérisson

Des églises et chapelles dénommées Saint-Guinefort doivent leur patronyme à un saint italien originaire de Pavie. Situées souvent loin des Dombes (proches de Lyon), région d'origine de la légende, elles n'en furent pas moins, pour certaines, concernées puisque des enfants étaient présentées aux statues de ce saint.

D'autres lieux de culte catholique sont voués à la mémoire d'un autre saint Guinefort, un évêque d'origine écossaise, qui fut abbé de Saint-Ursin (Bourges) avant de se fixer en Picardie et de subir le martyre à Abbeville. D'autres légendes lui attribuent le pouvoir de soulager les fatigues, d'apaiser les fièvres et même de corriger le strabisme (la « loucherie » qui fait « guigner fort »).

Film[modifier | modifier le code]

Dessin animé[modifier | modifier le code]

L'histoire du chien, accusé à tort d'agression contre un enfant dans son berceau, a été utilisé par Walt Disney dans le dessin animé La Belle et le Clochard, avec une variante où le serpent est remplacé par un rat.

Le héros, le bâtard Clochard, sauve le fils des propriétaires de la chienne Lady d'une attaque d'un gros rat. Mais, il est injustement accusé d'avoir agressé l'enfant.

Le corps du rat est retrouvé derrière un rideau, clarifiant ainsi la situation à la gloire de Clochard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le saint Lévrier - Guinefort, guérisseur d'enfants depuis le XIIIe siècle (Paris), de l'historien français Jean-Claude Schmitt, Flammarion Nouvelle édition augmentée, 2004 (1re édition : 1979)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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